Plongez dans votre propre monde, et incarnez un Humain, un Vampire, un Loup-Garou ou un Métamorphe... [Hentaï/Yuri/Yaoi soft accepté][NC-15]
 
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 Hands Off [pv Damon]

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Elena Winters

Elena Winters

Nombre de messages : 33
Age : 29
Date d'inscription : 29/09/2009

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MessageSujet: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyMar 20 Oct - 0:48

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Etendue sur mon lit, la couette remontée sur moi à moitié et mon journal intime à mes côtés, j’écrivais à toute vitesse les derniers événements que je ne souhaitais surtout pas oublier… et ce malgré leur nature très désagréable. Qui sait… j’en rirais peut-être d’ici quelques mois… non plutôt quelques années… M’était avis qu’il me faudrait au moins ça pour parvenir à relativiser au point d’en plaisanter !
Mes yeux suivaient l’écriture ronde et propre mais irrégulière que traçait mon stylo, preuve incontestable de mon agitation intérieure et de ma précipitation. Et pourtant il n’était que neuf heure du matin c’est vous dire ! … La journée risquait d’être longue…

J’avais tellement de chose à dire et mes doigts, hélas, ne suivaient pas le rythme effréné que s’imposait mon esprit ces derniers jours. Tout se bousculait dans ma tête mais pas seulement… mon existence toute entière n’était pas épargnée. C’est vrai, mes belles convictions, si rassurantes, ressemblaient de plus à plus à un lointain souvenir. Stefan, qui était à peu de chose près devenu le centre de mon existence… pour ne pas dire mon existence toute entière, n’était plus aussi fiable. Et par conséquent, je me sentais dans un équilibre assez précaire. Il représentait tout mais paradoxalement, je ne savais rien de lui. Difficile de rester sereine et assurée dans ces conditions.
C’est donc ce que j’exprimais au travers de mes lignes… en beaucoup plus de mot et en beaucoup moins de clarté malheureusement.

Après un court instant, je refermai le petit livre de ma minable existence, un bruissement de page accompagnant mon geste, avant de remettre le bouchon à mon stylo et de déposer le tout sur la table de chevet près de moi.
Je n’avais pas besoin de me relire. Oui, je savais pertinemment ce qui se trouvait dans cet ouvrage et ce depuis plus d’une semaine déjà : des incertitudes, des doutes, de l’incompréhension, de la colère, du soulagement puis à nouveau du chagrin… Mes sentiments tournaient lamentablement en rond et je craignais que ça ne dure encore longtemps. A ce rythme là, j’allais finir névrosée avant d’avoir réussis à parler à mon cher et tendre.

C’était si difficile… Depuis samedi, j’avais eu plusieurs occasions de lui parler, de demander des explications… sans forcément l’agresser et l’accuser de quoi que ce soit hein… juste entamer une conversation sérieuse et normale pour un véritable couple. Mais je ne l’avais pas fais. Parce que je redoutais les réponses au moins autant que sa réaction… et aussi parce que je répugnais toujours à incriminer Damon. N’avais-je pas prétendu qu’il ne m’avait rien dit du tout ? … Non, je n’étais pas désireuse de me contredire et d’envenimer les choses entre ces deux là. Le jeune garçon avait été sincère et… moi… moi je n’avais pas été très conciliante en l’incitant à me parler… Je n’allais pas en plus lui faire porter le chapeau. Stefan serait bien capable de remettre sur son dos toutes nos altercations ! … A croire que pour lui, Damon était responsable de tous les maux de la terre… Son comportement de samedi avait été absurde…

Tout ça pour dire que j’avais agis exactement comme il l’espérait. J’avais fais l’impasse sur tout ça… en apparence. Il devait s'en douter car depuis nos rapports restaient toujours un peu tendu. Je sentais très nettement les regards furtifs et anxieux dont il me gratifiait en pensant que je ne remarquais rien. Mais je me taisais et souriais comme je savais si bien le faire. Honnêtement ça en était déprimant… J’étais déprimée. Et comme toujours dans ces moments là, je n’arrêtais pas de songer à mes parents… Rien de très réjouissant, en d’autre terme.
Vraiment… cette semaine qui avait commencé était désastreuse !

Un soupir m’échappa tandis que mes paupières se fermaient. Sans lutter, je me laissais entraîner par le tourbillon de mes souvenirs, visualisant avec une précision déroutante les événements déplorables qui s’étaient produits depuis samedi…

~ ~ ~ ~ ~ ~


Dimanche…
Dimanche avait été un jour assez tranquille si on prenait en compte la soirée plutôt mouvementée qui avait eu lieu la veille. Je m’étais réveillée plus tard que d’habitude, vers les dix heures et demie sans aucune idée de ce que j’allais faire ma journée. A vrai dire, je n’avais pas vraiment le moral. Je n’arrivais pas à réfléchir à autre chose qu’à ma dispute avec Stefan et… à ce que j’avais appris d’Elisabeth et sur leur triangle amoureux. Je peinais encore à assimiler tout ça, à vrai dire. Jena m’avait complimenté sur la robe que Damon m’avait offerte, puisque j’avais décidé de la porter… surmontant le tout par ma fameuse veste en cuire et optant pour une paire de chaussure noire à haut talon assortie.

Spoiler:
 


Puis, elle m’avait demandé de lui raconter le repas dans les moindres détails. Ce que j’avais fait… en en omettant toutefois la majeure partie… ou du moins en taisant les plus marquants en ce qui me concernait.
J’avais passé un bon moment devant la télé, sans même prendre la peine de regarder les images, happée par des pensées déplaisantes. Après… Après j’avais reçu un coup de téléphone de Mike qui voulait savoir si je rejoindrais toute la petite bande au pub dans la soirée. J’avais accepté sans grande motivation, espérant que ça me permettrait de me changer les idées.
J’avais ensuite finis le devoir d’histoire que je devais rendre le lendemain… ce qui n’avait pas été évident, mes pensées ayant tendance à vagabonder un peu trop aisément.
Dans l’après-midi, n’y tenant plus, j’avais téléphoné à Stefan. Malheureusement, j’étais tombée directement sur sa messagerie. Nouveau coup à mon humeur déjà morose. Peu désireuse de tourner comme un lion en cage, j’étais sortie sans destination précise…

Et là, je faillis bien abandonner la partie et retourner me coucher en attendant des jours plus cléments… En effet, à peine avais-je franchis la porte d’entrée que je m’étais sentis… observée… J’avais tourné la tête sur le côté sans rien voir avant de lever les yeux, guidée par un pressentiment quelconque. Il était là. L’oiseau qui était venu me rendre visite la veille au soir. Cet énorme corbeau au regard si… humain ? … Il n’y avait pas de doute c’était bien le même volatile…
Je l’avais observé un moment, fronçant les sourcils alors que mon malaise repointait le bout de son nez. Un petit soupir m’avait ensuite échappé tandis que je réalisais qu’il était bête d’assimiler cet animal à mes problèmes actuels. Ça ne restait jamais qu’un corbeau ! J’avais donc finis par hausser les épaules avec indifférence avant de m’éloigner, non sans lui jeter un dernier regard un tantinet méfiant.

Mes pas m’avaient ensuite conduit jusque chez… Stefan. En le réalisant, je m’étais immobilisée. J’avais hésité un long moment devant la façade impressionnante de la maison avant de finalement tourner les talons, exaspéré par ma propre « dépendance ». C’était énervant ! Je refusais d’être l’une de ses filles aux pieds d’un garçon, totalement accrochée à lui et incapable de vivre une journée sans sa présence… au point de se rendre totalement malade pour lui… Je n’étais pas comme ça et je n’avais aucune intention de le devenir ! Il n’était pas joignable, tant pis. Je n’allais pas en plus lui faire le plaisir de me déplacer !
Enrageant donc contre ma propre bêtise et cet inconscient qui m’avait traîné ici, j’étais donc retournée chez moi sans me presser.
Craignant ce que je risquais d’y voir, je n’avais néanmoins pas levé les yeux sur le cognassier près de la bâtisse, et ce malgré mon envie de le faire et j’étais rentré silencieusement dans la maison de mes parents où j’eu la mauvaise surprise de croiser la petite amie défoncée de Jeremy.

Plus tard, j’étais ressortie pour rejoindre Libby, Mike et la joyeuse troupe. Comme je m’y attendais, j’avais été soulagée de les voir. Tyler, malheureusement souvent présent en même temps que mon meilleur ami, siffla à mon entrée, agitant la main… dans ce qui s’apparentait à un « compliment » pour ma tenue. Je ne relevais pas, le dédaignant tout simplement. Mike, pour sa part, ne fit aucun commentaire mais je perçus très clairement son regard admirateur. Quant à Libby, elle me demanda le nom du magasin d’où elle provenait, ajoutant que ça m’allait très bien. Le cadeau de Damon semblait faire l’unanimité au moins… même si… j’avais hâte de voir ce qu’en dirait Stefan… ce qui m’agaçait d’ailleurs.

Bref, on avait globalement passé un bon moment, malgré les railleries de Tyler que j’estimais toujours de mauvais goût… En fait, je m’étais surtout efforcée de ne pas songer aux frères Whitehorth et ça n’avait pas été pas une mince affaire. Tantôt j’enrageais contre Stefan, tantôt contre moi-même… et il y avait même eu un moment où j’avais été troublée en repensant à la scène du lave vaisselle et à la proximité de Damon à laquelle il aurait été si facile de succomber et de s’abandonner. Ce que je n’avais évidemment pas fais !
Libby aussi m’avait demandé comment la soirée s’était déroulée et j’avais répondu un « très bien » un peu plus expéditif que prévu. Elle n’avait pas insisté et j’en avais été reconnaissante.

Vers six heures mon téléphone avait sonné. Je m’étais éloignée pour échapper au brouhaha de mes amis avant de sortir le cellulaire. Le numéro qui s’y était affiché était celui de Stefan. Le regard rivé sur l’écran et plus exactement sur le prénom qui s’était affiché en grosse lettre, j’avais hésité un moment. Au bout de quatre sonneries, j’avais coupé mon téléphone. Je n’avais pas envie de lui parler. Pas parce que j’étais fâchée mais parce que je ne voulais pas gâcher mon humeur en retournant dans cet état d’intense réflexion qui m’avait suivit toute la journée. J’avais décidé de le rappeler plus tard.
Et c’est ce que j’avais fais vers sept heure, après être rentrée chez moi. Assise en tailleur sur mon lit, j’avais fébrilement composé son numéro, que je connaissais par cœur
.


« - Allô ? »
« - Salut Stefan. C’est moi. »
« - … Comment tu vas ? » Demanda-t-il d’une voix peu assurée.
« - Ça va merci. Tu m’as appelé tout à l’heure ? »

« - … Oui. Toi aussi. » Me fit-il remarquer.
« - C’est vrai. » Admis-je avec un petit rire. « Alors tu… tu as fais quoi aujourd’hui ? »

« - Rien. »
« - Rien ? » Répétais-je, commençant déjà à m’agacer de ses cachotteries.
« - … Je veux dire, rien de très intéressant. » Se reprit-il toujours aussi évasif. « J’ai beaucoup pensé à toi. »
« - Moi aussi… » Admis-je quoi que d’un ton beaucoup moins romantique que lui.


Ça faisait plus genre : « malheureusement moi aussi »… et je m’étais mordu la lèvre en le réalisant.
Un silence assez lourd s’en était suivit avant que je ne décide à le rompre.



« - Alors pourquoi est-ce tu téléphonais tout à l’heure ? »
« - Je voulais entendre ta voix, c'est tout… et je pensais qu’on aurait pu se voir... Tu n’as pas entendu ton portable sonner ? »
« - Oh… Désolée, j’étais avec Mike et les autres… » Eludais-je.
« - … Ecoutes, je sais que je te l’ai déjà dis mais… je suis sincèrement désolée pour hier… »
« - Hum Hum. Oui, moi aussi. »
« - Est-ce que… tu préférais que je raccroche ? » S’inquiéta-t-il d’une voix vacillante.
« - Non. » Tranchais-je immédiatement et avec précipitation, en proie à une inexplicable bouffée d’angoisse. « Non, vraiment pas… Je suis contente que tu appelles… » Avouais-je alors.


C’était la vérité. Je n’avais aucune envie que le silence retombe, que la conversation s’achève ainsi. J’avais beau jouer ma fière, celle qui n’avait pas besoin de lui… ce n’était pas totalement sincère. Son affection m’était indispensable pour parvenir à sourire. Cette journée sans lui avait été pénible et ce malgré tous les efforts de mes amis.



« - Merci… … Alors… de quoi veux tu que nous parlions ? »


Là, j’avais hésité. J’avais l’impression que cette réplique m’offrait l’opportunité d’ouvrir le dialogue et pourtant… je ne trouvais pas le courage de prononcer son nom. Elisabeth… C’était de ça que je voulais que nous parlions et pourtant je m’entendis répondre d’une voix mal assurée :


« - Comme tu veux… »


La discussion s’était poursuivit un long moment sur des sujets relativement légers et qui tournaient principalement autour de moi, contrairement à ce que j’aurais souhaité.
Au final, j’avais raccroché plus frustrée encore… Je m’étais pris la tête dans les mains, profondément malheureuse en songeant à tout ça, et véritablement consternée de ne pas parvenir à lui parler… Je redoutais tellement de lui faire du mal… de le blesser. Et je trouvais ça rageant. Parce que je ne voulais pas qu’il me protège, m’épargne de tout mais qu’en un sens je faisais la même chose. J’avais tellement de considération pour lui que je le traitais comme un enfant que l’on craindrait de froisser. Je me maudissais pour ça !
J’avais alors songé avec ironie et un rire sans joie que son jumeau n’avait pas eu droit au même traitement de faveur. J’avais peut-être était plus franche et plus directe avec lui… mais nettement moins douce et compatissante…

Quoi qu’il en soit, l’heure du repas avait sonné. Jena avait mis la main à la pâte mais ce fut moins infecte que d’habitude. Ça n’avait juste aucune saveur… Il faut dire, sans mauvais jeu de mot, que je n’avais goût à rien ce jour là…
Voilà donc comment la journée s’était achevée, dans cette ambiance étrange et presque irréelle…
Cette nuit là, j’avais cauchemardé, revoyant l’accident de voiture avec un réalisme douloureux. Je m’étais réveillée en sursaut, tremblante et éreintée… J’avais eu toute les peines du monde à retenir mes larmes…

[…]

Lundi…
Lundi matin avait été un début de semaine comme les autres. Peu motivant en d’autre terme. J’avais déjeuné en vitesse avant d’aller sous la douche.
N’ayant pas le courage d’écrire ma journée de la veille, j’avais enfourné mon journal intime dans mon sac avant de m’en emparer et de quitter la maison. Mon regard s’était posé sur la voiture garée devant chez moi et un soupir m’avait échappé après mon habituel tressaillement. Je m’étais alors demandé tristement si un jour je parviendrais à passer outre ça. Stefan me proposait régulièrement de m’accompagner au lycée dans sa voiture mais… jusqu’ici j’avais toujours refusé et il n’insistait pas. Pourtant, plus les jours passaient, moins je montais dans ces énormes trucs… et plus l’idée de le faire me paniquait… Je ne surmontais pas, je ne faisais que contourner le problème et j’en avais conscience mais je n’avais pas la force de faire autrement… et les autres paraissaient comprendre. Ils ne faisaient jamais aucun commentaire.

Quittant ses pensées dérangeantes, j’avais secoué la tête, passant à côté de l’automobile sans plus m’y intéresser. C’était la mienne pourtant. L’ancienne que mes parents m’avaient offerte quand j’avais eu mon permis un an plus tôt. Pour l’heure, c’était Jena qui s’en servait… à la place de sa vieille boîte de conserve…
Mais bon, je me disais que la marche à pied ne faisait pas de mal après tout ! M’étant remotivé comme je le pouvais grâce à cette phrase ridicule, je m’étais mis en route. Il m’avait toutefois semblé entendre croasser derrière moi mais en me tournant je n’avais strictement rien vu et j’avais donc poursuivis ma route, le corbeau me sortant aussitôt de l’esprit… remplacé par mon cher et tendre.

J’avais retrouvé ce dernier devant l’école. Il m’avait effleuré les lèvres avant de s’emparer de ma main de ses doigts éternellement froids. Puis nous étions partis en histoire. Tanner ne semblait toujours pas avoir digéré cette histoire de journal intime et je m’en étais pris… littéralement plein la gueule.
Ensuite, la journée s’était déroulée comme d’habitude. Stefan avait déjeuné avec moi et on avait discuté de tout et de rien. Il m’avait ensuite reparlé de l’entraînement de cheerleader et j’avais finalement accepté de faire l’effort d’y aller. J’avais essayé ensuite de l’amener lentement sur des sujets plus sérieux mais il s’était habilement dérobé, me sapant définitivement le moral.

A la fin des cours, nous nous étions séparés sur un baiser à l’écart des regards puis il avait disparut au volant de sa voiture après que j’eu une énième fois refusé qu’il me reconduise. J’avais donc marché pendant un bon dix minutes avant de m’immobiliser à mi-chemin et d’emprunter la route du cimetière. La dernière fois remontée à mercredi dernier… C’était étrange mais… j’éprouvais très régulièrement le besoin de me recueillir près de leur tombe. Je m’y sentais à la fois bien et à la fois atrocement mal. Mais c’était un endroit où j’étais tranquille où je pouvais… communier avec moi-même ? ... et avec eux… Même s’il n’y avait plus là que leur enveloppe corporelle… j’éprouvais l’envie de m’en rapprocher. C’est assez… dur à expliquer.

Bref, j’avais rejoins leur tombe, m’installant en face et… après leur avoir adressé quelques paroles silencieuses, je m’étais décidé à écrire dans mon journal intime. J’étais restée là un bon moment avant de me décider à partir. Toutefois une bien mauvaise surprise m’avait attendu à l’entrée, sur la grille du cimetière… une surprise qui m’avait fais sursauter lorsqu’elle se manifesta en un cri sinistre. Le corbeau était là… identique… dérangeant. Il me suivait où quoi ?! … Brr… Sale bête !


« - Encore là… » Avais-je grommelé pour moi-même en passant prestement les grilles.


Toutefois au bout de quelques mètres, lorsque j’avais tourné la tête, l’oiseau avait disparu. J’en venais à me demander si je n’hallucinais pas complètement. Après tout, il ne devait pas y avoir qu’un seul corbeau en ville. Peut-être que j’étais en train de me faire une fixation sur ces animaux… une manifestation de mon mal-être en quelque sorte… D’autant que… ça aurait été louche de le retrouver trois fois de suite en si peu de temps…

Chassant cette réflexion idiote, je m’étais ensuite pressé de rentrer chez moi, sans pouvoir l’expliquer.
Ensuite… j’avais parlé un long moment avec Jena, qui m’encouragea pour l’entraînement qui s’annonçait, s’enthousiasmant de ce qu’elle considérait sans doute comme un regain d’intérêt au reste du monde. … Comme elle se trompait ! Le reste du monde ne m’avait que rarement parut aussi peu intéressant… Et c’était de pire en pire au fur et à mesure que j’en venais à douter de mon bien aimé.

Le jour avait décliné ainsi. Un coup de téléphone à Stefan, un mail à Libby qui m’avait demandé des infos sur le devoir de mercredi, une pizza en guise de dîner… un film à la télé et au lit.

[…]

~ ~ ~ ~ ~ ~


« - Elena ! … Elena tu vas être en retard, non ? »


Je rouvris les yeux, un peu surprise avant de les poser sur le radio réveil. Un « Hey merde ! » m’échappa et je me levai vivement. Je fonçai directement sous la douche avant de revenir dans ma chambre, enroulée dans ma serviette éponge pour choisir mes vêtements. J’optais rapidement pour une tenue toute en simplicité comme d’habitude. Un jeans, comme c’était souvent le cas, un débardeur gris à pois noir et ma veste en cuir.

Spoiler:
 


En descendant à la cuisine, je préférai faire l’impasse sur mon petit-déjeuner, peu désireuse de prendre plus de retard. Jeremy en profita par ailleurs pour me prendre la tasse de café que je venais de me servir et j’abandonnai finalement l’idée.
Après avoir salué Jena et mon petit frère, je quittai la maison, marchant le plus vite possible en direction du lycée. A mi-chemin, la voiture dans laquelle montait Jer’ pour aller en cours, celle de l’un de ses ami, me dépassa et je maudis avec véhémence la phobie qui me tiraillait mais qui heureusement avait épargné mon frangin.

J’arrivais au lycée avec cinq minutes de retard qui passèrent inaperçues puisque notre prof de math mis plus de temps encore à arriver, comme c’était souvent le cas. En entrant dans la salle déjà bondée, je gratifiai Stefan d’un sourire que j’espérais convaincant puis à Mike, son voisin de table, avant de prendre place près de Libby.
La demoiselle était très excitée à l’idée de reformer notre équipe d’autrefois mais pour ma part… plus l’heure approchait et plus j’étais anxieuse… et démotivée. Je prenais réellement sur moi !
Honnêtement, je n’avais pas du tout le cœur à ça… J’étais encore tellement perturbée par mon histoire d’amour… comment me concentrer sur autre chose ?!
Hélas, ça ne fut pas notre professeur et son cours soporifique qui m’y aidèrent…

A midi, comme c’était prévu depuis hier, Stefan parti déjeuner avec son équipe et pour ma part, je rejoignis Caroline et Libby en ville. On s’installa en terrasse pour profiter du soleil et il ne nous fallut pas longtemps avant de commander. Au bout de plusieurs minutes de discussion tournant presque exclusivement autour de la jolie blonde, Libby se permit de poser une question… que j’aurais préféré éviter.



« - Alors… Comment ça va avec Stefan ? »
« - Oh… heu, ça va très bien, merci. Et donc Caroline, tu… » M’empressais-je de dire pour changer de sujet.
« - Tu es sûre ? Parce que… vous avez l’air un peu… tendu en ce moment. Je sais que ça ne nous regarde pas mais… si tu veux en parler, on est là, d’accord ?»
« - … Merci… » Répliquais-je avec une gratitude sincère.


Voyant qu’elles me fixaient avec curiosité, je précisai à contre cœur :


« - C’est juste… c’est juste qu’on s’est disputé samedi dernier et que… on a un peu de mal à passer l’éponge… »

« - A quel sujet ? » S’enquit Caroline avec avidité, toujours aussi intéressée par ce genre de potin.
« - De rien d’important. » Mentis-je. « Vous savez ce que c’est… »

« - Mouais… Si j’étais toi, chérie, je l’aurais déjà largué depuis longtemps ce mec. » Déclara Caroline en s’intéressant à ses ongles soigneusement manucuré avant de m’adresser un sourire contrit et… faussement compatissant.
« - Caro ! » La rappela à l’ordre Libby en la foudroyant du regard ce que l’intéressée ne sembla pas comprendre.
« - Oh oui, je ne doute pas que ça te ferais plaisir. Je suppose que tu serais ravie de pouvoir tenter ta chance à nouveau. » Lançais-je d’un ton pourtant dénué de rancœur, m’autorisant même un petit sourire


Je savais pertinemment que la belle avait longtemps eu des vus sur mon petit-ami et je supposais, sans doute à raison, qu’elle tenterait de se le réapproprier s’il redevenait célibataire. Cependant, j’avais confiance en lui, en nous… aussi n’était-ce pas une chose que j’appréhendais. J’étais certaine qu’elle ne l’aurait jamais. Quand bien même on se séparerait, Caroline n’était pas du tout son genre. Trop bavarde, trop egocentrique…
La jeune fille sembla mal à l’aise, ne sachant de toute évidence pas comment prendre ça et décidant finalement de ne rien répondre. Ce qui… me contenta. Je n’avais aucune envie qu’on me suggère de rompre avec lui et je pensais le lui avoir ainsi fais comprendre !



« - Bon ben en tout cas, j’espère que ça s’arrangera. »
« - J’espère aussi. » Soufflais-je un peu plus tristement que je ne l’aurais souhaité.
« - Bah ça ira, j’en suis sûre. Et puis vous faites un si beau couple, tous les deux… » Crut bon d’ajouter Caroline comme pour se rattraper.


Je lui répondis en souriant, espérant conclure le sujet toutefois la blondinette ne tarda pas à reprendre, toujours aussi curieuse… voir indiscrète.



« - Mais dis-moi… Vous en êtes toujours à vous regarder dans le blanc des yeux et à discuter pendant des heures ou bien… vous avez décidé de sauter le pas ? »


Un profond embarras m’envahit et s’inscrivit sur mon visage.


« - Heu… c’est que… » Balbutiais-je réellement mal à l’aise.


Qu’est-ce que je pouvais bien dire ? "C’est qu’apparemment il n’en a pas envie" ? … Génial, il n’y avait pas plus humiliant…
Un soupir me rappela à la réalité. Mon amie me fixait avec un dépit palpable.



« - C’est bon va, j’ai compris… Mais si j’étais toi, je me poserais des questions… C’est vrai, c’est bizarre quand même, non ? »
« - … Bizarre ? » Déglutis-je avec une espèce d’inquiétude ridicule.
« - Comme je te l’ai déjà dis, ma belle, les filles aiment les garçons, les garçons aiment les filles… Sexe ! C’est aussi simple que ça… »
« - Tu as toujours une de ces façons de dire les choses… » Soupira Libby, partageant le même avis que moi.
« - Non mais c’est vrai ! Moi, je trouve ça louche. Un mec de dix huit ans aussi canon que lui qui ne tente rien avec ça copine… c’est… pas normal, juste ! »
« - Parle encore plus fort, y a un type à cinq cent mètres qui a pas entendu. » La coupa Libby, visiblement aussi peu enchantée que moi par le sujet.
« - Surtout pour un mec. Je veux dire à cet âge là, et je parle d’expérience, il ne devrait penser qu’à ça ! … S’il n’était pas amoureux de toi , je dirais qu’il est gay… » Reprit-elle en baissant légèrement la voix mais sans se laisser démonter après avoir jeté un regard courroucée à ma meilleure amie.
« - T’exagère pas un peu là ? » Bougonnais-je, ne sachant plus où me mettre.

« - C’est p’t’être un eunuque… » Supposa-t-elle à voix haute. « Ou juste un puceau… Enfin ce ne serait pas tellement mieux… »
« - Bon heu… on pourrait peut-être changer de sujet là ! » M’exclamais-je, le rouge aux joues.
« - L’écoute pas, Elena. Pour elle la vie se résume à ça… »
« - Pas du tout ! » S’indigna-t-elle. « Simplement… est-ce que tu achèterais une paire de chaussure sans les avoir essayé ? »
« - … Heu… non… » Admis-je sans voir le rapport mais en redoutant le pire.
« - Ben là c’est pareil. Comment est-ce que tu peux t’engager avec lui si tu ne sais pas s’il… te convient ? Sans vouloir faire de mauvais jeu de mot, si tu ne prends pas ton pieds, quel intérêt de rester avec un mec ? … C’est quand même genre… quatre vingt pour cent de la vie d’un couple, le sexe ! »
« - … J’vais être malade si tu continues… » La mis-je en garde, affreusement gênée par la conversation.


Elle m’offrit une moue boudeuse mais face à l’air fermé de Libby, se résigna enfin à changer de sujet… à mon plus grand soulagement. Pff… Comme si je ne me posais pas assez de question sur mon couple comme ça ! … Se pouvait-il qu’il n’en ait simplement pas envie avec moi ? … Qu’il… ne m’aime pas suffisamment ou… aime encore trop son ex pour… passer à l’étape supérieure ? … Non vraiment ! Mieux valait ne pas y penser ! Et puis, c’était débile ! Je n’étais absolument pas pressée ! Notre relation me convenait comme elle était ! Je n’aurais pas été complètement contre me donner à lui hein… simplement je me disais « chaque chose en son temps ». Si ça en restait là c’est que nous n’étions pas prêts. Caroline ne pouvait pas savoir elle ! C’est vrai, je l’adorais mais elle avait une réputation de fille facile qu’elle avait amplement méritée…

Le repas se poursuivit sans autres désagréments et nous pûmes retourner en cours. A deux heures, Libby et moi nous rendîmes aux vestiaires où je me changeais rapidement. Un mini-short bleu, un simple débardeur noir moulant et des baskets noires.

Spoiler:
 


En me dirigeant vers le petit groupe de filles qui s’était déjà formé, je croisai Stefan qui était déjà sur le terrain de foot, en tenue et tout et tout. Il me fit un sourire radieux avant de rejoindre Mike et Tyler qui me regardait fixement. Je n’y prêtais aucune attention, rejoignant les autres cheerleaders. Je les connaissais déjà toutes. Disons que c’était des connaissances ou des copines dans le meilleur des cas… Je les saluais toutes avant de me placer près de Libby.
Cinq minutes plus tard, Caroline arrivait à notre hauteur de sa démarche de princesse hautaine qui plaisait tant aux garçons.



« - Okay les filles, c’est repartie pour une année. Mais avant tout est-ce qu’il manque quelqu’un ? … Non ? Bon c’est parfait. Alors mettez-vous en ligne comme d’habitude… Allez, dépêchez-vous on a pas toute la journée ! »


Je me positionnai entre Libby et une grande brune au regard perçant qui répondait au nom d’Angie. J’étais… nerveuse… En fait, je ne me sentais absolument pas dans mon élément et je trouvais ça affreusement déplaisant. Je veux dire… je connaissais tout ça ! C’était mon univers autrefois ! … Et pourtant j’avais l’impression d’être le vilain petit canard au milieu des cygnes. En gros, je n’avais rien à faire là. C’est du moins ce que me soufflait une petite voix perfide aussi appelée conscience. Je m’attelais à la faire taire mais… je ne me sentais pas du tout à l’aise. Je n’avais qu’une envie déguerpir d’ici et tirer définitivement un trait sur ce morceau de mon ancienne vie…

Le rythme fut donné et la chorégraphie commença. Moi je… je suivais péniblement, un peu perdue mais déterminée à ne pas me laisser totalement submerger. Pourtant, je n’arrivais pas à grand-chose malgré toute ma détermination. Je jetais des regards sur les côtés afin de voir ce qu’il fallait faire mais résultat, j’avais toujours un temps de retard… C’était… affreux. Je ne parvenais à rien et ça m’énervait ! Je me sentais… honteuse de ne pas être au niveau… de ne plus l’être. Le rendu n’était vraiment pas terrible et j’en avais conscience. Résultat, j’enrageais. Je me sentais pitoyable… et c’était profondément déplaisant. Sans parler du regard contrit et de la bouche pincée de Caroline lorsqu’elle m’observait. Je… j’avais beau y mettre du mien, rien n’y faisait. Je ne suivais pas.

J’aurais… j’aurais voulu me prouver à moi-même que je n’avais pas changé, que je pouvais encore être l’Elena que tout le monde connaissait, la cheerleader talentueuse et drôle… pas juste la pauvre paumée du cimetière effrayée par les corbeaux ! Pourtant c’était apparemment ce que j’étais devenue même si je refusais que les autres me voient ainsi. Avant j’avais… tout de même ma petite réputation même si je n’étais pas non plus aussi populaire et superficielle que Caroline. Aujourd’hui, je me sentais l’âme d’une fille relativement solitaire et mélancolique… qui se fichait de l’avis des autres… et j’avais l’impression que ce n’était tellement pas moi ! L’idée d’être devenue ainsi m’était pénible, je ne le cache pas… J’avais l’impression d’être devenue tellement ennuyeuse ! … Ce que la leader de notre groupe ne se privait pas de me faire remarquer. Je devais être bien fade désormais… Oui, je n’étais plus aussi pétillante, plus aussi « jeune » mentalement… et je doutais sérieusement que ce soit une bonne chose.



« - Elena ? Chérie ? Tu devrais peut-être te contenter de regarder aujourd’hui, tu ne crois pas ? » Finit par craquer Caroline avec un tact surprenant venant d’elle.


Néanmoins, je ne pu m’empêcher de le prendre mal. Je n’étais pas vexée à proprement parler, ayant pleinement conscience de ma nullité mais… disons que se l’entendre dire de manière détournée ne faisait pas forcément du bien.
Dépité, j’hochais la tête en silence avant de me placer à l’arrière, observant leur chorégraphie pendant un temps. Je finis cependant par m’en désintéresser et par m’éloigner. Je m’approchai ainsi du terrain situé juste derrière.

Un sourire m’échappa tandis que mon regard se portait sur le numéro dix-sept. Il était toujours aussi talentueux… et aussi sexy… et aussi beau… et j’en passe. Dans ces moments là, j’étais fière qu’il m’ait choisie… surtout après le genre de réflexions que je venais de me faire. Je me souvenais le nombre de fois où j’avais pensé ne pas le mériter… Aujourd’hui, j’étais tellement perdue vis-à-vis de tout ça. Il m’en cachait tellement mais… je l’aimais juste. Et le sacrifice était une notion qui ne m’était pas étrangère… même si malheureusement j’allais bientôt redécouvrir sa définition...

En proie à cette réflexion, je m’assis dans l’herbe, me laissant glisser le long du mur. Je ne le quittai pas des yeux, rêvassant à lui, à nous… et je me permis même quelques pensées pour son jumeau. Je n’en savais toujours pas beaucoup plus sur lui. Il avait voyagé, avait aimé la même fille que son frère décédée tragiquement… mais à part ça ? J’ignorais ce qu’il faisait dans la vie, s’il était étudiant ou… s’il travaillait déjà… Des réponses que Stefan ne m’apporteraient probablement pas. Il faudrait donc que je pense à le lui demander la prochaine fois que je le verrais… Ce qui pouvait arriver demain comme dans un mois vu comme c’était parti !

Quoi qu’il en soit, la sonnerie retentit et mon bel Apollon se dirigea vers moi, tout sourire.



« - Alors ? Comment c’était cette reprise ? »
« - … Heum… » Hésitais-je en fronçant légèrement les sourcils dans une moue d’intense réflexion. « Disons que ça devrait aller mieux la semaine prochaine. » Avouais-je sincèrement sans toutefois reconnaître combien ça avait été désastreux selon moi.


Je ne voulais pas le démoraliser… Ça avait l’air de lui tenir à cœur alors bon…
En tout cas, nous rentrâmes aux vestiaires, lui de son côté et moi du mien et Libby m’offrit des encouragements compatissants sympathiques mais que j’aurais préféré ne pas entendre.
Lorsque nous fûmes de nouveau habillées, nous retournâmes en classe pour la dernière heure de la journée.
Grâce au ciel, elle finit par prendre fin malgré son affligeante lenteur. Je sortis donc du bâtiment avec Libby et nous fûmes rejointes par Stefan puis par Caroline qui nous proposa d’aller boire un verre au pub comme on le faisait régulièrement le mardi. J’acquiesçai au même titre que ma meilleure amie. Stefan en revanche déclina l’invitation. Il avait un truc « mystérieux » à faire.

Bizarrement, sur la route, Caro ne fit aucun commentaire sur l’entraînement et je soupçonnais Libby d’avoir un rapport avec ce silence miraculeux. C’était un ange cette fille !
Tout ça pour dire que nous nous retrouvâmes bientôt au pub où servait Vicky, la petite amie de Jeremy… quand elle était en état de travailler bien sûr. Mike était déjà présent et déplora l’absence de Stefan.
On s’installa donc tous les quatre mais hélas nous fûmes rejoint par Tyler Smallwood en personne qui semblait avoir déjà bu un peu plus que de raison… Déjà sobre, il m’agaçait mais bourré c’était encore pire. Pff… Une vraie plaie ce type ! … Pire qu’une sangsue, on a beau tirer pour l’enlever et lui faire lâcher prise, ça ne sert à rien d’autre qu’à la faire s’accrocher plus farouchement encore…

Très vite lassés par son humour tordu, Mike et Libby décidèrent de se défier au billard. Pour ma part, je refusai, n’ayant absolument pas le cœur à ça. Par chance Tyler décida de les accompagner ce qui manqua de me faire éclater de rire. Ils s’éloignaient pour lui échapper et au final c’était Caroline et moi qui étions gagnante. Quelle ironie… Et vu la tête de Libby, elle n’appréciait guère.
En vérité, on ne pouvait pas non plus l’envoyer simplement bouler parce que bon… quand même, on se connaissait tous depuis qu’on était gamin ! Alors on s’efforçait de supporter ses plaintes et sa vanité au maximum… parce qu’on se disait qu’au fond, il n’était pas si méchant. Il pouvait même se montrer drôle quand il voulait. Cela dit, j’avais beaucoup de mal à ne pas l’envoyer paître surtout depuis qu’il avait pris Stefan en grippe pour une obscure raison…



« - Tu as été sacrément dépassée aujourd’hui, pas vrai ? » En profita Caroline, heureuse de n’être plus soumise à la pression « Libbyesque ».
« - Heum… oui on peut dire ça comme ça… »

« - C’est parce que tu as loupé le camp d’été et tout ce qu’on a apprit en fin d’année… T’as accumulé pas mal de retard… »


Elle soupira avant d’ajouter :


« - Je ne sais pas comment tu vas faire pour apprendre tous les nouveaux numéros… »
« - Je… Je me débrouillerais, t’inquiète pas. Et puis Libby me donnera un coup de main dans le pire des cas. » Lâchais-je avec conviction et une assurance feinte.
« - Moui… Je suppose qu’on peut toujours te mettre à l’arrière… »


J’accusai le coup, la fixant avec une colère parfaitement contenue tout en me demandant si elle réalisait qu’elle était en train de me dire ça à moi. C’était vraiment genre « pour réduire les dégâts, on va faire en sorte que personne ne te vois, ma cocotte ». Et je trouvais ça rageant ! C’est vrai l’année dernière j’étais sur la première ligne et là que j’avais un peu plus de mal, elle voulait me mettre de côté comme une mal propre ! Je trouvais ça… injuste ! Je veux dire, j’avais prouvé que je savais me débrouiller non !
En réalité, je n’avais pas vraiment envie de travailler avec elles, de redevenir cheerleader et tout ça mais… ça me froissait malgré tout. Difficile à expliquer.



« - Oh mais ne t’en fais pas, on se débrouillera. Et puis cette phase de « bla-bla » dans laquelle tu es depuis la mort de tes parents ne durera pas indéfiniment. » Lâcha-t-elle avec bonne humeur sans réaliser combien c’était pénible pour moi d’entendre ça. « Je suis sûre que tu redeviendra aussi drôle que tu l’étais avant… que tu redeviendras notre Elena ! … C’est juste une question de temps… » Conclut-elle avec son beau sourire que je lui aurais bien faire bouffer.


Je baissais la tête, m’humectant les lèvres sans trouver quoi répondre.



« - Tu sais, je n’aurais pas du dire ça à propos de Stefan, tout à l’heure. Je veux dire… ce n’est pas parce que vous ne couchez pas ensemble que ça va forcément vous conduire à la rupture… » Déclara-t-elle au bout de quelques secondes.


Un rire sans joie m’échappa.


« - Toi tu t’es fais remonter les bretelles par Libby… »

« - Non ! Enfin… C’est juste que… le sexe c’est… »


Et là, ce fut le drame… ou ce qui allait nous conduire au drame. Tout allait de mal en pis... En effet, j’aperçus alors Tyler qui se penchait vers nous. Il nous entoura de ses bras, plaçant chacun de ses mains sur nos épaules respectives. Son haleine sentait légèrement l’alcool…


« - Quelqu’un a parlé de sexe ? … C’est que ça m’intéresse moi ! »


Serrant les dents, je me dégageai sèchement avant de me redresser. Je n’avais aucune envie de rester avec ce rustre. Il me fixa bêtement tandis que je renfilais ma veste.
Pour tout vous dire, je n’avais plus aucune envie d’être ici. Entre Caroline et Tyler, je préférais vraiment rentrer chez moi là ! J’avais eu mon compte… Mais le jeune homme ne l’entendait pas de cette oreille car il s’indigna soudain, apparemment déçu :



« - Quoi tu t’en va déjà ?! »
« - … Oui. Tu préviendras Mike et Libby, s’il-te-plaît, Caro ? » Fis-je sans m’intéresser au lycéen.
« - Okay pas de soucis… » Acquiesça la blondinette.


Je m’emparai de mon sac avant de faire volte face toutefois les large paume de Tyler se refermèrent soudain sur mon bras.



« - Attends ! Je rêve ou tu veux m’éviter ?! »


Je tirais vivement sur mon bras, avant de me tourner vers lui, le foudroyant du regard. Je n’étais pas du tout d’humeur à ça !


« - Non tu ne rêves pas. Maintenant bonne soirée. » Tranchais-je, faisant mine de partir.

« - Quoi tu vas aller retrouver la tapette qui te sert de copain ? » Cracha-t-il amèrement… avec une jalousie assez impressionnante.


Je me tournai à nouveau, clairement mécontente. Je détestais qu’on parle en mal de Stefan et ça ça ne changeait pas.


« - Ne parle pas de lui comme ça… » Persiflais-je d’une voix presque… menaçante.

« - Oh… tu le défends, comme c’est mignon ! Mais tu sais… ça devrait être l’inverse normalement… et pourtant je ne le vois nulle part… » Se moqua-t-il en jetant des regards dans la salle.


Je l’observais un instant avant de lever les yeux au ciel, méprisante.


« - T’es bourré… » Rétorquais-je comme si ça concluait toute l’affaire.

« - Oh que non ! »
« - Laisse-la tranquille, Ty’… » Se plaignit timidement Caroline, apparemment inquiète.


Pour ma part, je ne relevai pas faisant un pas vers la sortie.



« - Attends… Attends, j’te dis ! »


D’un geste rapide, j’esquivai la prise qu’il cherchait à reprendre sur mon bras, braquant à nouveau les yeux sur lui, exaspéré.


« - Ecoutes ma belle, je te l’ai déjà dis… c’est pas un mec comme lui qu’il te faut… » M'informa-t-il comme s'il regrettait d'avoir à me faire ouvrir les yeux.


J’eu un rire un brin méprisant.


« - Ah oui ? Un gars comme toi ferait plus l’affaire, je présume ? »

« - Exactement ! » Affirma-t-il fièrement sans paraître réaliser l’ironie de ma question. « - Il te faut un mec fort, qui a du caractère ! … Un mec viril pas cet espèce de sainte-nitouche qui veut même pas boire une bière avec nous après l’entraînement… sans doute qu’il se croit trop bien pour nous... » Maugréa-t-il tandis que je songeais qu’il avait du faire une exception samedi.
« - … C’est bon, t’a finis ? » M’impatientais-je tandis que je remarquai du coin de l’œil que Mike observait la scène d’un œil mauvais.

« - Oh non ma belle, je suis loin d’en avoir finis… Allez viens là, sois pas farouche ! Tu sais bien qu’il te faut un mec, un vrai… quelqu’un pour te protéger, tu vois… » Reprit-il en écartant les bras paraissant utopiquement s’attendre à ce que je m’y blottisse.
« - La seule personne dont j’aurais besoin d’être protégée, Tyler, c’est de toi. » Ripostais-je, de plus en plus furieuse.


Sans rien ajouter, bien décidée à ne plus voir sa sale tronche en face de moi et à écourter cette conversation ridicule, je fis volte face pour l’énième fois.



« - C’est ça, dégage ! T’es bien comme toutes les autres hein… dimanche tu m’allumes avec ta robe de salope et maintenant tu fais ta timide… » Enragea-t-il en me suivant.


Non mais il hallucinait lui ? Quand est-ce que je l’avais allumé ? Il prenait ces désirs pour la réalité. Et c’est d’ailleurs ce que je lui dis sans me retourner.


« - Tu prends tes désirs pour la réalité, Tyler… » Soupirais-je, blasée.

« - Mes désirs ? … Non ça, ça en est ! » Grinça-t-il.


Avant que je ne puisse réagir ou même saisir la menace, je sentis sa main s’abattre violement sur mes fesses… Hors de moi, indignée même, je fis volte-face, prêt à abattre ma main sur sa joue toutefois quelqu’un m’avait déjà coupé l’herbe sous le pied… Et je ne pouvais qu’être satisfaite d’apercevoir celui qui venait de le faire… Stefan…
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Damon Whitehorth

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Hands Off [pv Damon] Empty
MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyMar 20 Oct - 22:05

Quelle soirée nous avions passé…
Ça avait été particulièrement… spécial j’dois dire… entre Stefan le super nerveux, Jeremy le super gars de mon côté sans que je ne réussisse à bien le comprendre, et Elena la super canon troublante qui m’avait décontenancé… il y en avait eu des rebondissements… et finalement, tout ceci s’était conclu par… moi, en corbeau, qui me faisais chasser de la chambre de cette brave Elena… J’avais eu envie de lui hurler quelle salope elle était de me traiter ainsi mais… je n’étais qu’un corbeau, alors croasser comme un fou ne m’aurait mené nulle part… j’avais donc calmement choisi de déguerpir… je fuyais purement et simplement le coin, en quête d’un bon petit sommeil… j’avais cru avoir faim au début mais… non en fait, ça n’était que mon ventre qui avait apparemment du mal à apprécier le repas de la belle Elena… je m’étais fait une fausse joie… j’irais donc me nourrir plus tard… dimanche, ou lundi sans doute.
J’avais donc erré sinistrement, en bon corbeau que j’étais, avant de me trouver un petit coin où dormir… en pleine forêt, bien à l’écart du tumulte de Great Falls… ouh, quelle ville tumultueuse…

Dimanche matin, alors que le soleil peinait à faire pénétrer ses rayons à l’intérieur de cette masse d’arbres désordonnés, je m’éveillais… par chance, ma bague était toujours à mon doigt, sinon le mince fil de lumière qui filtrait droit dans mon œil droit m’aurait fait des dégâts du genre irréversible… mais je ne dormais jamais que d’un œil, pour être certain de pouvoir empêcher quiconque de me toucher pendant mon sommeil… une attitude de défense comme une autre hein…
Je m’asseyais donc tranquillement dans l’herbe, sans trop me presser… il devait être environ… neuf heures, pas plus… et je décidais donc de rendre une petite visite à cette chère Elena pour bien démarrer la journée…
Je devenais corbeau pour m’élancer dans les airs, et je volais librement au gré du vent… quelle sensation… c’était toujours aussi agréable que les premières fois… d’autant que je contrôlais mieux maintenant… au début, j’aime autant vous dire que c’était impossible de chez impossible… pas facile de se retrouver petit, à plumes, sans réelles jambes, et avec des ailes à la place des bras, j’aurais aimé vous y voir tiens !
Explication mise à part, je mettais peu de temps – à vol d’oiseau – pour atteindre la maison d’Elena… la maison des Winters… je n’avais pas encore relevé jusqu’à présent… Elena Winters… c’était assez joli.

Je me posais élégamment sur le monstrueux cognassier qui donnait directement sur sa chambre, puisque la fenêtre était fermée. Elle dormait… plutôt paisiblement à en juger par la tranquillité, la douceur de ses traits… Ainsi lovée dans les bras de Morphée, elle paraissait aussi forte que vulnérable… un paradoxe que j’avais moi-même du mal à m’expliquer en fait… Je l’observais une dizaine de minutes, plongé dans l’intense contemplation de son joli visage endormi, avant de me décider à filer… je n’allais pas passer ma vie là non plus… c’est que j’avais des choses à faire moi aussi ! Comme euh… ça ne vous regarde pas forcément donc pas la peine de me poser toutes ces questions…

De nouveaux battements d’aile me menèrent jusqu’à notre maison… Oui, c’était les deux lieux que je fréquentais pour l’instant… la maison d’Elena, et la notre… surtout qu’à vol d’oiseau, il fallait pratiquement rien pour aller de l’une à l’autre… là-bas, il y aurait forcément de cons réveillés… ou des cons endormis… enfin des cons quoi. Je descendais en piqué devant l’entrée, et reprenais forme humaine avant de toucher le sol, afin de poser mes pieds par terre, et pas mes pattes de corbeau… wow, quelle classe… cette technique là, je l’avais longtemps travaillée, mais désormais, ça faisait très noble… très royal… et je dois avouer que j’en étais assez fier. Je fis donc les derniers pas me séparant de la porte et… je sonnais à celle-ci, comme toute bonne personne bien éduquée… que je faisais des efforts, je me surprenais moi-même parfois…
La porte ne tarda pas à s’ouvrir – quoique ce fut un peu trop long à mon goût – et c’est la « merveilleuse » silhouette de Zach qui se dessina dans l’encadrement de la porte… Et bien dis donc… j’en avais de la chance…


« - Salut mon brave… neveu. » Lâchais-je, faussement enthousiaste, la fin de ma phrase laissant supposer combien je l’appréciais.
« - D… Damon… qu’est-ce que… tu fais là… ? » Parut-il s’étonner, pris de court.
« - Oh, je cherche seulement Stefan, c’est tout… » Répondis-je, théâtral.
« - Ah il… il est sorti. » Répliqua celui-ci, pas très rassuré soudain.
« - Oh… tant pis, je vais l’attendre ici, j’ai des choses à lire de toute manière… » Rétorquais-je en m’engouffrant à l’intérieur, l’air faussement ennuyé.
« - Des choses à lire… ? Quoi… ? » S’intéressa Zach, en me suivant à l’intérieur.
« - Son journal intime si tu veux tout savoir. » Lâchais-je, comme s’il s’agissait d’une banalité.
« - Ce n’est pas très… » Osa-t-il, sans trop hausser le ton pourtant.
« - Respectueux ? Je sais, merci. » Acceptais-je avec un sourire, comme si c’était un compliment.
« - Damon… pourquoi es-tu ici… ? Que cherches-tu à faire… ? » Demanda le fou, tentant de découvrir mon but.
« - Moi… ? Je suis là pour Elena. Je veux qu’elle laisse tomber Stefan et qu’elle devienne mienne. Satisfait ? » Avouais-je sans honte, avant de filer dans la chambre du frangin, laissant Zach sur place.


Hey, c’était sa faute ! Il avait voulu la vérité hein… alors je n’avais fait que dire honnêtement ce que je pensais… j’étais là pour Elena… pour blesser Stefan. Et je n’allais pas commencer à m’en cacher. Ils devaient bien le savoir tous les deux de toute façon… et dans le cas contraire, au moins, ils seraient au courant maintenant.
Je trouvais immédiatement le journal actuel de Stefan et m’enfonçais dans son gros fauteuil pour le lire à l’aise…
Alors… Elena tendre machin bla bla bla… Damon monstre qui propage le mal bla bla bla… Ah voilà !
Je me mis donc à lire ce qui m’intéressait… ses récits sur la soirée, ce qui s’était passé… sa rage à l’idée qu’Elena puisse m’apprécier… sa colère, son incompréhension… et toute sa haine pour moi… pour ce que j’étais en train de faire… quand je vous disais qu’il ne se remettait jamais en question !
Bref, je feuilletais cette connerie en long en large et en travers, avant de réaliser que l’après-midi était déjà entamé ! Waow ! J’avais lu si longtemps que ça ?! Et toujours pas de Stefan… c’en était presque inquiétant…

J’avais donc décidé de filer, m’envolant encore en direction de sa demeure… Elena. Le cognassier m’attendait toujours gentiment, me proposant presque de venir m’y installer, mais je remarquais, à mon grand désarroi, que la belle n’était déjà plus dans sa chambre… évidemment, à cette heure ci… Elle se montra pourtant plus rapidement que prévu, puisqu’elle sortit brusquement de la maison, filant dehors avec… mmh… la jolie robe que je lui avais offert… surmontée d’une veste en cuir qui lui donnait l’air plus sexy encore… y’a pas à dire, elle donnait envie, c’était clair… envie de quoi, je n’étais pas encore tout à fait sûr, mais envie, ça ne faisait aucun doute.
Elle me reconnut… enfin, elle me reconnut comme le corbeau de la veille hein, pas comme Damon… non mais ne soyez pas cons… quelques regards mauvais et elle s’éloigna finalement… de cette démarche délicieuse… non j’ai pas dit qu’elle roulait du cul ! Bon peut-être un peu, mais si sa démarche était ainsi, c’était comme ça et puis c’est tout… et c’était tant mieux…
Je m’en désintéressais une fois qu’elle avait tourné à l’angle de la rue, et préférais aller faire une petite promenade en ville, pour m’imprégner de toute la vie de Great Falls… et des endroits intéressants à fréquenter… qui ne semblaient pas légion…
L’après-midi passa et, une fois la nuit tombée, je retentais ma chance à la maison… je me faufilais de nouveau dans la chambre de Stef’ et… après quelques secondes seul affalé sur son lit, il entra l’air contrarié.


« - Wow, t’as pas l’air bien toi, un problème… ? » M’intéressais-je, faussement inquiet.
« - Parce que tu t’inquiètes pour moi peut-être… » Maugréa-t-il, apparemment pas surpris de me voir là.
« - Bien sûr… en tant que grand frère, je me dois de veiller à ton bien-être… » Lâchais-je avec l’index levé, l’air savant.
« - Ah oui ? Et pour Elena ? Tu veilles aussi sur moi ?! » S’emporta-t-il, le regard animé.
« - Au moins sur elle, ce que tu ne fais pas… » Commençais-je, accusateur. « Tu l’aurais vu aujourd’hui, elle est sortie avec la robe que je lui ai offerte… y’a pas à dire, plus c’est moulant, plus c’est bandant sur elle… » Ajoutais-je comme pour moi-même.
« - Quelle surveillance… » Grinça-t-il, en serrant les poings.
« - En même temps, sapée comme ça, pas mal de voitures ont du s’arrêter pour lui demander c’est combien… et je ne parle pas de la robe… alors il faut bien que quelqu’un se dévoue pour veiller sur ses… arrières… » Rétorquais-je, un brin moqueur, tout en repensant au corps de la belle.
« - Très amusant… pourquoi tu fais ça Damon… ? » Demanda-t-il, feignant sans doute de ne pas comprendre.
« - Oh tu le sais très bien ptit frère… » Répondis-je, essayant de ne pas le prendre trop sérieusement.
« - Si tu lui fais du mal… » Ronchonna-t-il à nouveau.
« - Pour l’instant, le seul à lui faire du mal, c’est toi Stef’… tu comprends pas qu’elle en a marre de tous tes mystères… ? Avec toi, je n’ai rien à faire, cette petite garce va me tomber dans les bras toute seule… » Répondis-je comme pour le mettre en garde, avant de m’éclipser.


Et en bon vampire que j’étais, j’avais disparu… il faut dire que mon jumeau était devenu si faible qu’il était devenu très simple de se jouer de lui… c’était un vrai minable…
Je m’étais donc envolé – au sens propre comme au figuré – choisissant d’aller passer la nuit ailleurs… n’importe où sauf ici… parce qu’il m’énervait… il était trop con pour comprendre qu’il la blessait bêtement en voulant tout lui épargner ?! Et… et pourquoi je m’énervais pour ça moi ?! Ça aussi, ça m’énervait !
Grr…
J’avais donc été passer une nuit tranquille loin de ce maudit gars qui me servait de frère, et le lendemain avait été assez ennuyeux… ma journée de lundi n’avait été perturbée que par un appel que je devais absolument passer, puis… rien, rien du tout…

J’avais donc virevolté dans les cieux en direction du lycée, et j’avais croisé cette chère Elena en route… elle prenait… la direction du cimetière… je l’avais donc suivie depuis le ciel, l’observant se poster au niveau de… la tombe de ses parents… y’en avait-il une pour les nôtres… ? Ça faisait un moment que je me posais la question… mais bref, ce n’était pas le moment ! Je verrais ça une autre fois… plus tard… Je m’étais donc posé sur la grille du cimetière, me contentant d’observer Elena, en train… d’écrire dans son journal… ? Intéressant, en voilà un que j’aurais plaisir à lire d’ici peu de temps… ça m’intéressait vraiment là. Quoiqu’il en soit elle… me serrait très brièvement le cœur… ça faisait combien de temps ? Six mois… et elle semblait plus à l’aise là, près de la tombe de ses parents, que nulle part ailleurs… c’était aussi glauque que triste… d’ailleurs, si elle était intéressée par une vie dans les ténèbres, j’étais tout prêt à l’accueillir, y’avait aucun problème hein…
Elle sortit enfin du cimetière et me remarqua encore puisqu’elle se plaignit de ma présence… aussi préférais-je répondre à ses désirs, et c’est ainsi que je filais à vive allure dès qu’elle eut le dos tourné… quand même, se plaindre de ma présence à moi… c’était une honte, mais passons…
Ce soir là, la faim avait repris le dessus… et j’avais donc fait quelques petits tours avant de trouver ce que je voulais… deux jeunes… des lycéens sans doute, complètement bourrés, qui sortaient d’un bar et qui ne retrouvaient plus leur voiture… des proies tellement faciles. Je m’étais donc délecté de leur sang avec presque trop de simplicité, avant de me diriger vers un bon endroit où dormir…



Enfin, mardi matin, je m’éveillais… paisiblement, dans la maison de notre enfance… cette chambre d’ami n’avait jamais servi à personne de toute façon, et la famille ne s’était jamais fait d’amis pour les mettre dedans, alors… il fallait bien que ça profite à quelqu’un. Et ce quelqu’un en l’occurrence, c’était moi… Après tout, j’étais toujours ici chez moi hein, n’en déplaise à Stefan ou à ce misérable Zach. Ils n’allaient pas non plus m’empêcher de vivre chez moi… même si je ne retenterais pas l’expérience trop souvent… un ronflement de travers et un sommeil trop lourd et ils seraient capables de me planter un pieu pendant que je dormais… ces fourbes…
Non, j’allais me trouver un coin où vivre, une belle petite maison… même si j’allais sans doute devoir tuer quelqu’un pour ça… tant pis, je n’avais pas le choix de toute manière… et c’était… la loi de la jungle, rien d’autre… enfin la loi de la ville en l’occurrence mais… ça ne changeait pas grand-chose quand on y réfléchit…

Mais bref, cette journée était quand même spéciale… parce que les choses allaient radicalement changer… j’étais décidé à jouer mon rôle d’emmerdeur jusqu’au bout, mais ce ne serait pas tout à fait possible avant une certaine… condition… j’allais devoir régler certains détails, mais ça ne devrait pas être si ennuyeux que ça en avait l’air… après tout, je ne doutais pas que ces préparatifs soient terminés en peu de temps… j’étais moi quoi et… sans vouloir me vanter, rien ne me résistait…
Je me levais donc… du pied droit attention, c’est une donne importante à prendre en compte, puisque je ne serais pas immédiatement ronchon sans la moindre raison… je n’étais tout de même pas comme cet idiot qui me servait de frère… Je me préparais tranquillement chez mes hôtes, profitant de leur salle de bain, et de tout ce dont je voulais… comme je l’avais dit, j’étais chez MOI, alors je ne me priverais de rien. Cette maison n’appartenait pas plus à Stefan que je sache… et encore moins à ce rat à qui on permettait de vivre ici… maudit Zach…
Je pris bien le temps de me préparer avant d’enfin sortir de la maison, saluant un Zach aussi grincheux que médusé de me voir sortir de la maison… et oui mon con, j’avais dormi chez toi… clochard va…


Spoiler:
 



Il était bientôt neuf heures, l’heure à laquelle ce rendez-vous était fixé… et je ne pouvais pas le rater… même si ça ne changeait pas grand-chose au final, puisque ma manie d’hypnotiser les gens était un bon moyen de ne jamais avoir rien à se reprocher… c’était assez cool comme pouvoir quand on y réfléchissait… tout le monde chutait stupidement sous notre emprise, et on pouvait faire croire n’importe quoi à n’importe qui… c’en était presque trop facile, honnêtement…
Je marchais donc nonchalamment dans la rue, en direction de ce fameux point de rendez-vous… un petit quart d’heure de marche, qui m’amenait donc à… 9h12. Un peu en retard pour le coup… mais bon… on n’allait pas me faire un foin pour douze petites minutes de retard, si… ? J’en doutais en tout cas, et mon pouvoir de persuasion lui, espérait bien avoir à sortir de sa boîte. J’arrivais donc devant cet endroit tant recherché… Le lycée de Great Falls… ah… je pouvais déjà sentir très légèrement les odeurs de Stefan et Elena mêlées à un tas d’autres odeurs… encore pires que celles de mon frère… ah tiens, Jeremy aussi… mais pourquoi je me rappelais de lui moi ?! Force était de constater que ce gosse m’avait plus marqué que prévu…
Bref, ces histoires de senteur étaient peut-être amusantes, mais je n’étais pas là pour les respirer ces cons là… si j’étais ici, c’était pour mon inscription voyons ! Et la secrétaire devait m’attendre depuis presque un quart d’heure… la pauvre… elle allait me haïr… enfin, avant que je n’use de mes charmes sur elle bien évidemment.

Je me mis donc en marche, et entrais dans le bâtiment… je croisais quelques filles totalement charmées par mon look de bad-boy… ah, pour elles qui devaient être habituées à voir le vieux gland de Stefan ça devait leur changer… les pauvres… Je laissais échapper quelques sourires charmeurs, m’amusant moi-même de cette situation idiote, en me dirigeant vers le bureau de la secrétaire. Agée, l’air autoritaire, je la jaugeais un court instant avant d’oser entrer, sans prendre la peine de frapper… on était loin du stéréotype de la secrétaire super canon avec le costume, les lunettes, la minijupe et tout ce qui va avec… moi perso, si j’avais eu besoin, j’aurais pris Elena… ouh, qu’elle devait être bonne avec un tel accoutrement… bonne… dans son travail hein… rooh, vous me prêtez de bonnes idées que je n’avais pas… non, moi je ne voyais que le côté physique, désolé…
J’entrais donc et me présentais devant la secrétaire, l’air hautain.


« - C’est moi que vous attendez. » Lâchais-je, plein d’assurance.
« - Oh, le frère de Stefan, voyez-vous cela… vous êtes une copie conforme de lui… » Crut-elle bon de me répondre avec un petit sourire.
« - Ça me ferait chier… » Marmonnais-je, l’air de rien.
« - Vous avez dit… ? » S’inquiéta la vieille.
« - Non rien. Alors mon dossier est bon… ? » L’interrogeais-je enfin, peu désireux de m’attarder sur elle.
« - Et bien, il manque… tout. On ne peut pas… » Commença-t-elle, presque à contrecœur.
« - Mon dossier est impeccable, vous allez m’accepter dans le lycée sur le champ… » Lâchais-je à mi-voix en plongeant mes yeux « envoûtants » dans les siens.
« - Votre… dossier est impeccable, bienvenue parmi nous Monsieur Whitehorth. » Répondit-elle en me tendant un… emploi du temps.
« - Merci. » Me contentais-je de répondre, comme si tout ceci était normal.
« - Yorke, viens par ci ! Je te présente Damon Whitehorth, tu es chargé de lui faire visiter le lycée aujourd’hui. » Continua-t-elle en interpellant un con qui passait dans le couloir.
« - La merde… mais, j’ai pas à aller en cours alors ? » Demanda-t-il, l’air blasé à mort, avec son bonnet enfoncé sur la tête.
« - Bien sûr, allez, au boulot ! » L’incita-t-elle en nous poussant limite dehors.
« - Putain ça fait pas de mal, bon bah en route… » Me proposa l’autre, même s’il n’était pas très réjoui non plus.


Pour ma part, je ne me débattais pas… j’allais me plier à cette connerie… visiter un peu le truc… ça me plaisait pas plus que ça, mais ce serait déjà pas mal pour pouvoir me repérer… Le matin passa assez vite une fois qu’on eut fait le tour des salles de l’intérieur et… je fus forcé d’avaler des saloperies de la cafétéria, avec Super Bonnet Man, qui tirait à moitié la gueule… ce mec là n’était pas bien luné et ça l’enchantait pas de traîner avec moi, mais il était content tant qu’il allait pas en cours, donc il restait supportable.
L’après-midi arriva et… il finit par m’emmener dehors… merci, on crève ici… quand il voulait, il avait aussi de bonnes idées…


« - Là, c’est l’entraînement de l’équipe de foot… d’ailleurs, c’est ton frère là… » Lâcha-t-il en le pointant du doigt.


La honte sur ma tête d’un coup… Stefan… mon Stefan, mon frère jumeau… à entendre, c’était une chose, mais à voir… Stefan jouait dans une équipe de foot du lycée… oh mon dieu… j’aurais pu en faire un malaise de le voir… c’était… tellement dégradant… Et là, un débile venait et le plaquait comme une brute… un vrai con avec une gueule de débile… et des dents à foutre la trouille à un vampire…
Mais… vas-y Stef’ ! Te laisse pas emmerder comme ça ! Relève-toi et mets-lui ton poing sur la gueule ! Venge-toi !
Mais non… il n’était pas comme ça… et… il laissa couler… oh, qu’est-ce que j’avais envie de lui péter la gueule moi… on ne s’en prenait pas à mon frère… j’étais le seul à avoir ce droit…
Je fus toutefois vite déconcentré par ce qui se déroulait de l’autre côté du terrain, un coin que ne manqua pas de me signaler mon compère…


« - Et voilà le plaisir de la journée, l’entraînement des cheerleader… » Glissa-t-il en pointant ces dernières du doigt une fois encore.


Spoiler:
 



J’observais et… mon sang ne fit qu’un tour soudain…
Elena ?! C’était vraiment elle… ? … pas de doute… son odeur me parvenait légèrement, et… ce corps n’appartenait à nulle autre… Un petit débardeur, les cheveux attachés, ce joli teint d’olive, légèrement transpirante de ce que j’en voyais… ce qui la rendait plus irrésistible encore, et, comme je l’avais supposé, que ses jambes étaient magnifiques… de longues jambes bronzées, fines et délicates… d’autant que son minishort était très « mini » justement, et agréablement serré… vraiment, ce cul me ferait toujours le même effet. Elle était à tomber, mais… j’avais du mal à l’imaginer cheerleader… ça… ne lui ressemblait pas j’avais l’impression… ou peut-être m’étais-je trompé…


« - Elena… » Laissais-je échapper, ce qui démontrait bien ma surprise.
« - Oh tu la connais ? » S’étonna mon « pote » « Ouais c’est elle là… Elena Winters, elle était cheerleader avant son accident, mais elle a arrêté depuis… » Ajouta ce brave Yorke.
« - Je vois… » Répondis-je, content d’en apprendre plus, sans détacher mon regard de la demoiselle.
« - C’est dommage, elle remuait encore mieux son cul que Carolyne… » Crut-il bon de poursuivre, même si je ne m’y intéressais qu’à moitié. « j’en ai encore des vidéos à la maison, si t’es intéressé ! » Reprit-il de plus belle.


Et bien… quelle réputation ! Sa carrière de cheerleader avait été un franc succès visiblement… assez pour qu’on compare sa façon de remuer son cul à quelqu’un d’autre… quel honneur ce devait être… toute ironie mise de côté, il faut avouer qu’elle devait être balèze… elle avait du en soulever des foules… même si, pour que des clodos comme ce mec en gardent des vidéos, m’était avis qu’elle n’avait pas soulevé que les foules… comme je le remarquais donc… à mon grand désarroi, ce joli ptit cul ne laissait visiblement personne indifférent, au vu de sa réputation d’après Yorke. Je trouvais ça assez frustrant, de ne pas être le seul… mais c’est ce qui était si excitant en un sens… qu’il y ait de la compétition… qu’elle soit la cible de nombre de convoitises… enfin, j’aurais le temps de voir si tel était bien le cas…
Sinon, petite parenthèse mise à part, j’étais bien intéressé par les vidéos… ça valait le coup d’avoir des potes, y’a pas à dire… mais bref.
L’entraînement commença et… je compris rapidement qu’en effet, elle n’avait pas pratiqué depuis longtemps… quand je vous disais que ça n’avait pas l’air fait pour elle ! Elle était en retard, avait un peu de mal à bouger… et ce qu’elle aurait pu rendre très sexy, en devenait… aussi comique que gênant… vraiment, j’étais gêné pour elle, moi ! J’étais gêné qu’elle se ridiculise comme ça… et ça me mettait sur les nerfs… aussi tentais-je de dédramatiser en lâchant un rire un poil sarcastique.


« - Ouais, c’est bien ce que je disais, dommage… » Lâcha mon compagnon, blasé devant sa prestation.
« - Je savais que c’était pas fait pour elle. » Ne pus-je m’empêcher de lâcher en me détournant du spectacle, incapable de supporter cette humiliation plus longtemps.
« - Désormais, je dois me contenter des fois où elle fait des billards au Grill pour profiter de la vue… » Ajouta Yorke, l’air déçu.
« - Le Grill… ? » L’interrogeais-je, même si le duo « Elena-billard » m’intéressait fatalement…
« - C’est un pub pas loin… qui est fréquenté par pas mal d’élèves, je te montrerai, ça fait partie de la visite, on va dire ! » Répondit-il, amusant de sincérité comme toujours. « Elena y traîne assez régulièrement. » Finit-il par avouer, pour mon plus grand plaisir.


Je ne répondis pas, mais affichais un sourire entendu, bien content de cette révélation… elle traînait régulièrement dans un bar… génial… ce serait un endroit neutre… un endroit où on pourrait totalement se rencontrer « par hasard », parce que chez nous… là où vivait Stef’, ou chez elle, ça ne faisait pas très hasardeux justement… plutôt le connard qui cherchait à tout prix le contact… là, je trouvais un nouvel endroit à fréquenter… un nouveau lieu à profaner… une nouvelle chance de m’immiscer plus encore dans l’existence d’Elena…
La journée fila tranquillement et une fois les heures de cours terminées, mon « tuteur » décida de m’emmener à ce fameux « Grill », où curieusement, aucune brochette ne grillait… ce n’était qu’un bar normal après tout… On approcha, et… des voix commençaient déjà à s’élever… je l’avais perçu plus on se rapprochait et… ça ne faisait que s’intensifier… j’entrais donc à l’intérieur avec mon petit Yorke, qui furetait à droite à gauche, observant d’un œil louche.


« -Voilà, bienvenue au Gri… » Commença-t-il, avant de se stopper, sous le poids d’une voix plus lourde que la sienne.
« - Ecoutes ma belle, je te l’ai déjà dis… c’est pas un mec comme lui qu’il te faut… » Lâcha un gros crétin à… Elena ?!


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Premier constat, wow… bon, officiellement, elle était dos à moi pour l’instant, mais je me délectais toujours de ses jolies courbes avec tout le mérite qui leur était du… Comment résister à un si joli corps franchement… ? Cette chute de reins était à tomber par terre et à peine avait-elle pris place dans mon champ de vision, que j’en oubliais instinctivement mon brave « pote ».
En tout cas, le mec qui lui parlait semblait penser que Stefan n’était pas le mec qu’il lui faut, et il n’avait pas tort, même moi je pouvais l’affirmer mais… dans sa bouche à lui, ça paraissait assez laid…


« - Ah oui ? Un gars comme toi ferait plus l’affaire, je présume ? » L’étouffa-t-elle d’ironie.
« - Exactement ! Il te faut un mec fort, qui a du caractère ! … Un mec viril, pas cet espèce de saint-nitouche qui veut même pas boire une bière avec nous après l’entraînement… sans doute qu’il se croit trop bien pour nous. » Se plaignit l’accusé, marquant quelques bons points, mais certains très mauvais également.
« - … C’est bon, t’a finis ? » L’envoya-t-elle bouler à nouveau, peu désireuse de l’entendre déblatérer des conneries aussi grosses que lui.
« - Oh non ma belle, je suis loin d’en avoir finis… Allez viens là, sois pas farouche ! Tu sais bien qu’il te faut un mec, un vrai… quelqu’un pour te protéger, tu vois… » Renchérit-il en écartant les bras… quel débile…
« - La seule personne dont j’aurais besoin d’être protégée, Tyler, c’est de toi. » Lui asséna la belle, toujours furieuse.


Quel gros con…
Déjà… non mais je rêvais ou c’était le con qui avait plaqué mon frère comme un bourrin tout à l’heure ?! Cet espèce de gros connard… rrh… j’enrageais rien qu’à voir sa sale gueule, et le fait qu’il s’en prenne à Elena n’allait pas l’aider à entrer dans mes bonnes grâces, loin de là… Oh il avait dit quelques bonnes choses hein… notamment qu’elle avait besoin de quelqu’un de plus fort que Stefan, mais la seule personne plus forte que lui ici, c’était moi… ce minable de Tyler n’aurait jamais fait le poids face à Stefan, soyons un peu logiques…
En tout cas, roaarrr, quel caractère de feu mon cœur ! Elena était délicieuse avec cette rage toutes voiles dehors… j’appréciais… j’adorais même…
Elle fit alors volte-face pour le fuir définitivement, me laissant apprécier son demi-tour particulièrement canon, ses cheveux virevoltant, avant que sa démarche de gazelle ne se mette en marche… joliment fringuée… et de plus en plus canon, ou je rêvais ?! Quand je vous avais dit qu’elle n’avait pas à cacher cette poitrine sous le Mighty Mouse… Là c’était déjà bien plus sympa et… elle était même encore plus… gonflée que je ne l’aurais cru… physiquement, elle m’impressionnait vraiment ! J’étais… on peut le dire, fan.


« - C’est ça, dégage ! T’es bien comme toutes les autres hein… dimanche tu m’allumes avec ta robe de salope et maintenant tu fais ta timide… » Hurla de colère le dénommé Tyler.


Quoi ?!
Quoi quoi ?!
Il osait traiter cette robe de salope ?! C’était un magnifique cadeau hors de prix de ma part ! Espèce de con ! Quant à ces dires sur les côtés « allumeuses » de la demoiselle, je ne pouvais pas dire… je ne l’avais pas suivie toute la journée… mais ça n’avait pas l’air d’être son cas en règle générale… même si parfois, elle faisait des gestes maladroits pouvant prêter à confusion… donc le débat restait ouvert sans doute.
En tout cas, ce n’était pas une manière de traiter les femmes, et encore moins Elena… ce que je finirais bien par lui faire regretter…


« - Tu prends tes désirs pour la réalité, Tyler… » L’acheva Elena, sans même le regarder.
« - Mes désirs ? … Non ça, ça en est ! » Conclut la brute avec un sourire particulièrement mauvais aux traits.


Je sentais bien le mauvais coup venir… La façon dont la belle venait de l’envoyer chier était déjà plutôt vexante, en tout cas, ça devait l’être pour lui, et… il avait lancé cette menace… ça, ça en est… ? Je dois dire que je me préparais à réagir, mais je ne faisais pourtant pas le moindre geste pour l’instant… Je ne relevais d’ailleurs même pas les réflexions de Yorke, qui traitait le Tyler de pauvre type… au moins là-dessus… comme sur d’autres choses en fait… nous étions d’accord.
C’est alors que j’assistais à la scène, impuissant… malheureusement pour Elena, elle ne releva pas plus que ça l’avertissement… elle aurait quand même pu s’inquiéter un peu non… je vis donc la main partir, et s’abattre sèchement sur ses fesses… le genre de geste qui mélange du coup vengeance et plaisir… son petit bonheur de la journée sans doute… moi, mo sang bouillonna dans mes veines… de quel droit la touchait-il… ? De quel droit posait-il ses pattes sur MON Elena ?! Il devait être puni… et ça n’allait pas tarder…
Je fondis sur lui à une vitesse folle, et le frappais au visage, le griffant en même temps, et l’envoyant valser à trois mètres de là au moins, contre le mur… il s’effondra sur le sol, le nez en sang, et une jolie griffure au visage, apparemment sous le choc… petite pute va…


« - Qu’est-ce qui se passe Tyler ?! T’allumes les autres et maintenant tu fais ta timide… ?! » Lui crachais-je au visage – au propre comme au figuré – en me moquant ouvertement de lui, ma rage s’exprimant ainsi. « T’as du toupet pour oser poser tes sales pattes sur une telle œuvre d’art… » Poursuivis-je en le regardant de haut.


Ah, que c’était jouissif… Pouvoir mettre une branlée à un petit connard comme lui… je prenais mon pied, d’autant que d’un coup, j’étais la cible de tous les regards… j’avais étalé ce con et je me foutais ouvertement de lui, sans la moindre considération pour son petit ego de merde…


« - Oh, et cette « robe de salope » comme tu dis, c’est du Dolce&Gabbana, le genre de truc que toi et ta famille de pouilleux ne pourrez jamais vous payer… » Lui lançais-je, hautain à souhait.
« - S… Stefan… » Se plaignit-il difficilement.
« - Encore, mais… franchement, vous allez tous me confondre avec lui ou quoi ?! Moi c’est Damon, DA – MON, c’est bon, c’est retenu ? » M’emportais-je en me rapprochant de nouveau de lui comme une nouvelle menace.
« - Je, je… je… » Bredouilla le malheureux.
« - Tu tu tu… » Commençais-je en l’imitant une grimace de frayeur au visage. « Tu vas repartir la queue entre les jambes avant que je t’arrache la seule chose qui fait de toi un homme… enfin quelque chose y ressemblant… » Ajoutais-je en le regardant avec dégoût et mépris.


Je revins alors plein de douceur vers Elena, la fixant avec un regard inquiet… Non, je ne m’en faisais pas à ce point pour elle mais… elle n’avait pas semblé bien.. et se faire emmerder et à moitié agresser comme ça… ce ne devait pas être évident… et puis je jouais mon rôle, c’est tout, merde à la fin !


« - Désolé Elena, j’aurais du intervenir plus tôt… » Lâchais-je, l’air désolé en baissant légèrement les yeux.


C’est vrai en plus… j’aurais sans doute pu… heureusement que ce n’était qu’une affaire de main au cul et qu’il n’y avait pas de danger de mort hein… d’autant que ce fils de pute avait du apprécier… je le sais, j’avais déjà testé moi aussi… enfin bref. Je posais alors ma main sur son bras en plongeant mon regard dans le sien.


« - Ça va… ? » Commençais-je, avec tendresse. « Sinon, j’peux retourner l’achever hein… » Ajoutais-je, avec humour en lui glissant un clin d’œil complice.


Ah euh… j’avais oublié quelque chose ? Quoi ?!
Oups, cette histoire de robe… oui, comment je savais que c’était cette robe, et qu’elle la portait dimanche… ? Bwarf, pour un peu, elle n’allait pas relever, et dans le pire des cas, je trouverais une vieille excuse bidons… c’est toujours les plus cons qui marchent le mieux…
Ennuyé je jetais tout de même un petit regard derrière moi pour apercevoir l’autre con toujours là…


« - Bon, quelqu’un va se décider à mettre cette pute dehors ou faut qu’je le sorte moi-même ?! » Grinçais-je, avant de reposer mes yeux sur Elena, peu désireux de voir ce crétin une seconde de plus, ma main toujours sur son bras.
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Elena Winters

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyJeu 22 Oct - 0:31

Je n’aimais pas la violence…. sous toutes ces formes… Et pourtant, là je ne pouvais que m’en réjouir. Honnêtement, Tyler ne l’avait pas volé ! Et je ne parle pas uniquement de l’affront qu’il venait de me faire subir. C’est vrai, ça faisait plus de trois mois qu’il cherchait ouvertement Stefan, que ce soit pendant les entraînements où il ne manquait jamais une occasion de lui faire mal ou bien au lycée. Il faisait tout son possible pour lui rendre la vie infernale et parlait de lui de façon tellement dégradante dans son dos ! … Il dégoulinait de jalousie… s’en était écœurant ! Il faut dire qu’il n’avait pas grand-chose pour lui et que mon petit-ami le surpassait en à peu près… non en fait, en tout les domaines. Il était plus beau, plus sportif, plus admiré, plus intelligent, plus populaire… Un peu plus tout quoi. Et Tyler ne parvenait pas à l’accepter, exhibant cette supériorité dérisoire qu’il se croyait acquise alors qu’elle n’existait que dans ses fantasmes débiles.

Vous l’aurez compris, il n’avait pas une grande place dans mon estime. Disons que rien que son comportement envers le garçon que j’aimais suffisait à me le faire exécrer. Et je ne prendrais même pas la peine d’évoquer sa façon de parler et de considérer les filles… Plus misogyne, tu meurs !
Oh, je ne l’avais jamais adoré mais… plus le temps passait et plus je le méprisais. Il s’en prenait toujours à ceux qu’il estimait plus faible que lui et c’était bien la mentalité d’un lâche… prétentieux de surcroît… [Anglais, de surcroît ! Wink ]

Pour ce qui était de mon bien aimé… c’était tellement facile de s’en prendre à lui… il était bien trop gentil ! Bon, c’était ça aussi que j’aimais chez lui, son côté bonne pâte. C’était un vrai nounours en règle général, jamais un mot plus haut que l’autre, toujours plein de sagesse et de maîtrise… Pourtant, il aurait du se montrer plus dur parfois. Ne pas réagir n’était pas la bonne tactique en ce qui concernait Tyler. Il aurait du le savoir depuis le temps…
Personnellement, je m’attelais à l’ignorer et à le remettre à sa place régulièrement mais Stefan se contenait encore et toujours. Il répugnait à riposter, se contentant de répéter que ce type n’en valait pas la peine. En fin de compte, je fulminais bien plus que lui… probablement la faute à mon tempérament un tantinet flamboyant dans certaines circonstances. A croire que les bassesses du garçon m’atteignaient plus que le principal intéressé… Bah quoi ? Il n’y avait pas que les hommes qui avait le droit de vouloir protéger leur moitié, si ?! De toute manière, c’était ainsi et on ne m’avait pas demandé mon avis. Je ressentais ça ainsi que je le veuille ou non.

Vous l’aurez compris, j’étais plutôt satisfaite de son intervention. Depuis le temps qu’il aurait du réagir ! Avec un peu de chance, ça suffirait à mettre les points sur les « i » avec ce crétin. Il allait peut-être le laisser tranquille désormais… et moi aussi si on avait vraiment beaucoup de chances…
Oh, ses vues sur moi ne dataient pas d’aujourd’hui. Enfin, lui, il courrait après toutes les nanas un tant soit peu bien fichue. Pas très difficile, le Ty’… Déjà avant que je ne sorte avec Mike, il passait son temps à me servir sa drague à deux balles… Quand je m’étais mise en couple avec son ami, il avait temporairement cessé son petit manège, par considération pour le Quater-back de l’équipe… mais depuis notre rupture, il ne se privait plus et recommençait à me pourchasser de ses assiduité dégoûtante. Mon dieu, il aurait vraiment fallut que je sois au bord du gouffre pour me tourner vers ce rat et ses manières immondes ! Je votais sans hésiter pour celles un peu démodées mais si charmantes de Monsieur Whitehorth… Stefan hein !

Tout ça pour dire que ce goujat n’avait que ce qu’il méritait. On ne traitait pas impunément mon cher et tendre de tapette… et on ne me pelotait pas non plus sans devoir s’attendre à un châtiment. Ma main en était presque déçue d’ailleurs… elle qui aurait pris tellement de plaisir à aller rougir la joue de ce rustre trop audacieux… M’enfin, m’était avis qu’elle aurait bien d’autres occasions… et je n’imaginais pas encore à quel point, j’étais dans le vrai…
D’autant que là, c’était l’heure de gloire de Stefan. Je n’allais pas lui en privait égoïstement.

Et il allait d’ailleurs en profiter pleinement… plus même que ce à quoi j’aurais pu m’attendre venant de lui…
En effet, le garçon venait de se ruer sur lui avec une vitesse impressionnante… Quel reflexe, mes aïeux ! Non mais, plus sérieusement, j’étais stupéfaite… abasourdie même de le voir surgir ainsi… de nulle part ou presque… Il n’était pourtant pas censé venir. De toute évidence, il avait changé d’avis… Quant à savoir pourquoi, c’était une autre histoire.
Quoi qu’il en soit… c’était très surprenant de le voir apparaître tout à coup pour venir à ma rescousse. Oui, c’était pour le moins inattendu. Pile à l’heure, Stefan, bravo !

C’était digne d’un conte de fée dis donc. Vous savez le prince charmant déboulant on ne sait trop comment mais toujours au bon moment pour sauver sa dulcinée… Ben là, pareil… Sauf que le rendu faisait nettement moins « romantique… »
Et pour cause… le jeune homme n’avait pas tardait à le frapper violement au visage… tellement violement d’ailleurs que sa malheureuse victime perdit l’équilibre… Quel euphémisme… en fait, il vola littéralement trois mètres plus loin, se heurtant au mur sur lequel il glissa pitoyablement. Et le tableau qu’il offrit alors fut vraiment déplorable. J’aurais presque pu en éprouver une pointe de compassion si je n’avais pas été aussi furieuse contre lui…

Le pauvre, semblait totalement consterné et incrédule. Son nez saignait abondamment… étant peut-être même cassé vu la forme légèrement asymétrique que je cru distinguer de là où j’étais. Il affichait aussi une vilaine griffure au visage et je me demandai comment Stefan s’y était pris pour lui faire ça surtout aussi vite …
En tout cas, Tyler fixait ce dernier, un peu hagard sans paraître comprendre ce qu’il venait de lui arriver. Je n’étais pas la seule à avoir été prise de court, ça c’était assez clair. Tout avait été très vite, il faut dire… Mais deux nous deux, il était nettement le plus choqué. Etait-ce à cause de l’agressivité nouvelle de mon cher et tendre – une agressivité qui me perturbait moi-même tant elle semblait inhabituelle – ou juste à cause du coup qu’il venait de recevoir et de son vole plané ? Une question intéressante à laquelle je n’avais hélas pas de réponses.

Par contre… quelle force ! J’étais… sidérée. Bon, je savais que les footballeurs étaient costauds hein mais… Stefan n’avait jamais fais étalage d’une telle puissance… ce qui n’était peut-être pas plus mal. C’était bizarre, non ? Pas qu’il soit frêle, il était même très joliment musclé… délicieusement musclée… hum… … mais bref, je ne le pensais pas capable de ce genre de prouesses physique. Tyler n’était pas massif mais il pesait son poids, hein !
Enfin, au moins tout le monde y réfléchirait à deux fois avant de lui cherchait des poux… moi y compris… Même si les poules auraient sans doute des dents avant que le garçon ne lève la main sur moi. Mais vous savez ce qu’on dit « ne jamais dire jamais ».

Je dois admettre que c’était déstabilisant. Bon, je n’allais pas plaindre cette sale petite fouine mais on pouvait dire qu’il n’y avait pas été de main morte. Enfin je suppose que quitte à faire quelque chose autant ne pas le faire à moitié. Stefan avait décidé qu’il était temps de régler ses comptes et il n’allait pas se retenir. Ça se comprenait. Même si… j’avais beau savoir que tout être humains avait des limites à ne pas dépasser et que Stefan n’était pas différent, qu’il y aurait bien une goutte d’eau qui ferait déborder le vase, je… j’avais du mal à croire à ce que je voyais. Ça ne lui ressemblait pas… Cela dit, ce n’était pas plus mal. Rester à espérer que ce gredin retiendrait la leçon.

« Pas viril », hein ? … Alors c’était quoi pour lui la virilité ? … Pas que je trouve ça particulièrement séduisant de voir des mecs se battre et faire étalage de toutes leur testostérones mais… je ne pouvais pas cracher sur le spectacle de Tyler en train de prendre une raclée depuis trop longtemps retardée non plus ! Il devait s’en mordre les doigts soudain.
Et moi, j’aurais presque eu envie de le narguer et de lui dire quelque chose genre « Ah pas mal pour une tapette, non ? … Qu’est-ce que tu disais au fait, un mec fort qui a du caractère ? … Bon ben je crois que ça règle la question. Oh et un dernier détail : Il ne se croit pas meilleur que toi, il l’est. »

En outre, … ça avait un certain charme de se faire défendre. Bon, je savais pertinemment, comme il l’avait dit lui-même la fois dernière, qu’il ne laisserait jamais personne me faire de mal mais le voir s’énerver pour préserver mon « orgueil » bafoué par ce geste dégradant… n’était pas déplaisant. C’était encore une preuve supplémentaire qu’il tenait à moi. C’est vrai qu’on s’en prenne à lui n’était pas capable de le faire sortir de ses gonds mais qu’un garçon pose ses sales pattes sur moi, ça ça le faisait avec une redoutable efficacité. Bon ça faisait très « princesse en détresse » pas capable de se défendre, ce qui n’arrangeait pas mes affaires en sachant qu’il me considérait déjà comme une petite chose fragile à épargner impérativement mais… tant pis…

En tout cas, Tyler observait son agresseur sans en croire ses yeux. Au même titre que plus de la moitié du pub, moi y compris. Les gens étaient soudain très intéressés par la dispute qui avait lieu alors que personne n’avait semblé remarqué quand il m’emmerdait. Sympa, les gars… On peut compter sur vous, c’est sûr…
Evidemment, personne en général ne s’opposait trop ouvertement à Tyler… tout le monde savait à quel point il était revanchard et combien il prenait un malin plaisir à vous faire les pires crasses… Il était très doué pour ça… faire de la vie des autres un enfer, je veux dire. D’ailleurs, il n’était vraiment malin que dans ses plans de vengeance… Ses rares neurones étaient toujours utilisés à mauvais escient malheureusement…



« - Qu’est-ce qui se passe Tyler ?! T’allumes les autres et maintenant tu fais ta timide… ?! » Cracha Ste… le jeune homme, se moquant ouvertement de lui en reprenant ses propres termes.



… …
Premièrement, c’était bien envoyé. J’étais de plus en plus satisfaite. Non mais c’est vrai, depuis quand on me traitait d’allumeuse ?! Je voulais bien être beaucoup de chose mais ça je ne l’étais pas. Surtout que j’étais une fille amoureuse moi… Et puis où aurait été l’intérêt d’allumer ce gland ? … Personnellement, je ne voyais pas… même en y réfléchissant…
Donc oui, j’étais bien contente qu’il se prenne ça dans les dents. Se venger même si ce n’était qu’à travers les autres n’était pas si mal… moins gratifiant que de s’en charger soi-même mais plutôt agréable malgré tout.

Deuxièmement, sa voix était… roarr… Un mélange de supériorité, d’arrogance et de colère… Ça rendait le tout très… heum… je ne sais pas mais j’appréciais… même si j’aurais incontestablement détesté si ça m’avait été adressé.
Toutefois ce fut celle-ci… et surtout ce qu’elle disait qui me fit prendre conscience de mon erreur. Ce n’était pas Stefan. Pour plusieurs raisons. J’avais l’embarras du choix…
Déjà, cette phrase ne lui ressemblait pas. Je veux dire, encore qu’il s’énerve et lui foute un coup de poing, okay. Mais tel que je le connaissais, il n’aurait pas insisté ou aurait dit quelque chose genre « Ne t’avise pas de recommencer ! ». Il l’aurait mis en garde et serait reparti…
Or, là c’était très différent. Il se moquait de lui, le rabaissant encore alors qu’il était déjà à terre.
Cet être dans sa façon de parler et de se comporter était… trop… bouillant ? … pour être mon petit ami, toujours si tempéré, si calme… Même en colère, il n’aurait pas été si… volcanique ? Ce qui n’était pas le cas de son jumeau. Je n’avais pas eu beaucoup d’occasion de le côtoyer mais je pouvais d’ores et déjà affirmer que c’était plus son genre. Il était nettement moins timide, plus effronté… et beaucoup plus audacieux… Cette ironie lui ressemblait bien en fait…

Histoire de confirmer mes soupçons… je notais que Stefan ne portait pas cette tenue aujourd’hui. Il aurait du arborait une chemise bleu et un jeans sombre et pas ces vêtements sombres qui ne pouvaient que m’évoquer son frère. Des habits complètement noirs et de ce fait aussi élégants et classe que lors de la soirée de samedi. Pantalon et tee-shirt ébène savamment moulant ainsi qu’une veste en cuire très stylisée… Un genre un peu ténébreux, un peu bad-boy dans lequel je n’avais vu Stefan qu’une seule fois. Aucun doute possible.
Sans parler du détail… de la preuve irréfutable : sa chevalière bleuté à la main… tadam… gauche !

Damon…
Je… Je ne savais pas trop quoi en penser brusquement. Je ne m’étais pas attendu à le revoir aussi vite. Et surtout dans ces conditions. Ça en était presque gênant !
C’était… il me défendait ? … Pourquoi ? Bien sûr, on se connaissait mais… était-ce une raison suffisante pour faire preuve d’autant de véhémence ? Mes amis n’avaient pas eu l’air de le croire en tout cas ! Apparemment, il ne supportait pas qu’on s’en prenne à ses connaissances… à moins que ce soit encore ce fameux côté galant et vieux jeu qui le poussait à prendre la défense de toutes les filles jugées en détresse qu’il croisait… Ou alors c’était juste qu’il m’appréciait ou… bah je n’en savais rien, moi ! C’était totalement inattendu, juste !
C’est vrai, de la part de Stefan, ça m’aurait parut « normal » entre guillemet mais de la sienne, je… je ne savais pas trop… Je veux dire, que mon petit-copain se retrouve « forcé » de prendre ma défense était une chose… mais que ce soit son frère qui endosse ce rôle de protecteur… c’était troublant. A croire qu’il se sentait obligé de faire le travail de son jumeau… de compenser son absence… Le pauvre devait en faire des choses à la place de mon petit-ami ! … Me parler, faire preuve de sincérité, et maintenant me « secourir »… Stefan manquait à son « devoir » et c’était lui qui prenait le relais apparemment. C’était… un peu embarrassant. Comme si leur ressemblance n’était pas suffisamment déboussolante, il fallait que ce soit précisément ce garçon qui me venge…

En outre, mieux valait ne pas le chercher à mon avis car vous aviez tôt fais de le trouver, contrairement à son frangin. Encore un trait de caractère divergent. Il avait l’air tellement plus impulsif… tellement plus impétueux… La preuve, il venait de partir au quart de tour. Pour moi en plus… alors je n’osais imaginer ce que ça aurait été si on s’en était pris directement à sa personne !
Quant à savoir si son côté plus… « fougueux » était une bonne chose, je n’aurais su le dire. Tyler lui penserait certainement que non… Moi, je ne savais pas trop. Je crois que ce côté un peu… sauvage que j’avais perçu dans ses prunelles à quelques reprises et qui se manifestait légèrement aujourd’hui me… m’apeurait légèrement autant que je le trouvais intéressant… limite fascinant. C’était tellement peu « Stefanisant », il faut dire… La même allure et pourtant deux personnalité quasi-opposée. La glace et le feu…

Et puis aussi… je… je ne pouvais pas nier qu’il avait l’inexplicable pouvoir de me troubler. A ma décharge, les fois précédentes il m’avait servi tout un tas de révélations plus déroutantes les unes que les autres… sans parler de sa façon d’être si différente de celle de Stefan malgré leur complète ressemblance… Et j’omettrais volontairement l’intensité de ses regards ainsi que notre proximité près du lave-vaisselle… Oh et aussi son numéro de charme… J’en avais des raisons de le juger perturbant vu sous cet angle, non ?
Tout ça pour dire que je ne savais pas bien définir mon ressenti actuel. Est-ce que je me réjouissais de le revoir ou au contraire déplorais cette rencontre « fortuite » ? Ni vraiment l’un ni vraiment l’autre…



« T’as du toupet pour oser poser tes sales pattes sur une telle œuvre d’art… » Poursuivit-il sur le même ton, ne le regardant de haut.


Que… ? Une telle œuvre d’art ? … Attendez, c’était de moi qu’il parlait là ? … Heum… Aucun commentaire.
J’étais un peu gênée là… Et je n’étais pas la seule à avoir entendu malheureusement comme me l’indiqua les quelques rires dans mon dos.
Il… il y allait un peu fort non ? … Je veux dire bien sûr, il avait du toupet pour oser me mettre une main aux fesses sans la moindre considération mais ça n’était pas parce que j’étais… « une œuvre d’art » ou quoi… Juste parce que ça ne se faisait pas, que ce soit vis-à-vis de moi ou d’une autre.
Je suppose que j’aurais du prendre ça comme un compliment. Oui, ça aurait pu être flatteur mais moi je trouvais ça embarrassant avant tout. Le pire là-dedans c’est qu’il ne paraissait même pas avoir réalisé ce qu’il venait de dire… comme si ça lui avait échappé ou je ne sais pas et qu’il n’y avait pas fais attention.

Moi, qui l’observais avec incrédulité et indécision jusqu’ici, profitant du fait qu’il se désintéressait de moi en vrillant son regard perçant sur le lycéen, je finis par baisser timidement les yeux. Déjà parce que sa réplique m’incommodait mais aussi parce… mon Dieu, il était toujours aussi beau ! Toujours aussi subjuguant ! Et la colère qu’exprimait son visage ponctuait ce charme dangereux pour toutes jeunes filles qui se respectent… Non, vraiment, je ne m’y faisais pas… Même en côtoyant Stefan tous les jours, je me trouvais toujours aussi submergée. Quand on commençait à les regarder, on ne voyait plus qu’eux… Un phénomène que je ne m’expliquais pas mais que je n’étais pas la seule à ressentir. Ils étaient inévitablement attirants… Leur aura éclipsait celle de tous les autres… à mes yeux du moins…



« - Oh, et cette « robe de salope » comme tu dis, c’est du Dolce&Gabbana, le genre de truc que toi et ta famille de pouilleux ne pourrez jamais vous payer… » Persifla-t-il ensuite avec une condescendance assez extrême et de ce fait impressionnante qui me fit relever des yeux étonnés vers lui.


Oulà… ça devait faire mal ! … Surtout pour l’égo démesuré de Tyler… Bah il méritait bien qu’on le remette à sa place de temps en temps… Surtout qu’il avait été particulièrement désagréable avec moi… Non mais, j’vous jure, « une robe de salope »… ?! Pff, le genre de trucs qui vous complexeraient franchement et vous pousseraient à ne plus la porter… Si du moins j’avais prêté attention à l’avis de ce débile…
Quant à sa famille de pouilleux… Damon exagérait un peu, non ? Il n’était pas issu d’un milieu aisé mais…. Bah un peu comme moi quoi. Ni pauvre ni suffisamment riche pour jeter l’argent par les fenêtres… Et comment savait-il que le garçon n’était pas un de ces petits bourges comme il y en avait beaucoup dans le coin ? … Ceux-là même qu’enviait si visiblement sa victime… ?

Mais plus important, comment savait-il que je portais dimanche dernier la robe qu’il m’avait offerte ? Je veux dire, il énonçait la marque alors je supposais qu’il parlait bel et bien de son cadeau… Ou bien avait-il dit ça comme ça ? Ça paraissait peu probable…
En tout cas, il défendait son présent autant que moi en disant ça…
Néanmoins, j’avoue que cette question ne faisait pas partie de mes priorités. Je veux dire, il y avait plus intéressant à songer qu’à ce mystère-ci.

Comme par exemple… il avait vraiment dépensé des cent et des milles juste pour moi ? Pour mon cadeau ? ! … Je… Mon dieu que c’était gênant ! Bon, je savais que la famille Whitehorth n’était pas ruinée, loin de là, mais… tout de même ! Moi, je ne pouvais pas me permettre d’acheter ce genre de choses… et c’était par conséquent un peu ennuyeux de ce voir s’offrir un tel luxe… Oh, j’adorais cette robe hein ! Là n’était pas le problème… simplement s’entendre dire par celui qui me l’avait offert qu’elle avait coûté les yeux de la tête était… pas forcément plaisant quoi… Je n’avais rien fais pour mériter ça… ça n’avait été qu’une invitation… Il ne vidait pas son compte en banque pour chaque dîner quand même ?! …
Tout ça pour dire que l’entendre exhiber cette marque comme il l’eu fais d’un trophée me mettait un peu mal à l’aise.



« - S… Stefan… » Gémit alors Tyler avec incompréhension n’en croyant ni ses yeux ni ses oreilles.


Humhum… Non. « Mauvais frère ». Il y avait erreur sur la personne. Cela dit, cette méprise était plus que compréhensible, surtout quand on ignorait que Stefan avait un frère jumeau… et comme ce dernier n’était pas du genre à s’en vanter, ça réglait la question.
Pourtant là, même moi j’avais été capable de dire qu’il ne s’agissait pas de Stefan. J’en étais plutôt fière d’ailleurs… même si ses actes et ses dires étaient suffisamment éloquents. Et que sa bague m’avait définitivement mis sur la bonne voie… On en revenait toujours à ces chevalières dis-donc…



« - Encore, mais… franchement, vous allez tous me confondre avec lui ou quoi ?! Moi c’est Damon, DA – MON, c’est bon, c’est retenu ? » S’agaça-t-il en faisant un pas vers Tyler, menaçant.


… Je pouvais comprendre ça. Ça devait être frustrant que tout le monde vous confonde avec votre frère… surtout lorsque vous ne vous entendiez pas forcément bien. Cela dit notre erreur était bien légitime ! Il ne pouvait pas non plus nous en vouloir pour ça. Après tout, il était la réplique exacte de Stefan physiquement et il devait bien en avoir conscience. Mais au moins, la nouvelle allait se répandre comme une traînée de poudre désormais. Débarquer au Grill entouré par une dizaine de lycéens « cancaneurs » et annoncer ça haut et fort était le meilleur moyen d’être tranquille de ce côté-là, de s’assurer que tout le monde sache. Bravo. Il pouvait être sûr que demain tout le monde parlerait du jumeau de Stefan.

En tout cas, en ce qui me concernait, j’avais parfaitement retenu. Un peu trop bien même… D’ailleurs depuis une semaine c’était l’un des noms qui revenait le plus dans mon journal intime ainsi que dans mon esprit, même si Stefan occupait toujours la première place et ce avec une avance conséquente. Et je ne risquais pas de l’oublier de si tôt ! … Non, aucun risque. Vraiment.

Oh et soit dit en passant… c’était dingue comme il était hautain et méprisant ! … Evidemment, le garçon ne m’inspirait pas autre chose que ça mais j’imaginais sans peine l’humiliation que subissait ce pauvre type. A mon avis, elle surpassait sans trop de mal celle qu’il m’avait infligée en me traitant comme il l’avait fais. Sa punition était largement à la hauteur de son « crime »… peut-être même un peu trop sévère. Avec moi, il s’en serait sortie avec une gifle et quelques paroles désobligeantes… et je suis sûre qu’il devait regretter ma colère à présent presque entièrement dissipée. Elle aurait été nettement moins douloureuse que celle de Damon.
Ce qui nous amenait à une question intéressante. Est-ce que j’aurais du le remercier et lui demander de se calmer ? Je ne voulais pas que ça dégénère non plus… M’enfin vu l’état de Tyler, je doutais qu’il ne se jette dessus ou le provoque davantage… Il était stupide mais pas fou, ni totalement inconscient. Bah… Advienne que pourra, comme on dit.
D’autant que… voir Tyler si prétentieux ainsi avachi, en position d’évidente faiblesse me faisait un bien fou. Je devais être un peu sadique par moment…



« - Je, je… je… » Balbutia celui-ci, s’étouffant de honte et d’incompréhension.
« - Tu tu tu… » L’imita Damon, une grimace de frayeur sur les traits qui rendait ça presque comique.


Il ne perdait rien à ses mimiques extrêmes en tout cas… et il ne se privait pas de se moquer du lâche qui se trouvait face à lui, l’air scandalisé.



« - Tu vas repartir la queue entre les jambes avant que je t’arrache la seule chose qui fait de toi un homme… enfin quelque chose y ressemblant… » Le mit-il en garde, d’un ton mauvais et presque dégoûté.


Outch… La seule chose à laquelle tenait Tyler… la seule chose avec laquelle il raisonnait… il aurait été cruel de le lui en priver, non ?
Plaisanterie mise à part, Damon semblait anormalement sérieux et… je n’en aurais pas mené large à la place de Tyler. J’aurais déguerpis le plus vite possible afin de ne pas tester la véracité de cette menace, croyez-moi !
Entendre ça ne devait pas faire du bien. Bon sang, il devait vraiment mourir de honte au-dedans ! Et trépigner aussi. Je devinais sans mal qu’il rêvait de faire ravaler ses paroles à Damon mais qu’il s’en savait incapable. L’impuissance était rageante hein ? C’était la même chose pour les filles quand tu t’en prenais à elles, crétins !
D’ailleurs, le jeune homme n’avait absolument pas tort, Tyler avait beau jouer au « mâle », il n’était qu’un gamin imbus de lui-même qui croyait tout savoir uniquement parce qu’il avait enchaîné les relations purement sexuelles.

Je… à vrai dire je ne comprenais pas pourquoi il prenait cette histoire autant à cœur… Je n’étais strictement rien pour lui… une future belle sœur potentielle à la rigueur et pourtant il ne rigolait pas. Sa virulence parlait pour lui. Oui, il était clair qu’il n’avait pas du tout apprécié le comportement du garçon ! Et je trouvais ça… étrange mais touchant. Sa façon de me « protéger » était certes un peu excessive mais… en dehors de l’agressivité et tout ça… ce geste était mignon quand même. Oh, je savais que c’était certainement en grande partie pour son frère qu’il l’avait fais mais… il n’avait pas besoin d’aller aussi loin. Il l’avait frappé et c’était déjà bien suffisant… pourtant ça avait l’air de l’avoir atteint personnellement. Bizarre, non ?

Je… Pour ne rien vous cacher, n’avais pas pour habitude qu’on prenne ma défense. En générale, je me débrouillais toute seule, je gérais les débordements des idiots de son espèce par mes propres moyens. J’étais plutôt du genre indépendante, vous voyez… Bon, de temps en temps, Mike me venait en aide mais… jamais aussi ouvertement ni aussi violemment. Et pourtant, tout le monde savait, moi y compris, qu’il avait des sentiments très forts pour moi. D’ailleurs, ça allait jaser demain. Les gens allaient probablement se faire des idées. Vous savez, ils aimaient toujours bien inventer des triangles amoureux inexistants…

Donc, oui… j’étais un peu choquée… ou disons perturbée plutôt, par ce qui venait de se passer. Disons que ça s’enchaînait à une de ces vitesses encore une fois ! Et je ne savais pas trop quoi penser de la scène qui se déroulait sous mes yeux perplexes. D’un côté, j’étais satisfaite, de l’autre j’étais confuse et n’étais pas sûre qu’il s’agisse d’une bonne chose.
Toutefois cette réflexion qui tournait en rond n’allait pas tarder à se dissiper totalement. En effet, Damon se désintéressa soudain de Tyler, posant son regard toujours aussi profond sur moi avant de s’approcher de moi. Je me sentis aussitôt frémir, redoutant de lire en lui cette rage contenue dont il gratifiait Tyler. Pourtant… je réalisai bientôt que celle-ci s’était complètement volatilisée, ce qui m’interloqua quelque peu. On ne l’accuserait pas de ne pas savoir faire la part des choses au moins ! C’est vrai, il ne restait strictement rien de mépris intense qui illuminait ses deux billes azurés deux secondes plus tôt !
Au contraire, il m’observait avec une étonnante douceur et aussi quelque chose s’apparentant à de l’inquiétude. Deux choses que je ne lui avais encore pas connues… mais qui me troublèrent vaguement.

Que ? … Il se faisait du soucis pour moi ? … Je… C’était gentil. Surtout que… j’en étais encore à me reprocher de l’avoir fais souffrir la fois dernière, moi… Et pourtant, il semblait vraiment s’inquiéter à cet instant présent. Alors qu’en y réfléchissant ce n’était pas si terrible… encore plus comparer à ce que lui avait du éprouver l’autre fois, dans la cuisine… Bien sûr, ça ne faisait pas plaisir ou quoi… loin de là mais… je n’étais pas certaine de mériter son intervention et encore moins ce qu’il semblait ressentir… Enfin bref, ça me touchait qu’il se préoccupe de moi… Parce qu’en plus, même si je ne savais pas le cerner, je… je crois que globalement je l’appréciais… Je crois, hein. C’était plutôt difficile à dire avec tout ce qui s’était produit…



« - Désolé Elena, j’aurais du intervenir plus tôt… » Lâcha-t-il l’air sincèrement désolé, en baissant même les yeux.


Je… Non, il n’avait absolument pas à s’excuser. C’était déjà bien qu’il soit intervenu ! Je ne lui en aurais pas demandé autant. Oui, même si j’avais su qu’il était au Grill, je ne me serais pas attendu à ce qu’il prenne ma défense. Et puis plus tôt ? Plus tôt, il n’avait s’agit qu’une « dispute » ridicule entre un clochard et moi. Il n’avait eu aucune raison d’intervenir. Je veux dire ça ne le concernait pas, je suppose. Enfin, même si entendre Ty’ parler ainsi de son frère avait du le faire enrager. Mais je veux dire… moi-même je ne m’étais pas doutée que ça allait dériver ainsi, que ça allait dégénérer au point que ce débile se permette un geste aussi déplacé. Alors lui non plus n’avait pas du voir venir…
Tout ça pour dire, qu’il n’avait vraiment pas à s’excuser. Ni pour ça, ni pour rien d’autre. Il m’avait défendu alors je ne voyais pas ce que j’aurais pu lui reprocher ! Même s’il y avait été un peu fort, son intention était louable en ce qui me concernait.

Toutefois, je n’eu pas le temps de lui faire partager mon avis car ses prunelles plongèrent sans hésitation dans les miennes. Je le laissais faire sans rechigner, malgré mes appréhensions toujours présentes depuis notre dîner de samedi. J’avais bien conscience qu’il me fallait éviter ce genre d’échanges mais… je lui devais bien ça, non ? Et pour être honnête, je… je n’avais pas vraiment la force de lutter et contre lui et contre moi. Parce que… même si c’était troublant, j’appréciais malgré moi ces moments. Et lui aussi, je présume puisqu’il avait une certaine tendance à regarder ses interlocuteurs droits dans les yeux.

Cependant, il ne s’arrêta pas à ça… s’assurant ainsi de mon trouble. En effet, sa main se posa délicatement sur mon bras dans un geste… qu’il voulait sans doute compatissant et rassurant… Et ça l’était, je crois. Son regard couplé à ce mouvement… Oui, je crois que c’était assez… apaisant. D’autant que j’étais assez tendue après tout ce qui venait de se produire…
Cela dit, c’était aussi… Rah ! C’était ridicule, pourquoi est-ce que je me sentais en permanence coupable lorsque j’étais avec lui ?! Je ne faisais rien de mal à ce que je sache ?! Et ce contact ne signifiait strictement rien ! Il s’inquiétait pour moi… de façon amicale, point final. Il n’y avait pas d’ambigüité entre nous. J’étais amoureuse de son frère, après tout !

Mon regard glissa furtivement et un peu nerveusement sur ses doigts avant de revenir dans les siens.



« - Ça va… ? » S’enquit-il avec une… une espèce de tendresse déroutante.


Il… Il s’inquiétait véritablement pour moi… ? C’était assez… Enfin, je ne m’étais pas attendu à ce genre de considérations. Oh, il s’était toujours montré relativement correct et sympathique mais là, il avait l’air de se préoccuper réellement de mon bien-être. Ça faisait plaisir, je pense. Finalement, je n’avais pas du lui faire une impression aussi déplorable que ce que j’avais crains après mes questions et la souffrance qu’elles avaient suscité.

Quant à sa question… Si ça allait ? … Heum… je n’aurais pas vraiment dis ça. J’avais passé une journée affreuse… ce qui devait plutôt habituel ces temps-ci. Il me faudrait au moins une bonne nuit de sommeil pour effacer le goût amer qu’elle me laissait… pour faire disparaître cette envie que j’éprouvais de courir me réfugier sous la couette… ou près de mes parents… D’abord cette super discussion avec Libby et Carolyne, ma note désastreuse en science, puis l’entraînement le pire de toute ma vie où je m’étais littéralement ridiculisée et qui avait donné un sacré coup au peu d’orgueil qu’il me restait… puis le départ précipité de Stefan, le tact déroutant de la jolie blonde qui m’avait bien fais comprendre que mes efforts pour redevenir moi-même ne portaient pas leurs fruits… et enfin cette histoire avec Tyler…

Honnêtement, non ça n’allait pas des masses. Mais évidemment, je ne comptais pas répondre ça. J’allais sourire et dire que tout allait bien. Comme toujours, comme à tout le monde…
D’ailleurs, il ne devait pas se douter combien aujourd’hui avait été pourri. Lui ne parlait que de cet incident. Et vis-à-vis de ça, oui ça allait. J’en avais vu d’autres… et connaîtrais probablement pire.

Un petit sourire amical commença alors à se former sur mes lèvres néanmoins il me devança une nouvelle fois :



« - Sinon, j’peux retourner l’achever hein… » Ajouta-t-il avec humour, me gratifiant de l’un de ces clins d’œil charmant et complice dont il avait le secret.


Heu… Non. Non, merci, ça devrait aller comme ça ! Je pense qu’il avait eu son compte. Oui, ça suffirait pour l’instant. A mon avis, il ne recommencerait pas de si tôt ! Et puis, je m’en serais voulu de le forcer à toucher à nouveau cet abruti… Et, plus sérieusement, il en avait bien assez fais, plus que je ne l’aurais espéré.
Cela dit, il parvenait à être drôle et à détendre l’atmosphère même dans ce genre de condition. Bel exploit… Je ne pouvais qu’apprécier.
En outre, il paraissait si naturel. Il se comportait avec moi comme si nous nous connaissions de longue date et ce depuis notre première rencontre… et je trouvais ça plaisant.

Un sourire amusé fendit finalement les lèvres tandis je ne quittais le confort de ses prunelles, en baissant légèrement les miennes. Pour sa part, il ne s’en formalisa pas, en profitant pour jeter un regard derrière lui sur Tyler qui le foudroyait du regard.



« - Bon, quelqu’un va se décider à mettre cette pute dehors ou faut qu’je le sorte moi-même ?! » Grinça-t-il, mécontent et désireux d’être débarrassé de la vue de ce crétin… au même titre que moi.


Ouh… Il était loin le garçon au vocabulaire soigné et démodé à cet instant… preuve qu’il n’était vraiment pas content ! Mais je ne m’en offusquais pas, n’allez pas croire ! J’avais entendu des langages bien plus châtiés que ça et, au delà de ça, je partageais son avis. Nous l’avions assez vu pour l’instant.
En revanche, j’étais plutôt pour que quelqu’un d’autre s’occupe de le chasser d’ici… A moins de vouloir prendre le risque de le voir se faire défigurer totalement… Il n’était déjà pas très beau, le pauvre…

Pour ma part, j’ancrais les iris à Mike, qui s’était rapproché, songeant qu’il allait peut-être se porter volontaire. Toutefois il ne bougeait pas, semblant plus intéressé par mon « sauveur » que par son camarade. Il l’observait avec une espèce de neutralité que j’aurais été incapable d’analyser… Est-ce que c’était de la frustration ? … Je n’en avais aucune idée. Mais il ne semblait pas ravi même s’il ne l’exprimait pas ouvertement. A quoi pouvait-il penser ? … Que ressentait-il ? … Le fossé entre nous se creusait de plus en plus et ce constat me faisait tellement de peine.

Cependant, mon attention fut accaparée par autre chose. En effet, Damon avait rapidement reposé les yeux sur moi, et l’ignorer n’était juste pas faisable pour moi. Je fus donc à nouveau contrainte à soutenir à ce regard si lumineux. M’enfin, il serait malvenu de m’en plaindre, je présume… Bon bah tant pis, je ne dirais rien… je ne me permettrais même pas de faire un commentaire sur l’émoi quasi-imperceptible qui s’empara de moi lorsque nos prunelles entrèrent en contact.
Je restais une seconde perdue au profit cet échange avant de hocher la tête en souriant.


« - Ça va, merci… » Répliquais-je chaleureusement avec une tranquillité que je ne ressentais pas, m’attelant à être le plus convaincante possible.


Ce « mensonge » devenait une sacrée habitude. J’étais rôdée à ce niveau là… J’avais de l’entraînement et personne ne remarquait rien, en règle générale. Ça ne ferait pas exception.
Peu désireuse toutefois de pousser le vice, je détachai mon regard du sien, non sans avoir au préalable remis mes cheveux d’un geste de la main, incitant ainsi discrètement sa main à quitter mon bras.
Je portais donc mes pupilles sur Tyler qui venait de repousser un élève de première qui, en bon fan de l’équipe de foot du lycée, lui avait proposé son aide pour qu’il se relève.


« - Mieux que lui, en tout cas. » Ajoutais-je avec une colère contenue, en le fixant avec dépit et exaspération mêlé.


J’aurais pu avoir de la compassion hein… mais il l’avait cherché et… même après ça, restait toujours aussi imbuvable alors…
Tyler se releva alors, le plus dignement possible, mais en s’aidant tout de même du mur, a priori un peu sonné, avant d’essuyer le sang qui coulait de son nez avec le revers de sa manche, ponctuant son geste d’un reniflement méprisant.



« - Tu l’emporteras pas au paradis… » Grommela-t-il à mi-voix, presque pour lui-même, en dardant sur lui ses yeux étincelants de trouillard.


Toutefois, il ne comptait pas mettre sa menace à exécution immédiatement car avant même que Damon ai pu riposter, il était déjà en train de filer, d’un pas légèrement vacillant et trop rapide pour paraître détaché.
Je le suivis des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse avant de m’autoriser un soupir avant de lever les yeux au ciel. J’avais tort d’espérer qu’il devienne un jour un peu moins con apparemment…

Je me réintéressais assez rapidement à Damon, un peu gênée par tout ça, en lui offrant un petit sourire pas très assuré mais véritable.


« - Heum… » Hésitais-je avant qu’un petit rire semblable à une expiration ne m’échappe. « … Je suppose que c’est le moment où je te remercie… » Lâchais-je finalement avec gratitude, tout en songeant que la liste – pour l’heure assez courte quoi que déjà trop conséquente à mon goût – de ce que je lui devais venait d’augmenter.


Je pris une légère inspiration, un peu ennuyée. Je ne savais pas trop quoi ajouter, pour tout vous dire. Ce qui était assez rare venant de moi…


« - Même si je ne dois pas être la seule à t’être reconnaissante de nous avoir débarrassé de ce crétin… » Repris-je avec le plus de légèreté possible, sans me départir de mon sourire. « D’autant que je doute que ça aurait eu le même… impact… si ça avait été moi… » Admis-je en visualisant sans peine le nez écrabouillé du jeune homme, m’amusant intérieurement de mon choix de terme. « Enfin bref, … merci. » Conclus-je un peu mal à l’aise à l’idée de la scène dégradante à laquelle il venait d’assister et en me rappelant ses propos. (Vous savez cette histoire d'oeuvre d'art et tout ça...)


Mon regard ne tenant plus en place courut un court instant dans la pièce, s’arrêtant sur Libby puis sur Mike auquel j’adressais un petit sourire qu’il imita avec bienveillance mais une pointe d’inquiétude. Je ne m’attardai toutefois pas sur lui, incapable de quitter Damon des yeux trop longtemps. C’était un spectacle dont on ne se lassait pas ! Une opinion que partageait de toute évidence Caro qui le dévorait littéralement des yeux. Tss… Croqueuse d’hommes, va !


« - Alors, que me vaut l’honneur de ta présence au Grill ? » M’enquis-je, peu désireuse de m’attarder sur cet étrange épisode qui venait de se dérouler.


Dernière édition par Elena Winters le Ven 23 Oct - 1:01, édité 1 fois
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Damon Whitehorth

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyJeu 22 Oct - 15:58

Quelle journée mes aïeux !
Bon, il était assez… craignos, de se dire que j’avais passé la majeure partie de mon temps avec Yorke, mon bon vieux mec à bonnet, mais ce qui se passait depuis quelques instants éclipsait tout le reste… Et c’était sans doute parce qu’Elena en faisait grandement partie… Oui, j’étais resté sur ma faim avant ça, la voyant se ridiculiser lors de son entrainement de cheerleader… et me faisant accessoirement mourir de honte, même si j’avais du mal à comprendre ça… tellement que ça m’avait d’ailleurs énervé…
En tout cas désormais, tout avait disparu… lorsque j’étais entré dans le Grill en l’entendant se « disputer » avec quelqu’un, tout l’avant s’était évaporé… le moment présent était tout ce qui comptait…

J’avais alors eu droit à un laïus particulièrement peu convaincant de la part de vieux bourrin de base, j’ai nommé Tyler… oh il avait raison sur certains points en parlant de Stefan… même quand il disait qu’il était trop bien pour lui et sa bande de rustres… parce que même si je n’aimais pas mon jumeau, je devais l’avouer, il valait bien mieux que ce mec là, il n’y avait même pas à débattre là, c’était joué d’avance.
Mais je n’avais pas supporté qu’il réagisse ainsi face au caractère bouillant de la demoiselle… Elena était délicieuse toute volcanique qu’elle était… et ce connard se permettait de la punir presque, alors que c’était un vrai bonheur de la voir comme ça… donc je n’avais pas apprécié… d’autant que je me retenais de poser mes mains sur cette jolie paire de fesses depuis plus d’une semaine, ce n’était pas pour qu’un crétin en profite à ma place… même si c’était arrivé malheureusement…

Donc, je n’étais pas prêt à laisser passer cet affront… comment osait-il poser ses sales pattes sur Elena ?! Une telle fille méritait quand même une finesse… quelque chose de plus noble et de plus majestueux dans le geste… pas une vieille main de pervers frustré de n’avoir jamais pu se la taper… donc je trouvais ça aussi frustrant que révoltant… ce qui expliquait clairement mon geste.
Après, j’avais fait tout mon petit show, me foutant ouvertement de sa gueule, me démarquant tout de suite comme étant Damon et pas Stefan, et pour finir, demander à ce que quelqu’un le foute dehors, avant d’aller m’inquiéter de l’état d’Elena… la pauvre paraissait sur les nerfs, très à fleur de peau et… de ce fait, pas bien… ça se lisait dans son regard, et j’avais de l’expérience, croyez-moi…

Mais à peine avais-je reposé les yeux sur cette chère Elena que… je me rendais compte qu’elle glissait un regard à quelqu’un d’autre… je cherchais rapidement dans la foule et… discernais très vite le garçon en question, le toisant du coin de l’œil… mais c’était qui lui ?! … ah, je l’avais vu à l’entraînement de Stef je crois… un quaterback pas très doué d’après ce que j’avais vu et dont les passes laissaient à désirer… un comble pour son poste ! Enfin bref, c’était quoi ce regard ?! Et d’où il en échangeait un avec la belle ?!
Ma parole mais elle était courtisée par tous les glands du coin ou quoi ?! Je cessais donc de regarder l’importun, ancrant définitivement mes yeux sur Elena… ce qui ne tarda pas à la forcer à revenir vers moi, délaissant visuellement l’autre mec… que c’était agréable…

Nos iris entrèrent en collision, me faisant très légèrement frémir… elle avait un de ces regards aussi… des yeux toujours très lumineux… mais dont l’éclat semblait quelque peu terni. Quand je vous disais que je savais lire dans les yeux… je ne mentais pas enfin ! Quoiqu’il en soit, elle me paraissait… aussi sauvage que vulnérable là… un véritable paradoxe, je vous le concède… mais j’adorais ça… j’y serais resté plongé des heures entières si j’en avais eu l’opportunité… une seconde s’écoula d’ailleurs ainsi, et je crus la sentir frissonner… enfin, je le crus seulement… en tout les cas, elle semblait aussi piégée que moi dans cet échange visuel insolite… que je ne songeais même pas à briser.
La demoiselle hocha alors la tête avant de prendre la parole…


« - Ça va, merci… » Mentit-elle, ne trompant pas mon œil de lynx couplé à mes sens vampiriques.


Oh ben oui… ça m’en a tout l’air là, y’a pas de doute…
Honnêtement, elle me faisait presque rire… rire jaune hein, avec son « ça va, merci ». Il était flagrant que ça n’allait pas… que quelque chose – ou tout un tas – n’allaient pas comme il faut pour elle mais… elle m’offrait ce sourire forcé et mentait comme si c’était quasiment naturel pour elle… je trouvais ça frustrant… quoi, elle n’avait même pas assez de considération pour moi au point de me dire un mensonge quand je lui demandais simplement la vérité ? Sympa l’honnêteté… moi qui me montrais toujours sincère, je n’étais pas remercié en conséquence là… cruelle déception…

En réalité, je trouvais ça plutôt triste… la vie n’était clairement pas rose pour elle et… elle n’allait pas bien, c’était une affaire entendue… mais elle s’enfermait toute seule à l’intérieur d’elle-même, et préférait me mentir pour rester seule à l’intérieur, que de prendre le risque de me laisser entrer… donc oui c’était triste… et savoir que ce gros connard derrière avait participé sans doute à la rendre comme ça… ça me faisait enrager ! Ils allaient tout gâcher ces enculés, et lui le premier ! Je le tuerais sans doute un jour… mais sans témoin quoi… là, il y avait bien trop de personnes susceptibles de m’incriminer…

La belle replaça alors une mèche de cheveux, nous forçant à rompre le contact… Grr… J’étais prêt à parier qu’elle l’avait fait exprès… oh, quoi chérie ? Déjà troublée par ma proximité… ? T’en fais pas, ça ne va faire qu’empirer avec le temps, tu t’en rendras compte bien assez tôt… Pour ma part en tout cas, j’étais assez contrarié… elle avait volontairement viré ma main de son bras, sans doute pour ne pas succomber, ou que les autres autour ne se fassent pas d’idées… en tout les cas, ça m’énervait… tout autant que ses yeux qui se détachèrent brutalement des miens, coupant entièrement le contact entre nous… Oh je la maudissais à cet instant… en quelques secondes, elle venait de briser totalement notre rapport… et préférais désormais regarder la misérable créature que j’avais jeté à l’autre bout de la pièce un peu plus tôt… ce dont je ne m’occupais pas, trop occupé que j’étais à dévisager la jeune fille… toujours aussi magnifique, soit-dit en passant…


« - Mieux que lui, en tout cas. » Ajouta-t-elle en contenant sa fureur.


Mais pourquoi… ? Pourquoi fallait-elle qu’elle la contienne… ? Si j’avais su, je l’aurais laissée se battre avec pour voir sa furie dans toute sa splendeur… Malheureusement, j’étais intervenu… d’ailleurs, j’avais une raison valable… ? Je veux dire, une raison mauvaise, machiavélique ? Non, je ne pense pas, ce qui me faisait encore plus enrager… mon intervention avait été assez idiote en fait, même si je me rassurais… après tout, je l’avais fait pour qu’Elena me voit un peu comme son sauveur… me rapprocher d’elle un peu plus à nouveau… tout ça faisait partie d’une tactique, d’un plan bien élaboré, rien d’autre… ne croyez absolument pas que cette intervention m’ait échappé, loin de là !

En outre, je préférais de loin cette phrase à la première… Je la pensais déjà plus sincère… Si elle allait bien… ? Mieux que lui… Mieux qu’un gars qui venait de se faire humilier, rabaisser, envoyer valser, et qui avait la gueule en sang… vous me direz, à part mort ou torturé, il y avait peu de chances d’aller moins bien qu’un type comme ça hein ! Mais… même si je trouvais ça plus sincère, j’avais également du mal à y croire… J’veux dire… je n’en avais pas tellement l’impression… qu’elle allait mieux que lui j’veux dire… elle avait l’air… vraiment mal, et j’avais du mal à me l’expliquer.

Je sentis alors gigoter derrière moi, et j’entendis les tristes plaintes du bonhomme qui grattait contre le mur pour réussir à se mettre debout… minable petit être inférieur… tu n’imagines pas à quel point tu n’es qu’un jouet entre mes mains… un jouet que je ne tarderai pas à jeter aux ordures s’il continue de se montrer si… emmerdant. Il renifla et… beurk, que c’était dégoûtant… épargne-nous au moins tes bruits dégueulasses et repars avec le très très très peu de dignité qui te reste sans faire chier…


« - Tu l’emporteras pas au paradis… » Ronchonna-t-il avant de prendre misérablement la fuite.


Hmm… c’était… drôle.
Au moins sur ce point, nous étions unanimes… ça me coûtait de le reconnaître, amis nous partagions cette idée là… je ne l’emporterais pas au paradis… d’ailleurs, je n’emporterais rien du tout au paradis, puisque je n’y aurais pas accès… pas besoin d’être devin pour se douter de ça… l’enfer m’ouvrirait ses portes à bras ouvert quand tout se terminerait, et je n’aurais aucune chance d’accéder au paradis… ce qui serait sans doute le cas pour Stefan aussi…


« - … mais je n’en doute pas… » Lâchais-je de manière parfaitement inaudible en le regardant sortir, un sourire… lointain, éclairant mes traits.


Le clochard ne s’attarda donc pas et disparut de ma vue… tant mieux, il s’était montré particulièrement ennuyeux… et je ne parle pas de l’ennui fatiguant, mais bien de l’ennui qui cause des ennuis…
Il était chiant à souhait celui-là, et j’allais adorer le recroiser… qu’est-ce que ça ferait du bien de croiser un gars comme ça que j’avais bien broyé, de temps en temps… un vrai bonheur à mon avis… ce que je pourrais rire de lui… mais bref ! Il était enfin dehors… tout seul comme un grand en plus, quel exploit… et Elena put enfin le lâcher du regard pour se ré-intéresser à moi, me faisant très brièvement tressaillir. Elle ne pouvait pas résister à mon aura envahissante, que voulez-vous…
Un joli sourire étira ses traits, me faisant mettre immédiatement de côté tous ces petits désagréments… Tyler, le mec avec qui elle avait échangé un regard… plus rien, juste cette joie Elena, dont l’expression me… ne me serrait pas le cœur mais presque…


« - Heum… » Tenta-t-elle enfin avant qu’un petit rire ne lui échappe. « … Je suppose que c’est le moment où je te remercie… » Ajouta-t-elle, un peu… gênée… ?


Effectivement oui… d’ailleurs pour être franc, ça ne devrait pas être le moment où tu dis « c’est le moment où je te remercie », mais juste le moment où tu dis « merci ».
Ces jeunes insolents… aucune éducation… à croire que ça leur coûtait je ne sais quoi de dire merci… et pour ce qui était de s’excuser, c’était encore pire… raah… maudits humains… même si pour moi, m’excuser n’était globalement qu’un moyen bien pratique de faire taire la méfiance des autres… rien de plus… ce n’étaient que des mots après tout…
Bon, okay, je fais mon chiant là, mais… en vérité, je ne me disais pas qu’elle était aussi chiante que ça… je trouvais ça… limite mignon, sa manière de dire ça… Et oui ma petite demoiselle en détresse, voici venu le moment pour toi de me remercier d’avoir volé à ton secours…


« - Même si je ne dois pas être la seule à t’être reconnaissante de nous avoir débarrassé de ce crétin… » Argumenta la belle.


Elena, sweety… je voulais bien te croire hein… ce gars avait l’air d’être un bon connard, c’était franchement définitif… et il devait emmerder pas mal de monde dans la vie de tous les jours… dont la précieuse Elena… précieuse à mon plan hein ! Vous imaginez pas n’importe quoi non plus ! Bref, je te croyais hein ma chère, et c’était bien gentil mais… ce n’était toujours pas un merci ça ! C’était toujours une manière de le repousser, on dirait… même si elle marquait un bon point en signalant que personne n’appréciait visiblement ce gros con… Mais c’était amusant… ce petit air de confidence me plaisait assez, sans être trop complice non plus, malheureusement…


« - D’autant que je doute que ça aurait eu le même… impact… si ça avait été moi… » Avoua-t-elle, semblant se remémorer ce merveilleux coup…


Bon, visiblement, elle avait totalement zappé le remerciement… tant pis… tu sais, je n’étais pas bien compliqué Elena… je me contenterais de bien moins qu’un merci… une morsure à ta nuque, ou une nuit torride avec toi… tout ça ferait bien l’affaire comme récompense, t’en fais pas… mais dans ce rôle de Damon le super frère… je devais faire ça sans espérer de contrepartie… la merde… je détestais ce rôle !
En tout cas, je jugeais sa réplique… cyniquement drôle. Un sourire amusé fusa de mes lèvres sans que je ne puisse le retenir, m’amusant du double sens de sa phrase… pas le même impact hein… oui, et je suppose qu’il aurait préféré recevoir une bonne claque de la demoiselle lui aussi… moi en tout cas, j’aurais adoré… qu’elle me gifle, me griffe, me morde même… désolé, déviances sexuelles vampiriques… cherchez pas… on devenait un peu plus space sur ce plan là après notre transformation, c’était inévitable… enfin j’crois… j’pense… je… suis pas sûr en fait… on se rassure comme on peut, non ?


« - Enfin bref, … merci. » Lâcha-t-elle enfin, l’air… mal à l’aise.


Quand je vous disais que les gens n’aimaient pas devoir quoi que ce soit aux autres… elle était toute mal à l’aise rien que de me dire merci… à moins que ce soit autre chose, mais… j’avais de sérieux doutes là… enfin… au moins, elle l’avait dit non… ? Il aurait donc été assez malvenu de la critiquer alors qu’elle faisait preuve d’un tant soit peu de « faiblesse », suffisamment en tout cas pour s’abaisser à ça…
Qu’est-ce que c’était comique en tous les cas… moi, remercier par Elena… c’était… encore tellement peu habituel pour moi… personne ne me disait jamais merci et… même si je m’y attendais, et avais tout fait pour aller dans ce sens… entendre ces mots là sortir de sa bouche… ces mots là m’étant destinés… c’était… troublant… elle, était troublante. Mais je… je ne devais pas me laisser obscurcir l’esprit par cette petite midinette et sa… compassion, cette espèce de chose qui avait l’air de la pousser à… ressentir une chose pour moi… une chose positive… contrairement à ce que j’inspirais aux autres d’ordinaire… ça me gênait et… me torturait déjà l’esprit, et je n’aimais pas du tout ça… je la détestais de me faire endurer ça… qu’elle en soit consciente ou pas…

Elle me blessa alors – moi et mon ego démesuré – en me lâchant des yeux, préférant lâcher ceux-ci n’importe où autour d’elle… elle fureta, s’arrêta sur certaines personnes et… offrit un sourire… je jetais un coup d’œil en coin pour apercevoir… le même con de blondinet que tout à l’heure… non mais elle sortait avec lui en même temps qu’avec mon frère ou quoi ?! Pas que j’aie envie de défendre l’honneur – à priori bafoué – de Stefan, mais j’aurais aimé savoir combien de mecs lui couraient après, histoire que je sache à quoi je m’attaquais… parce que ça semblait prendre des proportions de plus en plus grandes… à croire que ça ne cesserait jamais… toutes les cinq minutes, un nouveau prétendant au titre suprême faisait son entrée… et j’avais bien envie d’en faire une brochette sanguinolente moi, de tous ces rats, Tyler le premier, sans oublier le blondinet et mon jumeau maléfique… enfin, bénéfique… ? Raah bref ! Y’avait pas de terme pour ce mec là et puis c’est tout… même si tafiolle était un choix assez judicieux pour le décrire… m’enfin…

Par chance… même si je ne suis pas certain que la chance ait grand-chose à voir là-dedans… sérieusement, regardez-moi… elle laissa tomber ce sourire pathétique pour reprendre dans son champ de vision la chose la plus importante de son univers, ou qui le deviendrait, moi. Bon, je me connaissais, certes, mais c’était toujours extrêmement flatteur de vous sentir admiré comme c’était le cas actuellement, et je ne parle pas que d’Elena, même si les autres m’importaient peu, la demoiselle représentant à elle seul tous mes désirs et toutes mes convoitises…


« - Alors, que me vaut l’honneur de ta présence au Grill ? » Changea-t-elle – maladroitement – de sujet.


Oh euh… comment dire ça… ? Et bien en fait, je viens de m’inscrire dans le même lycée de clochards que toi et… un débile profond m’a fait visiter tout le truc et, m’a aussi emmené dans cet endroit là… oh, et par pitié, ne participe plus à cet entraînement de cheerleader, épargne-nous ça à toi et moi… parce que je me sens aussi mal que toi quand tu… gigotes comme ça tel un insecte blessé…
Ça ne le faisait pas trop, si… ? Franchement, j’avais bien quelques doutes là… mais… c’était tout ce qui lui venait… ? Dieu merci… Arf, il fallait vraiment que je bannisse cette expression de mon vocabulaire… Diable merci, elle ne relevait visiblement pas ma réplique vis-à-vis de sa robe… et quelle joie… bah, j’aurais bien trouvé une excuse débile mais… si elle passait à côté c’était carrément tant mieux pour moi, je n’allais pas m’en plaindre, loin de là…
Par contre… non mais c’était quoi ce grossier changement de sujet ?! C’était… aussi maladroit qu’elle… car elle était très maladroite la plupart du temps, de ce que j’en avais vu. Et là elle… repartait dans une direction totalement différente, comme si je n’allais pas relever, pas reprendre ses termes d’un peu plus tôt… je n’oubliais pas ce qu’elle avait dit… ni son regard… des iris dont j’étais déjà beaucoup trop imprégné… et qui devenaient particulièrement déroutants pour moi… ce qui n’aurait jamais du arriver.

J’haussais alors les épaules, l’air détaché, en détournant les yeux, l’air un peu ennuyé en regardant autour de moi, observant un peu tout le monde, ne m’attardant pas sur une blonde qui avait l’air d’une vraie cruche, et que je pensais n’avoir jamais vu…


« - Je me promène, je visite les environs… » Lâchais-je, pas vraiment passionné par mon propre récit avant de me gratter la nuque de ma main gauche.


Waah, que c’était intéressant… y’a pas à dire, j’étais un pro pour l’ennui aussi… à croire que rien ne m’échappait… par contre, je n’aimais pas faire ça… jouer au con, au ptit mec normal qui raconte sa petite vie merdique absolument pas palpitante… ma vie, la vraie, était quand même classe, et j’en étais fier, un minimum au moins… il y avait des rebondissements, des frayeurs parfois, et du bon sang chaud toujours… je réalisais que… j’aurais sans doute bien aimé partager ça avec elle… mais bref.
Un sourire narquois prit place sur mes traits, contrastant légèrement avec la dureté qu’exprimaient mes iris, que je prenais soin de ne pas poser sur Elena.


« - Oh et… pas de problème pour ce gars… c’est une vraie plaie ce mec… » Grinçais-je, avant de retrouver mon masque mi-hautain mi-amusé… assez noble. « On ne lui a sans doute jamais inculqué les bonnes manières… » Glissais-je, complice, à la jeune fille, avec un nouveau clin d’œil.


Je ne mentais pas… ce type était une saloperie… et c’était nous, les vampires, qui étions chassés, comme étant une menace pour l’humanité ?! Pas de problème de mon côté… si être une menace pour leur race signifiait être une menace pour lui, je prenais le rôle sans rechigner… de toute manière, il faudrait sans doute quelqu’un pour le tuer un jour, ce mec là ne vivrait pas vieux… alors à choisir, autant qu’il serve à me rassasier un bon coup… fallait pas faire de gâchis non plus… d’ailleurs, je le visualisais bien attaché dans une cave, servant de poche de sang en libre-service pour mes besoins personnels… ce serait une belle punition hein… ouais, une idée à creuser… Je trouvais malgré tout révoltant que Stef' ne se soit pas déjà occupé de son cas.

Je chassais ces pensées d’un revers de la main, un sourire sardonique ayant toutefois étiré mes traits le temps d’un court instant. Mais j’étais décidé à aller droit au but, je ne me cachais jamais, et elle le savait. Je plongeais alors mes yeux dans ceux de la demoiselle, l’air profondément sérieux et le visage incroyablement neutre… tellement que l’on aurait pu se demander si c’était bon ou mauvais.


« - Mais dis-moi Elena, tu mens toujours aux gens en les regardant dans les yeux, ou c’est un privilège que tu n’offres qu’à moi… ? » Conclus-je, presque effrayant de neutralité.
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Elena Winters

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyVen 23 Oct - 0:49

« Alors, que me vaut l’honneur de ta présence au Grill ? »… Mouaif… Pas terrible, hein ? Comme changement de sujet, j’avais déjà fais mieux. Oh, la question m’intéressait réellement, je ne dis pas ! J’étais sincèrement curieuse de savoir ce qui l’avait conduit ici. C’est vrai, je ne m’attendais tellement pas à le revoir si vite et… encore moins ici… Il n’avait pas l’air de… comment dire ? … de l’adolescent normal qui vient boire un verre après le travail ou les cours… pas de ce genre là quoi. Il n’avait simplement pas l’air aussi « classique ». C’était bête à dire mais je le considérais comme… ben pas comme ça. J’avais du mal à l’imaginer vivre une petite vie banale même si je ne me l’expliquais pas. Pourtant, je savais bien qu’il n’était pas au dessus de tout ça – et ce malgré ses airs parfois quelques peu supérieurs, son genre un peu ténébreux et son physique divinement parfait à mes yeux – mais… il faut dire qu’il restait très mystérieux, très « à part » pour moi. Il était simplement ce frère aux révélations inattendues et à la franchise stupéfiante, que j’étais incapable de cerner, malgré mes nombreux efforts dans ce sens, et qui me troublait avec un peu trop de facilité. Je crois qu’en un sens, il me paraissait légèrement chimérique… irréel… un peu comme ces deux dernières semaines, en gros.
C’était absurde en fait, il devait bien occuper ses journées et… il n’était qu’un garçon comme il y en avait tant d’autres ! Allô la Terre Elena, Damon n’était pas différent du commun des mortel ! On se réveille, ma vieille !

En outre, nos rencontres étaient jusqu’ici restées très… heum… préméditées ? Elles n’avaient pas grand-chose à voir avec le hasard contrairement à celle-ci. Oui parce que je doutais qu’il soit là pour moi hein… Soyons réaliste, un peu. Je n’étais pas égocentrique au point de croire qu’il me cherchait ou ce genre de conneries. Bah oui, même si c’était encore difficile à concevoir, il devait avoir une vie à côté de son frère et plus encore à côté de son idiote de petite-copine. Et une vie bien remplie si vous voulez mon avis. Après tout, on parlait bien de ce garçon de dix-huit ans qui avait déjà visité près de la moitié du globe !
Bref, je m’éloigne du sujet. Donc nos entrevues… La première fois, je l’avais croisé chez lui et ensuite… à ce repas trois jours plus tôt… Ça restait des terrains… personnels. En terrain neutre, c’était un peu différent. Et puis, il y avait tous ces regards braqués sur nous… Enfin, sur lui surtout… Je suppose que ça aussi c’était inévitable… Lui et Stefan devaient être assez habitués à être au centre de l’attention, même si je savais que mon cher et tendre détestait ça, tenant étrangement à être discret en toutes circonstances.

Tout ça pour dire que mon changement de sujet était indéniablement malhabile. Je ne voulais pas m’étendre sur les derniers événements parce qu’ils étaient… un peu humiliants et… troublants aussi. Pas très réjouissants, donc. Et puis, Tyler ne méritait pas qu’on s’attarde sur lui, n’est-ce pas ?
De plus, je remarquai que plus le temps passait et moins j’aimais parler de moi… Pourtant, ça ne me dérangeait pas autrefois. Pas que j’aimais me mettre toujours en avant mais le faire de temps en temps ne me gênait pas. A présent, ce n’était pas le sujet sur lequel j’étais le plus à l’aise. J’aurais du pourtant… Qu’est-ce que je connaissais mieux que moi-même après tout ? Mais non… Et puis, qu’est-ce que j’aurais pu dire de plus là-dessus ? Ce gros con m’avait mis une main aux fesses, Damon était venu me venger, point. Je l’avais remercié alors on pouvait passer à autre chose, non ? … C’est du moins ce que j’espérais qu’il allait se passer.

Remarquez avec Damon, j’aurais probablement pu me permettre de lui dire franchement que je ne voulais pas revenir sur ce qui venait de se produire. A tous les coups, ça ne l’aurait pas choqué… ou dérangé ou ce genre de chose et il n’aurait pas insisté. Mais même s’il m’avait demandé d’être honnête avec lui… que vouliez-vous ? La force de l’habitude. Ce genre de stratagème pour détourner l’attention autant que le mensonge affirmant que j’allais on ne peut mieux… je n’y réfléchissais même plus. Je ne m’étais tout bonnement pas posée la question de savoir si je devais lui répondre autre chose. Pendant des mois, c’était tout ce que les gens me demandaient, quasiment le seul échange que j’avais avec les autres. « Est-ce que tu va bien ? », « Est-ce que ça va mieux ? » … Evidemment, je répondais « Je vais bien, merci. ». Ils n’avaient aucune envie d’entendre une autre version… donc… pourquoi les y aurais-je contraints ? … Alors oui, aussi pitoyable que ça puisse paraître, aujourd’hui ça me venait avec un naturel presque effrayant… Cela dit, je préférais ne pas y attacher d’importance. J’épargnai aux autres l’étalage de ma morosité, voilà tout…
Sérieusement, même Damon, je doutais qu’il ait particulièrement envie d’entendre que non, que ça n’allait pas. D’autant qu’après ce qu’il avait fais pour que ça « aille », ça aurait été assez ingrat de me lamenter, non ?

Ce n’était pas mon genre… de pleurnicher auprès des autres, je veux dire. Je n’espérais plus vraiment trouver d’épaules sur lesquels m’appuyer pour tout vous dire… à part peut-être Stefan et de temps en temps Libby… et encore… Si je pouvais éviter, j’évitais. Pas parce qu’elles n’étaient pas assez solides hein… mais parce qu’on avait tous à supporter le poids nos propres souffrances. Inutile d’ennuyer les autres avec les vôtres. Chacun ses chaînes… Inutile d’assombrir le moral des autres uniquement parce que le votre n’était pas au beau fixe, pas vrai ? … Oui, je savais à quoi m’en tenir… Non je n’étais pas devenue solitaire ! C’était juste que… Et puis d’ailleurs, en parallèle, ça ne me dérangeait pas que les autres se tournent vers moi et recherchent mon soutien ou mes conseils… Simplement, je n’étais plus vraiment de ceux là moi… Rien à voir avec devenir renfermée, hein !
D’autant que ce n’était pas vraiment un mensonge, je m’étais déjà sentie plus mal… mieux aussi, c’est vrai mais ce n’était rien qu’une mauvaise journée au fond… semaine peut-être mais bon ce que je veux dire c’est que ça n’était pas si dramatique !

Quoi qu’il en soit, j’avais eu le comportement qu’il avait attendu de moi, non ? Je l’avais « rassuré » quant à mon état et l’avais remercié. C’était ce qu’il souhaitait, je pense. Même si ma gratitude n’était pas calculée et n’existait pas dans le seul but de le satisfaire.
Mais l’important à présent c’était mon interrogation. Même si elle me servait à éclipser un peu tout le reste, j’attendais la réponse avec un minimum d’intérêt. D’ailleurs, je doutais qu’il se mette à rechigner… après tout je m’intéressais à sa personne… et je supposais, à tort ou à raison, que ça ne lui déplaisait pas. Qu’on se préoccupe de lui, je veux dire. L’intérêt de Jeremy samedi dernier n’avait pas semblé le déranger, en tout cas.

Rapidement, le jeune homme haussa les épaules avec désinvolture semblant d’ores et déjà bien peu passionné par la réponse qu’il s’apprêtait à me fournir. Toutefois, il fit durer le suspens un peu plus longtemps tandis que ses traits s’autorisaient une moue un peu ennuyée et que son regard furetait à l’intérieur du pub. Il observa un peu les environs et les gens qui l’entouraient et… je fus assez… réjouie ? … qu’il ne s’arrête pas particulièrement sur Caro’. La malheureuse ne l’avait pas lâché des yeux… et n’était pas récompensée en conséquence… Telle que je la connaissais, elle devait d’ores et déjà enrager de n’avoir pas su s’accaparer l’intérêt du beau brun. Enfin étant donné qu’elle avait déjà laissé Stefan lui échapper, je doutais qu’elle abandonne aussi facilement le « second exemplaire » de celui-ci. Mais nous verrions bien…

D’ailleurs, je ne me l’expliquais pas mais je sentais confusément, sans en avoir bien conscience qu’une relation entre les deux ne me plairait pas. La voir pendue au bras de Damon… ? … Mmmf… Ça aurait eu quelque chose de dérangeant, je crois. Et puis, vous imaginez vous, elle entrerait dans la « même famille » que moi et malgré mon affection pour elle… j’aurais préféré éviter.

J’en étais là dans cette ébauche de réflexion inutile quand mon interlocuteur se décida à répondre.



« - Je me promène, je visite les environs… » Déclara-t-il d’un ton qui me parut presque blasé.


Je l’observais en silence, sans me départir de mon sourire alors qu’il portait la main à sa nuque, ne quittant pas son air détaché. A priori le sujet ne l’intéressait pas plus que ça… et il n’avait pas l’air de vouloir y entrer en profondeur. Un peu comme moi et ce qui venait de se passer, en gros. Même s’il lui manquait encore le malaise et la confusion pour que ce soit exactement comme moi…

Donc… il se promenait. Oulà, il aurait vite fais le tour… ce n’était pas bien grand… Enfin, il devait pertinemment le savoir, après tout. D’ailleurs il… visitait les environs ? … Hum… Bah Great Falls n’avait pas du changer beaucoup depuis la dernière fois où il y avait mis les pieds. Après tout, il avait grandi ici, il l’avait dis lui-même. A part, à la rigueur le centre commercial, il n’y avait pas eu de construction ou de bouleversement premier dans cette charmante petite ville.
Le Grill lui existait depuis une dizaine d’années déjà. Même si il avait été nettement amélioré au fil du temps et qu’il ne réunissait plus que des vieux… au contraire. Sa fréquentation avait totalement changé en peu de temps. A présent, la clientèle était presque exclusivement composée de lycéens, d’adolescents ou de jeunes adultes. Et il ne faisait plus office de restaurant… donc le nom était un peu bancal mais bon… On y était habitué, nous.

Bref, je réalisais soudain que… notre conversation était… délicieusement banale ! Waouh… ainsi nous en étions capable lui et moi… j’avais pourtant commencé en douter. Mais là, cette discussion semblait presque appartenir à deux connaissances tout ce qu’il y avait de plus normales ! …
Genre : « - Salut, ça va ? »
« - Moi ça va et toi ? »
« - Ça va… Alors quoi de neuf ? »
« - Bah pas grand-chose et toi ? »
« - Pareil… Dis donc, il fait drôlement bon aujourd’hui. »
« - C’est vrai. C’est con, demain il annonce de la pluie. » […]

Bref, vous voyez ce que je veux dire… Non mais vous rigolez mais ça faisait du bien de voir que nous n’étions pas forcément obligés d’aborder des sujets sérieux, épineux ou d’une importance capitale… à mes yeux, du moins. Que je n’étais pas forcée d’être mal à l’aise ou dépitée à l’issue de la moindre de ses phrases !
C’est vrai jusqu’ici on avait surtout tourné autour de… bah du leur passé à lui et à Stefan en fait. Et ça ne m’avait apporté que des désillusions et plus d’incertitudes… Mais là – oh miracle ! – rien… pas la plus petite once de tristesse, de confusion, de rancœur ou de déception ! Je n’avais pas l’habitude, dis donc ! … Et là au moins, j’étais certaine que ses propos ne sous-entendaient strictement rien…

Je m’amusais donc de cette méditation grotesque lorsque je notai que ses prunelles venaient de se durcir assez distinctement. Un peu incrédule, je suivis son regard mais ne me heurtait à rien de précis, rien qui se démarquait du moins… Quoi c’est ce rouquin qui t’ennui ? … Bon, j’avoue qu’il a un air bizarre… et qu’il louche en plus mais… à part ça…
Bientôt, un sourire narquois pris place sur ses lèvres si savamment dessinées sur lesquelles mes iris s’égarèrent une seconde avant de sauter vivement sur autre chose tandis que j’étouffais l’embarras que j’avais sentis poindre en moi…



« - Oh et… pas de problème pour ce gars… c’est une vraie plaie ce mec… » Lança-t-il alors, justifiant ainsi la froideur momentanée de ses si attractives prunelles.


Là-dessus, nous étions parfaitement d’accord. Il ne lui avait pas fallut longtemps pour ce faire une opinion sur le footballeur au moins. Sans doute grâce à l’étonnante perspicacité qui semblait lui être propre… En tout cas, Tyler était infecte et se faire remettre à sa place de temps en temps ne lui ferait pas de mal. Loin de là. Alors pour ça, je ne pouvais que féliciter le jumeau de Stefan. Il la ramènerait peut-être un peu moins maintenant… Dieu merci !
Quant à son « pas de problème » ça signifiait probablement qu’il « acceptait » mes remerciements.
Cela dit… il revenait là-dessus et… je n’en avais pas vraiment envie. Remarquez, il n’avait sans doute pas eu envie non plus d’évoquer Elisabeth hein… Dans une conversation, on était deux à décider de la direction qu’elle devait prendre, hein… Je ne pouvais certainement pas lui reprocher d’insister sur ce crétin.

J’hochai presque imperceptiblement la tête, admirant cette expression mitigée que je lui connaissais déjà. Savant mélange d’amusement et d’arrogance… Je n’étais même pas certaine qu’il ait conscience de cette petite note hautaine qu’affichaient régulièrement ses traits. Ça lui donnait une espèce de… noblesse et de supériorité assez inexplicable. Je n’aurais su dire si j’appréciais ou non… Disons que tant que ce « dédain » ne m’était pas adressé, il ne me dérangeait pas… enfin, je crois. Toutefois, je pense qu’il représentait sans peine l’estime assez haute qu’il avait de lui-même. En un sens, je trouvais presque ça amusant. Il semblait souvent si sûr de lui, si inébranlable de ce fait. D’ailleurs, son regard exprimait souvent la même chose.
C’était tellement différent pour mon Stefan, si modeste, si doux et même un peu timide… Pourtant il aurait eu de quoi être aussi fière que semblait l’être son jumeau… mais il était tout sauf orgueilleux ou présomptueux… Il restait toujours très simple.



« - On ne lui a sans doute jamais inculqué les bonnes manières… » Ajouta ensuite le jeune garçon avec une indiscutable complicité.


Sa phrase, son ton et le nouveau clin d’œil charmeur dont il me gratifia parvinrent à m’arracher un sourire. Un mini peu crispé certes, mais un sourire tout de même ! J’aimais bien quand il faisait ça… Non, je ne parle pas du clin d’œil ! … Même si avait toujours tendance à rendre ce geste craquant. Je parle plutôt du sa façon de s’adresser à moi, de se comporter. Il était chaleureux et… encore une fois j’avais l’étrange impression qu’on se connaissait depuis des lustres. Son naturel me plaisait. Définitivement !

Et oui, les bonnes manières ne faisaient effectivement pas partie de ses capacités. Il faut dire que vu la brute épaisse qu’était son père, toujours à chercher la bagarre avec ses voisins et affreusement prompt pour ce qui était du conflit, ça n’avait rien d’étonnant. Quant à sa mère, elle avait autant de volonté et de détermination que… bah je ne sais pas exactement que quoi mais bref, elle n’en avait pas. Elle ne faisait que dire amen à son mari et à son fils. Disons qu’elle n’avait pas du apprendre à réfléchir par elle-même, hélas. Pas étonnant que ma mère, si forte et si affirmée, ne la supportait pas du temps de son vivant…

Quoi qu’il en soit, l’expression changeante du garçon m’interpella soudainement, et je quittai ses pensées pour m’intéresser complètement à lui. Il affichait un sourire… bizarre… pas forcément plaisant… Un sourire mauvais… sardonique que je ne lui connaissais pas et qui me mit légèrement mal à l’aise. L’espace d’un très court instant, il me parut… dangereux… mais ce fut si bref que j’eu à peine le temps de le réaliser.
Cependant et grâce au ciel, cette expression ne s’attarda pas sur son visage, ne faisant que le traverser fugacement. Hélas, celle qui remplaça cette dernière n’était guère mieux, guère plus rassurante…

En effet, toute trace d’amusement ou même de colère venait subitement de disparaître… au profit d’un sérieux imperturbable qui me troubla sans que je ne puisse l’expliquer. Ainsi, il faisait preuve d’une neutralité presque… inhumaine. Comme si rien n’aurait pu le surprendre ou le décontenancer… Bon sang, ça n’aurait pas du être possible d’être aussi lunatique !
Je ne… savais pas du tout ce que ça pouvait bien augurer. C’était bon signe ou mauvais signe ça ? … Je l’ignorais mais ça ne m’enchantais pas. Lui qui était toujours si expressif semblait soudain de marbre, imperméable à tout… entièrement impassible. Ça en était presque flippant, sérieusement ! Je me sentis même frémir quasi-imperceptiblement, c’est vous dire !
Je ne comprenais pas… mais ce dont j’étais certaine c’est que ça me perturbait et que je préférais encore sa mine vaguement condescendante d’un peu plus tôt…

Waouh… il avait le pouvoir de me rendre nerveuse et de susciter une certaine tension en moi, c’était assez évident là. Il faut dire que c’était toujours aussi déroutant d’être en face de lui. Oh, je ne parle pas seulement de sa ressemblance avec Stefan, avec le garçon que j’aimais, et qui avais tendance à brouiller un peu mon ressenti. Simplement, je ne savais jamais sur quel pied danser. Il fallait s’attendre à tout avec lui, franchement… et j’avais appris à redouter les paroles qui pouvaient parfois sortir de cette bouche si sensuelle.

Son regard plongea alors dans le mien… aussi neutre que le reste mais… qui me parut un tantinet inquisiteur. Sans doute la preuve que je n’avais pas bonne conscience… comme c’était le cas en sa présence sans que je ne sois capable de l’expliquer.
Tout ça pour dire que je me sentis à nouveau prisonnière de ces pupilles, comme ça avait été le cas dans la cuisine… Comme s’il prenait les devants, ne me laissait pas le choix de me dérober ou non… Jusque là, je m’étais sentis rassurée en m’estimant maître de ces échanges mais… je n’en étais plus si certaine brutalement…



« - Mais dis-moi Elena, tu mens toujours aux gens en les regardant dans les yeux, ou c’est un privilège que tu n’offres qu’à moi… ? » Me poignarda-t-il d’une voix quasi-atone, ne semblant absolument pas ébranlé par ces dires ou par la conviction qu’il venait de m’envoyer au visage.


… Je… Je ne ! Que… ? Quoi ? Mais non, je ne… Enfin, ce n’est pas que…
Comment ? … Comment avait-il deviné ? Je ne… Je m’étais montrée convaincante, non ?! Je veux dire, il parlait forcément de mon « ça va, merci »… Il… quoi ? Il soupçonnait que je n’avais pas été sincère ? Juste comme ça ? J’avais pourtant fais tout ce qu’il fallait pour qu’il y croit, non ? Je le croyais en tout cas. Ni plus ni moins qu’avec tous les autres… J’avais été souriante et chaleureuse, j’avais bien dosé tout ça pour rendre le tout parfaitement honnête en apparence, j’en étais certaine alors… sa sagacité n’avait-elle pas de limite ?! … Bon sang, je me trouvais bien ennuyée soudain !

Honnêtement, s’il voulait m’embarrasser ou me faire culpabiliser, c’était une franche réussite, bravo ! … Cependant, je soupçonnais que ce n’était pas son intention. Pas totalement du moins. Il avait toujours été ainsi… à dire les choses directement. Il n’y avait donc pas de raisons pour que ça change apparemment. Et m’épargner ne faisait pas partie de ses attributions, c’était clair. Il ne se cachait pas, ne se privait pas pour dire ce qu’il pensait. Ce qui était aussi plaisant que dérangeant. Et là, il avait remarqué, je ne sais comment, que je n’étais pas tout à fais sincère et me le faisait savoir avec un sang-froid à faire pâlir un mort ! En tout cas, à me faire pâlir moi… D’ailleurs, à mon avis, quelques une des mes couleurs durent déserter mon visage après ce discours…

Le pire là-dedans c’est que je ne savais pas trop comment prendre ça. Il n’avait pas l’air fâché ou contrarié… il n’avait même l’air de rien du tout… mais… je ne pouvais pas prendre ça autrement que comme un reproche ou une critique. Etait-il… déçu ? … Rah ! Pourquoi cette idée m’atteignait-elle ?!
Je veux dire… il avait raison. Je lui avais menti en le regardant droit dans les yeux, sans ciller ou presque… sans honte, d’ailleurs. Mais ce n’était pas… ce n’était pas contre lui. Je suppose qu’il était inévitable pourtant qu’il le croit. Mais si c’était ça alors… il se méprenait. Ça n’avait rien à voir avec lui ! Je… comme je le disais, je n’avais pas réfléchis ! … Mais je… j’avais conscience que ce n’était pas très correct. Maintenant qu’il le disait, du moins. Car sur le moment, ça me paraissait normal à moi… je n’hésitais pas. J’aurais probablement du.

Mentir tout naturellement, ce n’était certainement pas une bonne chose, même sur ce genre de sujet… Néanmoins, j’avais « grâce à ça » appris à soutenir les regards des gens même quand je proférais la pire des calomnies… même si je préférais éviter. Je ne le faisais vraiment que quand je voulais m’assurer d’être crus… Pas très efficace pour le coup… Peut-être avais-je détourné les yeux un peu trop précipitamment… Mince alors ! Et moi qui me croyais rôdée ! … Je révisais mon jugement soudain !

A présent, je me sentais vraiment mal. Je regrettais. Mais pas de lui avoir menti seulement qu’il en ait pris conscience.
Néanmoins, il soulevait un point important. Non, ce n’était pas un « privilège » que je lui réservais – Mon Dieu, de quelle ironie il faisait preuve avec ces termes là, ces termes si positif… – tout le monde y avait droit sans exception. Même Libby, même Stefan. Tout le monde. Qu’il s’agisse du clochard du coin ou des personnes auxquelles je tenais le plus. Mais d’ordinaire, personne ne relevait. Mais… mais peut-être que je n’étais pas aussi convaincante que ce que je croyais… Peut-être que les autres faisaient seulement semblant, tolérant ce petit mensonge sans protester et essayant d’y croire aussi fort que j’essayais moi-même de le faire.

Là, Damon pointait du doigt mon mensonge et je me sentais affreusement honteuse ! Comme une enfant prise en faute… Pourtant, je persistais à croire que mon crime n’était pas à la hauteur de ma gêne actuelle. Ce n’était pas vraiment un mensonge… si ?
Pourquoi… ? Pourquoi fallait-il qu’il dise ça ? Il n’aurait pas pu se contenter de faire comme tous les autres ?! Acquiescer et se bercer de l’illusion que tout allait bien pour moi ?! Ça aurait été bien plus facile… pour tous les deux !
Rah ! Je m’étais rarement sentis aussi misérable, aussi mal à l’aise ! Cette réplique détenait la palme quoi ! J’aurais encore préféré qu’il me fasse un laïus sur Tyler et ce qui s’était passé à l’instant ! Tout… tout plutôt que ça ! … Finalement notre conversation reprenait cette touche « familière », cette difficulté qui allait de paire avec chacune d’elles.

« Un privilège que tu n’offres qu’à moi »… disait-il en parlant de mon mensonge éhonté et proféré en toute connaissance de cause… Je… A cet instant, j’aurais vraiment souhaité disparaître. Me faire minuscule, lui faire oublier ça… Pour qui allait-il me prendre maintenant ?! … Surtout lui. Je veux dire, de ce que je savais, ça lui tenait vraiment à cœur. La franchise… Il la prônait sans s’en cacher d’ailleurs. Il en avait fais preuve avec moi jusqu’ici même quand ça n’avait pas été évident et… il devait se dire que je ne respectais pas ma part du marché… même si je n’avais jamais prétendu être aussi honnête que lui. J’appréciais la sincérité mais… je ne pouvais pas l’employer en permanence ! Soyons lucide, personne ne pouvait être honnête en tout temps, si ? … Même lui… Mais même en me répétant ça, je me sentais misérable… vulnérable aussi… face à lui, face à ce monstre de franchise que je n’égalerais certainement jamais…

Happée par ce regard presque inexpressif, je sentis mes sourcils se froncer dans une expression d’incompréhension et de confusion assez conséquente. Ma bouche s’entrouvrit ensuite sur une réplique que je n’avais malheureusement pas encore trouvé. Elle se referma d’ailleurs avant d’y parvenir.
Et dans ses yeux clairs, je voyais le reflet rageant d’une jeune fille totalement prise au dépourvue, perdue et désorientée qui venait de perdre totalement le contrôle d’une situation qu’elle n’estimait jusqu’alors pas dérangeante, pas dangereuse. Mon joli masque souriant de tranquillité et d’assurance venait de chuter lamentablement vers le sol me révélant dans ce genre de fragilité que je maudissais. Et mon embarras devait être perceptible à des kilomètres à la ronde… Je détestais ça… exhiber ainsi ces choses là… Ma jolie carapace s’était brisée sous le coup de l’étonnement et de la déstabilisation et… je devinais sans mal qu’il devait à présent pouvoir lire en moi comme dans un livre ouvert…

J’avais beau chercher, je ne trouvais pas mes mots, trop interloquée pour savoir quoi répliquer. D’ailleurs, pouvais-je réellement trouver quelque chose à dire ? Pourtant, mon cerveau s’activait à toute vitesse, désireux de pondre une jolie justification mais… il n’en existait tout bonnement pas. Qu’aurais-je pu affirmer ? Que ça question ne sollicitait pas de réponses négatives selon moi ?
On pouvait dire que ses propos ne me laissaient pas indifférente au moins…


« - Q… quoi ? … Non, je… heu… » Balbutiais-je, m’enfonçant péniblement dans les méandres de ma confusion… et martelant moi-même ce qu’il me restait d’orgueil après l’humiliation que m’avait fais subir ses dires.


Quel cafouillage, mon Dieu ! Je me sentais de plus en plus pitoyable ! Pourquoi n’étais-je pas simplement capable de lui offrir un sourire confiant et lui lancer quelque chose de drôle ou de détaché ?! Prendre ça à la rigolade et pas avec… autant de sérieux ! C’était absurde ! En plus, je ne lui devais rien, si ?!
Toutefois, incapable de soutenir son regard, je m’empressai de le fuir, en tournant la tête vers la gauche, l’inclinant légèrement vers le bas. J’étais consciente que chercher à reprendre contenance ainsi était voué à l’échec mais je me devais au moins d’essayer. Je m’humectai nerveusement les lèvres terminant le geste en une espèce de mordillage avant de retenter ma chance :


« - Enfin, je veux dire, je ne… » Commençais-je avant de m’interrompre, levant les yeux vers lui avant d’y renoncer et de retrouver la sécurité des mes pieds.


Inutile de pousser le vice aussi loin… Il avait compris que je lui avais mentis, le nier ne servirait qu’à me rendre plus ridicule encore. S’obstiner sur cette voie n’était probablement pas le mieux à faire. Autant assumer ce mensonge, non ? … Après tout, ça je savais le faire. Assumer mes actes ou mes erreurs…

Ma bouche se pinça bientôt en cette moue gênée qu’il m’inspirait si facilement… Un peu comme quand il m’avait parlé d’Elisabeth la première fois en étant convaincu que j’étais déjà au courant de tout…
Je soupirai alors discrètement sous le poids de cette fatalité. J’étais découverte, tant pis pour moi.
Je relevai ensuite courageusement les yeux vers lui, tentant d’amoindrir les dégâts. Je m’étais montrée suffisamment idiote comme ça !
Puis un petit sourire en coin sans joie et un brin crispé se forma sur mon visage avant qu’un rire nerveux mais presque inaudible ne m’échappe, semblable à une expiration et preuve ultime de mon embarras avec lequel je tentais de cohabiter au mieux puisque j’étais bien incapable de le faire disparaître.


« - Et toi, tu t’arranges toujours pour mettre les autres mal à l’aise ou c’est un privilège que tu n’offres qu’à moi ? »
Ripostais-je finalement, les sourcils haussés dans une expression un tantinet inquisitrice.


Quoi ? Il m’accusait alors j’avais bien le droit d’en faire autant, non ? C’était un prêté pour un rendu là, non ?
En outre, je ne mentais pas cette fois. Il avait réellement le don de me mettre mal à l’aise. Et je doutais qu’il cherche à s’en garder mais bon…
Hélas, le ciel l’épargna d’avoir à répondre à ça… Le ciel ou plutôt… Caroline… Grr…
En effet, cette dernière s’était approchée de nous mais je ne la remarquai que lorsque son bras s’enroula autour du mien. Surprise, je posai les yeux sur elle qui ne s’intéressait absolument pas à moi, fixant Damon avec un intérêt non camouflé… C’en était presque indécent, un tel regard ! … Mais ce n’était que mon avis… Et puis je ne pouvais pas m’en offenser hein… ce n’était pas comme si elle avait fixé Stefan de la sorte…



« - Elena chérie, tu nous présentes ? » Me demanda-t-elle toujours sans me regarder, de sa voix que j’estimais toujours un peu hautaine… même si c’était sans doute malgré elle…


Waouh… Quel changement d’un seul coup. Je dois dire que je ne m’étais pas attendue à son intervention… Mais je suppose qu’elle ne tombait pas si mal après ce qui venait de se produire. Je m’attelai donc à masquer très très rapidement mon mécontentement. Je lui offris donc un sourire… assez impersonnel avant de lâcher calmement et avec une certaine formalité :


« - Bien sûr... Damon, je te présente Caroline et Caroline, je te présente… »

« - Damon. » M’interrompit-elle avec son sourire enjôleur de gentille fille sage, la bouche pincée, avec une certaine fierté comme si elle l’avait deviné toute seule alors que je venais de lui dire et qu’il l’avait lui-même dit à Tyler… Pff… « Le frère de Stefan. »


Ouais, bon la déduction était assez nulle mais bon… Elle me donna alors un léger coup de coude, m’offrant une moue un peu boudeuse. Elle faisait genre mais je sentais bien ce que ça voulait dire. En dedans, elle m’incendiait, songeant certainement que j’avais voulu le garder pour moi toute seule. Quelle idiote…


« - Dis donc tu aurais pu nous en parler… » Me reprocha-t-elle gentiment sur un ton complice.
« - Heu… Désolée. » Fis-je, pas désolée du tout et même un peu blasée sans chercher à me montrer réellement convaincante – puisque de toute manière elle se fichait royalement que je le sois ou non. – avant de jeter un coup d’œil ennuyé à Damon tout en me dégageant de l’emprise de la demoiselle. « Je croyais que Libby te l’aurais dis. » Mentis-je, sachant que Libby n’aurait surtout pas trahis ce que je lui avais dis à propos du frère de Stefan… je lui en avais très peu dis d’ailleurs…

« - Penses-tu… Enfin, je suis ravie de faire ta connaissance, Damon… Ce qui ne doit pas être le cas de Tyler… Wouh, tu nous as tous impressionné, je dois dire ! Et tu nous as rendu un fier service… S’en prendre comme ça à Elena, franchement… » Blablata-t-elle sans s’arrêter, aimant toujours autant s’entendre parler.


Elle m’offrit alors un regard compatissant couplé à sourire qui l’était tout autant… mais qui me parut faux à souhait… M’enfin. Je ne comptais pas toujours lui prêter de mauvaise intention, hein…



« - Ton chevalier servant à bien faillis faire une attaque. Tu l’aurais vu ! Il était furieux ! Si Damon n’était pas intervenu, il est clair que lui l’aurait fais. » M'informa-t-elle, innocemment... ou presque.
« - … Mon chevalier servant ? » Répétais-je, sincèrement incrédule.

« - Mike, bien sûr. » Déclara-t-elle avec impatience comme s’il s’agissait là d’une évidence.
« - Ce n’est pas mon chevalier servant ! » Protestais-je vivement, gênée.

« - Bah, ton ex… c’est pareil. » Trancha-t-elle avec un geste de la main. « Tu ne vas pas faire semblant de ne pas savoir ce qu’il ressent pour toi, quand même ? » M’accusa-t-elle en souriant.


Je fronçais les sourcils, maîtrisant parfaitement ma colère et évitant de répondre pour ce faire.
Oh, je comprenais ce qu’elle essayait de faire, hein ! Je la connaissais depuis suffisamment longtemps pour ça… Elle voulait faire comprendre à Damon que j’étais courtisée et donc pas intéressée par lui, contrairement à elle bien sûr. C’était vrai hein mais… j’aurais préféré qu’elle n’implique pas mon meilleur ami. Je jetais d’ailleurs un regard furtif à ce dernier. Il discutait avec Libby à l’autre bout de la pièce… Tant mieux, il n’avait pas besoin d’entendre ce genre de chose.



« - Enfin, passons… Alors Damon, tu es ici depuis combien de temps ? »


...
Samedi dernier...
Bon allez... je restais encore deux minutes histoire de ne pas paraître impolie et puis je filais d'ici. Après tout, c'était ce que je comptais faire avant Tyler... donc ça ne paraîtrait pas étrange.
Non parce que je n'avais vraiment pas envie d'assister au numéro de séduction de Caroline ! ... Combien de garçons avais-je vu y succomber, totalement impuissants ? ... Beaucoup trop, sans doute.


Dernière édition par Elena Winters le Ven 23 Oct - 23:04, édité 1 fois
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Damon Whitehorth

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyVen 23 Oct - 21:41

Ah… sacrée Elena… elle avait du culot quand même… oser mentir en me fixant si franchement, les yeux dans les yeux… c’était… particulièrement osé, franchement… je devais bien reconnaître qu’elle avait beaucoup de courage là… moi à sa place je ne l’aurais sans doute pas tenté… pas face à moi du moins.
C’est vrai, j’étais quand même suffisamment effrayant… je ne me serais jamais manqué de respect si je m’étais trouvé en face… mais de toute manière, ça n’arriverait sans doute jamais… mais j’aimais son audace à elle… autant qu’elle me faisait enrager… mon ressenti, paradoxal… ? Peut-être oui, c’est bien possible… mais je n’ai jamais prétendu le contraire.

Je venais donc de jouer mon petit numéro avant de me montrer plein de sincérité, avec une froideur, un détachement à faire pâlir un mort… je pensais même qu’Elena en avait perdu quelques couleurs à ces jolies joues rosées de colère et d’indignation… j’avais su la calmer au moins… et je ne lui mentais pas… je voulais savoir si elle mentait à tout le monde comme ça… ou si elle m’épargnait moi pour une raison ou pour une autre… il fallait que je le sache.

Mais pour l’heure, ma réplique la prenait clairement de court… et l’ennuya… à tel point qu’elle fronça soudainement les sourcils, sa bouche s’entrouvrant sensuellement, tel un appel à s’y jeter… Oh, que j’en avais envie d’un coup… l’embrasser… me laisser tenter juste une fois, quoiqu’il arrive, même si elle devait me gifler juste après… elle était… si irrésistible, dans cette espèce de vulnérabilité sensuelle que je jugeais particulièrement excitante… c’était… très compliqué là… par chance, ça ne dura pas trop longtemps et sa bouche se referma sans avoir lâché le moindre mot… oh, la pauvre était trop surprise pour ça… ?
Elle était tellement… décontenancée… son regard semblait chercher quelque chose dans le mien… quelque chose que je ne détenais pas, j’en étais désolé pour elle. La demoiselle était perdue… prise à revers, elle ne savait pas comment réagir et… ne s’était clairement pas attendue à ce que je découvre le pot-aux-roses…


« - Q… quoi ? … Non, je… heu… » Balbutia la belle, s’enfonçant plus encore.


Oulà… tant que ça ?!
La malheureuse n’arrivait pas à aligner deux mots… non je… ? non je ne te mentais pas… ? Voilà un second mensonge qui allait encore manquer de conviction pour me prendre au piège… Mais elle était si ébranlée par tout ça qu’elle ne finissait même pas… donc ça lui évitait au moins l’erreur de mentir à nouveau… il fallait voir le bon côté de la chose.
Elena tourna alors les yeux sur le côté, incapable de soutenir mon regard… un acte qui m’amusait mais… me frustrait grandement aussi… elle baissa également les yeux, signe qu’elle mentait…
C’était les règles d’or hein… quand tu baisses les yeux, on sait que tu mens, quand tu lèves les yeux au ciel, on sait que tu dis pas la vérité… des lois que je connaissais, et que l’on décelait comme véritables sur la jolie jeune fille… elle était un livre ouvert en ce moment, et qu’il était simple de lire en elle…
Elle me mit alors au supplice en s’humectant de nouveau les lèvres de ce geste allumeur à souhait, ponctuant cette fois celui-ci d’un petit mordillage tout aussi aguichant… voir un peu plus encore… dieu qu’elle était irrésistible… je commençais à avoir envie de l’allonger sur la table de billard moi… mais laissons ces pensées de côté pour le moment hein…


« - Enfin, je veux dire, je ne… » Commença-t-elle en retentant de me regarder dans les yeux, mais ne supportant pas le duel assez longtemps.


Elle rebaissa donc instinctivement les yeux, se stoppant en plein milieu de sa phrase… quelle détermination mes amis ! Honnêtement, ça faisait… peur à voir… Elle avait l’air bien décidée, me regardant en tentant de retrouver cet éclat farouche mais… son mensonge était si gros… si dur à supporter… qu’elle n’était même pas capable de me démentir… de s’élever devant moi pour me forcer à accepter qu’elle allait bien, quoi que j’en dise… j’aurais pu compatir pour elle… enfin, si je n’avais pas été un monstre suceur de sang bien sûr…
Mais quelques secondes plus tard… elle sembla abandonner le combat… j’avais gagné l’affrontement, elle n’allait pas s’empêtrer dans son histoire de mensonge… c’était… assez plaisant à voir… enfin un peu de sincérité, que diable !
Elle me fixa alors droit dans les yeux, avec un petit sourire défaitiste en coin… le tout me serrant très brièvement le cœur… très brièvement hein, pas la peine d’en faire trop non plus… Un rire nerveux et minuscule lui échappa, et je m’interdisais de me laisser atteindre par son air plutôt abattu…


« - Et toi, tu t’arranges toujours pour mettre les autres mal à l’aise ou c’est un privilège que tu n’offres qu’à moi ? » Préféra-t-elle m’attaquer les sourcils haussés.



Joli… très joli…
C’était… la Elena que j’aimais soudain… elle ne se laissait pas démonter, et même s’il lui avait fallu un peu de temps pour se reprendre, elle ne se justifiait pas, puisque nous savions la vérité toutes les deux, et qu’elle ne me devait rien… j’aimais ça… ce côté « tu m’as eu, maintenant à mon tour »… Elle contre-attaquait en quelque sorte, et ça me plaisait… d’autant qu’elle reprenait ma phrase, se moquant – toute proportion gardée – de ma réplique d’un peu plus tôt… j’adorais ça… ces petites joutes verbales avec elle…
En tout cas, est-ce que je n’offrais ça qu’à elle… ? Non, je ne crois pas… je faisais ça avec tout le monde si l’envie m’en prenait… enfin, si dire la vérité mettait mal à l’aise, alors je le faisais vraiment tout le temps, sinon… Elena était bien ma cible privilégiée… puisque j’étais là pour elle, et pour rien d’autre…
Par contre je… me sentais très vaguement coupable… du fait qu’elle se sente mal… qu’elle aille mal… je voulais qu’elle aille bien moi… et où serait l’intérêt qu’elle aille mal pour moi… ça ne servirait pas mes plans… … rien d’autre…

Là, une… fille… une blondinette débarqua de nulle part… elle ne me disait rien… j’avais pourtant une bonne mémoire des visages mais… elle, je pensais ne l’avoir jamais vue… d’ailleurs je ne me souvenais même pas avoir croisé son regard quelques minutes auparavant… c’est vous dire comme elle avait l’air intéressante… elle me toisait avec un regard… un peu débile… l’air profondément intéressé… quelque chose que je trouvais déjà bien ennuyeux pour tout vous dire… Elle passa son bras autour de celui d’Elena, me frustrant légèrement… on me privait moi de ce contact… et elle alors ?! Je la détestais déjà cette salope de blondasse… Elle ne fixait donc que moi, même si pour ma part, je ne détachais pas mes yeux d’Elena.


« - Elena chérie, tu nous présentes ? » Demanda Miss Clocharde sans même la regarder.


Elena chérie, tu nous présentes ? … Ou pas…
Quoi ?! Comment ça j’étais pas respectueux ?! Cette fille faisait même pas attention à elle ! Pas besoin d’être devin pour comprendre qu’elle était intéressée par mon physique de rêve, et qu’elle se fichait complètement d’Elena… et je détestais ça… qu’elle la snobe de cette manière… elle croyait entrer dans mes bonnes grâces en faisant sa garce comme ça ? Et bien c’était raté… c’était un manque de respect aussi conséquent que la main au cul de Tyler, avec plus de finesse bien sûr… mais à mes yeux, c’était du pareil au même… et je ne voulais pas qu’on la blesse… j’allais finir par la mettre dans une jolie bulle de verre, protégée du reste du monde… entièrement pour moi, à ce rythme là… mais ne parlons pas de bonheur tout de suite…
Elena lui offrit un sourire très… faux, masquant son mécontentement… elle n’avait pas envie de l’avoir dans les pattes, et moi non plus… ça nous faisait un point commun…


« - Damon, je te présente Carolyne et Carolyne, je te présente… »
« - Damon. Le frère de Stefan. »


Grrr…
Elle voulait vraiment que je la déteste ou quoi celle-là… ? A la vitesse là, elle finirait en repas d’ici ce soir… comment osait-elle dire ça comme ça… presque amusée, presque… contente… que je sois le frère de ce maudit connard… j’avais eu envie de cracher sur le sol lorsqu’elle avait dit ça… comme pour exprimer ce que ça m’inspirait… partager le même sang, et le même physique que mon frère… revoir chaque jour dans le miroir le visage du meurtrier le plus cruel qui avait marqué mon existence… ce n’était pas toujours facile… alors je n’avais pas besoin qu’on me le rappelle non plus… Je laissais donc échapper un soupir, contenant ma colère suite à cette réplique.
Elle eut alors un échange avec Elena, auquel je ne m’intéressais pas vraiment… elle pouvait bien se faire tous les regards qu’elles voulaient, ça ne me regardait pas après tout… moi, je ne pensais qu’à Elena… est-ce qu’elle faisait toujours l’effort, toujours semblant d’aller bien… ? La question me trottait dans la tête…


« - Dis donc tu aurais pu nous en parler… »
« - Heu… Désolée. Je croyais que Libby te l’aurais dis. »
« - Penses-tu… Enfin, je suis ravie de faire ta connaissance, Damon… Ce qui ne doit pas être le cas de Tyler… Wouh, tu nous as tous impressionné, je dois dire ! Et tu nous as rendu un fier service… S’en prendre comme ça à Elena, franchement… »


Espèce de minable… j’étais bien content que la belle se soit dégagée de l’emprise de cette connasse… Elle aurait pu lui en parler… ? Parce que ça te regardait Blondy ? Je ne me rappelais pas m’être déjà intéressé à toi, donc… non. Et après, tout son laïus… elle espérait quoi là ? Me flatter… ? Oh, s’en prendre à Elena… toi ça ne t’avait pas empêché de laisser ton cul sur ta chaise plutôt que de prendre sa défense… espèce de conne… trois secondes en face d’elle et elle me sortait déjà par les yeux… par pitié, faites-la fuir, avant que j’aie une envie de meurtre… ce qui arrivait régulièrement d’ailleurs… J’avais tellement envie de la frapper elle aussi, de lui rabattre son caquet… Evidemment qu’Elena devait subir tous les jours… entourée par des enculés comme Tyler ou elle, ça ne pouvait qu’être l’enfer pour elle… ce que ça m’énervait… et ce que ça m’énervait que ça m’énerve !


« - Ton chevalier servant à bien faillis faire une attaque. Tu l’aurais vu ! Il était furieux ! Si Damon n’était pas intervenu, il est clair que lui l’aurait fais. »
« - … Mon chevalier servant ? »
« - Mike, bien sûr. »
« - Ce n’est pas mon chevalier servant ! »
« - Bah, ton ex… c’est pareil. »


Ow… ça faisait de l’info là… autant je ne pouvais pas blairer cette connasse… euh… Ca… Cat… Carolyne, non… ? enfin un truc dans le genre, autant elle fournissait quelques bonnes informations…
Je supposais donc que le fameux blond qui avait échangé des regards avec ma promise était sans aucun doute ce Mike… Son ex… ma parole, mais c’était vrai ! Elle était courtisée par tout le monde cette fille ! Stef’ avait choisi la bonne hein… dans tous les sens du terme, mais bref ! Ce n’est pas le sujet ! Elle était très courtisée… Tyler le pervers, Stefan le gentil vampire, Mike le chevalier servant et… maintenant moi… je venais m’inscrire sur cette liste pleine de… cons comme ça… la vraie honte…
Quoiqu’il en soit, c’était un ex’… il ne me faisait pas plus peur que ça… après tout, il avait déjà eu sa chance et l’avait gâché puisqu’on parlait désormais de lui au passé… tant pis pour lui hein… moi je représentais l’avenir… un avenir très lointain même… donc je ne m’en faisais pas… et je trouvais encore rageant sa façon de se comporter… elle tentait de me décourager ou quoi ? Elle pensait que si je savais que tout le monde courait après, j’abandonnerais… elle me sous-estimait, j’adorais les challenges… je n’étais pas aussi minable que mon jumeau… je me battrais… et Tyler le savait déjà…
Comme pour me confirmer au sujet de Mike en tout cas, Elena jeta un coup d’œil furtif en sa direction… je n’avais pas peur… je le prendrais au défi lui aussi s’il le fallait…


« - Enfin, passons… Alors Damon, tu es ici depuis combien de temps ? » Enchaîna Carolyne, même si je fixais toujours Elena.


Pfff… quoi ? J’étais ici depuis combien de temps… ? C’était là toute sa conversation… ? Moi qui avais pensé qu’elle serait un minimum intéressante, vu sa dégaine, qu’elle entamerait la discussion par « tu veux une pipe ? » ou une question du genre, mais non… elle n’était même pas un tout petit peu divertissante… aussi nulle dans tous les domaines apparemment.
Je laissais alors un sourire amusé… méchamment amusé, fuser sur mes lèvres, avant de jeter un regard particulièrement accusateur sur la blondinette.


« - Oui, il est facile de venir faire la belle après la bataille… mais je ne me rappelle pas avoir vu qui que ce soit bouger pour la défendre… » Persifflais-je avant de m’en désintéresser.


Hop, prends-toi ça ma cocotte… Je ne pouvais pas la blairer, et même si je m’amusais à rester soft pour ne pas vexer Elena, elle me… m’irritait très fort… c’était dur de me retenir d’exploser…
Je reposais alors mes iris sur Elena, sans colère, mes yeux se plissant légèrement avant qu’un rire amusé ne m’échappe.


« - Je suppose que ce n’est pas qu’un privilège… » Assumais-je avant de lui glisser un nouveau clin d’œil complice.


Je reprenais notre discussion… comme si Carolyne n’avait jamais existé… Cette fille ne m’intéressait pas, c’était même tout l’inverse… alors je préférais la zapper pour le meilleur, ma splendide Elena avec laquelle je pouvais tellement m’amuser… Je pris alors une expression plus tendre, plus compatissante, la fixant droit dans les yeux avec toute la compassion que je pouvais y mettre… ce que j’arrivais parce que… j’avais un peu pitié d’elle… elle paraissait si seule elle aussi… sans personne à qui pouvoir dire la vérité… ce qui la rongeait…
Je saisis alors délicatement sa main, avant de l’attirer sans ménagement vers moi, la réceptionnant avec douceur dans mes bras, qui l’entourèrent rapidement, comme pour lui donner l’impression d’être protégée. Une proximité que je jugeais enivrante, son parfum me faisant presque tourner de l’œil tellement il était intense… j’avais envie d’elle et de son sang… c’était fatal, même si je me retenais, la « forçant » à se faire câliner.


« - Désolé… je suis désolé que tu sois si seule Elena… » Soufflais-je à son oreille, ma main se permettant de caresser ses cheveux.


Je mis finalement fin à cette étreinte, l’éloignant de moi, en replongeant immédiatement mon regard, rassurant, protecteur, dans le sien… je ne la laissais pas respirer, j’en avais conscience mais… il fallait qu’elle sache que j’étais là pour elle… c’était v… une partie du plan… c’était une partie de mon fameux plan.


« - Tu allais partir… tu veux bien que je te raccompagne… ? » Ajoutais-je, les yeux plongés dans les siens malgré mon air un peu gêné, ignorant toujours son « amie », le ton de ma voix restant très posé.
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Elena Winters

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Hands Off [pv Damon] Empty
MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptySam 24 Oct - 23:57

Sacrée Caroline… Son manque de gêne et de tact m’impressionnerait toujours. Elle n’hésitait pas une seconde à nous interrompre et à s’immiscer dans notre conversation… à s’y imposer littéralement sans la moindre considération pour nous autres. Pas le genre de choses que je me serais permise personnellement mais bon… elle était ainsi, je le savais bien. L’estime assez haute qu’elle avait d’elle-même lui permettait de se comporter comme ça avec un naturel relativement impressionnant. Moi, j’étais habituée… enfin, autant que possible quoi… mais… j’espérais que mon interlocuteur, lui, ne s’en offusquerait pas. Bah… ça pouvait surprendre quand on y était pas préparé, hein…

Rassure-toi, elle n’est pas si horrible, en vérité… il faut juste prendre le temps de la connaître et de comprendre qu’elle fait preuve d’une affolante maladresse et non pas de méchanceté dans ses propos souvent trop directs. Propos dont j’avais été victime un nombre incalculable de fois et ce certainement alors que là n’était pas son intention.
Je devais reconnaître que la blondinette pouvait sembler assez antipathique à première vue mais… elle avait un bon fond. Elle nous l’avait déjà prouvé. En outre, je savais que je pouvais compter sur elle. Après tout, elle était l’une des rares à ne pas m’avoir tourné le dos après l’accident… bien sûr, elle me reprochait d’avoir changé mais… ça ne l’empêchait pas d’être là.

Hélas, pour elle, en matière de mec, il n’y avait pas d’amitié qui vaille. Tout était histoire de compétition à ses yeux et ça tournait presque à l’obsession. Ce qui me desservait clairement depuis Stefan. Il était l’un des seuls, peut-être même le seul, qu’elle n’avait pas su obtenir. Ça n’était pas faute d’avoir essayé pourtant… Malheureusement, c’était un échec qu’elle n’avait toujours pas digéré. En général, il était très rare qu’un jeune homme lui résiste plus de deux semaines. Par conséquent et pour une raison absurde, elle s’imaginait que j’étais entièrement à l’origine de sa défaite avec Stefan, persuadée qu’elle était que j’avais tout fais pour le lui voler au nez et à la barbe. C’était dingue quand même… je n’avais strictement rien fais pourtant ! Il avait fais son choix et je n’avais pas grand-chose à voir là-dedans. Qu’est-ce que j’y pouvais si l’héritière des Norton n’était pas à son goût ?

Toutefois, je la soupçonnais à présent de croire que je comptais « également » m’interposer entre elle et son jumeau… Aberrant cette fille parfois… Comme si je n’avais que ça à faire ! J’avais bien assez d’un seul Whitehorth ! …
Désolée de blesser ton égocentrisme Caro’ mais je vais plutôt m’atteler à sauver mon couple plutôt qu’à ruiner le tiens… potentiellement, bien sûr.
En tout cas, comme elle l’avait prouvé à de nombreuses reprises… elle était prête à abattre tous les obstacles qui se dressaient entre elle et le garçon de sa convoitise. Donc moi actuellement. Le pauvre, Damon… Il ignorait encore à quel point la belle pouvait se montrer persévérante.

Néanmoins, elle allait œuvrer à m’éclipser en douceur car si je la gênais pour atteindre Damon – du moins dans son esprit tordu et débordant d’imagination – je pouvais aussi faciliter cette nouvelle conquête. A condition de se servir de moi pour se frayer un chemin dans l’existence de l’adolescent. En résumé, j’étais un atout comme un désavantage et elle tentait donc de jongler entre ça. Elle avait d’ailleurs déjà abattue sa première carte, en évoquant Mike et son amour pour moi, ne perdant donc pas une seconde pour se mettre en avant. Y aurait eu de quoi choper des complexes d’infériorité avec cette fille, vous savez… Heureusement, il n’y avait pas la plus petite parcelle de moi qui la jalousait. Ça avait peut-être été le cas quand nous étions petites mais c’était une époque définitivement révolue ! Le ciel en soit loué !

En revanche, je n’appréciais pas cette situation. Pas parce qu’elle s’intéressait à Damon… enfin je crois… plutôt parce que sa manière de faire ne me réjouissait pas. Nous étions tellement différentes ! Beaucoup de gens s’étonnaient d’ailleurs que nous soyons amies toutes les deux… moi la première dans ce genre de circonstances.
Qu’elle exhibe comme ça le ressenti de mon meilleur ami me révoltais. Bien sûr, je savais ce qu’il ressentait mais… il n’y avait rien que je désirais moins que de le blesser ! Imaginez un peu s’il avait entendu ça ! Il… il aurait eu de la peine, ça aurait remué le couteau dans la plaie. Rah ! Je détestais la façon que j’estimais presque méprisante qu’elle avait eu de l’appeler. « Un chevalier servant »… Pff !

Je… A vrai dire, j’étais très attachée à lui et je… je souffrais des sentiments qu’il me portait, ayant pleinement conscience du mal que ça lui faisait de me voir avec Stefan. Et pourtant, il était toujours là, toujours souriant… Je suis sûre qu’il aurait même été prêt à me rassurer sur mon couple si je lui avais parlé de la période pénible que nous traversions. Je devais reconnaître que c’était un garçon particulièrement serviable.
Alors oui, je faisais semblant de ne pas savoir ce qu’il éprouvait encore pour moi afin de préserver ce qui pouvait encore l’être entre nous deux !
Mais j’aurais aimé qu’elle ne me le « reproche pas », qu’elle ne se serve pas de ça pour tenter de s’approprier Damon par des méthodes détournées et inutiles. Inutile parce que je ne comptais absolument pas m’accaparer le second frère ! … Elle me connaissait si mal que ça ?

Franchement, je n’avais qu’une hâte : rentrer chez moi ! … Après cette journée désastreuse, je souhaitais juste me réfugier dans ma chambre, écrire dans mon journal intime et rester bêtement prostrée devant la télévision en évitant de réfléchir…
Et que ce soit Caroline ou Tyler, ils n’avaient rien arrangé à l’affaire. Comme si j’avais besoin de ça en ce moment… Parce qu’en plus de m’humilier et de me rendre furieuse… ce dernier m’avait aussi rappelé à des souvenirs que j’aurais préféré oublier : Stefan au centre commercial… « On ne lui a sans doute jamais inculqué les bonnes manières… » Et mon petit-ami quelle était son excuse ? Le manque de considération dont il avait fais preuve… qu’est-ce qui le justifiait ? La claque qu’il m’avait mis sur le postérieur après son « Je dois y aller »… et tout le reste… je réalisai que je m’en souvenais parfaitement. J’étais capable de me remémorer ce que j’avais ressenti avec une précision déroutante. Ça avait été bien pire que là avec ce crétin bourré… Parce que j’avais de l’estime, du respect et de l’amour pour lui quant le lycéen ne m’inspirait rien d’autre que de l’exaspération et du dégoût…

Oui… il était réellement temps que je me change les idées ! Ça urgeait. Parce qu’entre tout ça et la remarque précédente du garçon, ce n’était pas simple. Une réplique qui résonnait encore en moi d’une manière très dérangeante. « Mais dis-moi Elena, tu mens toujours aux gens en les regardant dans les yeux, ou c’est un privilège que tu n’offres qu’à moi… ? »… Je m’en souviendrais de celle-là, en tout cas. Au moins nous avions une certitude en commun : Non, je n’allais pas bien… mais je faisais comme si… Pas le genre de questions que se seraient posées Caroline, hein… sans doute un peu trop nombriliste pour ça…

Tout ça pour dire, que je me préparais d’ores et déjà à les entendre se lancer dans une conversation tournant autour du jeu de séduction de la demoiselle. Bon, je ne connaissais pas du tout les goûts de Damon en matière de filles hein mais bon… Enfin, si, j’avais bien quelques informations. Je savais qu’il avait aimé une fille tendre et généreuse… parfois cruelle et égoïste… mais indéniablement sexy… Du moins d’après lui. Le côté sexy y était en ce qui concernait Caroline… l’égoïsme aussi sans doute… Quant à la tendresse, je ne pouvais pas me prononcer là-dessus mais… j’étais un peu sceptique.
On aurait aussi pu supposer que les goûts de Stefan et les siens concordaient puisqu’ils avaient été épris de la même donzelle mais… ils avaient des caractères si différents que c’était assez peu probable. Donc pourquoi pas… Mon amie avait sans doute toutes ses chances. Et je n’avais donc aucune envie de la voir embobiner le jeune homme.

Cependant, les choses ne se passèrent pas exactement comme je m’y attendais… Même si, en un sens, j’aurais probablement pu m’y attendre. En effet, tout le temps qu’avait duré le discours de la blonde, il n’avait pas sincèrement semblé s’intéresser à elle. En fait, j’avais l’impression un peu gênante qu’il ne m’avait pas lâché des yeux mais… je trouvais ça un peu présomptueux de ma part. Et je ne pouvais pas le parier non plus puisque je ne l’avais pas gardé en permanence dans mon champ de vision.
Cela dit, je me rattrapais à présent, en le dévisageant avec un maximum de calme. J’attendais poliment sa réponse, voilà tout. Même si je savais déjà moi, quand il était arrivé. A un jour ou deux près quoi…

Un sourire amusé prit alors place sur ses traits fins… mais un sourire qui n’avait rien de très sympathique ou de rassurant. Ça semblait plus ironique que pleinement sincère… et je n’aurais pas été particulièrement réjouie qu’il me soit adressé, c’était clair.
Puis ses prunelles se posèrent sur Caroline qui du déglutir difficilement si vous voulez mon avis. Impossible de rester stoïque face à un regard si réprobateur, si… accusateur ! Personnellement, je ne comprenais pas. Que pouvait-il bien lui reprocher ? … Car il était évident qu’il lui reprochait quelque chose… mais ça me dépassait là. Et visiblement, c’était aussi le cas de l’adolescente car une lueur d’incompréhension succéda à cette assurance que je pensais jusqu’ici inébranlable. La pauvre… tel que je « connaissais » Damon – même si connaître était un bien grand mot dans notre cas – elle allait y avoir droit. A un reproche, je veux dire. Comme je le disais, il ne se privait pas de dire le fond de sa pensée et, malgré ce que j’avais laissé entendre, je doutais qu’il ne se comporte ainsi qu’avec moi.



« - Oui, il est facile de venir faire la belle après la bataille… mais je ne me rappelle pas avoir vu qui que ce soit bouger pour la défendre… » Persifla-t-il alors.


… Outch ! Ça ne devait pas faire du bien. Se faire rabattre son caquet comme ça, surtout pour elle… mmh… elle allait très mal le vivre là… Elle n’était pas habituée aux rebuffades et celle-là se voulait relativement incisive. C’est vrai, Caroline obtenait toujours tout ce qu’elle voulait, ce n’était pas nouveau. Les mecs comme le reste. Il faut dire qu’elle avait pas mal d’atouts dans sa manche. Elle était riche, belle, bien foutue et avait un talent incontestable pour se mettre en valeur que ce soit physiquement ou dans les conversations… Oui, elle savait captiver son auditoire… même si elle ne brillait pas toujours pour son intelligence…
Mais là… son égo venait de se faire piétiner et elle devait étouffer de honte et de colère. D’ailleurs, il me sembla la voir s’empourprer même si je n’aurais su dire si c’était d’embarras ou plutôt de fureur. Un peu des deux sans doute…

La blondinette avait pourtant fais des efforts pour se faire bien voir… pour faire la « belle »… Non vraiment la pauvre devait fulminer là… et se sentir particulièrement rabaissée. Ce que je pouvais comprendre sans peine.
Elle l’abordait, se pavanant, le félicitant et flattant ainsi son orgueil sans oublier de lui faire ces regards que les hommes cataloguaient volontiers d’irrésistible mais… sans le moindre succès. Il y avait de quoi être froissé. Tentative de séduction numéro 1 : totalement foirée avec la mention « A recommencer depuis le début en essayant une autre approche peut-être un peu moins frontale ».
A sa place, je n’en n’aurais pas mené large. Même si je n’aurais certainement jamais pu être à sa place…

Honnêtement, ça me donnait une irrépressible envie de rire et j’eu toute les peines du monde à faire semblant de rien. Inutile d’ajouter ça à son humiliation hein…
Oh, ce n’était pas de la cruauté hein… Je n’avais pas pour habitude de rire du malheur des autres mais là, avouez qu’elle l’avait bien méritée en se mettant en avant de la sorte. Et c’était tellement inattendu ! Oui, elle non plus n’était clairement pas préparée à ça. Stefan, lorsqu’il l’avait repoussé y avait été avec un certain tact, en douceur au moins mais là… c’était quelque peu différent. Il donnait l’impression qu’elle l’exaspérait littéralement. Et c’était comique, je ne vous le cache pas. Même si je ne comprenais pas bien la satisfaction que j’éprouvais à cet instant.

Toutefois, je n’étais pas dénuée de cœur non plus ! Et… derrière l’amusement que ça me procurait, j’avais un minimum de compassion pour elle. Si, si, je vous assure ! C’était un peu pitoyable, en fait. Sa prestation n’avait pas du tout eu l’effet escompté et je pouvais sans mal imaginer sa frustration… Elle était toujours si sûre d’elle alors… ça ne devait pas être facile à endurer… C’est vrai qu’il y allait un peu fort d’emblée comme ça mais… c’était Damon, que voulez-vous. De sa part ce n’était pas si surprenant que ça… Elle l’apprenait à ses dépends. Et oui, sa franchise n’était pas toujours plaisante et facile à vivre, hein ? … Je savais ce que c’était…

D’ailleurs, même si elle n’avait guère été convaincante elle avait tout de même demandé à Tyler de me laisser tranquille. Plus pour la forme, je vous l’accorde mais bon…
Et puis… « après le bataille » ? A ce point là ? La comparaison était un peu forte, non ? Cela dit, je… encore une fois, je trouvais ça assez gratifiant. Il avait vraiment l’air de prendre mes intérêts à cœur. Je veux dire… ça semblait l’agacer que personne n’ait pris ma défense. Il était là à l’accuser de n’avoir pas bougé et je trouvais ça assez touchant. C’était sans doute ce que j’aurais du faire moi aussi… le leur reprocher à tous… toutefois je n’y songeais pas vraiment. C’était un peu chacun pour soit et… je n’attendais aucun soutien du côté de la midinette. Autant Libby et Mike auraient pu intervenir autant Caroline n’avait… pas assez de volonté sans doute…
Tout ça pour dire que ça paraissait lui importer et que, même si je ne comprenais pas bien, je trouvais ça… gentil. Peut-être un tantinet exagéré… car ce n’était finalement pas si dramatique que ça… mais bienvenu tout de même.

Ses iris désapprobateurs quittèrent finalement le visage crispé de l’adolescente qui avait ouvert la bouche avant de la refermer, à cours de mot – une grande première pour elle – dans une moue pincée. Ceux-ci s’échouèrent à nouveau sur moi, dénués de colère ou de tous sentiments négatifs. C’était plaisant… et rassurant. Je n’avais aucune envie de subir la même chose que mon amie hein… Une fois encore, il modelait ses expressions avec une vivacité impressionnante… disons qu’il savait aisément faire la part des choses, contrairement à son jumeau. Il savait à qui adresser quoi, dirons-nous. Je pris néanmoins soin de ne pas me perdre dans ses deux billes claires même si elles n’exprimaient pas cette intensité qui m’avait surprise quelques fois.

Ses yeux se plissèrent légèrement, semblant un peu amusés au même titre que le petit rire mélodieux qui lui échappa… J’aimais vraiment ça. Son rire. Il n’y avait pas de plus belle sonorité, je crois. Enfin, je veux dire, le sien et celui de Stefan puisqu’ils avaient le même… à peu de choses près du moins. J’ignorais encore ce qui était à l’origine de ce rire mais je n’allais pas m’en plaindre.



« - Je suppose que ce n’est pas qu’un privilège… » Déclara-t-il finalement avant de me gratifier d’un nouveau clin d’œil tout en complicité.


Une complicité qu’il m’offrait mais que je n’étais pas certaine de mériter… Nous nous connaissions si peu au fond… mais ça ne l’empêchait pas de se comporter ainsi, ni de se montrer chaleureux. Un trait de personnalité que je lui appréciais vraiment. Ça faisait chaud au cœur les gens comme ça, non ? Et il me mettait à l’aise… dans ces moments là, du moins… même si ses phrases venaient très souvent ruiner son travail. Un paradoxe à lui tout seul, ce garçon… Sans doute à cause de son « lunatisme »…

En tout cas… c’était effectivement ça. Il le reconnaissait au moins. La pauvre Caroline venait d’en faire les frais. D’autant qu’il retournait à notre conversation sans prendre la peine de lui répondre… faisant presque comme si elle ne nous avait jamais interrompu. Elle n’allait pas s’en remettre de si tôt là…
Donc oui, ce n’était pas un privilège. Le ciel soit loué, il mettait tout le monde mal à l’aise sans exception. Je n’étais au final qu’une victime parmi tant d’autres. Pfiou ! Me voilà rassurée !

Un sourire un peu amusé fendit mes lèvres malgré moi. C’était une conversation étrange, une fois encore. Notre conception de la sincérité était assez dissemblable au fond. Moi, je l’appréciais sous conditions. Pas lui. Moi je mentais quand j’estimais qu’il le fallait, afin d’éviter aux autres d’être mal à l’aise, par considération pour eux. Lui, à l’inverse, n’hésitait pas mettre les autres dans l’embarras en disant les choses trop directement… Une autre forme de considération, en d’autres termes. Disons que j’avais un peu plus de réticences à admettre ce qui risquait d’être déplaisant pour autrui. Oui, là-dessus nous étions différents. Je crois que j’aurais aimé pouvoir être comme lui, ne pas vraiment me préoccuper des autres, ne jamais me cacher. Ça devait être génial d’y parvenir… même s’il y avait de fortes chances que ça déplaise à votre entourage. Toutefois, je n’étais pas ainsi moi. Je m’inquiétais des dégâts que pouvaient causer mes mots et… je n’osais pas dévoiler au grand jour la moindre de mes convictions… Fallait pas rêver, je n’aurais jamais le tempérament nécessaire à tant de franchise.

En outre, sa phrase aurait tout aussi bien pu valoir pour moi. Je partais du principe qu’il parlait de lui, assumant sa propension à « confondre » ses interlocuteurs. Mais il aurait tout aussi bien pu dire ceci en évoquant mon mensonge. Genre « Bah vu cette fille, je suppose que je ne suis pas le seul à qui tu mentes lorsque tu prétends aller bien. » Ça aurait pu coller aussi mais… je préférais la première option car elle ne me concernait pas. Car elle ne mettait pas en scène mon incapacité à pouvoir être totalement sincère.

Hélas… ou heureusement, je ne sais pas, cette réflexion n’alla pas plus loin car quelque chose chez le garçon m’en extirpa, m’interloquant quelque peu. En effet, son visage était soudain emprunt d’une douceur magnifique… mais particulièrement déroutante. Je ne l’avais jamais vu si… tendre ? … Je ne… C’était vraiment beau mais… très « confusant » aussi… ou surtout, difficile à dire.
Son regard captura le mien sans que je ne m’y oppose et ce fut encore pire. Que ? … Qu’est-ce que c’était ? De… ? De la compassion ? Mais je ne… je ne méritais aucune compassion, si ? Je veux dire ça allait pour moi… Enfin, pas tout à fait mais… ça ne nécessitait pas non plus une forme de pitié ou… cette espèce de compréhension bouleversante que je décelais en lui… si ? J’étais un peu perdue soudain… Qu’est-ce que ça signifiait et pourquoi… pourquoi est-ce que ça m’atteignait si fort ?

… J’avais l’incompréhensible et idiote impression qu’il comprenait. C’était très bizarre ! Je veux dire, je n’avais pas l’impression de me sentir plus incomprise, plus seule que ça en temps normal… mais à cet instant j’avais le sentiment qu’il pouvait comprendre tout ce que je ressentais sans exception mieux que personne. C’était comme si je prenais brusquement conscience de mon isolement mental permanent uniquement parce qu’il s’en trouvait un peu moins intense… C’était dérangeant et… perturbant. Est-ce qu’il… allait mal lui aussi ? Enfin, je veux dire… j’avais l’impression de partager ça avec lui. C’était étrange et inattendu et… un peu inquiétant aussi. Triste en un sens. Non, je ne suis pas certaine que je m’en réjouissais. C’était… compliqué.

Toutefois, je n’étais pas au bout de mes surprises. A peine avais-je commencé à me reprendre en me disant que cette médiation était ridicule et n’avait aucun sens, que je me faisais des illusions, que la fatigue y était sans doute pour quelque chose et que j’étais décidemment plus à fleurs de peau que ce que j’avais d’abord imaginé, que les choses prirent une tournure… très imprévues. Comme un peu tout ce qui touchait au frère de Stefan, me diriez-vous…
Tout commença avec sa main qui se tendit vers la mienne, s’emparant délicatement de celle-ci. Le contact de ses doigts frais était agréable, presque au point de m’en faire frissonner… mais gênant. Parce qu’il n’aurait pas du faire ce genre de choses. Parce que nous nous connaissions à peine, que j’étais amoureuse de son frère, que nous étions en public, entourés par tout un tas d’adolescents très prompts à créer des rumeurs débiles même pour des gestes tout à fait… innocents et aussi… parce que c’était troublant… et que mon corps ne semblait toujours pas capable de faire la distinction entre lui et son jumeau.

Indécise, je baissai les pupilles sur sa paume qui nous unissait. J’aurais du rompre ce contact, n’est-ce pas ? Mettre immédiatement une barrière, que ce soit pour toutes ses paires d’yeux scrutateurs ou pour lui…
Mon regard se reporta alors sur lui et… j’aurais aimé le fixer avec réprobation mais seules la surprise et l’incompréhension se frayaient un passage dans mes prunelles noisette. Je ne comprenais pas bien. Pourquoi faisait-il ça ? … Et pourquoi, moi, je ne l’en empêchais pas ?

Néanmoins, je n’eus pas tout à fais le temps de cogiter sur le problème car tout se passa très vite… ce qui me fournissait sans doute une très jolie excuse vis-à-vis de ma trop grande passivité. Car je me sentis bientôt attirée vers lui, sans pouvoir résister. Je me sentais bien trop légère soudain et sa facilité à me faire venir à lui en était déroutante. Même si j’avais voulu empêcher mon corps d’entrer en contact avec le sien – et je l’avais voulu, d’ailleurs hein… n’allez pas vous imaginer que ça m’enchantait – j’en aurais été bien incapable. Nos forces semblaient bien inégales brusquement… couplez à ça l’effet de surprise… et vous comprenez un peu mieux que la collision était inévitable…
Cela dit, il n’y eu aucun choc… Il me réceptionna même avec une douceur inattendue… Et avant que je ne puisse comprendre ce qu’il m’arrivait précisément, ses bras se refermèrent sur moi en une forteresse impénétrable…

Stupéfaite, le corps raidi et les yeux écarquillés, je restais pétrifiée sans savoir quoi faire. Mon cerveau fonctionnait à vive allure mais une fois encore j’avais l’impression qu’il brassait de l’air plus qu’autre chose… Tétanisée, j’étais là, immobile et tendue, le nez enfoui dans le tissu noir de son tee-shirt.
Son odeur me submergeait et m’enivrait légèrement à tel point que je ne pouvais que me délecter de ces délicieux effluves malgré la répulsion ou au moins l’indifférence que j’aurais préférée percevoir. C’était… suave et un peu… brut aussi… En tout cas, j’ignorais si je devais ça à son parfum ou à quelque chose qui lui était propre mais… j’appréciais. Malheureusement.

Mon cœur s’était accéléré assez significativement et je me sentais… prise au piège… mais pas seulement. Certes, j’étais mal à l’aise, perturbée et tout et tout mais… ça avait aussi ce petit côté… protecteur et rassurant que je ne saurais expliquer. Il avait l’air si solide soudain, si fort… J’avais l’impression qu’il aurait pu me briser comme une brindille et pourtant je trouvais également ça sécurisant. Comme si… plus rien ne pouvait m’atteindre d’ici. A croire qu’il me faisait profiter de sa puissance, de côté intouchable qui paraissait si souvent être le sien, en grande partie grâce à ses expressions nobles et supérieures… Ça m’évoquait un peu la sensation d’invulnérabilité que j’éprouvais de temps en temps lorsque j’étais lovée contre Stefan et… cette ressemblance me paniquait véritablement.

Ça n’aurait pas du me rappeler mon cher et tendre… ça n’aurait pas du être aussi déroutant, presque… intense pour moi ! Je détestais ça ! … J’aurais préféré pouvoir mettre ça sur leur compte de leurs similitudes et de leurs odeurs pas totalement pareilles mais ressemblantes. Néanmoins, ce n’était pas exactement le même ressenti. C’était plus… prononcé là… ce qui rendait la chose si déboussolante.
En fait, c’était rare… que mon petit-copain me prenne ainsi contre lui… La dernière fois datait de… du centre commercial évidemment… mais ça n’avait pas été la même chose. D’ailleurs là aussi, j’aurais du être horrifiée par tout ce monde qui nous observait sans le moindre doute possible mais… j’avais un peu du mal à le réaliser. Un peu comme si nous n’étions plus que deux au monde et… je maudissais furieusement ma léthargie !

Cette proximité dangereuse me plongeait dans un état de confusion atrocement prononcée. Je ne savais pas quoi en penser, ni comment réagir. C’était la première fois que nous étions… si proches… et ainsi collée à son torse, je perdais pieds. D’ailleurs, encore heureux que c’était la première fois ! Je veux dire… il n’y aurait même jamais du avoir de première fois. C’était… ce n’était vraiment pas une bonne chose !
Bien sûr, je pouvais toujours me dire qu’il ne s’agissait d’une étreinte amicale mais… mes émotions n’avaient rien de… normale dans la situation actuelle. Mon émoi m’embrouillait totalement et ma logique y succombait fatalement… Je me sentais tellement déconcertée, tellement ébranlée… A tel point que je peinais à raisonner, restant bêtement inerte entre ses bras… Une vulgaire poupée de chiffon à l’expression hébétée et aux yeux animés par l’incrédulité.

Quelle résistance… c’était impressionnant ! … Rah ! Réveille-toi, bon sang !
Je… ça me rappelait la scène dans la cuisine quand j’avais redouté qu’il m’embrasse… j’avais le cerveau aussi inactif… ou trop hyperactif justement qu’à cet instant précis.
Néanmoins, ça n’avait pas grand-chose à voir. Dans la cuisine ça avait été très… dangereux… et nettement plus… heum… sensuel ? Je n’oubliais pas son regard brûlant. Mes sentiments étaient très différents là. Cette étreinte avait quelque chose d’apaisant dont avait été dénuée cette fameuse scène du lave-vaisselle. Oui, ça avait été tout sauf tranquillisant… Mais là, c’était beaucoup plus doux… et de ce fait, il aurait été bien plus simple de me laisser aller. Paradoxalement c’était ce côté serein et calmant qui m’agitait, qui m’effrayait… Tout était confus… mais je sentais nettement ma résistance faiblir au rythme des secondes qui s’écoulaient.

Bon sang que… qu’est-ce qu’il nous faisait là ?! Je ne le suivais pas ! A quoi est-ce que ça rimait ?! On ne se connaissait même pas ! … Je veux dire c’était seulement la troisième fois que je le voyais et je ne pensais pas que ça suffisait à justifier ce genre de truc !
Et lui il… il le savait, n’est-ce pas ? Que c’était déplacé ? … Que ce n’était pas le genre d’actes qu’on s’attendait entre deux connaissances… Alors pourquoi ? … Ce n’était pas… raisonnable !
Les gens allaient s’imaginer des choses, jaser et je… moi j’étais avec son jumeau ! Je ne l’oubliais pas. Je n’avais vraiment pas intérêt à l’oublier… Stefan, mon Stefan si jaloux… il aurait sans doute souffert de ça… il aurait désapprouvé… Je le désapprouvais aussi, après tout. Il n’aurait pas du ! J’en avais la conviction… Oui, il n’aurait pas du faire ça, par respect pour son frère au moins ! Ce n’était pas bien ! Je… Comment est-ce que j’étais censée prendre ça ? Il… me prenait dans ses bras et je… je ne pouvais pas le repousser quand même… Non, je crois que je ne le voulais pas, en fait mais de manière inconscience.

C’est vrai, je… je le trouvais sympathique en plus alors… et puis il y avait le regard qui avait précédait tout ça, je… Rah ! Pourquoi fallait-il qu’il se comporte ainsi ?! N’avait-il pas de gêne ou de honte à faire ça ? Devant tout ces inconnus en plus… Remarquez, nous n’étions nous aussi que des étrangers l’un pour l’autres… Je ne comprenais tellement pas… Pourtant, contrairement à ce que j’aurais pu m’attendre, je n’étais pas fâchée. Une part de moi lui en voulait bien de me faire subir ce ressentit et d’entretenir les idées que les lycéens devaient d’ores et déjà s’être fais mais je ne me sentais pas en colère pour autant. Et pourtant, j’étais épargnée par ses prunelles dans cette positions… ce qui ne rendait pas mon raisonnement plus aisé malheureusement.
A nouveau, je me sentais si vulnérable, si faible… Mais au fond, j’étais si bien là…



« - Désolé… je suis désolé que tu sois si seule Elena… » Me souffla-t-il près de l’oreille, tandis que sa main venait tendrement caresser mes cheveux, ce qui me donna presque envie de fermer les yeux pour en profiter.


Damon… Il… J’aurais vraiment préféré qu’il ne dise pas ça ! Parce que… ce fut particulièrement difficile pour moi après ça…
Brutalement, je me sentais si triste… si désespérée… et effectivement seule… Comme si le fait qu’il me le dise m’en fasse prendre une conscience aigüe. Et c’était… douloureux. Et j’étais là, contre lui, bien à l’abri du reste du monde, la bouche entrouverte par l’incompréhension qu’avait suscité son geste et sa phrase mais qui était subitement remplacée par une chose nettement moins supportable pour moi…

J’avais beau savoir que je n’étais pas vraiment seule, qu’il me restait Stefan… que lui seul suffisait à combler totalement le vide de mon existence… ça ne suffisait plus soudain. Pourtant, je… n’étais pas si seule hein ? … J’avais Jeremy… même si notre complicité laissait à désirer et que nous nous parlions à peine… Je… j’avais Libby et Mike ! … Même si je m’attelais à les épargner, ils… étaient là pour moi !
Mais je ne pouvais rien dire. A aucun de ces gens si précieux à mes yeux. Je ne pouvais pas leur parler de tout ça, de mon mal être… ou je ne le voulais pas peut-être… peut-être que je m’étais véritablement renfermée sur moi-même après l’accident… Non, je… je ne voulais pas les blesser ou les inquiéter juste ! Et… c’était peut-être une fausse idée mais… j’étais convaincue qu’ils ne comprendraient pas. Moi-même, le comprenais-je ?

Et pour Stefan… il avait bien assez avec ses propres démons de toute évidence. Mon rôle n’était pas de me lamenter quand lui n’allait déjà pas bien, si ? … D’ailleurs, me lamenter pour quoi ? Mon existence n’était pas si mal… au fond… Alors pourquoi est-ce que je ne parvenais jamais à être pleinement épanouie… Qu’est-ce qui m’en empêchait ? … Moi ? Une forme de culpabilité ou… Mon traumatisme, l’accident de mes parents… tout avait tellement changé depuis… A croire que voir la mort de près vous changez irrémédiablement… Mais j’espérais encore si fort que tout rentrerait dans l’ordre… Et puis, c’est vrai, ma vie n’était pas si pourrie, un peu ennuyeuse mais plutôt plaisante si on excluait quelques… « détails »… alors pourquoi est-ce que je me sentais si peu moi-même, pourquoi j’avais l’impression que ma vie ne me ressemblait pas ? Pourquoi est-ce que je devais me convaincre chaque jour que j’allais bien ? Ça n’avait pas de sens ! Je n’avais pas grand-chose à envier aux autres… hormis leurs parents, je veux dire. J’avais un amoureux génial malgré ses cachotteries, j’avais des amis, mes résultats scolaires étaient corrects et j’avais une maison d’ores et déjà à mon nom. Que… me fallait-il de plus ?

Je… j’en aurais presque eu envie de pleurer. Presque hein… C’était ridicule, je sais mais… j’avais vraiment beaucoup de mal à réprimer l’espèce d’indicible détresse qui s’immisçait perfidement en moi avec pour objectif de me tirer quelques larmes. J’avais l’impression ridicule qu’il comprenait, qu’il partageait ça… et je… je crois que ça faisait du bien et que ça me touchait… au point que ça fasse ressortir une légère envie de pleurer refoulée depuis un bon moment mais à laquelle il était juste hors de question de succomber.
Même si j’avais vaguement le sentiment d’en avoir envie et que ça m’aurait fais du bien – quoi que ça m’aurait fais mourir de honte en parallèle – il ne me fallut pas beaucoup d’efforts pour que la boule qui m’enserrait un mini-peu la gorge ne se transforme pas en perles salées dévalant pitoyablement mes joues. Même si la surprise et l’embarras étaient probablement deux de mes grands sauveurs dans l’histoire. Enfin… même sans ça, il était peu plausible que je me serais mise à pleurnicher pour si peu.
Non, au lieu de m’effondrer, je ne cillai pas, les prunelles étonnamment sèches mais indéniablement hagardes…

D’ailleurs ça faisait combien de temps que je n’avais pas éclaté en sanglot ? … Longtemps. A croire que ma source de larmes était tarie… Même avec tout ce qui s’était passé ces dernières semaines et la souffrance que j’endurais à cause des mystères de Stefan et de mes incertitudes, je n’avais pas craqué… Je m’impressionnais moi-même. J’étais plus pleurnicheuse dans le passé. C’était tant mieux.

Bref, il était désolé… que je sois si seule ? … Je… Non, je ne pouvais pas remettre sa sincérité en question, pas la sienne. Après tout, il s’agissait de Monsieur franchise, non ? … C’était… touchant… Même si je ne comprenais pas. Comment pouvait-il deviner que j’allais mal, que j’étais seule ? Je veux dire… Caroline était manifestement une amie à moi et… on se connaissait encore très mal… Pas assez du moins pour qu’il puisse deviner quoi que ce soit… Même mes amis d’enfances ne voyaient jamais que du feu… mais lui… ? … Tout ça me dépassait profondément !

Heureusement, le jeune homme m’écarta alors de lui, ce qui me permit de revenir sur Terre… et m’apporta un indéniable soulagement. Déjà parce que ça m’assurait définitivement de ne pas succomber à l’envie débile de sangloter qui s’était très brièvement emparée de moi.
Malheureusement par contre le contexte et la réalité me revinrent en pleine face avec une violence assez inattendue.
J’étais perdue là ! Je commençais à réaliser pleinement ce qui venait de se produire et… ça paraissait assez irréel. Il m’avait pris dans ses bras, apparemment triste et désolé pour moi en imaginant… ou en découvrant, difficile à dire, que je me sentais seule. C’était assez incongru… Tout était toujours tellement étrange lorsqu’il était question de Damon ! Troublant… Oui c’était le moins que l’on puisse dire !

Mon Dieu, c’était extrêmement gênant ! Personne n’avait du louper ça… et surtout pas Caroline, toujours plantée à côté de nous, suffocant probablement d’indignation. Même Mike… Oh non… Après ça, prétendre que je le connaissais à peine risquait de faire tâche. C’était pourtant bien le cas… Olala ! Les potins allaient aller bon train ! … Et ça parviendrait très certainement aux oreilles de Stefan… Rah ! …
Heureusement que personne n’avait pu entendre ce qu’il m’avait murmuré ! … Remarque, ça leur paraissait sans doute encore plus louche. Aïe aïe aïe, ils allaient sans doute s’imaginer une histoire entre nous, une romance qui n’existait pourtant pas. Comme si j’avais besoin de ça ! En plus, ça aurait été ridicule, ils n’étaient pas sans ignorer mon ressenti pour Stefan ! Mais il est vrai que ça pouvait prêter à confusion. Comme Caro’, ils allaient probablement se dire que je me réservais les deux… Pour quoi j’allais passer moi ?! … Tss… Dans quel guêpier Damon venaient de me fourrer ! A croire qu’il n’avait jamais été au lycée !

Son geste était gentil et sans doute plein de bonnes intentions mais… ça risquait de se retourner contre moi, là… parce que ça semblait suspicieux. Déjà si j’avais été seule avec lui, j’aurais trouvé ça un peu… bizarre et embarrassant mais là, cernés comme nous l’étions par tout un tas d’adolescent curieux… A croire qu’il ne se privait jamais de rien. Il voulait faire une chose et il la faisait. C’était pareil dans ses propos. Il était épatant à ce niveau là, sérieusement ! Comment s’y prenait-il ? … A moins qu’il soit simplement horriblement impulsif et qu’il n’ait pas réfléchis à ce que ce geste pouvait sembler vouloir dire… à ce que les autres, moi y compris, pouvions nous imaginer… C’était probable…

Cela dit, si nous avions été tous les deux – même si ça aurait été un peu trop intime à mon goût – bon ben j’aurais fais abstractions au maximum, j’aurais considéré ça sous un angle un peu plus clément… estimant, à tort ou à raison, qu’il ne s’agissait que d’une marque de sympathie… un peu extrême – à son image donc – mais… voilà quoi. Je n’aurais été mal à l’aise que vis-à-vis de moi, dirons-nous. Et de Stefan aussi. Oh, je savais que ce n’était pas une trahison ou quoi… d’ailleurs, je n’avais strictement rien fais moi ! Je m’étais contentée de subir, de toute manière trop ébahie pour pouvoir réagir. Je n’avais strictement rien à me reprocher, si ? … Pfiou, je ne m’en sortais pas là !

Comment j’étais censée prendre ça, franchement ? … Bon, je savais tout de même à quoi m’en tenir, hein ! J’étais amoureuse de Stefan et il le savait. Il n’y avait pas d’ambiguïté là-dessus. Mais alors pourquoi semblait-il si… protecteur ? … Si tendre là même ? … Il était ainsi avec tout le monde ou simplement avec les amoureuses de son frère ?! … Non, je ne parlais pas d’Elisabeth, enfin ! … Je n’en savais pas là-dessus pour savoir qui était à « blâmer » ou qui l’avait prise à qui… Je ne me prononçais pas sur ce sujet.
Mais bref, il y avait de quoi être confuse, non ? …Bah cette étreinte n’était pas si… enfin, pas la peine de culpabiliser autant quoi… pas vrai ? Pourquoi culpabiliser ? … Heum… bonne question. Je crois que c’était surtout parce que… une part de moi avait vraiment apprécié. C’était bouleversant et tout ça mais… apaisant aussi… et triste. Néanmoins, je jugeais que ce contact n’aurait pas du susciter en moi tant de choses. De ça, j’en étais certaine.

En plus, ça risquait de m’incriminer aux yeux des autres. Pas que je sois très attachée à mon image ou à ce qu’on pouvait penser de moi mais… l’idée qu’on m’imagine flirtant avec quelqu’un d’autre que Stefan, encore pire avec son frère, avait quelque chose de dérangeant. Déjà que mon bien aimé semblait redouter cette option… Non, je n’avais réellement pas besoin de ce genre de réputation !

Quoi qu’il en soit, je le fixais, inerte et la mine légèrement absente, tandis que je tentais de mettre un peu d’ordre dans mon esprit… ce à quoi il ne m’aidait pas. En effet, son regard ne m’avait pas laissé une seconde de répit, plongeant dans le mien… petit morceau de ciel liquide, presque translucide et merveilleusement lumineux…
C’était beau… rassurant, protecteur aussi. Comment s’y prenait-il pour que ses iris soient toujours si expressifs, si révélateurs ? Ils étaient transparents, exprimant toujours ce que Damon souhaitait leur faire exprimer… C’était du moins l’impression que j’en avais. Jusqu’ici, ils ne l’avaient jamais trahi, du moins pas que je sache. Ce qui n’était pas le cas des miens. Enfin, il y avait bien eu cette fois lorsqu’il avait évoqué Elisabeth mais… ça avait été si court…

Tout ça pour dire que je ne me dérobais pas immédiatement à l’emprise de ses yeux, les laissant me mener pas le bout du nez. Je… n’avais pas du tout le temps de souffler avec lui, c’était l’inconvénient. Par conséquent réfléchir devenait plutôt ardu…



« - Tu allais partir… » Constata-t-il alors.


Heu… Oui ? Je ne sais pas. Sans doute…



« - Tu veux bien que je te raccompagne… ? » Me proposa-t-il finalement, d’une voix posée qui contrastait légèrement avec son air un peu ennuyé.


Je… heu… Me raccompagner ? Oulà, je… je n’étais pas certaine que c’était une très bonne idée, moi. Et je ne parle pas des rumeurs supplémentaires que ça risquait de faire… Seulement… je ne… c’était un pari risqué pour moi. Lui parler était risqué. Je le devinais sans bien le comprendre. Jusqu’ici, il m’avait fais enchaîner les états bizarres et d’intense confusions alors… je n’étais pas certaine qu’il soit judicieux de discuter pendant au moins un quart d’heure ! … Et après ce qu’il venait de se produire, ça s’annonçait encore plus tendu ! … Oh, ce n’était pas que je le détestais. D’ailleurs, ce n’était vraiment pas le cas mais… c’était toujours très… perturbant d’être avec lui. Et j’avais déjà eu mon compte…
Pourtant, je ne pouvais pas non plus refuser sans raison valable. Et je doutais que « tu me fais un peu peur » sois une excuse acceptable.
Bon, pour me « débarrasser » de lui, je pouvais toujours dire que finalement je changeais d’avis et préférée rester ici mais il pouvait très bien décider de rester avec moi alors… Et puis, je lui avais assez menti pour aujourd’hui, non ?

Au-delà de ça… je n’étais pas certaine d’avoir envie d’être seule après ce qu’il venait de dire. C’était suffisamment déprimant comme ça… Un peu de compagnie ne faisait jamais de mal ? … Et la sienne n’était pas toujours désagréable. Pas toujours agréable, non plus, c’est vrai mais… il n’était pas méchant. Juste effroyablement complexe, terriblement lunatique et impossible à cerner… mais il n’avait jamais rien fais contre moi. Au contraire, il avait toujours affiché de la sympathie et de la complicité à mon égard ! … Et même de la tendresse maintenant ! … J’aurais aimé pouvoir en dire autant, malheureusement. Le seul problème avec ce garçon c’est qu’il chamboulait les choses ou les gens avec un peu trop de facilité et… ça pouvait devenir inquiétant à une certaine dose. Ça l’était pour moi, en tout cas.

Tout aurait été plus simple s’il s’était comporté simplement comme le frère de mon petit-copain… Je n’aurais pas été aussi troublé par sa ressemblance avec mon bien aimé. On aurait discuté de tout et de rien, comme je l’aurais fais avec n’importe qui. Il m’aurait appris quelques trucs sur Stefan, des trucs que je savais déjà pour la plupart et… on se serait sans doute bien entendu. Il m’aurait proposé de me raccompagner et j’aurais accepté avec grands plaisirs, sans la moindre réticence… Sa franchise m’aurait juste fais rire au lieu de me mettre si souvent à mal… Oui, j’aurais eu de l’amitié pour lui dans ces conditions… Là, c’était un peu plus difficile. Il m’inspirait tantôt du positif, tantôt du négatif et c’était à moi de jongler avec ça… Hélas, je n’avais jamais été très adroite…

En revanche, rien à voir mais… son air gêné valait-il pour la scène qui venait de se passer ? Ça aurait parut légitime et bien normal… et ça aurait également confirmé mon idée sur son impulsivité. N’importe quel humain aurait éprouvé un minimum d’embarras après s’être comporté ainsi avec une quasi-inconnue en présence de tant de monde. En tout cas, ça lui offrait un petit côté timide que je n’étais pas certaine qu’il possède mais qui le rendait un peu mignon.

Quoi qu’il en soit, mes prunelles toujours captives des siennes se baissèrent finalement même si mon visage n’avait pas bougé. J’avais au moins besoin de ça pour reprendre contenance, que voulez-vous… J’inspirais un peu plus profondément que d’habitude mais de manière inaudible, tentant de retrouver complètement mes esprits. Après une courte hésitation, je me décidai à hocher la tête, tout en remettant une mèche de cheveux derrière mon oreille, arrêtant ma main quelques secondes sur mon cou avant qu’elle ne retourne à sa place.


« - … Oui, pourquoi pas ? » Lui répondis-je avec un maximum de tranquillité et de normalité, ponctuant le tout d’un sourire que je voulais chaleureux mais qui restait un tantinet crispé.


Je me tus une seconde avant d’éprouver le besoin de préciser d’un ton amical et enjouée mais assez peu représentatif de mon état d’esprit :


« - Enfin, si marcher ne te déranges pas… »


Pourquoi j’avais dis ça ? … Parce que je… voulais que les choses soient claires. Je n’avais pas l’intention qu’on me raccompagne en voiture, moi ! Et je le lui faisais ainsi comprendre… sans pourtant le dire clairement. Je n’allais pas non plus lui dire de but en blanc « D’accord mais à pieds parce que j’ai une peur bleue des voitures depuis déjà six mois ! ». Ça ne le faisait que moyennement…

Je m’humectais finalement les lèvres, un peu nerveuse avant de me décider à poser les yeux sur Caroline qui m’observait avec une jalousie contenue. Elle m’en voulait sans doute. Je pouvais le comprendre hein mais… je n’étais pas responsable juste. Une expression embarrassée se peignit sur mes traits tandis que je la gratifiais d’un sourire compatissant et désolé qui voulait dire à peu de chose près « Je suis désolée, Caroline mais… qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ? … Ce n’est pas ma faute à moi s’il t’a envoyé bouler… ».

La demoiselle se contenta de hausser les épaules, sans se départir de son air de duchesse offensée. Est-ce que c’était vraiment censée vouloir dire « Qu’est-ce que tu veux que ça me fasses ? » ? Parce que ça ne paraissait pas très convaincant mais bon… Toutefois, avec un geste dédaigneux dans ses cheveux, elle fit volte face, s’éloignant dignement en direction de la table que nous avions occupée précédemment. Je crois que c’était encore le mieux à faire. Insister ne l’aurait pas mené à grand-chose… Cela dit, je devinais à son regard qu’elle n’avait pas dis son dernier mot.

Un soupir inaudible m’échappa alors que mes prunelles glissaient sur Mike et Libby. Et ça aurait presque pu être comique. Ils affichaient la même expression, incrédule et contrariée à la fois… Une mine qui me faisait éprouver le besoin irrépressible de me justifier… Une enfant prise en faute…
Mal à l’aise, je ne m’attardais pas sur ce spectacle intimidant. De toute manière, il y avait pas mal de gens qui nous observaient… Et moi, j’avais l’impression d’étouffer soudain !
Je reposais donc les yeux sur Damon avec un petit sourire ennuyé.


« - On y va ? » Lâchais-je d’un ton… que j’aurais souhaité léger mais qui me parut un tout mini peu suppliant… Pitoyable… « Je crois que j’ai besoin de prendre l’air… » Admis-je en guise de conclusion, ponctuant cette phrase d’un petit rire gêné et mal à l’aise.


Je n’attendis pas vraiment sa réponse, n’y tenant plus. Je détestais être le centre d’attention comme ça… surtout pour ce genre de raison… Aussi me mis-je en marche, passant près de lui et franchissant les quelques mètres qui me séparaient de la sortie. La petite cloche tinta tandis que la porte s’ouvrait et je laissais échapper un nouveau soupir, les paupières closes le temps qu’il dura, profitant que j’étais dos à tout le monde… et surtout appréciant pleinement cette bouffée d’air frais.
Une seconde plus tard, je tournai la tête vers le jeune homme, un sourire un peu plus assuré aux lèvres, lui tenant poliment la porte… l’invitant ainsi à me rejoindre.
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Damon Whitehorth

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyDim 25 Oct - 20:13

Quel numéro !
Je parlais de moi hein… j’étais vraiment un sacré numéro ! Quel petit manipulateur de génie je faisais ! Franchement, je devais bien le reconnaître, j’étais génial… un génie du mal particulièrement maléfique, qui se jouait de sa victime la plus tendre… Elena.
Et qu’est-ce que j’aimais ça ! Bon, il est vrai que parfois, ce n’était pas aussi simple… elle me compliquait sérieusement la tâche et me troublait un peu mais… sitôt que je reprenais le dessus, j’en faisais ce que je voulais… ce n’était qu’une brindille, un jouet, un ridicule petit pantin entre mes mains expertes…

J’en profitais pleinement, c’est vrai… j’avais conscience de mon potentiel de séduction, et au-delà de ça, je savais, je sentais, que je ne la laissais pas indifférente… ce qui me permettais d’en jouer avec une étonnante facilité… j’avais pleinement conscience que ça la troublerait, que ça la plongerait sans doute dans un émoi incomparable… et c’est tout ce qui m’avait poussé à faire ça ! La manipuler bien sûr ! Rien d’autre, je vous rappelle que je n’étais pas un faible… pas comme Stefan.

Donc finalement, je lui avais proposé de rentrer… en me désintéressant totalement de sa copine… mais si, vous savez, la blondinette là… Ca… Carol… Carrie… Carovingien ? Ah non c’est les Carolingiens voilà ! … mais qu’est-ce que je raconte moi ?! Bref, la fille blonde qui était venue faire sa belle là… Elle ne m’intéressait pas… ce n’était pas méchant hein… bon un peu si, j’avais trouvé honteux que personne ne réagisse et la laisse seule face à ce monstre… donc si, j’avais volontairement été méchant… au moins un peu… mais là si je l’ignorais, c’était uniquement parce que je préférais Elena… je la trouvais infiniment plus intéressante.

J’avais proposé à la donzelle de la raccompagner jusque chez elle… oh, ce n’était pas loin d’ici… deux minutes à vol d’oiseau… mais peut-être dix minutes, un quart d’heure, à pattes humaines… si elle allait accepter… ? Honnêtement, je n’en avais aucune idée… surtout si tout ceci la chamboulait trop… dans ce cas, ce serait encore plus compliqué de lui arracher un « oui »… à moins que justement, elle soit trop perturbée pour répondre par la négative… c’était sans doute du 50-50 donc, même si le fait que je sois le frère de Stefan faisait peut-être légèrement pencher la donne en ma faveur… légèrement hein…

Ses yeux étaient toujours prisonniers des miens… c’était un peu… mon attaque spéciale… ma prise du cobra à moi… sauf que le cobra enserrait ses victimes avant de les intimider du regard pour ensuite les mordre de son venin tueur avant de les gober… Moi, c’était un peu pareil quand on y réfléchit… excepté que je n’enserrais pas mes victimes, que je n’avais pas de venin mortel, et que je ne gobais pas les humains non plus… beurk, répugnant ! Sinon pour le reste, le cobra avait bien quelques similitudes avec moi, il fallait le reconnaître… mais on s’en fout de ça !
Je vous dis qu’elle était prisonnière, totalement captive de mes iris, et je vous promets que je ne l’envoûtais pas ! Non, non ! Ça n’aurait pas été… comment on dit… ? Ah oui, pas très fair-play…

Elle baissa alors les yeux… mon dieu ! Comment osait-elle résister à ma super attaque… ?! Sérieusement, on avait pas idée de faire des conneries comme ça ! A croire qu’elle tentait de se défaire de mon emprise de mâle, particulièrement masculine, qui la submergeait totalement… non, non… tu vas craquer chérie, ne te débats pas…
Enfin, elle hocha lentement la tête, avant de remettre une mèche de cheveux derrière son oreille, dégageant sa nuque… sa main s’arrêtant quelques instants sur son cou, dans ce geste qui ressemblait toujours à une invitation, et que je trouvais toujours particulièrement excitant…
Que j’avais envie de la mordre là… je me contenais pour ne pas exploser de vampirisme, mais si nous avions été seuls, je ne me serais sans doute pas battu aussi fort… là, je luttais pour résister, pour ne pas succomber, mais je n’avais qu’une envie, l’agripper et plonger mes crocs dans ce cou si tendre… goûter enfin ce sang chaud qui me résistait… elle ne m’avait pas encore fait autant envie… même si paradoxalement, je me sentais… vaguement coupable d’avoir une telle idée… peut-être à cause de sa solitude… du fait qu’elle… me ressemble en quelque sorte… Grr… je la détestais…


« - … Oui, pourquoi pas ? » Finit-elle par accepter le plus simplement du monde, avec un sourire un peu moins tendu que les précédents.



O… Okay…
Et bien mes amis… ça avait été relativement simple finalement… elle avait dit oui quoi… ça y est, c’était gagné, elle avait accepté… C’était… un peu surprenant… je ne m’étais pas attendu à ce que ce soit aussi simple, mais… c’était déjà terminé… elle avait accepté… Même si ce « pourquoi pas » n’était pas très flatteur… C’était tout le bonheur que ça t’inspirait de rentrer avec moi ?! Pourquoi pas ?! Si tu voulais pas, suffisait de le dire tout de suite et je repartais hein… non, je blague mais j’aurais fait une sacrée gueule dans ce cas là, alors je supportais… je n’avais pas le choix…
Au moins, elle ne me rejetait pas hein… il fallait voir le positif là-dedans, au lieu de toujours trouver des points négatifs… et c’est ce que je m’efforçais de faire, je vous prie de me croire…


« - Enfin, si marcher ne te déranges pas… » Ajouta-t-elle, sa nervosité de retour le temps d’une seconde.


Hmm hmm…
Comme je l’avais soupçonné en la voyant déjà éviter la voiture et toujours se déplacer à pied… elle n’aimait pas ça… utiliser les voitures… bon, perso, je n’avais jamais aimé ça non plus… déjà parce que ça n’existait pas à mon époque, et que j’étais bien plus rapide en corbeau par exemple… mais pour elle, la raison était différente… l’accident avec ses parents… ? C’était fort possible… Stefan n’en avait toutefois pas parlé dans les pages de son journal que j’avais lues… la peur d’Elena concernant les voitures… Toutefois, il ya avait de grandes chances pour que ça vienne de là… pas besoin d’être vampire pour le deviner…

Je… j’éprouvais de la compassion pour elle d’un coup… je comprenais ça… la perte de ses géniteurs… c’est la première chose qui m’avait déchiré après ma transformation… Mes parents avaient été tués… abattus pour nous avoir aidés Stefan et moi et… j’avais bien compris que même en tant que vampires, nous ressentions des choses… et cette perte était… affreusement triste… il m’avait fallu énormément de temps pour me reprendre vraiment après ça… et encore aujourd’hui, je portais cette blessure en moi… ça faisait partie de moi, de ce que j’étais devenu maintenant… alors pour elle, à qui on les avait arrachés il y avait six mois à peine, je comprenais… je comprenais vraiment sa douleur… et sa peur des voitures… même si je me maudissais de compatir… j’aurais tellement préféré que tout ceci me laisse de marbre, ne me touche pas… ce qui aurait du être le cas normalement… à croire que le monstre que j’étais n’était tout de même pas assez barricadé…

Je revins à la réalité lorsque la demoiselle s’humecta les lèvres, ma compassion se volatilisant et se transformant en désir, en envie nouvelle de venir rejoindre ses jolies lèvres… Elle me faisait vraiment passer du chaud au froid celle-là… bon d’accord, j’étais comme ça avec tout le monde, à passer du chaud au froid mais là… je ne me sentais pas totalement maître de moi et… je trouvais ça énervant… comment pouvait-elle avoir un quelconque pouvoir sur moi… ?! Ça aurait du être à elle de me vouloir, de me désirer, pas l’inverse ! Raaaaah…

Malheureusement, l’expression un peu gênée qui s’en suivit ne m’était pas destinée, mais… s’adressait à Ca… à la blondasse à côté d’elle… Un petit sourire compatissant sembla se dessiner sur les lèvres d’Elena, en réponse à… un air particulièrement jaloux de la part de Blondy… pour une fois que je la regardais… je l’en aurais presque trouvée drôle… elle contenait mal son exaspération en tout cas… moi j’étais plus timoré devant Stefan et Elena, elle devrait en prendre de la graine un peu…

Bref, cette brave Car… euh, enfin, elle haussa les épaules, jouant sa duchesse… disons qu’elle faisait genre « j’m’en fous », mais son expression, sa façon de se comporter… tout menait droit dans la direction opposée… elle était… presque comique vraiment, mais je supposais que le rire n’était pas de mise pour le moment… Elle passa sa main dans ses cheveux, pour accentuer – s’il le fallait – ses airs de petite princesse, avant de tourner les talons, s’éloignant de nous…
Pour une fois, mon regard glissa enfin légèrement sur elle… et je réalisais soudain que mon « pote » Yorke avait dit une bonne chose sur con compte, et apparemment, elle était bonne qu’à une chose, c’était rouler du cul quand elle marchait…
Cette Carri… Caro… bref, franchement, son cul était plus mémorable que son prénom, vous l’aurez compris… je profitais donc du regard détourné d’Elena pour mater la blondinette et sa démarche assez paradoxale, aussi princière que salope, bien plus intéressante vue sous cet angle, avant de reporter mon attention sur la petite-amie – plus pour longtemps – de mon jumeau.
Et je vous épargnerai les comparaisons entre la blonde et Elena, puisque là-dessus aussi, Yorke n’avait pas menti… Miss Winters savait bien mieux… enfin bref… je lui demanderais ses vidéos un de ces jours… quand j’aurais mon chez moi quoi…

Elena elle, regardait donc… deux personnes au loin… Mike, son chevalier servant… son ex’… et une petite café au lait inconnue au bataillon… pas forcément mal foutue mais incomparable à Elena… La pauvre afro-américaine aurait pris une raclée dans une telle comparaison… mieux valait donc éviter pour elle… en tout cas… je n’appréciais pas vraiment leurs regards à tous les deux… et je fronçais imperceptiblement les sourcils en les fixant avant qu’Elena ne revienne vers moi… haha, j’ai gagné les nazes !


« - On y va ? » Me supplia la belle avec un sourire crispé.


Je me sentais… un peu mal pour elle… tout ça avait l’air de devenir ingérable… tant et si bien qu’elle me suppliait presque de nous enfuir vite de là… entre Tyler, la clocharde blonde, et ses « amis » apparemment pas bien contents… il n’y avait guère que moi qui allais dans son sens… oui je sais, j’étais vraiment génial… comme tout le monde dans cette bonne vieille ville, ils me simplifiaient la tâche, en allant contre Elena, à chaque fois… et je passais pour le super Damon, compréhensif qui ne la jugeait pas… ce que j’étais bien sûr, mais leur façon de se comporter à tous… ça grossissait le phénomène…


« - Je crois que j’ai besoin de prendre l’air… » Ajouta la demoiselle avec un rire tendu.


Il était clair qu’elle avait du mal à supporter tout ça… tous ceux là pour être plus précis… alors prendre l’air, sortir de cet endroit maudit, ça ne lui ferait que du bien… ça ne pouvait pas faire de mal quand les gens vous traitaient ainsi…
Franchement, c’était des enculés ces mecs là… Elle venait de se faire maltraiter par la blondinette, et avant ça, emmerder et ploter par un gros con… alors leurs regards désapprobateurs, elle en avait pas besoin, merci… de vrais débiles…
Elle s’éloigna donc vers la sortie, me laissant apprécier sa jolie chute de reins… hmm… effectivement Ca-quelque-chose ne tenait pas la longueur face à ça… même si la démarche d’Elena était classe… à croire qu’elle ne faisait pas exprès de rouler du cul… contrairement à l’autre, qui passait vraiment pour une salope… enfin, bref, quelle merveille… je commençais à comprendre Tyler… en le fuyant avec cette démarche, ce jean, et cette charmante paire de fesses… il y avait de quoi donner envie… ma main me démangeait à moi aussi à cet instant…

Je la suivis finalement après en avoir suffisamment – même si ce n’était jamais suffisant – profité, lui emboîtant le pas vers l’extérieur… Je passais à côté de ce brave Yorke, que je saluais d’un petit signe de tête, le pauvre semblant un peu… surpris par mon attitude… même si je supposais que son regard avait mieux à regarder… enfin bon… Elena venait de sortir et elle s’écarta de l’encadrement de la porte, m’invitant à sortir avec elle… enfin chérie, je sors comme je veux, pas besoin de m’y inviter… tu étais vraiment trop bonne avec moi… enfin pas seulement… oh c’est bon, j’arrête…
Au moins, son sourire semblait plus sincère désormais… à croire que cet air frais lui faisait réellement du bien finalement !
Je sortis alors en lui offrant un sourire amical, avant de commencer à marcher instinctivement en direction de sa maison, la sentant revenir à mes côtés.


« - Je comprends… » Commençais-je, mystérieux. « … pour les voitures je veux dire… » Ajoutais-je en en regardant une garée en face. « … j’ai cru comprendre que ce n’est plus trop ta tasse de thé… » Poursuivis-je, l’air un peu pensif.


Je continuais toujours à marcher, ralentissant ma marche, qui avait l’air… un peu trop rapide pour elle… surtout que je ne voulais pas me presser ! On se calme Damon… cool mon petit vampire… Ayant suffisamment ralenti, j’avançais toutefois toujours aux côtés de la belle sur le trottoir bordant le Grill.
J’affichais quelques moues ennuyées, comme n’osant pas sortir ma réplique, avant de tourner la tête vers elle, mon visage exprimant bien que… je ne pouvais pas me retenir, il fallait que ça sorte…


« - Ce sont vraiment tes amis ça… ? Cette blondinette a presque eu autant de respect pour toi que Tyler… » Grinçais-je, à al fois sérieux et inquisiteur, un sourcil haussé.


C’était vrai… et j’avais eu besoin de le lui dire… Tyler était un connard, mais au moins, il ne sa cachait pas… il l’était franchement… Blondy était une salope dans tous les sens du terme… cette fille là n’aurait pas hésité à écraser Elena, à la tuer, juste pour avoir un garçon qu’elle ne connaissait même pas… grr… donc bon, je ne défendais pas Tyler hein ! Loin de là… mais la connasse avait été pire que lui à mon goût… sans parler du regard des deux autres… ils ne savaient vraiment pas comment elle fonctionnait ou ils étaient profondément cons ?!
Je me stoppais alors d’un coup, observant une nouvelle fois l’arrière-train de la belle qui avait poursuivi sa course, ne s’étant sans doute pas attendue à ce que je me stoppe aussi brutalement…


« - Et je reconnais qu’il n’est pas facile d’y résister… » Soufflais-je, plus pour moi-même, d'une voix extrêmement basse, n’étant pas totalement sûr qu’elle l’ait entendu…



Mais pourquoi j’avais dit ça moi ?! Je commençais à déglinguer ou quoi ?! Je ne devais pas griller mes cartouches trop vite ! Trouve quelque chose Damon, vite, vite !
Euh… qu’est-ce que je pouvais bien dire… ?
Je revenais rapidement à sa hauteur, ma réplique me venant instinctivement… je posais alors sur Elena un regard pétillant et inquisiteur, mon sourire se faisant amusé et intéressé…


« - Mais alors… j’ai appris que tu as enfilé mon cadeau… je m’en veux d’avoir manqué ça… » Lui glissais-je, plus complice que jamais, avec un nouveau clin d’œil, m’étant rapproché d’elle au fil de ma phrase, mes doigts effleurant légèrement les siens.
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Elena Winters

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyLun 26 Oct - 20:45

Enfin dehors ! … Mine de rien, ça faisait un bien fou. Sérieusement, on étouffait là-dedans ! Et je ne parle pas de la température hein… Le Grill était équipé d’une climatisation quand même. On avait beau être dans une petite ville, on n’était pas totalement arriéré non plus. Non, je parlais plutôt de l’ambiance pesante qui régnait à l’intérieur. Je ployais sous la tension qui flottait dans l’air, franchement ! Pas étonnant que je me sente si pressée de m’éclipser.
Ce qui venait de se passer – l’altercation avec Tyler, l’arrivée impromptue de la blondinette… mais peut-être plus encore le comportement étrange du jumeau de mon bien aimé – me mettait les nerfs à vifs et je n’avais réellement pas envie de m’attarder dans cet endroit où je me sentais épiée par des regards inquisiteurs, curieux ou désapprobateurs.

Qu’est-ce que j’avais fais de mal au juste ? … Rien. Strictement rien ! Jusqu’à preuve du contraire, je ne m’étais pas jeté dans les bras de Damon ! C’était lui qui avait… Et puis d’ailleurs, si j’avais envie d’étreindre quelqu’un ça ne concernait que moi et cette personne, à ce que je sache ! Pourquoi fallait-il tout de suite qu’ils voient le mal partout ?! … Libby et Mike, je veux dire. Ça aurait pu être une marque de sympathie, rien d’autre ! Ils me connaissaient en plus alors ils auraient du comprendre que c’était « amical »… je crois que ça l’était du moins… ou je l’espérais, je ne sais pas.
Bref ! Ils n’étaient pas sans ignorer mon amour pour Stefan alors pourquoi avais-je eu l’impression que leurs prunelles m’accuser d’une faute que je n’avais pas commise ?! D’autant que ce n’était pas leur considération pour mon petit-ami qui les étouffait, l’un et l’autre ! … Même si Mike l’appréciait un peu malgré lui.

En outre, je n’avais pas à me justifier ! … Je faisais bien ce que je voulais, ça ne les regardaient pas. Quand bien même j’aurais totalement pété un plomb et embrassé sauvagement ce garçon – ce que je n’avais pas envie de faire, soyons clair –… c’était mes amis, pas mes juges ! Ils auraient du me soutenir pas m’invectiver avec ce genre d’expressions atterrées ! Si j’avais voulu ça, je serais passé directement au tribunal, hein ! Moi, je n’avais rien à me reprocher ! Ce n’était pas comme si j’avais sciemment chercher à me faire cajoler ! Je ne l’avais pas plus choisis qu’eux !

Et puis ça ne restait jamais qu’un « câlin », non ? … Ce n’était pas si dramatique. Pas de quoi en faire tout un fromage, donc. D’ailleurs je comptais bien, de mon côté, ne pas exagérer le truc. Autrement dit, je ne lui en parlerais pas. C’était suffisamment gênant comme ça. Mieux valait omettre ce qui venait de se produire… en apparence du moins car j’aurais été incapable d’oublier ça. Cependant, je ferais semblant. Ça je savais faire… en temps normal du moins… Même si à priori ça s’avérait un peu plus ardu avec le jeune homme. Il faudrait que je fasse plus d’efforts que ça si je voulais lui faire gober que tout allait bien pour moi, à l’avenir. A moins que je ne veuille me retrouver dans ce genre de situations à chaque fois… Remarquez l’honnêteté pure et simple était peut-être la meilleure solution… Il me faudrait sans doute y réfléchir…

Tout ça pour dire que… remettre ça sur le tapis ? Pourquoi faire ? Je n’allais pas non plus lui reprocher ça, l’enguirlander de s’être montré un peu trop gentil et un peu trop présent à mon goût. Evidemment, que j’étais perturbée et incrédule, évidemment, qu’il aurait pu s’en abstenir – ça m’aurait évité bien des peines et de la confusion – mais je ne pouvais pas non plus faire n’importe quoi et lui remettre tous mes soucis sur le dos. Au fond, il ne voulait que me « consoler », me dire qu’il comprenait en un sens la solitude qui était la mienne. C’était touchant et… ça partait d’un bon sentiment… mais alors pourquoi est-ce que ça m’inspirait ça ?!

Rah… je me maudissais de culpabiliser comme ça ! C’était à cause d’eux, aussi ! … En partie du moins. Même si je me serais sans doute débrouillée toute seule comme une grande à ce niveau là. J’étais tellement embarrassée ! Et je détestais ressentir ça ! Ça… ça m’énervait. Ils m’énervaient. Tous autant qu’ils étaient d’ailleurs. Pas un pour racheter l’autre aujourd’hui !
Ils s’étaient tous ligué contre ma personne d’un coup ou alors c’était totalement imprévu ? Non parce qu’il fallait prévenir autrement…
Je… je me sentais vraiment mal… Je n’avais pas besoin de tout ça, quoi ! Et moi qui pensais que ma journée ne pouvait pas être pire, je devais réviser mon jugement.

Donc oui, je me permettais de savourer pleinement l’idée de quitter le pub, de retrouver un minimum de tranquillité. Enfin si on pouvait espérer de la tranquillité en compagnie de Damon, bien sûr. Ce qui me semblait assez peu probable… mais disons que ça serait un peu plus calme. Et si ça ne l’était pas et bien… au moins, il n’y aurait pas une dizaine de spectateurs importuns pour en prendre conscience.
Après c’était un choix à faire : me laisser raccompagner par le jeune homme et créer une « intimité » que je redoutais plus que je n’aurais su l’exprimer, plus même que je n’en avais réellement conscience… ou rester au Grill, entouré par tout ce beau monde qui m’insupportait effroyablement et qui se faisait d’ores et déjà une joie d’inventer une romance improbable entre nous deux. Bah oui, ce n’était pas difficile à deviner hein, j’avais moi aussi été férue de ce genre de potins à une époque, hein, … je n’avais pas toujours été cette espèce de rabat-joie crispée et flippée de tout, non plus. En plus que je m’éclipse avec lui n’arrangerait évidemment rien à l’affaire. Les discussions allaient aller bon train, j’entendais ça d’ici…
Bref, de toute manière, dans les deux cas, j’étais perdante.

A vrai dire, j’angoissais un peu à l’idée de me retrouver seule avec lui. Ce n’était pas la première fois hein… nous nous y étions déjà essayé une dizaine de minutes lors de notre première rencontre. Mais justement, c’était notre première rencontre, je n’avais donc eu aucune raison d’appréhender, j’avais accepté sans réelles réticences, ne sachant pas à quoi m’attendre. J’aurais eu certainement moins d’empressement en ayant connaissance de ce qui allait se passer à ce moment là… Mais si vous savez, le baiser, les révélations et tout ça ! Que des réjouissances quoi. Quand à la deuxième fois, dans la cuisine, je n’avais pas eu à me poser la question. Il était venu et j’avais été mise devant le fait accompli.
Quoi qu’il en soit, désormais… je n’étais plus sans ignorer l’effet désastreux qu’il avait sur moi et j’avais de ce fait le loisir de cogiter et de redouter cette entrevue qui s’amorçait… et dont le début avait été déjà plutôt mouvementé… Bon d’accord, beaucoup trop mouvementée, je l’admets.

Je craignais vraiment qu’il… ne creuse ce fossé de plus en plus conséquent qui me séparait de Stefan. Enfin non, pas qu’il le creuse mais… qu’il me fasse en mesurer l’ampleur. C’était toujours dur et douloureux. J’étais à peine remise de ses derniers aveux sur Elisabeth moi… Oh si j’avais pu obtenir l’assurance que notre conversation resterait légère ça aurait pu être plutôt agréable parce qu’après tout il n’était pas imbuvable, loin de là. Il était même relativement drôle et passionnant… mais… je doutais très sérieusement que le côtoyer m’apporte de bonnes choses, notamment vis-à-vis de son frère. A croire que nous ne pouvions nous empêcher d’être sérieux. Croyez-moi j’aurais vraiment voulu que ça ne soit pas le cas mais jusqu’ici, ce n’était pas une franche réussite. On se retrouvait toujours à aborder des sujets épineux pour lui ou pour moi. Du moins lorsqu’on se trouvait seuls.

Néanmoins… j’étais prête à prendre le risque si ça signifiait partir d’ici. Je… C’était irrespirable pour moi. Ça faisait déjà un moment… six mois plus précisément, que la foule avait tendance à me déranger. Toutefois, je faisais avec, je faisais l’effort pour mes amis et… aussi pour moi, parce que je ne devais pas me terrer dans mon trou et qu’il n’y avait aucune raison pour que je n’apprécie pas de venir dans ce lieu culte qui avait vus nombre de nos retrouvailles, que ce soit après les cours ou pendant les vacances… Néanmoins quand j’étais au centre de l’attention, c’était nettement plus pénible encore. J’avais du mal à prendre sur moi dans ces conditions. D’ordinaire, je mettais de côté tout ça, me concentrant uniquement sur mon entourage et sur le plaisir que c’était de passer du temps en leur compagnie… Sauf que là, tout mon plaisir s’était évaporé… et j’avais juste envie de filer d’ici, de prendre mes jambes à mon cou et de retrouver un peu de… de cette solitude qui le « désolait ».

Je n’avais donc pas tardé à me diriger vers la sortie, appréciant plus que de raisons la brise extérieure et le silence qui régnait en dehors de la grande salle. Un silence qui n’en était pas vraiment, ruiné comme il l’était par les bruits de la vie quotidienne mais qui n’avait rien à voir avec le brouhaha des différentes conversations, du raclement des chaises sur le sol et des verres qui tintaient… Je préférais encore le bruit des moteurs ou le pépiement des oiseaux… Et je n’ai pas parlé de croassement ! Non je n’étais pas obsédée par mon corbeau, qu’est-ce que vous aller imaginer vous ?!

J’en étais donc la, maintenant la porte ouverte et attendant patiemment que mon interlocuteur me daigne me rejoindre, sans me départir de mon sourire. Bah oui, je n’allais pas tirer la tronche non plus ! Même si je n’étais pas au meilleur de ma forme… il aurait été impoli de ne pas faire preuve d’un minimum de chaleur avec lui. C’était la moindre des choses. Il se proposait pour ma raccompagner quand même et c’était gentil de sa part.
Redoutait-il que… je me retrouve seule après ce qu’il venait de se produire ? Après ce qu’il avait cru percevoir en moi – ce dont je me serais bien gardée soit dit en passant – ou est-ce qu’il voulait juste passer un peu de temps avec moi ? Je veux dire, nous permettre d’apprendre à nous connaître un peu mieux… Parce qu’on le veuille ou non, nous étions liés par son jumeau alors autant faire en sorte de bien s’entendre puisque nous allions fatalement être amené à nous croiser de temps en temps. Même si ça devenait plus récurent que ce à quoi j’aurais pu m’attendre au départ.

Songeant que je n’obtiendrais pas la réponse à mes interrogations portant sur ses motivations, je laissais mes prunelles l’observer sans réticences alors qu’il venait à moi de sa démarche d’une étrange noblesse. Il me sembla le voir échanger un signe de tête avec un lycéen à l’allure désinvolte… Heum… Yorte, je crois ou quelque chose comme ça. Je ne lui avais jamais vraiment parlé. Il faut dire qu’il était plutôt du genre à traîner avec les geeks qu’avec les cheerleader… ou ex-cheerleader… enfin ex-ex… Bref, je me comprends.
En tout cas… ils se connaissaient ? Permettez-moi de vous dire que ça prêtait à sourire. Pourquoi ? Enfin, c’est évident ! Damon incarnait à première vue la classe, le mystère, le charme ténébreux et ce type… il était le portait craché de l’adolescent célibataire, un peu négligé et passionné par les jeux vidéo, le genre à avoir une vie palpitante… mais seulement derrière une manette ou un clavier. Pas que je méprise, attention… simplement l’association des deux étaient très improbable même si je ne voulais pas trop m’avancer. Je ne savais strictement rien des relations et des centres d’intérêt de Damon, après tout. Et puis même Yorte, je ne pouvais pas juger de sa personne, je ne le connaissais pas. Mais il n’empêchait que leur look contrastait assez visiblement. D’un côté le petit gars à bonnet et de l’autre le canon tout de noir vêtu avec une veste en cuir… Mmh… Non, il n’y avait rien à faire, j’imaginais assez mal ces deux là ensemble. M’enfin, si ça se trouvait ce petit signe de tête n’avait même pas existé alors pas la peine de s’attarder sur cette réflexion non plus.

D’ailleurs il ne m’en offrit pas la possibilité car il eut tôt fait de parvenir à ma hauteur, ma gratifiant au passage d’un sourire amical et dénué de nervosité… Il faudrait vraiment qu’il me donne sa méthode pour réussir à faire preuve de tant de sang-froid, surtout après ce que nous venions de « vivre » ! A croire qu’il n’avait pas frappé et malmené un pauvre type pour prendre ma défense ni ne m’avait pris dans ses bras en s’excusant du fait que je sois si seule… Hallucinant.
Bref, il passa près de moi et je le suivi des yeux une seconde avant de m’intéresser une ultime fois à Mike et Libby à qui j’adressai un petit signe de la main avant de laisser la porte se refermer, nous séparant définitivement de cette tripotée d’inconnus et de mes quelques camarades. Un isolement que je percevais un peu trop bien à mon goût…

Essayant de chasser au mieux ma nervosité, je me mis en mouvement à mon tour, essayant de régler mon pas sur le sien. Ce qui n’était pas aisé, les enjambés de mon compagnon étant plus rapides et plus grandes que les miennes. Je ne me laissai pourtant pas distancer, m’amusant vaguement de son empressement. Avait-il si hâte de se débarrasser de cette « corvée » de me raccompagner chez moi ? Pourtant, de mémoire, c’était lui qui l’avait voulu… Est-ce que c’était sa façon à lui de manifester sa nervosité ? Possible. Pas sûr du tout mais possible. Une probabilité relativement rassurante… puisqu’elle sous-entendait qu’il n’était pas aussi placide et assuré qu’il semblait l’être.
Cela dit, je ne fis aucun commentaire. De toute manière, je me sentais trop tendue pour lancer moi-même la discussion. J’avançais donc en silence, regardant devant moi mais m’autorisant à lui jeter quelques petits coups d’œil discrets, ne parvenant pas à m’en interdire complètement.



« - Je comprends… » Lâcha-t-il au bout d’un temps, mystérieux à souhait.


… Heu ? … Oui, mais encore ? Je ne le suivais pas là… ce qui ne changeait pas tellement de d’habitude me diriez-vous… et vous auriez raison. Qu’est-ce qu’il comprenait au juste ? … Il comprenait mon envie de prendre l’air ? Mon malaise ? Le fait que son geste allait attirer des commérages dont je me serais passée volontiers ? Les possibilités étaient nombreuses, hein… mais je ne pouvais pas sucer la réponse de mon pouce. Même s’il m’avait souvent mis dans l’embarras en commençant ses phrases ainsi. C’est vrai, rappelez-vous ! « Je comprends pourquoi tu as attrapé Stefan dans tes filets, tu embrasses merveilleusement bien. » ; « - Oh j’comprends… après tout, vous n’êtes ensemble que depuis quoi ? … quatre mois… »

Je… je prenais soudain conscience que c’était impressionnant comme nos quelques conversations étaient restées ancré dans ma mémoire. Je me souvenais du moindre mot qu’il avait prononcé, de la moindre inflexion dans sa voix profonde et de chacune des expressions qu’il avait affichées… Dès que j’invoquais ces souvenirs, son image surgissait du néant avec une netteté et un réalisme stupéfiant. Ça en était presque dérangeant… Non, c’était même incontestablement dérangeant. Bien sûr nos discussion m’avaient travaillé et marqué puisqu’elles étaient souvent ponctués d’aveux déroutants mais… je ne pensais pas à ce point là.

Toutefois, je préférais ne pas m’attarder sur cette méditation un peu trop… bizarre. Il y avait plus important. Comme ce qu’il comprenait, par exemple ! Aussi, incrédule et un peu anxieuse, je le dévisageais, attendant sagement qu’il s’explique. Mes prunelles indécises suivirent finalement les siennes, se heurtant à… une voiture grise garée un peu plus loin. Je m’y arrêtais une seconde, cherchant vaguement si elle avait quelque chose de spéciale, tandis que sa voix s’élevait à nouveau pour m’éclairer… même si le véhicule que j’avais sous les yeux m’avait déjà apporté quelques soupçons sur ce dont nous étions en train de parler.



« - … Pour les voitures je veux dire… » Enchaîna-t-il calmement.


Oh… ça. Une fois encore, force était de reconnaître qu’il était très perspicace. Je veux dire… je n’avais pas fais directement allusion à ma peur des voitures. J’avais juste sous-entendu que je comptais marcher pour rentrer. Ma phrase aurait bien pu n’avoir aucune motivation. Cependant il semblait avoir deviné ma répulsion vis-à-vis de ça. Est-ce que Stefan lui en avait parlé ? Est-ce qu’il l’avait mis au courant pour l’accident ? Difficile à dire. Néanmoins, la majorité des habitants de Great Falls étaient au courant que ce soit par mon biais ou par celui du journal télévisé. C’était une petite ville et beaucoup connaissait mes parents autrefois… Par conséquent, ça n’étonnait personne que j’évite les autos.
Mais lui… je ne sais pas… je présumais qu’il l’avait appris d’une manière ou d’une autre et… j’aurais préféré que ce ne soit pas le cas… Parce que je n’avais pas trop envie d’aborder le sujet, que j’avais un peu honte de me laisser affecter comme ça… de me laisser guider par cette peur irrationnelle… Ce n’était pas très glorieux. Mais je ne contrôlais pas. Et c’était bien ce qui était gênant là-dedans…



« - … J’ai cru comprendre que ce n’est plus trop ta tasse de thé… » Reconnut-il ensuite, l’air un peu pensif en s’accaparant à nouveau mon attention.


« Plus trop ma tasse de thé. », oui, en effet. C’était le moins que l’on puisse dire. Bonne déduction, Sherlock. Même si pour ne pas faire dans l’euphémisme, il aurait aussi bien pu dire « J’ai cru comprendre que l’idée de remonter dans l’un de ces engins te terrorisait. »… Dieu merci, il restait soft, là-dessus.
Et puis… il avait cru comprendre ? … Ça ne me donnait pas des masses d’informations sur la façon dont il avait appris ça. Cela dit, je pense que les doutes étaient exclus à présent. Il devait savoir pour l’accident… pour mes parents. Félicitation, tu as découvert l’événement le plus marquant et le plus tragique de mon existence. Je suppose qu’on était quitte à ce niveau là. Bah oui, on avait tous les deux connaissances d’une faille… d’une blessure encore à vif chez l’autre. Lui Elisabeth et moi mes parents.

… Si ça me dérangeait ? Non. Pas vraiment. Ça ne me réjouissait ni ne me dérangeait pas, en réalité. Ça ne changeait pas grand-chose qu’il soit au courant ou non, pas vrai ? Même si… je n’appréciais pas forcément ce qui suivait généralement cette révélation. Quand les gens l’apprenait, j’avais toujours droit à de la pitié et après… après ils avaient tendance à se comporter différemment avec moi alors que je désirais juste faire comme si de rien n’était… oublier quoi… Mais leur comportement me rappelait assez régulièrement à ça… comme Caroline qui me prenait dans ses bras chaque jour depuis ça en s’inquiétant de mon état, par exemple. Personnellement, je n’avais pas spécialement envie de me démarquer uniquement à cause de cette tragédie… mais c’était pourtant le cas. Souvent quand on parlait de moi c’était « Elena, tu sais, l’ex cheerleader qui a eu l’accident et dont les parents sont morts ». Pas toujours évident d’être cataloguée comme la petite fille triste et orpheline qui avait tout plaqué après le drame, hein…

Tout ça pour dire que… j’aurais trouvé ça déplaisant que ça change quelque chose à la « relation » très étrange que nous entretenions, ou commencions à entretenir, lui et moi. A choisir je préférais sa trop grande franchise à la pitié que j’avais longtemps suscité chez les autres !
Je… voulais recommencer à vivre, pas rester tourner vers le passé. Et la réaction des autres, ne m’y aidait pas toujours… D’ailleurs même si j’avais voulu en parler avec quelqu’un… c’était toujours risqué de voir sa compassion prendre le pas sur le reste. Donc, même quand j’en souffrais, je préférais ne rien dire et garder ça pour moi, en espérant redevenir simplement « Elena ». Disons que la sensibilité et l’empathie de mes amis m’empêchait malheureusement de me confier à eux. Heu… est-ce que vous comprenez ce que je veux dire ? … Désolée, c’est assez dur à expliquer.

Quoi qu’il en soit, je… je ne savais pas vraiment quoi répondre à ça. « Oui tu as raison. » ? Il était évident qu’il le savait. « Oui, c’est à cause de l’accident de voiture qui a tué mes parents il y a six mois. » ? … Je… en fait, je ne voulais pas vraiment m’étaler là-dessus ou m’épancher sur le sujet. C’était pénible, juste… d’ailleurs, je ne trouvais jamais mes mots quand je m’essayais à en parler. Il n’y avait qu’à voir le nombre de ligne raturés dans mon journal intime chaque fois que je les évoquais. En outre, rien ne disait que ça l’intéressait plus que ça. Je ne tenais pas à l’ennuyer avec cette histoire macabre… ni à m’ennuyer moi-même, en vérité. Je crois simplement qu’il n’y avait aucun commentaire à ajouter. Il avait dis l’essentiel.

Interdite, j’hochai imperceptiblement la tête, me contentant de l’observer, plongée dans un mutisme mal à l’aise et un peu triste aussi. Un petit sourire filtra néanmoins sur mes lèvres en constatant qu’il ralentissait, prenant un rythme un peu plus détendu qui me convenait déjà mieux. Tant mieux… j’aurais eu l’air bête d’arriver chez moi à moitié essoufflée, hein !
Bientôt, une moue ennuyée et hésitante se peignit sur son visage si séduisant, me tirant une légère expression perplexe et amusée. Qu’allait-il encore dire ? … En tout cas, je me préparais déjà au pire. Bah oui, parce que, bizarrement, je ne doutais pas une seconde qu’il finirait par lâcher une nouvelle bombe. C’était de lui dont on parlait tout de même… et il n’était pas du genre à se retenir uniquement pour épargner les autres…
Pas la peine de te rendre malade, de toute façon on sait très bien tous les deux que tu finiras par craquer et par dire ce que tu as à dire… Bah allez, lâche-toi va. Promis, je ne t’en voudrais pas…

Et comme prévu, il tourna la tête vers moi, l’air un peu mal à l’aise mais… visiblement incapable de se taire plus longtemps. Ça en était aussi désespérant que mignon et drôle à vrai dire. Ça n’était pourtant pas si dur de garder des choses pour soi, si ? … Mmh… Affligeant.
N’étonnant personne et surtout pas moi, il prit alors la parole apparemment un peu malgré lui :



« - Ce sont vraiment tes amis ça… ? Cette blondinette a presque eu autant de respect pour toi que Tyler… » Grinça-t-il d’un ton sérieux et inquisiteur, tout en haussant un sourcil, histoire sans doute d’appuyer sur le côté interloquant de la chose.


Heu… Et bien je… Oui, c’était « ça », mes amis. Est-ce qu’il avait un problème avec eux ? Je veux dire… ils n’étaient pas toujours au top niveau mais… je les appréciais énormément malgré tout. Et il en aurait probablement été de même pour lui s’il les avait côtoyés avant ça. Ils étaient chaleureux, drôles et serviables. Que demander de plus ?! Bien sûr ils avaient tous quelques défauts mais dans l’ensemble, c’était de bonnes personnes. Meilleure que moi, sans doute… Oh, je comprenais qu’ils venaient de lui faire mauvaise impression hein… mais ils étaient sincèrement adorables la majeure partie du temps alors il… il ne devait pas les condamner trop vite. La première impression, contrairement à ce qu’on disait, n’était pas toujours la bonne. La preuve en était faite.
C’était assez paradoxal parce que je leur en voulais là mais… je n’appréciais pas particulièrement que Damon fasse une telle remarque sur eux. Il aurait au moins pu leur accorder le bénéfice du doute, non ?

Mike était simplement jaloux et… Libby… Libby était ultra-protectrice !
Quant à Caroline… il était vrai de dire qu’elle n’avait pas eu beaucoup de respect pour ma personne mais… dans les histoires de garçon, c’était une véritable prédatrice, je le savais. Ça ne me surprenait pas. Ça ne m’atteignait ni ne me blessait même pas. Il ne fallait pas s’attendre à de la tendresse de sa part dans ces moments là, j’en avais pleinement conscience.
En outre, n’en avait-il pas fait autant avec elle ? Il n’avait pas été beaucoup plus respectueux en l’ignorant de la sorte, si ? … Enfin, j’avais conscience que c’était une façon de me venger, elle m’ignorait royalement – même si elle se servait de moi plus qu’elle ne m’ignorait vraiment pour être exact – et il en faisait de même.

Mais ce n’était pas pour ça qu’il fallait dire ça ! … Je veux dire, il prétendait ça sans savoir, sans la connaître. C’était un peu… attristant à entendre pour moi ! … Et de là à comparer mon amie à Tyler, c’était un peu exagéré, non ?! J’admets qu’elle n’était pas parfaite mais… elle avait un minimum de considération pour moi. Certes, elle avait tendance à me voir comme sa rivale mais… j’étais aussi et avant toute chose son amie !
Je… c’était peinant ! Vraiment. Imaginer ça je veux dire… Je n’avais déjà plus grand monde mais si en plus on accusait mes proches de n’être pas sincères c’était… disons qu’il y avait de quoi se poser des questions après. C’est vrai j’avais en tout et pour tout quatre personnes gravitant encore autour de moi alors… si déjà l’une d’elle m’utilisait plus qu’autre chose… Non, il avait tort, là-dessus. Il ne savait pas, lui. Il ne pouvait pas savoir.

Les sourcils légèrement froncés, je détournai la tête brièvement, fixant la route qui s’étendait devant nous tout en me préparant à le détromper au sujet de Caroline… Mais soudain, alors que je me réintéressai à sa personne, posant les yeux sur l’endroit où il aurait normalement du se tenir, je réalisais que… le garçon s’était brusquement immobilisé, se tenant désormais en retrait par rapport à moi.
Stupéfaite, je m’arrêtais à mon tour, tournant la tête pour l’apercevoir, un peu hébétée. Les sourcils froncés, la tête légèrement inclinée sur le côté, je le détaillais sans ciller. Il… il semblait un peu… ailleurs… le regard fixe encore posé sur moi, sans me voir sans doute, et une minuscule sourire aux lèvres. Il était probablement perdu dans ses pensées, ce qui expliquait la façon si impromptue qu’il avait eu de se stopper sans prévenir.



« - … Pas facile d’y résister… »


Ce fut les quelques mots que je cru capter de la où je me trouvais. Des propos qui ne firent qu’accentuer mon incompréhension. Qu’est-ce que ça signifiait ? De quoi parlait-il au juste ? A quoi est-ce qu’il n’était pas facile de résister ? … Heu… j’avais beau réfléchir, le sens ne m’apparaissait pas. D’ailleurs je doutais que la lumière se fasse si facilement. S’il avait espéré que je comprenne, il s’était mis le doigt dans l’œil car j’étais dans un flou assez conséquent. Où voulait-il en venir ? … Il s’imaginait peut-être que ça me semblerait clair mais pas du tout. Si j’étais censé comprendre, personne ne m’avait mis au courant.

Dubitative, mes sourcils se froncèrent un peu plus, mon expression se faisant interrogatrice. Cependant, le beau brun parut soudainement revenir parmi nous car il me sembla très très légèrement mal à l’aise. Sans attendre, il se mit en marche, me rejoignant rapidement et nous pûmes ainsi nous remettre en route…
C’était assez incroyable. Il avait l’air parfaitement tranquille comme si ce bref instant de flottement n’avait jamais eu lieu… D’ailleurs, lorsqu’il reposa son regard envoûtant sur moi celui-ci pétillait joliment malgré sa nuance inquisitrice. Je m’y laissais prendre, profitant un instant du spectacle qu’il offrait.



« - Mais alors… j’ai appris que tu as enfilé mon cadeau… je m’en veux d’avoir manqué ça… » Me glissa-t-il en se rapprochant de moi, plus complice que jamais comme l’appuya un nouveau clin d’œil aussi renversant que les précédents.


Je me sentis alors tressaillir tandis que ses doigts effleuraient les miens… par inadvertance bien sûr ! Ma réaction fut d’ailleurs assez vive puisque je décalais aussitôt ma main dans un geste totalement instinctif et pas le moins du monde prémédité, comme brûlée à son contact. Je n’avais pas réfléchis, pour ne rien vous cacher… mais si je l’avais fais ça aurait sans doute eu les mêmes conséquences. M’éloigner, je veux dire. Ce n’était pas que le moindre contact m’effarouchait mais… lui et moi en avions eu assez pour toute une vie ! Et en plus… ça me gênait sans que je ne puisse l’expliquer. C’était ainsi… je me sentais ennuyé chaque fois qu’il était un peu trop près de moi. Je n’y pouvais rien, hein ! … Je n’avais pas choisi.

Mais qu’avait-il dit ? Qu’il s’en voulait d’avoir manquer mon « enfilage » de son cadeau ? … Heum… Bah, j’aurais sans doute l’occasion de la remettre, fallait pas s’en faire. Même si j’aurais certainement un peu plus de réticences après la réflexion de Tyler…
Toutefois la bizarrerie de ses dires m’apparut bien vite. Il avait « appris » ? … Mais encore ? Déjà plus tôt j’avais été interpellé par sa perspicacité vis-à-vis de ça… Comment savait-il que je portais précisément son cadeau dimanche dernier ? … Je n’avais pas vu Stefan dont ce n’était pas lui qui avait du le lui dire… alors quoi ?

Ma bouche que j’avais ouverte dans une réplique amicale se referma alors, coupée dans son élan par l’étonnement, tandis que mes sourcils se fronçaient brièvement et qu’un sourire un peu incertain se dessinait sur mes lèvres. Un rire amusé et incrédule m’échappa finalement tandis que je posais sur lui un regard un peu suspicieux mais clairement curieux de la réponse que je n’allais pas tarder à réclamer. C’était à moi cette fois de me montrer inquisitrice et je ne m’en privai pas.


« - Tu as appris ? » Répétais-je d'une voix rieuse mais perplexe, en haussant les sourcils, trouvant l’idée relativement insensée.


J’étais confuse et amusée à la fois par le mystère qui entourait ses dires et l’incompréhension récurrente qu’il faisait naître en moi. Comment pouvait-il avoir appris ça ? C’est vrai, c’était plutôt bizarre. Qui aurait eu l’idée d’aller lui dire qu’il m’avait vu avec son cadeau sur le dos ? A ma connaissance, je n’avais dis à personne, pas même à Libby qu’il s’agissait d’un cadeau de Damon. J’avais dis cadeau tout court sans préciser de qui.


« - Comment ça ? » M’enquis-je, désireuse d’obtenir un peu plus de précision, en m’immobilisant.


Bon, ce n’était pas très important, hein. Mais j’avoue que je ne comprenais pas bien. Cela dit, il est vrai que ça ne comptait pas vraiment. C’était ridicule de s’arrêter sur cette phrase comme je le faisais, j’en avais à demi-conscience hein mais… ça m’interpellait juste. Et puis, c’était toujours mieux que de parler des voitures… et moins fâcheux que de parler de mes amis… Mieux valait en faire abstraction pour l’instant. Il m’offrait lui-même la parade alors il aurait été ingrat de ne pas l’utiliser !


« - Déjà tout à l’heure, je me suis posée la question… » Avouais-je un peu pour moi-même. « … Comment tu sais que je portais ton cadeau… qui est impeccable, merci encore… dimanche dernier ? »


Je le fixais un instant, avec un sourire indécis, plongeant un peu malgré moi mes prunelles dans les siennes… Ce qui n’était pas une bonne idée. Toujours aussi subjuguantes hélas… Sentant revenir en moi la confusion qui allait souvent de paire avec cette bêtise, je tournais finalement la tête, me remettant en marche pour me redonner contenance.


« - Et ne me dis pas que tu l’as deviné grâce au qualificatif… « affectueux »… de Tyler où je risquerais de mal le prendre… » Le mis-en garde avec un sourire un peu plus tranquille et un tantinet mutin, sur le ton de la plaisanterie.
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Damon Whitehorth

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyMar 27 Oct - 23:52

Adieu le Grill…
Enfin, croyez pas que je sautais la moitié de l’histoire, et que j’en venais déjà à mon possible départ d’un barbecue organisé par les voisins hein ! Non non, quand je disais le Grill, je parlais de cet espèce de pub pour jeunes pas loin du lycée…
L’endroit « merveilleux » dans lequel j’avais fait plein de rencontres extraordinaires, des personnes hautes en couleur, aussi intéressantes qu’exceptionnelles… comme Tyler ! Ou encore Ca… Cari… la blonde là !
Comment ça j’ai l’air diablement ironique en disant ça… ?! Pas du… bon d’accord, je ne vais pas vous mentir… je me foutais clairement de leur gueule… ces gaillard avaient été de vrais cons et je les avais déjà zappés… même si le souvenir de la gueule ensanglantée du crétin continuait de m’arracher d’inexplicables sourires…

Je me retrouvais donc seul avec Elena… ah, quel bonheur… cette fille là, j’avais déjà bien compris que je n’aimais pas la partager… surtout avec toute une foule, comme ça avait été le cas là… bon, j’avais déjà du mal quand il s’agissait uniquement de Stefan, mais là, c’était encore pire presque… enfin, disons que c’était à peu près équivalent… Là c’était plus emmerdant parce qu’il y avait plus de monde… mais avec Stef’, c’était plus dur parce que… ils étaient un couple, et je devais supporter leurs petits gestes ou regards l’un pour l’autre…
Du coup, j’estimais que les deux choses se valaient à peu près… en clair, je n’en supportais aucune des deux, que ce soit bien clair pour tout le monde…

Là, enfin en solitaire tous les deux… je… me sentais revivre… quelle émotion ! Bon okay, j’en rajoute énormément, parce que bon, ça ne me touchait pas tant que ça hein… Revivre… non mais franchement… ce qu’il fallait pas aller chercher… oh, je ne nie pas que j’appréciais bien sûr ! Mais me faire revivre, je doutais que quoi que ce soit puisse un jour y arriver… mais ce n’était qu’un avis personnel et absolument pas objectif, c’était une affaire entendue.
En tous les cas, je profitais pleinement de cette complicité, de cette intimité forcée qui s’installait entre nous… elle n’avait pas tellement le choix d’y échapper en même temps… et je trouvais ça légèrement… jouissif.

J’avais fait mon numéro une nouvelle fois, et, je lui avais même effleuré les doigts dans un geste parfaitement innocent… du moins c’est ce qu’elle devait penser… que ce n’était que le hasard total… même si ce geste avait été méticuleusement calculé de sorte à la décontenancer, à la déstabiliser… ce qui fonctionna d’ailleurs à merveille puisqu’elle retira brusquement sa main, la rappelant à elle afin d’éviter ce contact… malencontreux…
Pas mal… elle faisait preuve d’une certaine force de caractère… d’habitude, elle était tellement subjuguée par ce fabuleux… MOI, qu’elle n’avait pas la présence d’esprit de s’esquiver, de m’éviter… là, elle réussissait miraculeusement à éviter mes doigts, sa raison l’emportant sans doute sur sa passion… tant pis pour elle…

Elena entrouvrit la bouche avant de finalement la refermer, sans rien dire… honnêtement, elle se foutait de moi ?! Elle comptait toujours m’allumer avec ses jeux de bouche, ou c’était vraiment maladroit ?! A force, je commençais à en douter, là ! A croire qu’elle me cherchait ! Vraiment, ça lui faisait plaisir de me mettre à mal comme ça, de me pousser à la désirer… ?! Bon, moi aussi j’étais comme ça, et alors ?! Où était le rapport ?! Je faisais bien ce que je veux non ?!
Un petit rire amusé lui échappa alors, calmant mes ardeurs et dissipant mes pensées… c’était doux, tendre… c’était humain quoi, pas de quoi s’extasier non plus !
Son regard se fit soudain suspicieux, sa mine curieuse, et elle n’hésita pas à me dévisager franchement… j’aimais ça… cet espèce de défi qu’elle n’hésitait pas à me lancer sans cesse, consciemment ou non, quand elle gardait la tête bien haute devant moi… même si cette curiosité m’échappait encore… toutefois, sa moue était à croquer…


« - Tu as appris ? » Rétorqua-t-elle, perplexe et rieuse.


J’ai appris… ?
Bon, j’avoue que de prime abord, ça m’avait… un peu pris de court… j’essayais de la mettre mal à l’aise, d’aller la chercher et… finalement, elle contre-attaquait illico et venait me chercher plus loin encore…
Ah oui… ça… Pour cette fameuse robe…
Son air était toujours délicieusement amusé, avec sa mine curieuse, et je ne me privais pas de l’admirer, la regardant franchement, sans ciller, même si… ouch, comment j’allais me sortir de ça… ?
Une jolie parade… ? Ou peut-être simplement la vérité, ça pourrait être sympa aussi… enfin, la vérité version Damon, joliment racontée quoi…
Tout ça pour dire que je n’étais pas encore bien fixé… en réalité, j’attendais de voir… une fois qu’elle aurait terminé son tour d’action, et qu’elle aurait dit tout ce qu’elle avait à dire, je trouverais bien quoi répondre… je ne me faisais pas trop de soucis… et justement, elle ne comptait pas s’arrêter là… à croire qu’elle voulait me mettre mal à l’aise… chacun son tour hein…


« - Comment ça ? » Renchérit la demoiselle, curieuse à souhait, en s’arrêtant.


Elle insistait en plus… apparemment, tel était le sujet qu’elle voulait aborder… ce qui donnait déjà quelques informations… elle n’avait pas envie de reparler de l’incident avec Tyler, ça paraissait plus que clair… ça l’avait tendu à mort, plus encore qu’elle ne l’était sans doute déjà, et grâce à ma parade… que je lui avais idiotement – quoique gentiment – offerte, elle se retrouvait maintenant clairement détendue, cherchant même à percer le secret de ma révélation…
Ensuite, elle ne voulait pas cracher sur ses prétendus amis… ces gens qui étaient sûrement là pour elle mais qui ne la comprenaient pas… des gens qui n’étaient pas capables de déceler son malheur derrière ses faux sourires ou ses « ça va ». Ils se permettaient même de lui jeter des regards accusateurs ! Comme si elle était en cause ! Comme si elle avait fait quelque chose de mal ! Ces gars là étaient incroyables franchement…ils n’avaient donc aucune âme… ? … dit le monstre vampire suceur de sang sans le moindre état d’âme…
Bref, je n’étais toujours pas plus fixé sur la réponse à lui fournir, mais je trouvais son audace amusante… intéressante… et un sourire complice se peignit sur mes traits.


« - Déjà tout à l’heure, je me suis posée la question… » Commença-t-elle alors dans un nouveau monologue.


Elle était mignonne… et indéniablement plus futée que je ne l’avais pensé sur le coup… Lorsque j’avais parlé de ça, je m’étais attendu à ce qu’elle m’en fasse la remarque dans le bar mais… elle était complètement passé à côté… je l’avais qualifiée d’œuvre d’art… j’avais mis les points sur les i concernant cette splendide robe et… elle était totalement passée à côté… je m’étais dit qu’elle n’était pas futée mais… finalement, rien à voir, elle avait juste attendu… ne voulant sans doute pas me gêner… ce qui n’était plus le cas désormais visiblement… Maintenant, plus de copinage, elle était une véritable rivale, bien décidée à me faire cracher le morceau…
Même si pour l’instant, elle ne faisait que se remémorer les faits… à voix haute, mais pour elle-même apparemment… comme je le disais, elle était mignonne… mais bref.


« … Comment tu sais que je portais ton cadeau… qui est impeccable, merci encore… dimanche dernier ? » Enchaîna-t-elle, avec intérêt.


Elle était… particulièrement savoureuse… je ne pouvais pas le nier… elle avait ce côté intéressé, curieux, qui me faisait tressaillir légèrement, couplé à son air espiègle, que je jugeais limite ravageur. C’était délicieux… et je parlais d’expérience hein ! Franchement, j’en aurais mangé… au-delà de ça, j’appréciais… elle s’intéressait à moi… je ne la laissais pas indifférente, et elle était intriguée par mes dires… donc elle s’intéressait à moi, fatalement… et je ne l’avais pas cherché… là, elle y venait toute seule. Et c’était encore plus délectable du coup.

Mais… elle me remerciait encore pour ce cadeau… ce qui aurait plutôt du être mon cas, vu sa façon extrêmement sexy de la porter… mais… comment allais-je donc me sortir de ce traquenard… ? Je sais bien que je m’étais dit que ce serait simple, que ça me viendrait le moment venu… mais je jugeais le moment plutôt bien venu là, et toujours aucune réplique ne me venait… franchement, ça ne me ressemblait pas ! Qu’est-ce qu’il m’arrivait là… ? Moi, perdre mes mots… ? C’était hallucinant quand même, ce genre de trucs, ça n’arrivait qu’aux autres… surtout pas à moi… mais là, je me sentais légèrement démuni d’un coup… et c’était aussi… intéressant que rageant… une sacrée dualité…

La charmante demoiselle planta alors fermement ses iris brûlants dans les miens… me coupant presque le souffle… comme je l’avais déjà dit, ses yeux s’embellissaient avec le temps… et leur éclat noisette était ravivé… lumineux… il avait perdu ce côté terne qui les recouvrait quelques minutes plus tôt, au Grill… et c’était vraiment éblouissant… Couplez à ça ses airs espiègles et amusés et… j’étais presque sous le charme… est-ce que… est-ce que c’était vraiment le traitement que l’on réservait au frère de son petit-ami… ? J’en doutais. Pour moi, cet échange… son intérêt pour moi, sa façon d’essayer de me mettre mal à l’aise, ses sourires et… ce regard là… honnêtement, je pensais que ça n’avait rien d’amical. C’était peut-être inconscient hein, je ne dis pas, mais… elle allait sans doute trop loin… à mon plus grand plaisir… je songeais d’ailleurs qu’elle se serait sans l’ombre d’un doute sentie coupable si Stefan nous avait surpris à ce moment précis… les barrières s’abaissaient, les limites s’estompaient… et je la sentais nettement flancher de mon côté, ce qui était gratifiant… et normal, vu que je la comprenais et me montrais attentif, et non pas attentiste comme tous les autres… je méritais cette récompense après tout !

Elle s’en rendit peut-être compte d’ailleurs… qu’elle dépassait les limites de l’acceptable pour une jeune fille respectable amoureuse de mon frère, comme elle l’était… puisqu’immédiatement après ça, elle détourna brusquement les yeux, peu désireuse de se laisser happer par les miens… qui étaient monstrueusement envoûtants, reconnaissons-le… que voulez-vous, je savais captiver mon auditoire… et je savais aussi captiver sans rien dire… j’étais doué, c’était dans ma nature… pas celle de vampire hein… celle de Damon Whitehorth, rien d’autre.
La demoiselle se remit en marche, repartant de l’avant, et me forçant donc à la suivre, non sans un coup d’œil très rapide à sa démarche et à ses jolies jambes… ensuite, je ne comptais pas la laisser disparaître toute seule non plus… je devais la raccompagner j’vous rappelle ! Mais le fait qu’elle se sente mal… juste à cause de cet échange, au point de le rompre si brusquement et reprendre sa marche… c’était plus qu’intéressant pour moi, et ça m’arracha logiquement un sourire satisfait.


« - Et ne me dis pas que tu l’as deviné grâce au qualificatif… « affectueux »… de Tyler où je risquerais de mal le prendre… » Conclut-elle d’une jolie plaisanterie, mutine.


Ha ha ha… très amusant…
Oui, le fameux qualificatif très affectueux de Tyler… Oui, vous vous rappelez, il l’avait traitée de « robe de salope »… ce petit minable sans éducation… certes, cette tenue n’était pas trop couverte, et elle était indéniablement sexy… mais de là à qualifier Elena, ou sa robe, de salope quand même… il fallait un peu de tenue… ce que ne possédait clairement pas le minable qui avait osé la toucher un peu plus tôt… un geste qui m’énervait d’ailleurs plus que ça n’aurait du… j’avais encore envie de le traquer, de le retrouver, et de l’achever… mais pour l’heure, je devais profiter de mon aparté avec la belle, je ne pouvais pas me dédoubler… même si ça aurait été bien pratique justement !

En tout cas, force était de reconnaître que… ce n’était pas totalement faux… disons que j’aurais aisément pu supposer qu’il s’agissait de cette tenue… même en n’en sachant rien… Je n’allais pas mentir, quand je l’avais choisie, je l’avais trouvé terrible, sexy à souhait, mais je devais aussi reconnaître m’être dit au moins une fois qu’elle avait un petit côté « salope » plutôt agréable… C’était de la gentille salope attention hein ! Pas de la salope vulgaire ! Disons plutôt que ça avait naturellement un petit côté aguicheur qui ne me déplaisait pas… et j’avais hâte de revoir la jeune fille avec la robe en question… la voir vraiment… pas l’épier deux minutes à l’arrache. Non, qu’elle la mette en ma présence quoi…
Mais tant que je n’avais pas de réplique, je devais gagner du temps…


« - Non, t’en fais pas… j’espère d’ailleurs qu’il a apprécié mon geste « affectueux » lui aussi… » Rétorquais-je, avec un air hypocritement drôle en brandissant mon poing devant moi.


Oh, je pouvais bien me moquer de ce connard deux minutes… c’était… affectueux après tout ! Il l’avait mal traitée, et je l’avais vengée… c’était un retour logique des choses… surtout pour une merde telle que lui… mais reparlons plutôt d’Elena, par pitié !
Une nouvelle fois, je trouvais ses expressions faciales assez amusantes… elles me plaisaient vraiment, me donnant toujours envie de sourire… plus, pour la première fois juste avant ma réplique, elle avait arboré cet air mutin, encore plus terrible que tout ce qui avait précédé… c’était délectable… et tout en marchant, je la dévisageais sans me cacher, me régalant toujours de ses moues et mimiques si délicieuses… même si… j’avais tout intérêt à trouver une vraie réplique… et justement… je ne savais pas comment cette idée avait germé dans mon esprit… et elle allait être servie… elle voulait la vérité hein… alors j’allais la lui servir.


« - Mais tu ne me mettras pas mal à l’aise… » Entamais-je en inclinant légèrement la tête vers elle, un sourire amusé aux traits. « … parce que tu m’as mal compris… » Poursuivis-je, d’un ton mystérieux, en regardant droit devant moi.


Ah ben ça démarrait bien là, non… ? Comme je m’amusais avec elle… oh, vous me trouvez méchant… ? Pas du tout, je suscitais un peu plus son intérêt, attisant sa curiosité, rien de plus… ne me prêtez pas plus de mauvaises intentions que je n’en avais déjà, s’il vous plaît…
Je continuais donc de marcher à ses côtés l’air de rien, tournant enfin la tête vers elle, un sourire exprimant clairement ma joie à l’idée de générer plus de curiosité en elle.


« - Personne ne m’a rien dit pour la robe, je t’ai vu de mes propres yeux… » Lui glissais-je à mi-voix sur le ton de la confidence, avec un clin d’œil complice. « … et tu étais resplendissante avec… toutes mes félicitations… » La félicitais-je avec un sourire charmeur.


C’était déjà une belle entrée en la matière hein… Franchement, j’étais fort… mais… pour que la vérité soit vraiment rétablie, elle ne se contenterait pas de ça… il lui en faudrait plus… et j’allais lui en fournir plus justement… d’une, elle aurait ce qu’elle attendait, et de deux, je la foutrais dans un embarras total… on allait s’amuser…


« - Mais que les choses soient claires, je ne t’ai pas menti hein… » Commençais-je en la fixant intensément, me disculpant facilement. « … j’ai dit que je m’en voulais de t’avoir raté enfilant mon cadeau, nuance… » Ajoutais-je en arquant un sourcil, avant de détourner la tête et de poursuivre ma route comme si de rien n’était… comme si je n’avais pas dit ce que je venais de dire en fait.


J’étais machiavélique, reconnaissez-le… mais diaboliquement génial, personne ne pouvait dire le contraire… et je faisais l’air de rien maintenant… ah… il y a vraiment des fois où je m’adorais…
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Elena Winters

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyMer 28 Oct - 22:57

Nous étions seuls. J’aurais pu dire « enfin » mais… ça n’aurait pas été très sincère, n’est-ce pas ? Car si j’étais soulagée de m’être esquivée du Grill, de m’être soustraite aux regards un peu trop inquisiteurs des lycéens… l’intimité nouvelle qui en était la conséquente n’était pas forcément la bienvenue, comme je l’ai déjà dis. Et, entre nous, comme j’avais été suffisamment « malhonnête », je me conterais de ce « nous étions seuls ». Sauf que pour l’heure, je réservais mon jugement. Pour moi ce n’était ni bon, ni mauvais… juste angoissant.
L’avenir nous dirait de quel côté pencherait la balance, hein… Il ne me restait qu’à croiser les doigts en somme. Oh je pouvais toujours tenter d’influer sur le résultat, c’est vrai… mais en fin de compte, ça dépendait surtout de lui. De mon côté, j’étais pleine de bonne volonté, je n’aspirais qu’à rendre notre entrevue agréable… Le reste était donc entre ses mains.

Cela dit, j’ignorais pourquoi mais j’avais du mal à chasser mon pessimisme. Jusqu’ici nos discussions m’avaient plus facilement desservies qu’autre chose, c’était l’indéniable vérité. Elles m’avaient appris beaucoup aussi, je le leur reconnaissais humblement mais… je n’en sortais pas indemne. Après c’était un choix. Un choix que j’avais toujours fait sans m’en plaindre, vous en conviendrez. Lorsque je lui avais posé des questions c’était en toute connaissance de causes. Je… j’avais conscience que ça ne me réjouirait pas forcément, que mes lacunes me blesseraient seulement une part de moi s’interdisait l’ignorance, n’avait aucune envie d’être épargnée. J’étais ainsi. J’avais toujours été ainsi. Je préférais souffrir pour ce que je savais que pour ce que je ne savais pas… mais qui aurait pu me le reprocher au fond ? Et n’allez pas croire que je souffrais d’une curiosité maladive ! C’était mes sentiments pour lui, mon désir de consolider mon couple qui m’avaient poussé à fouiner dans son passé et rien d’autre ! C’était… humain, non ?

Tout ça pour dire que je n’allais pas non plus jouer la victime impuissante, hein, ça aurait été malvenu. C’était souvent moi qui allais chercher les réponses plutôt que lui qui me les apportaient sur un plateau d’argent… même si ça arrivait quelque fois alors que je ne le souhaitais pas forcément. Disons que les… « torts » étaient partagés là-dessus. J’aurais très bien pu m’abstenir d’évoquer leur passé commun… au même titre que lui, même si ses révélations étaient souvent innocentes et non préméditées, juste maladroites. Néanmoins nous semblions avoir l’un et l’autre du mal à nous empêcher. Oui, nous jouions une comédie très étrange. Si ce n’était pas moi qui allais chercher les informations, c’était lui qui me les fournissaient… A croire que nous ne nous sentions pas capable d’entretenir une conversation sur autre chose que sur l’histoire des jumeaux Whitehorth. Bien sûr Stefan était la pièce maîtresse de notre « relation », sans lui elle n’aurait pas eu lieu d’être… mais j’aurais parfois préféré que nos dialogues soient un peu moins centrés sur lui. D’autant que plus j’en savais et plus je voulais en savoir. Un cercle vicieux dont j’avais toute les peines à m’extirper visiblement.

Toutefois, je m’étais promis de ne pas recommencer ça, de ne pas entretenir ce manège insensé et dangereux et je comptais bien m’y tenir. J’étais déterminée ! Parce que… parce que ce n’était pas bien et aussi parce que… ça l’avait fais souffrir la dernière fois, ce qui n’était clairement pas mon intention. Donc je m’étais jurée de ne plus poser ce genre de questions et de m’en tenir à ce que je savais… même si ça se résumait en tout et pour tout à quelques miettes.
En outre, je ne voulais pas ruiner la confiance de Stefan… ni celle que je lui portais. Aussi devais-je m’abstenir de grappiller des informations dans son dos, c’était une affaire entendue. Tant pis pour la frustration que ça engendrait.
Pff… tout était tellement plus simple avant. Avant quand ? … Heu… avant juste… Avant l’arrivée de Damon, en fait. Est-ce que je regrettais son arrivée ? C’était possible mais pas certain. Je n’aurais su le dire. Mon avis que la question était des plus mitigés.

Mais bref ! Pour l’instant, je ne m’arrêtais absolument pas à ce genre de considérations ! D’abord parce que ça ne servait à rien du tout à part à me rendre plus confuse et tendue que je ne l’étais déjà… et ensuite parce que j’étais toute entière à l’échange que nous entretenions. Soit cette histoire de robe et le mystère qui entourait sa conviction que je l’avais porté dimanche dernier. Bon, ça n’avait rien d’exceptionnel ou de palpitant… En fait, il allait sans doute me fournir une explication tout ce qu’il y avait de plus simple et basta mais… je voulais entendre ce qu’il avait à dire. En réalité, c’était probablement tout bête. Ben oui, je n’extrapolais pas, ne me mettais pas subitement à imaginer toute une histoire autour d’un quelconque espionnage – encore moins à travers un maudit corbeau – au contraire je restais purement rationnelle. Autrement dit il avait probablement un mystérieux informateur… qui ne le serait plus pour très longtemps. Mystérieux, je veux dire.

Au fond se serait-il privé lui d’insister sur ce genre de détails ? … J’en doutais. J’étais même convaincue que, même sans le vouloir, il aurait appuyé sur la chose sur laquelle il valait mieux éviter d’appuyer justement. La chose que vous voulez faire passer inaperçu, en résumé.
Après tout c’était lui le roi pour ce qui était de mettre mal à l’aise autrui en trouvant toujours la faille, consciemment ou non d’ailleurs… Bah là, il n’y échapperait donc pas. Pas par vengeance hein, je n’étais tout de même pas aussi puérile… J’avais dépassé le stade du « tu me mets dans l’embarras bah moi j’essaye aussi du coup, na ! ». Même si je ne nie pas que la simple idée de pouvoir le pousser dans ses « retranchements » avait quelque chose d’extrêmement jouissif… Oups, finalement je n’avais peut-être pas dépassé tant que ça… Enfin, rien ne dit que ça suffirait à l’ennuyer, non plus ! Il avait sans doute en réserve une belle petite parade à laquelle je n’avais pas songé. D’autant que si ça se trouvait mon insistance ne lui poserait pas le moindre problème puisqu’il ne cherchait pas à me cacher quoi que ce soit… C’était tout à fait possible aussi ça.

Simplement il prétendait l’avoir appris et je comptais bien ne pas le laisser s’en tirer aussi facilement avec une explication aussi floue, aussi limitée. C’est vrai ça ne voulait rien dire pour moi et j’en attendais un peu plus. C’était comme quand quelqu’un vous dis « j’ai su que… » là, forcément vous vous demandez comment la personne à « su que ». C’était légitime.
Plus tôt, quand il avait évoqué son cadeau, je m’étais retenue de lui en parler, peu désireuse de l’embêter avec un détail finalement plutôt insignifiant quand on y pense mais… il me tendait une nouvelle fois la perche et je m’en serais voulue de ne pas la saisir. C’était lui qui en reparlait pas moi ! … A la différence que cette fois, je ne comptais pas laisser passer cette nouvelle occasion d’assouvir mon intérêt. Je n’y aurais pourtant fais aucune allusion s’il n’avait pas ramené la robe sur le tapis… Alors, dans tous les cas, il était le seul à blâmer dans cette affaire. Si du moins il y avait quelqu’un à blâmer.

Quoi qu’il en soit, j’étais concentrée là-dessus et sur rien d’autre. La curiosité et la perplexité qu’il venait de susciter en moi étaient miraculeusement parvenu à éclipser tout le reste… et même momentanément le souvenir de son étreinte précédente dont j’avais eu jusqu’ici bien du mal à me défaire. Mieux, je me sentais même relativement détendue soudain… peut-être aussi parce que, chose rarissime en sa compagnie, je me sentais un mini poil en position de force. D’ailleurs ce n’était pas rarissime, ça n’avait tout bonnement jamais été le cas jusqu’à maintenant. Donc bon, je savourais quoi… même si c’était possiblement uniquement dans ma tête. Cependant, il aurait été dommage de ne pas en profiter hein… que ce soit véritable ou pas.

Est-ce que je m’étais déjà sentie aussi légère – même si le terme légèreté reste relativement exagéré pour qualifier mon état – en sa compagnie ? Heum… Ah oui, il y avait eu cette fois, samedi, quand Stefan avait été apporté le gâteau à la cuisine et que j’avais déballé mon cadeau… Lorsqu’il m’avait tiré la chaise avant de « m’implorer » d’ouvrir le paquet car il n’y tenait plus. C’était la seule fois… si brève hélas… où je ne m’étais pas sentie à fleur de peau ou sur la défensive… voir totalement perturbée… en sa présence. Où je m’étais même sentie vaguement confiante et amusée, dénuée de préoccupations diverses.
Bon et bien, je pouvais ajouter cette nouvelle minute à ce palmarès. Nous en étions à un total de cinq minutes sur… plus de deux heures en comptant le repas… Wouhou… Impressionnant, n’est-ce pas ?

Enfin l’important c’est que c’était actuellement le cas. Je me sentais relativement maître de moi et m’étais même autorisée une plaisanterie sur ce débile de Tyler, c’est vous dire ! Bon bien sûr, il y avait bien eu ce contact visuel un peu… déroutant et que j’aurais préféré éviter mais… je m’en étais bien sortie. J’avais évité le pire en le fuyant juste à temps… Ça avait été limite, une seconde plus et j’aurais été incapable de détourner les yeux ! J’avais donc plutôt bien joué mon coup. En somme, je ne devais pas me laisser déborder et j’y avais soigneusement veillé. D’ailleurs, je ne savais toujours pas ce qui m’avait poussé à plonger sciemment mes yeux dans les siens. C’était prendre des risques inconsidérés franchement ! Oui parce que j’avais bien compris que ces billes azurés représentaient un danger potentiel même si je n’avais pas encore bien conscience de ce qu’il était. Succomber à ce qu’elles renfermaient équivalait à… faire une grosse erreur et je ne pouvais pas me le permettre. Encore moins en ce moment. J’avais suffisamment de doutes et de problèmes comme ça sans que ces prunelles trop captivantes – ce que je persistais idiotement à mettre sur le compte de leur ressemblance avec celle de mon bien aimé – ne se mêlent à l’équation hein…
M’enfin, ça n’avait pas été aussi dramatique que ça aurait pu l’être, c’était le principal. Et j’avais finalement repris ma marche, l’air de rien… Ouep… J’étais prête à parier qu’il n’y avait vu que du feu. Comme quoi je n’étais pas si piètre comédienne par moments…

J’en étais donc à me féliciter mentalement pour ma manière de gérer les choses lorsque sa voix s’éleva… ce qui eut pour conséquence de faire à nouveau s’ancrer mes prunelles sur lui. Un spectacle dont il était certainement impossible de se lasser…



« - Non, t’en fais pas… » Me certifia-t-il alors. « J’espère d’ailleurs qu’il a apprécié mon geste « affectueux » lui aussi… »


Mon sourire amusé s’élargit encore tandis qu’il affichait un air effroyablement hypocrite et de ce fait particulièrement drôle tout en brandissant son poings devant lui. Ciel, ce que ses mimiques étaient craquantes parfois ! … Enfin, je veux dire… heu… bref. Il était comique quoi.
Nous nous dévisagions donc mutuellement ce qui… m’apportait un sentiment de complicité que je n’aurais su exprimer mais que je percevais assez distinctement. C’était assez bizarre… pas déplaisant, loin de là… mais étrange. Mon ressenti pour lui était tellement variable aussi ! Ça m’en aurait presque donné le tournis quoi !

En tout cas, je doutais que ce soit le terme le plus approprié et que Tyler ait véritablement « apprécié son geste affectueux»… Mais bon, personnellement je m’en moquais éperdument. De une il ne l’avait pas volé et de deux il y avait de toute évidence au moins deux personnes qui en étaient satisfaite. Moi et Damon. C’était tout ce qui comptait… Enfin, je ne veux pas dire que moi et Damon étions tout ce qui comptait hein ! Je veux dire que les deux seules personnes présentes s’en réjouissaient… comme un bon nombre de mes camarades d’ailleurs, qui risquaient d’en parler et d’en plaisanter un bon moment.
Au moins, là-dessus nous étions sur la même longueur d’onde. Il ne culpabilisait pas et je n’avais aucune intention de lui reprocher son acte. Il m’avait défendu, ce qui avait l’air de lui faire plaisir, et je lui en étais reconnaissante. Tout le monde était content, en résumé. Hormis le footballeur bien sûr… J’étais convaincue que même Stefan se réjouirait intérieurement d’apprendre ça.

Quant à son « Non t’en fais pas », il était plutôt bienvenu. C’est vrai, au moins il ne prétendait pas que j’avais eu l’air d’une salope, lui… Bon il aurait eu du mal puisqu’il semblait assez clair qu’il ne m’avait pas vu avec et que donc il ne pouvait pas se prononcer là-dessus mais quand même… J’aurais assez mal pris de me l’entendre dire une seconde fois et je ne m’en étais pas caché. Et puis, remarquez, ça aurait plutôt joué en sa défaveur… N’avait-il pas dit qu’il s’en voulait de m’avoir manqué dans cette tenue ?
Quoi qu’il en soit… c’était bien beau tout ça mais ça ne répondait toujours pas à ma question ! … Comptait-il simplement éluder ? Et dans ce cas là, est-ce que j’allais me montrer conciliante et ne pas insister ? … Heum… cruel dilemme ! Et, plus intéressant, est-ce que je pouvais considérer qu’il n’avait pas relevé parce que ça le gênait ? … Impossible à dire. Mieux valait ne pas se prononcer.



« - Mais tu ne me mettras pas mal à l’aise… » Affirma-t-il soudain comme s’il avait lu dans mes pensées, en inclinant légèrement la tête vers moi sans se départir de cette moue amusée que je trouvais si abusivement charmante.


… Ah non ? … Dommage. J’ai droit à une seconde chance ?
Non je plaisante, là n’était pas mon intention de toute façon… enfin pas complètement. Même si… je ne savais pas trop comment prendre ça, moi. Soit ça voulait dire que je ne le mettrais pas mal à l’aise parce qu’il était rodé et qu’il lui en fallait bien plus, soit ça voulait dire que ma question ne l’ennuyait pas le moins du monde. A moins que… il dise ça justement pour se défendre d’être embarrassé alors qu’il l’était. C’était probable, non ? … Je crois que c’était l’hypothèse qui était la plus plaisante et sans conteste la plus drôle quoi que la moins réaliste aussi.
Cela dit, était-ce une sorte de défit ? Non parce que sinon il fallait le dire, j’étais prête à le relever moi… Après tout ça n’aurait été que le juste retour du bâton après toutes les fois où il m’avait déstabilisé. Toutefois, mon esprit « revanchard » devrait attendre. Tant pis.



« - … Parce que tu m’as mal compris… » Ajouta-il d’un ton mystérieux en plantant son regard sur l’horizon, droit devant nous.


Tiens donc ? C’était moi qui avais mal compris, maintenant ? … Un peu facile ça, tu ne trouves pas, Damon ? … Pourtant, je ne voyais pas où j’aurais pu me méprendre. Il avait bien dis qu’il avait appris. Je ne l’avais pas inventé ça, Monsieur Whitehorth.
Une moue sceptique, inquisitrice mais rieuse, prit place sur mes traits mais le jeune homme s’obstina à regarder droit devant lui malgré le poids de mon regard… qu’il devait aisément percevoir d’ailleurs. Ça aurait presque pu en être frustrant néanmoins je ne m’en offusquais pas – au contraire je trouvais son comportement assez comique – attendant le plus calmement possible qu’il daigne me reg… poursuivre sa phrase, je veux dire… prenant donc mon mal en patience. Et il le savait. J’étais certaine qu’il faisait durer le suspens exprès et s’amusait à me faire ainsi languir… de la réponse hein, pas de lui !

Il était là, à faire son malin… même si j’en venais à me demander s’il ne profitait pas de ce silence mystérieux pour se trouver l’excuse qui lui faisait possiblement défaut. Personnellement, je trépignai de curiosité à l’idée de ce qu’il allait bien pouvoir « inventer »… et il devait le savoir, se jouant impunément de moi. C’était chiant mais drôle à la fois… Et bizarrement, je me sentais… proche – et ne me faite pas d’allusion sur notre proximité lorsqu’il m’avait pris dans ses bras, par pitié – de lui à cet instant. Je n’aurais pas su l’expliquer mais j’avais l’impression de le connaître depuis bien plus longtemps qu’une malheureuse semaine brusquement. Oui, je nous sentais… complices. Mais vraiment hein, pas seulement grâce à ses expressions.

Et aussi… je me sentais relativement bien. Il avait l’air de s’amuser lui aussi et c’était assez plaisant. C’était bien la première fois que je le voyais autrement que… que comme ce garçon lunatique qui pouvait tout faire basculer d’une seconde à l’autre. L’espace d’une seconde, je pu même oublier qu’il s’agissait du frère de Stefan… un comble au vu de leur similitudes, je sais mais… ça faisait du bien. Même si je m’interrogeais sur cet état. Est-ce que ce sentiment n’était pas lié au fais que j’étais justement en train de le prendre pour son jumeau à cause de la tournure chaleureuse des choses ? Pourquoi fallait-il toujours que ce soit si confus dans mon esprit ? Néanmoins, je refusais de laisser ces hypothèses entacher ma sérénité de l’instant.

Je réfléchissais donc à tout ça, marchant à ses côtés dans un automatisme auquel je ne songeais pas lorsqu’il daigna reposer les yeux sur moi. Trop d’honneur, vraiment ! …
Ironie mise à part, je fus aussitôt subjuguée par l’éclat de son sourire… Effectivement, je ne me trompais pas en pensant qu’il s’amusait. C’était vraiment beau à voir… même si c’était légèrement à mes dépends. Il semblait tout fier de ce blanc qu’il avait laissé s’abattre pour piquer ma curiosité déjà à vif… et avec sa bouille d’ange, il aurait été difficile de lui en tenir rigueur, croyez-moi !



« - Personne ne m’a rien dit pour la robe, je t’ai vu de mes propres yeux… » Reconnut-il à mi-voix, sur le ton de la confidence – un ton qui me rappela inévitablement à notre toute première rencontre lorsqu’il m’avait invité à entrer chez Stefan… enfin chez eux quoi. – non sans ponctuer son discours d’un clin d’œil complice dont je ne me lassais pas.


Ah ah !… C’était différent soudain ! Sa version des faits venait miraculeusement de changer… mais ça ne pouvait pas m’échapper, vous vous en doutez bien. S’il m’avait réellement vu alors pourquoi prétendre qu’il s’en voulait d’avoir manqué ça ? Ça n’avait pas de sens… Et pourquoi dire « j’ai appris » s’il n’avait fais que le constater ? … Ne me dîtes pas qu’il voulait à ce point couvrir son « informateur » ?! … Lui, le modèle de franchise le plus épatant que j’avais vu, mentir pour ça ? … Si c’était ça, c’était franchement décevant. Même si ça me desservait, je l’appréciais au fond son honnêteté moi… et c’était l’une des rares choses chez lui dont j’étais certaine, à laquelle je m’attendais tout le temps. Si on m’en privait, il ne me restait plus aucune conviction à son sujet, sérieusement !

Ma mine suspicieuse se fit un peu plus perçante tandis que j’essayais d’analyser ses dires. Ainsi, il prétendait m’avoir vu dimanche ? … Est-ce que j’aurais pu passer à côté de lui sans le remarquer ? C’était assez peu probable… Remarquez s’il m’avait vu au Grill alors c’était plausible. Après tout, je ne m’arrêtais pas sur chaque visage. Non, il m’avait forcément vu là- bas. C’est vrai, je n’avais été nulle part hormis… hormis devant la maison de Stefan… Ah… peut-être m’avait-il aperçu depuis une fenêtre alors. Pourquoi n’avait-il pas été à ma rencontre dans ce cas ? … Bah, non c’était ridicule ça. Il était peut-être occupé ou avec quelqu’un ou… enfin bref, il avait mieux à faire que venir faire la causette à la copine de son jumeau, logique.
C’était assez injuste ça dis donc. Lui avait le droit de me voir et moi pas… Bah bravo. Non je rigole hein ! Je m’en fichais éperdument. Surtout qu’au vu de mon moral dimanche, ça aurait été plus gênant qu’autre chose certainement.



« - … Et tu étais resplendissante avec… toutes mes félicitations… » Me complimenta-t-il alors avec un sourire des plus désarmant.


Heu… merci beaucoup…
A vrai dire, je me sentais un peu gênée. Pas que les congratulations m’insupportent ou quoi que ce soit mais là… dans sa bouche… c’était un peu intimidant. Si j’avais été prompt aux rougissements, je me serais sans doute empourprer, d’ailleurs. Mais grâce au ciel, je ne l’étais pas. Et je pus donc masquer ma gêne sans trop de difficultés même si mes yeux se dérobèrent discrètement et que mon sourire s’estompa légèrement pour quelque chose de plus timide, d’amical mais de moins assuré et confiant.

J’étais… il m’avait vraiment trouvé resplendissante ? … C’était un peu exagéré, non ? … Bon, elle m’allait bien si je m’en fiais aux dires et aux regards de tous mais… bah je ne sais pas de sa part, ce n’était pas pareil. Et ne me demandais pas pourquoi, je n’en savais fichtrement rien !
Enfin, ce n’était pas si étonnant en sachant tout ce qu’il avait dit sur moi et qui pouvait prêter à l’ambiguïté. Il m’avait dit que j’étais délicieuse, là resplendissante et il m’avait même qualifié d’œuvre d’art, je vous rappelle ! … Donc en y songeant, je trouvais ça… bon c’était gentil hein mais je ne savais pas si ce n’était pas un peu trop en considérant que j’étais sa « future belle-sœur » potentielle. Ce n’était pas le genre de choses qu’on disait comme ça normalement. Bien sûr, je savais qu’il n’était pas… ne se comportait pas du moins, comme la majorité des gens mais tout de même. C’était plutôt le genre de phrases qu’on sortait à une fille que l’on voudrait séduire, non ? … Bah, je me faisais probablement des films.

En revanche, je me serais passée sans soucis de ses félicitations… qui en plus de m’ennuyer me rappelaient à celles qu’il m’avait fait suite à ce baiser accidentel que je lui avais donné. Un souvenir qui malheureusement avait toujours le don de me faire tomber dans un gouffre de honte.
Néanmoins, j’espérais qu’il ne s’imaginait pas qu’un ou deux compliments suffirait à me faire perdre de vue les explications tant attendues et qui m’échappaient toujours !



« - Mais que les choses soient claires, je ne t’ai pas menti hein… » Se défendit-il alors, toujours aussi doué pour deviner ce que j’avais en tête.


Hum hum ? … Soit. Alors quoi ? J’étais toute prête à ne pas le condamner trop vite moi. Surtout qu’un mensonge de sa part, même si ça n’aurait pas été dramatique non plus, me paraissait assez improbable et… attristant aussi. Ce qui n’était sans doute pas très juste après lui avoir menti en le regardant dans les yeux, je vous l’accorde. Même si bon, il restait humain et comme je le disais dire toujours « toute la vérité rien que la vérité, je le jure » me semblait sérieusement infaisable. Toutefois, je lui laissais le bénéfice du doute sans hésitation. Après tout, je lui devais bien ça. Il m’avait suffisamment prouvé sa sincérité. S’il affirmait ne pas avoir menti alors d’accord, je voulais bien le croire. A condition qu’il s’explique bien sûr.

Néanmoins, j’avoue qu’avec un tel regard et une telle conviction dans la voix, l’accuser sembler être un acte éhonté et odieux ! Ses yeux se paraient parfois d’une telle intensité… C’était si lumineux, si envoûtants ! On lui aurait donné le bon dieu sans confession, je vous promets. Et moi, je ne combattais pas contre ça. J’attendais patiemment juste. Tout en… espérant ? … oui je crois que j’espérais véritablement qu’il avait une justification parce que jusqu’ici ça ne semblait pas très clair. C’est bête de prendre à cœur une histoire aussi futile et débile, non ? Mais l’idée qu’il me mente était décevante, je n’y pouvais rien !



« - … J’ai dit que je m’en voulais de t’avoir raté enfilant mon cadeau, nuance… » M'expliqua-t-il en guise de conclusion avec une désinvolture aberrante, tout en arquant un sourcil.


Que… ? Je ne… Quoi ?! Il n’avait quand même pas dit ça ?! Il… il ne pouvait pas avoir dit ça, sérieux ! Encore moins sur ce ton là ! … Et pourtant si… Il venait de reconnaître sans la moindre honte et avec une parfaite nonchalance qu’il aurait voulu me voir « enfiler son cadeau »… Autrement dit, que je me change devant lui… Mais bien sûr hein ! Je pouvais aussi faire un striptease si ça pouvais lui faire plaisir ! Non mais franchement ! J’hallucinais carrément là ! … Ce qui devait être assez visible, soit dit en passant.
A croire qu’il ne se rendait pas compte lui de ce que ça impliquait… de ce que ça sous-entendait. Et ne me dîtes pas qu’il disait ça sans avoir conscience que ça allait m’achever à grand coup d’embarras dans la tête, hein, je ne vous croirez pas !

Waouh… Trop d’honnêteté, tuait l’honnêteté. Soudain, je regrettais amèrement d’avoir exigé des explications. Le mystère était indéniablement plus plaisant que cette réplique ! J’avais voulu la vérité et bien j’étais servie. Il ne m’avait pas « déçu » ça c’est sûr… mais il avait fais bien pire… Le mensonge était une hypothèse préférable à cette réalité-ci ! Encore une fois sa sincérité s’avérait excessive, désagréable et… « tétanisante ».
Oh bon sang, je n’arrivais pas à croire qu’il avait dis ça ! C’était… affreusement déplacé ! Plus encore que son « avec une grande sœur aussi délicieuse » ! … Bien plus !
Ça ne le choquait pas lui de me balancer ça en pleine tronche ?! … Apparemment pas, il continuait à avancer l’air de rien alors que moi je m’étais figée sur le coup de la stupéfaction. Il était extraordinaire ce type… et pas dans le meilleur sens vis-à-vis de ça.

Pfou… l’embarras se disputait la première place avec l’offense là… Je ne savais pas si je devais en rire ou m’en sentir totalement outragée. Une chose était certaine, j’avais une fois encore envie de disparaître. Je me sentais vraiment… pas à l’aise ! Quel euphémisme… Oh, il m’avait déjà mis mal à l’aise certes mais… là j’avoue qu’il faisait très fort. Je me sentais au moins aussi minuscule et humiliée qu’après l’avoir embrassé, c’est vous dire ! Rah ! Il n’avait pas le droit de lâcher ce genre de chose et encore moins avec une telle indifférence ! C’était rageant et… ultimement gênant ! Moi en tout cas, je ne regrettais pas qu’il ait manqué ce « spectacle »…
Il… il oubliait où était sa place, bordel ! Je veux dire il était le frère de mon petit-ami ! Fallait-il que je le lui rappelle ?! Alors non, je suis désolée, mais il n’avait pas le droit de dire ça, pas comme ça, pas à moi. Je veux dire… moi, j’étais déjà prise et puis… Grr ! Il m’aurait dit, « J’aurais aimé te voir en sous-vêtements. » que ça n’aurait pas fais grande différence ! C’était tellement… tellement indécent !

Et voilà, envolée la minute de sérénité… Dommage… Elle n’avait pas été bien longue… Je me sentais même totalement nerveuse et affreusement gênée. Estomaquée aussi tant ça me semblait irréel. Quel être humain mentalement sain se serait permit une telle réplique ?! … Lui, malheureusement…
En tout cas, c’était fin, je vous l’accorde. Il jouait habilement sur les mots, je le lui reconnaissais. « Me voir enfilant la robe »… non mais j’vous en foutrez moi ! … Je ne sais pas s’il s’en voulait d’avoir manqué ça mais moi je lui en voulais de l’admettre de la sorte avec un tel manque de pudeur… et de respect la mienne.

Médusée, je le fixais avec une incrédulité et une note… même toute une partition à ce niveau là, de réprobation. Les sourcils froncés et les lèvres entrouvertes en un reproche qui ne venait pourtant pas, j’hésitais quand au comportement à adopter. Ma bouche se pinça en un début de phrase avant d’y renoncer, indécise. Tout ce que j’aurais pu dire n’aurait fais qu’accentuer mon malaise, c’était évident… Et lui il semblait tellement innocent lui, ne semblant pas du tout affecté par ce qu’il les bêtises qu’il venait de proférer. Remarquez, j’avais bien assez honte pour deux.
Froissée et tendue à l’extrême, je détournai mes yeux de lui, les posant sur la droit et laissai ensuite un rire nerveux et perplexe, dénué de toute joie ou de tout amusement, qui n’était destiné qu’à moi, m’échapper même s’il était presque inaudible, à tel point qu’il était tout à fait probable qu’il ne l’ait pas entendu.

Désireuse de ne pas me laisser distancer, je me remis en marche, accélérant l’allure pour pouvoir le rejoindre. Heureusement, il n’avait pas pris beaucoup d’avance et je m’étais ressaisie admirablement vite. Plus vite que ce à quoi je me serais attendue. L’avantage de l’habitude, je présume. Par contre… bon sang, il m’envoyait ça dans la tête et j’étais encore obligée de lui « courir » après… C’était limite dégradant !
Arrivée à sa hauteur, je lui offris un regard en biais assez contrarié avant de le poser droit devant moi, avec une indifférence calculée… un peu comme celle que je lui avais offerte samedi. En même temps, il le cherchait. Il s’excusait mais recommençait, en pire qui plus est, trois jours plus tard !

Je le snobais ainsi pendant près d’une minute, espérant qu’il prendrait la parole… que mon comportement suffirait à lui faire comprendre combien je trouvais le sien malvenu et déplacé. Toutefois, j’acquis assez vite la certitude que je pouvais toujours attendre si je souhaitais des excuses. Il ne semblait pas motivé à reprendre la parole donc… c’était à moi de briser ce silence pesant qui nous envelopper mais qui ne semblait pas le gêner outre mesure. Et ça m’énervait de ne pas être simplement capable de l’ignorer ! De ma taire… même pendant le quart d’heure à venir s’il le fallait ! Je… je n’y arrivais pas juste…
En le réalisant une moue agacée traversa mes traits avant que je n’abdique, levant les yeux au ciel brièvement. C’est bon, il avait gagné, c’était moi qui allait faire en sorte de rouvrir le dialogue… mais il ne le méritait pas !


« - Okay, heum… » Commençais-je, hésitant encore à quoi dire.


Abandonnant définitivement la lutte, je portais sur lui un regard troublé mais visiblement désapprobateur.


« - Je sais bien que c’est moi qui voulait la vérité mais… c’était totalement déplacé de dire ça. » Déclarais-je à brûle-pourpoint sur le ton de l’évidence plus que sur celui de la réprimande, avant de planter mon regard intransigeant dans le sien.


Je restais ainsi un instant, silencieuse mais sans ciller, avant de reprendre. Pour une fois, je me sentais réellement maîtresse de cet échange… ce qui était sans doute uniquement dans ma tête et ce à cause de ma contrariété.


« - Cela dit, je vais encore faire l’effort d’oublier que tu as dis ce que tu viens de dire… » Poursuivis-je, estimant que je lui faisais là une nouvelle faveur. « - … Ne serait-ce que pour Stefan. » Précisais-je, désireuse de remettre les choses dans leur contexte.


Autrement dit : « Je n’ai aucune envie de me prendre la tête avec le frère de mon cher et tendre.»
Le « encore » valait juste pour le dîner de samedi dernier où il avait lui-même admis avoir dit quelque chose de déplacé. A croire qu’il ne faisait pas ça consciemment… que les vérités sortaient malgré lui de sa bouche… Et la dernière en date, je redoutais réellement son côté « véritable » justement… Je n’avais aucune envie qu’il souhaite me voir enfiler quoi que ce soit ! Cette idée suffisait à me faire tressaillir honnêtement !

Je me résignai ensuite à baisser les yeux, me sentant soudain en proie à une certaine lassitude qui me fit dire que cette journée avait décidé d’être pénible jusqu’au bout, avant de détourner carrément la tête avec un minuscule soupir quasi-inaudible.
Je conservais le silence une ou deux secondes, méditant sur ce qu’il venait de se produire, avant de secouer la tête, entre perplexité et une forme d’amusement, même si amusement est un bien grand mot dans ces conditions, mes paupières se fermant l’espace d’une seconde.


« - Tu dis toujours tout ce que tu pense hein… ? » Annonçais-je, plus comme si j’énonçais une déduction qu’une question.


Je lui jetai un coup d’œil tandis qu’un sourire désabusé prenait place sur mes lèvres.


« - … Stefan et toi n’avaient décidemment pas grand chose en commun… » Soufflais-je plus pour moi-même que pour lui, sans le regarder, les prunelles perdues dans le vague.


Je le pensais. D’ailleurs, c’était au delà de ça. C’était la stricte vérité. Même si cette phrase n’était une critique pour personne. Un simple constat voilà tout… Mon bien aimé voulait tellement tout m’épargner… quand lui prenait un malin plaisir à me décontenancer… du moins le semblait-il. Existait-il un mixe des deux ? … Parce que si oui, alors il aurait sans doute été l’homme idéal ! Le mien du moins… car entre ces deux extrêmes, j’avais bien du mal à ne pas perdre pieds…
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Damon Whitehorth

Damon Whitehorth

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyJeu 29 Oct - 19:19

J’avais été sincère… après tout, c’était elle qui l’avait voulu non… ? J’veux dire, elle avait insisté, elle voulait connaître la vérité, que je réponde franchement à sa question… alors elle n’allait quand même pas me tenir rigueur de ça, si… ?
Sincèrement, ça aurait été profondément débile d’agir ainsi… elle l’avait voulu, elle l’avait eu… les gens n’étaient pas croyables quand même… en règle générale, ils se plaignaient quand on leur mentait, mais ils se plaignaient aussi quand on était trop francs… à croire qu’ils ne voulaient jamais rien entendre… un ami muet leur aurait sans doute convenu sans problème… enfin bon, on ne refaisait pas le monde malheureusement, et les gens seraient sans doute toujours ainsi… dommage.

Mais… comment elle allait réagir… ? Je n’en savais vraiment rien du tout là… j’avais bien quelques idées mais… elle avait tendance à devenir assez imprévisible elle aussi, un peu comme moi, à un degré moindre bien sûr hein… donc je ne me prononçais pas, je préférais plutôt attendre de voir… je finirais bien par être fixée… quand elle dirait quelque chose par exemple…

Mais… comment ça je n’étais pas gêné ?! Je n’avais strictement rien fait ! Elle voulait la vérité hein, et bien je la lui avais servie sur un plateau… elle me plaisait, c’était indéniable, et je ne prétendais pas le contraire… elle était canon… franchement, qui n’aurait pas eu envie de la mater se changer… pas moi… pas Tyler ni Yorte, euh Yorke, je veux dire… tous les mecs que j’avais côtoyé jusqu’à présent semblaient plutôt intéressés par la belle… et notamment par son cul, si je prenais en compte les remarques de Yorke et la main baladeuse de ce minable de Tyler… même si en la matière, il avait beaucoup à apprendre, j’avais déjà fait beaucoup mieux, et sans déclencher la fureur de la belle… tout ça grâce à ma « transformation » en Stefan… que je réitérerais à l’occasion… c’est vrai, il était pour l’instant ma seule chance de toucher la demoiselle sans avoir à en craindre la furie… ce qui était un bonus particulièrement bon et facile à atteindre… j’appréciais énormément.

Tout ça pour dire que oui, elle était canon, et ceci n’avait rien à voir avec moi… on pouvait m’accuser de n’importe quoi, mais le joli corps qui était le sien… je n’y étais pour rien moi, franchement… je ne l’avais pas mise au monde, même si je serais ravi d’être son second père… de la faire naitre… du côté obscur de la force… mais bref.
Ce que je veux dire, c’est que j’appréciais vraiment la demoiselle physiquement, mais où était le mal… ? Je n’avais rien fait de mauvais quand on y réfléchissait… et de semples mots ne pouvaient pas me faire cataloguer comme bon ou méchant… ce n’étaient que des mots enfin !

Du coup, je ne m’étais pas attardé… je savais que cette révélation n’allait pas la laisser de marbre, et même si j’aurais adoré la regarder perturbée par cette réplique, je devais jouer le jeu, faire comme si je n’avais rien dit… garder ma nonchalance et faire l’air de rien… C’était très important, même si ça me privait du joli spectacle qu’elle devait offrir…
Heureusement pour moi, elle ne comptait pas rester troublée trop longtemps… en effet, elle revint rapidement vers moi… à mon plus grand bonheur…
A croire qu’elle ne pouvait déjà plus se passer de moi… même me fuir, elle en était incapable… ah, pauvre enfant…

Elle me rejoignit donc, m’arrachant un sourire amusé que je camouflais bien vite, gardant mon expression tranquille. Elle marcha donc à mes côtés, mais… ne prononça pas le moindre mot… quoi c’était ma punition ? Oh chérie, c’était méchant de me priver de ta voix si sensuelle… franchement, ça se faisait pas quoi… mais bon… si elle voulait le silence très bien… je savais qu’elle craquerait avant moi, donc je n’avais pas peur… elle finirait par ouvrir de nouveau le dialogue, elle n’y pouvait rien, c’était… dans sa nature juste… moi, je n’avais qu’à patienter, même si j’avais bien envie de parler… il fallait que je gagne, il était important de toujours dominer l’échange…

Je laissais donc les secondes s’égrener… une… puis une autre… et encore une… je ne craignais pas la défaite… je gagnerais, elle céderait la première… c’était quasiment gagné d’avance… je prenais simplement mon mal en patience, me laissant bercer par la mélodie irrégulière de la respiration d’Elena et des battements de son cœur…
De ce fait, je ne prêtais pas tellement attention au temps qui passait, et qui lui semblait à elle, affreusement long… c’était tellement apaisant, ce qui était paradoxal puisque l’irrégularité du truc ne s’y prêtait pas vraiment…

Je la vis alors du coin de l’œil afficher une moue… assez peu contente… visiblement, j’avais déjà gagné… ce qui était frustrant en un sens puisque ça allait me priver de cet apaisant et insolite concerto… en même temps, d’un autre côté, j’étais content de célébrer intérieurement cette victoire, et le retour, incessamment sous peu, de sa voix diablement envoûtante…
Je ne m’intéressais à elle qu’avec des regards en coin, peu désireux de m’avouer « perdant » juste avant qu’elle ne prenne la parole… ça aurait été idiot…


« - Okay, heum… » Entama-t-elle avec hésitation, après avoir levé les yeux au ciel.


Bon, c’était un début… au moins, elle reconnaissait avoir perdu ce duel mental… elle avait besoin de parler, c’était indéniable… et elle y revenait, même si mes dernières paroles ne lui avaient pas plu…
Elle me fixa alors avec un regard clairement désapprobateur, qui me fit très légèrement tressaillir. Ouh, c’est qu’il fallait pas la chercher en plus la fille, elle était pas bien contente… moi qui pensais qu’elle le prendrait comme un compliment… tant pis, je crois que pour maintenant, c’était raté hein…


« - Je sais bien que c’est moi qui voulait la vérité mais… c’était totalement déplacé de dire ça. » Lança-t-elle, la voix dénuée de toute méchanceté, en plantant ses iris dans les miens.


Les billes noisettes de la demoiselle étaient toujours aussi éclatantes… et avec ce petit côté un peu… farouche, ça accentuait encore le phénomène… je les trouvais un tantinet enflammées, et j’avais vraiment envie de voir ce que ça donnerait dans une vraie rage… dans une colère totale… là, elle était encore trop contenue, la preuve, elle ne me le reprochait pas vraiment… elle disait simplement ça comme si c’était le sens commun, comme si tout le monde aurait du savoir que c’était déplacé ce genre de phrases…

Au moins, elle reconnaissait ses torts… elle « voulait la vérité », ce qui était assez cool à entendre, puisqu’elle ne me mettait pas tout sur le dos… Elle avait totalement raison d’ailleurs, c’était aussi sa faute… elle avait à tout prix voulu savoir et finalement, maintenant, elle se plaignait de la vérité qu’elle découvrait… quand je vous disais qu’elle savait pas ce qu’elle voulait… c’est comme avec Stefan… elle voulait bien savoir des choses de sa vie, mais elle n’aimait pas si ces choses étaient mauvaises… si elles ne lui convenaient pas… on voulait la vérité ou on ne la voulait pas… ça ne servait à rien de la réclamer si on était incapables de la supporter… franchement, c’était du n’importe quoi et… je trouvais ça particulièrement énervant…

Et elle se permettait de rester figée dans mon regard… honnêtement, elle croyait que ses prunelles pouvaient vraiment me faire oublier ma colère… ? Là, elle se fourrait le doigt dans l’œil… dans ses très jolis yeux d’ailleurs… des yeux vraiment… lumineux, brillants… hypnotisant presque… je… qu’est-ce que je disais déjà… ? Ah oui, ses yeux… ses yeux n’allaient pas me… oui, bon, vous l’aurez compris, je restais plongé dans mes yeux, suffisamment longtemps pour perdre le fil de ma pensée… elle était captivante quand elle faisait ça et… même en tant que vampire… j’étais captivé.


« - Cela dit, je vais encore faire l’effort d’oublier que tu as dit ce que tu viens de dire… » Ajouta-t-elle alors au bout d’une attente interminable.


Elle allait… oublier ce que je venais de dire… ?
Oh, mais Madame est trop bonne… quelle bonté d’âme, j’en chialerais… Non mais sérieux, elle se foutait de ma gueule ou quoi ?! Oublier… ? Quoi, elle pensait qu’en oubliant ce que j’avais dit, j’arrêterais de le penser… ? Non, je la trouvais canon, point. Qu’elle oublie ou pas ne ferait rien changer en moi… c’était débile…
Et au-delà de ça, ce qui m’énervait le plus, c’était justement cette manière de faire… j’étais le frère de son bien-aimé… je lui avais dit qu’elle était délicieuse, que c’était une œuvre d’art, et là que je l’aurais bien regarder se changer… et elle, elle oubliait ?! Ma parole, mais quand prenait-elle ses responsabilités ? Elle allait finir par m’en coller une dans la gueule ou quoi ?! Je trouvais rageant qu’elle ne réagisse pas… pas seulement par rapport à moi hein, mais… dans la vie de tous les jours… donc oui, j’aurais aimé qu’elle agisse, qu’elle relève au lieu d’oublier et qu’elle m’envoie chier, ou m’en colle une… A ce compte là, c’était à se demander si elle avait vraiment prévu d’en coller une à Tyler… peut-être qu’elle se serait laisser ploter jusqu’à la sortie du Grill, et qu’elle aurait « oublié », idem pour l’attitude de la blondasse ou les regards des deux autres abrutis…
Elle ne pouvait pas prendre les problèmes à bras-le-corps au lieu de les éviter sans arrêt… parfois il fallait s’occuper des choses au lieu de toujours laisser passer… et son côté « hippie pacifiste » m’irritait franchement là…


« - … Ne serait-ce que pour Stefan. » Crut-elle bon d’ajouter pour explication.


Comme si j’avais besoin d’entendre ça, honnêtement… je fais des efforts, mais c’est seulement pour ton frère, parce que toi, t’es qu’un gros connard, et j’en ai rien à foutre de toi…
Toujours sympa à entendre hein… oh, quel amour pour Stefan… parce qu’elle croyait me faire gober qu’elle était amoureuse de ce mec là, non mais je rêvais complètement là… fallait pas halluciner non plus et… il était clair qu’elle en faisait toujours trop avec son misérable Stefan… ce qui ne m’étonnait pas vu la niaiserie de leur relation…
En tout cas, je trouvais ça aussi rageant que crétin… sa réaction… à croire qu’elle oubliait n’importe quoi venant de moi pour ne pas faire d’histoires avec Stefan… oh, bah si c’était comme ça, fallait le dire tout de suite, j’aurais aucun scrupule à te sauter dans la ruelle qu’on vient de passer… après tout, on savait que tu oublierais pour pas faire d’histoires… alors j’avais pas de raison de me priver hein…

Elle baissa finalement les yeux, me frustrant encore un peu plus, avant de carrément détourner la tête… bah oui, si j’te fais chier, dis-le hein !
Grr… je la détestais… comment osait-elle me traiter ainsi… ? Je me comportais avec elle mieux que je ne m’étais jamais comporté avec personne… depuis ma transformation… et elle était encore pas contente ?! Peut-être qu’en sachant notre secret et mes exploits, elle aurait considéré ma façon d’être avec elle d’un œil différent… mais je n’étais pas vraiment prêt à lui révéler ça… je n’allais pas mâcher tout le travail à Stefan… il lui mentait depuis des mois, alors ce serait plus drôle de le laisser se mettre dans la lumière tout seul…


« - Tu dis toujours tout ce que tu penses hein… ? » Annonça-t-elle avec un sourire désabusé.


Je me sentais vaguement coupable soudain… je… je n’avais pas voulu la blesser… mais… elle semblait si mal soudain… à croire que j’en avais rajouté à son malheur déjà conséquent… je… j’avais voulu simplement lui dire la vérité… et… et la faire réagir, lui faire prendre conscience qu’elle devait réagir parfois, et ne pas toujours laisser couler aussi facilement… qu’il y avait des choses qu’on ne pouvait pas laisser passer… des fois où l’on se devait d’agir, de… se révolter en quelque sorte… et on ne pouvait pas passer outre simplement pour éviter un possible conflit avec une personne… il ne fallait pas se montrer si faible, et qu’elle le fasse… m’énervait… à croire que ça devenait une habitude sur ces dernières secondes…
Alors oui, je disais toujours ce que je pensais… c’était ainsi que je fonctionnais… je n’étais pas un menteur, et ma plus grosse qualité, comme mon plus grand défaut, était sans aucun doute mon incroyable honnêteté… qui pouvait être très bien ou très mauvaise… c’était un duel de tous les instants, et chacun le percevait différemment suivant les situations…


« - … Stefan et toi n’avaient décidemment pas grand chose en commun… » Laissa-t-elle échapper le regard dans le vague.



Bien sûr que non ! Bien sûr que nous n’avons rien en commun… il était le jour et moi la nuit, je ne dirai pas le bien et le mal, puisque nous n’avions pas exactement la même notion et que nous nous jugions tous deux mauvais pour des actes passés… ou présents.
Mais elle marquait véritablement un point… nous n’avions pas grand-chose en commun… j’espérais que ce n’était pas une critique masquée pour me faire comprendre qu’il était mieux que moi… j’en doutais, ce n’était pas son genre mais… je le prenais assez mal pour être honnête… même si ça m’arracha un sourire amusé… effectivement, c’était presque comique… que deux personnes si similaires physiquement soient si différentes mentalement…


« - Pas grand-chose non… » Soufflais-je immédiatement, faisant écho à sa réplique, le regard un peu dans le vide moi aussi.


Qui vous dit que je me remémorais des scènes du passé ?! P… pas du tout ! Comme si j’avais que ça a faire, franchement… bon d’accord, j’avoue… j’avais eu une petite pensée pour les nous humains, les nous enfants, qui s’entendaient si bien… si proches l’un de l’autre… Maintenant, tout était si différent… mais pour ma part je ne regrettais rien… je regrettais seulement de ne pas avoir su l’empêcher de tuer Elisabeth… mais mes reproches étaient tout dirigés vers lui, et absolument pas dans ma direction… du moins de mon point de vue…
Je posais alors mes yeux sur elle, un air neutre aux traits.


« - Mais… tu préférerais que je te mente… ? Si c’est le cas, dis-le moi. » Lâchais-je, sans ciller. « - Vu la façon de se comporter des autres, je me suis dit qu’un peu de sincérité ne te ferait pas de mal… » Poursuivis-je, un peu moins neutre, ma colère contenue s’échappant juste un tout petit peu.


C’était la stricte vérité quoi ! Les autres se foutaient d’elle… ils voyaient bien qu’elle allait mal, que ça n’allait même pas du tout, et ils faisaient semblant de ne pas le voir… parce qu’il fallait être sourd pour ne pas entendre son appel au secours… eux ils faisaient genre de rien, et Stefan le premier, ignorant son mal-être… et je trouvais ça tellement frustrant… presque autant que sa façon d’oublier les choses susceptibles de fâcher… je ne comptais d’ailleurs pas la lâcher tout de suite…


« - A quoi tu crois que ça va servir d’oublier toutes les choses fâcheuses… ? » Commençais-je, avec un grand sérieux. « - Tu ne pouvais pas m’en coller une pour régler cette histoire ?! » M’emportais-je légèrement, contrarié, une pointe d’incompréhension dans le regard. « - Oublier les problèmes ne les fera pas disparaître Elena… » Achevais-je en plantant mon regard compatissant mais décidé dans le sien.


Je…
Je ne lui voulais tellement pas de mal là… je voulais seulement lui faire comprendre… je… n’étais pas du côté de l’ennemi… je crois… j’étais de son côté… j’aurais juste aimé qu’elle prenne ça à cœur… qu’elle réagisse… elle laissait tout passer… et je voulais tellement la voir agir, ne plus se laisser marcher sur les pieds… qu’elle n’hésite pas à remballer ceux qui l’emmerdaient… donc oui, en plus d’être sincère, j’aurais quand même aimé qu’elle m’envoie bouler, qu’elle m’en mette une…
Même si… je ne savais plus trop si ça faisait partie de mon rôle ou si… je me laissais piéger, trop pris par mon propre jeu…

Quoiqu’il en soit, je n’aimais pas qu’elle élude… et je le lui avais fait comprendre… même si cette réplique avait sans doute… dévoilé pourquoi j’avais fait ça… quel gros crétin…
Un peu atterré par la façon que j’avais eu de réagir face à tout ça… et comme ça m’avait « atteint » – bien plus que prévu – bêtement, je m’interdisais toutefois de lui montrer ma légère confusion, gardant ce regard compatissant, alors qu'un sourire un tantinet désabusé commençait à étirer mes lèvres.


« - Ça te déçoit hein… ? Que je ne sois pas comme Stefan… » Soufflais-je, en détournant les yeux et la tête, l’air… légèrement triste… jeu ou réalité… ? Jeu bien sûr, comment avez-vous pu y croire ?!
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Elena Winters

Elena Winters

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptySam 31 Oct - 1:35

Tout avait dérapé… encore une fois. Si vous voulez mon avis, c’était un peu trop souvent le cas ces temps-ci… et presque toujours à cause de Damon. Et je détestais ça… ne pas avoir de prise sur la situation, me laisser si facilement déborder… Oh je ne dis pas, ça avait aussi le don de pimenter votre existence mais… je n’étais pas certaine que j’aspirais à la rendre mouvementée moi. Mon existence, je veux dire. Après ce qui était arrivé, je ne souhaitais qu’un peu de tranquillité et de normalité, moi. A croire que c’était déjà trop demander.
Les frères Whitehorth ne semblaient pas désireux de me laisser souffler eux alors… je devais faire avec. Je n’allais pas non plus me plaindre de leur présence dans ma vie hein… Bah oui, même s’ils étaient affreusement complexes et me créaient bien des soucis, je ne pouvais tout bonnement pas regretter. Que voulez-vous, je les aimais moi… Enfin ! Non ! J’aimais Stefan… quant à son jumeau je… je l’aimais bien, juste bien… enfin je crois… peut-être… je ne sais pas… Parfois oui, parfois non, dirons-nous. Je ne savais pas encore me prononcer. Mais à cet instant précis, j’étais quelque part entre ces deux réponses.

Pff… Entre le garçon légèrement introverti qui avait si souvent l’air malheureux et qui dissimulait une sensibilité énorme et l’extraverti qui semblait toujours si sûr de lui, limite arrogant… mais qui changeait du tout au tout en une seconde à peine… faîtes votre choix ! … Et j’avais fais mon choix, hein ! N’allez pas vous mettre à croire que j’envisageais que les choses… soient différentes de ce qu’elles étaient. C’était très bien ainsi…
Non ce que je veux dire c’était que c’était compliqué de s’y retrouver dans tout ça, j’étais toujours contrainte de passer du chaud au froid avec ces deux là… Cependant une part de moi avait la dérangeante impression que la solution était toute simple en vérité… que ça n’aurait pas du me paraître aussi difficile, aussi troublant. Et ça m’agaçait car je ne la trouvais toujours pas, puisque soyons clairs, rompre avec Stefan et couper les ponts avec tout ce qui pouvait me le rappeler n’était tout simplement pas une option… pas envisageable du tout.

Bref, tout ça pour dire que dans ces moments là, je me sentais impuissante. Je ne pouvais que tenter d’amoindrir les dégâts et je n’aimais pas avoir à faire ça. C’était dingue comme je n’avais aucun contrôle sur rien quand le jeune homme était dans les parages ! Ça en était flippant, sérieux ! J’avais l’impression de ne pouvoir rien faire d’autre que de subir, comme quand il m’avait pris dans ses bras par exemple, et… je n’appréciais pas des masses cette position de faiblesse. J’encaissais, incapable de faire autrement… et c’était relativement désagréable, croyez-moi ! … C’est vrai, j’avais toujours l’impression qu’il dominait, maîtrisait tout sur tout… un phénomène où ses expressions régulièrement supérieures et assurées n’étaient certainement pas étrangères, d’ailleurs.

En tout cas, c’était un peu différent de d’habitude là. En général, même s’il y avait bien quelques exceptions, j’étais mal à l’aise parce qu’il disait des choses difficiles à entendre mais qui concernaient presque toujours Stefan. Son honnêteté d’ordinaire se retournait plus contre son jumeau que contre moi au final… Sauf que là, la conversation ne portait que sur lui et moi… surtout sur moi d’ailleurs. Et son trop plein de franchise venait clairement de me mettre à mal. Je ne savais toujours pas comment j’étais censée prendre ça mais… je ne le prenais pas bien, ça c’est sûr. Même si j’étais en partie responsable d’avoir réclamé la réponse, je ne pouvais pas faire autrement que de lui reprocher ses propos malvenus et irrévérencieux. Il n’avait pas à dire ça, c’était une affaire entendue. C’était gênant et déplacé et… même vis-à-vis de son frère ce… n’était pas bien. Evidemment, ça ne restait que des mots mais… ce qu’ils étaient susceptibles de sous-entendre m’embarrassait et m’effrayait légèrement.

Est-ce que j’étais censée comprendre que… je lui plaisais ? Physiquement du moins… En réalité, ça semblait assez évident là mais… ça m’ennuyait d’y croire – qui a dit que je faisais l’autruche encore une fois ?! – … autant que ça me paraissait prétentieux. Toutefois, reconnaissez que ses dires pouvaient prêter à confusion. C’était assez ambigu quand même ! … Il me qualifiait de délicieuse, d’œuvre d’art et… puis maintenant ça… Sans parler de l’intensité de certains de ses regards… Je ne savais plus où me mettre maintenant ! C’est vrai, je n’avais aucune envie d’être à son goût ! C’était déjà suffisamment tendu entre Stefan et lui. Et au-delà de ça… l’idée d’une relation avec lui… ou un autre d’ailleurs, était exclue. Ce qu’il devait savoir. C’était bien la seule chose de rassurante dans l’histoire. Il savait parfaitement à quoi s’en tenir avec moi. Personne ne se faisait de faux espoirs me concernant. J’étais dévouée corps et âme à Stefan moi et c’était une vérité que tous acceptaient comme acquise.

Toujours est-il que j’étais… froissée. Bien sûr, je lui avais assuré être prête à passer outre mais… je n’aimais pas du tout ça. Devoir faire semblant… C’était difficile pour moi et ça demandait beaucoup d’efforts alors… j’espérais qu’il apprécierait le geste. Un geste que je faisais un peu plus souvent qu’à mon tour ces derniers temps. Fermer les yeux, m’atteler à oublier, je veux dire… Parce que je pensais n’avoir pas d’autres choix… et que je n’étais pas certaine d’être prête à assumer tout ça. Ne plus me mettre la tête dans le sable sur la barrière qui me séparait de mon cher Stefan, par exemple… Si je faisais ça, j’avais tellement peur de ce qui pourrait alors arriver.
Là c’était pareil, si je me mettais à l’engueuler comme j’aurais du le faire et comme j’avais été furieusement tenté de le faire… je… disons que je n’étais pas certaine de pouvoir prendre le risque. C’était peut-être un peu lâche ou un peu trop facile mais… je n’avais aucune envie de me fâcher avec lui… pour tout un tas de raisons. Stefan n’en était qu’une parmi d’autres. D’ailleurs m’étais avis qu’il était le genre de garçon à avoir toujours le dessus dans une dispute.

Rah ! Je bouillais au-dedans. Pas forcément de colère hein… Non, je bouillais de tous un tas de sentiments confus et indéchiffrables. Vivement ce soir que je me couche décidemment ! Mais avant ça, il me faudrait encore soutenir cette conversation étrange… Allez courage, je sais que tu peux le faire, Elena !
Toutefois, je redoutais réellement la répartie qui s’apprêtait à tomber. Je venais de clore mon tour d’action en niant toute ressemblance mentale entre lui et son frère et… même si je le pensais sincèrement et que je n’avais pas l’impression d’avoir dit ou fait quelque chose de mal – contrairement à lui – … j’appréhendais le sien. Prédire sa réaction ? J’en étais bien incapable. Je ne pouvais qu’attendre. Et c’est donc ce que je faisais, le regard un peu perdu au même titre que mon esprit qui vagabondait de rêveries et rêveries… ou plutôt de « cauchemarderies » en « cauchemarderies ». Toutefois sa voix résonna très rapidement après la mienne, m’empêchant de m’égarer dans les méandres de la confusion la plus dense.



« - Pas grand-chose non… »


Mes prunelles se posèrent sur lui, un peu troublée que j’étais par le ton qu’il avait employé. Et allant de paire avec celui-ci, je pu constater que son regard ressemblait au mien quelque seconde plutôt. Vague… un peu absent comme… éteint. Cela dit, ce fut très bref… mais pas suffisamment pour ne pas faire poindre en moi l’ébauche de la culpabilité. Il affichait aussi cette espèce de sourire que je ne savais définir et qui semblait quelque part entre un amusement pourtant bien peu joyeux et une indicible lassitude. Une expression que j’aurais préféré ne pas lui connaître, je crois.
Je n’avais pourtant fais qu’énoncer une indéniable réalité non ? Ses propos étaient déplacés mais je ne tenais pas à me braquer pour autant. Il disait toujours ce qu’il pensait et ne ressemblait pas beaucoup à Stefan. Qui avait-il de mal là-dedans ? Je ne l’avais même pas accusé de quoi que ce soit ! Et Dieu sait que j’aurais pu… alors pourquoi semblait-il si distant soudain ?

Je… je ne comprenais pas. Est-ce que je… l’avais blessé ? … Si tel était le cas ce n’était véritablement pas mon intention… Grr ! C’était… chiant ! Pourquoi cette hypothèse m’atteignait de la sorte ? Après tout, il aurait bien mérité de culpabiliser un peu, non ?! C’était la moindre des choses après avoir balancé une réplique pareille… Alors pourquoi est-ce que c’était moi qui était soumise à ce ridicule ressenti, aussi illogique qu’aberrant dans ma position ?! Ça n’avait pas beaucoup de sens.
De toute évidence, Damon était ce genre de personne dont la tristesse s’insinuait en vous à tel point que vous vous retrouviez dans un état de détresse tout aussi conséquent que le sien. Vous savez, de ces gens qui dès qu’ils se mettent à pleurer vous font aussitôt les imiter… Là-dessus, il était bien comme Stefan. Dès que j’avais l’impression qu’il souffrait, je ne pouvais empêcher mon empathie. Ce qui ne me facilitait pas toujours les choses. Lui en vouloir devenait assez ardu dans ces conditions, vous imaginez bien. Hélas avec son jumeau ça semblait être un peu la même chose. A croire que c’était physique chez eux !
Enfin, je dis tout ça mais… il n’avait pas l’air vraiment triste non plus. C’était même assez minime comparé à ce que j’avais perçu lors de notre conversation dans la cuisine. Non, il paraissait juste un peu… mélancolique ? Mais ça suffisait malgré tout à me faire me poser des questions sur la légitimité de mes propos précédents.

En tout cas, il le reconnaissait sans trop de mal. Lui et Stefan, c’était un peu le jour et la nuit mentalement. Ne l’avait-il pas déjà dit ? « Parfois, j’aimerais qu’on se ressemble un peu plus lui et moi… »… Et moi, est-ce que j’aurais préféré ? Non, je ne pense pas. Leurs similitudes physiques étaient suffisamment troublantes comme ça. Au moins, le fait qu’ils soient si dissemblables de caractère m’aidait à faire la part des choses. Je ne pouvais pas me tromper là-dessus. Dès que Damon ouvrait la bouche, il n’était pas bien difficile de réaliser qu’il ne s’agissait pas de mon cher et tendre. Et c’était tant mieux en ce sens là. Une conviction dont il n’allait pas tarder à m’apporter une preuve supplémentaire.
En effet, le jeune garçon posa finalement son regard sur moi… un regard d’une neutralité que je lui avais déjà vue – en pire même lorsqu’il m’avait demandé si je mentais à tout le monde en les regardant dans les yeux ou si c’était un privilège que je lui réservais – mais qui me déplaisait nettement. Et la suite n’allait rien arranger. Admirez un peu :



« - Mais… tu préférerais que je te mente… ? Si c’est le cas, dis-le moi. » Lâcha-t-il sans ciller avec un calme olympien que je ne pouvais que lui envier.


… Et bien, je… Peut-être… Non. Je ne sais pas… Honnêtement, il n’y avait juste aucune réponse à cette question ! Parce qu’évidemment que je préférais qu’il soit honnête mais en parallèle si ça signifiait entendre des choses comme ça… ce n’était peut-être pas l’idéal quoi. N’avais-je donc pas droit à un entre deux ? … La vérité mais émise avec tact et parcimonie ? Qu’il ne dise pas toujours tout mais que quand il le fasse ce soit sincère, en résumé… C’était peut-être beaucoup lui demander mais… c’était pourtant ce que les gens faisaient en général non ? Néanmoins, je ne pouvais pas exiger de lui qu’il… je ne pouvais même rien exiger de lui du tout. Et m’était avis qu’il n’était pas le genre de garçon à changer pour les beaux yeux de quelqu’un. Apparemment, je devais l’accepter complètement et pas seulement à moitié… son honnêteté, je veux dire. C’était tout ou rien et il me le faisait comprendre assez clairement là.

Vous l’aurez compris mon avis était relativement paradoxal pour le coup et… j’aurais bien été incapable de dire quoi que ce soit. C’était comme pour Stefan… je voulais qu’il se montre franc mais la façon dont il l’avait été au centre commercial – Si si vous savez, avec la laideur de mon tee-shirt et tout ça… notamment le fait qu’il ne voulait pas me parler de ces bagues et par conséquent d’Elisabeth – m’avait foncièrement déplu. Bon, je mettrais de côté le mensonge qu’il avait proféré juste après sur le côté babiole de son anneau pour ne conserver que sa sincérité exacerbée de ce jour là. Une sincérité qui m’inspirait une dualité assez perturbante mais… humaine finalement. Vouloir la vérité mais enrager quand elle était dérangeante… c’était assez naturel, non ? Pas forcément très responsable ou très courageux mais c’était ainsi. Il y avait des choses qu’on préférait ne pas entendre tout comme il y en avait qu’on préférait taire.

Toutes les vérités n’étaient pas bonnes à dire. Une conviction que j’avais depuis un bon bout de temps maintenant mais qu’il ne semblait pas partager hélas. « Ça ne va pas » n’en était qu’un exemple parmi d’autres pour moi… C’était la seule réponse qui me venait en tout cas. Lui dire que la vérité était délicieuse si elle restait tempérée… qu’on pouvait vite en faire une indigestion à trop forte dose…
Néanmoins, je ne me sentais pas la force de répliquer… aussi restais-je sans réaction, mes certitudes se distillant dans le bleu de son regard. A vrai dire, je me sentais un peu minable soudain. Je prenais cette phrase assez mal… un peu comme une accusation et ce malgré son ton très posé et ses iris presque inexpressifs. Il semblait me reprocher de m’effaroucher face à la vérité et… je ne savais pas comment me comporter. Oh, peut-être que je m’imaginais des choses, que mon état d’agitation intérieur voyait une critique dans une question innocente qui ne voulait rien dire d’autre que ce qu’elle disait, peut-être était-il sérieux et voulait-il réellement que je lui dise si je préférais qu’il me mente… Mais j’avais du mal à me le faire croire. Déjà parce que… qui aurait posé cette question en s’attendant vraiment à une réponse ? Que je dise oui ou non j’étais piégée, il devait bien le savoir… parce que moi… moi je ne savais pas dire ce que je voulais le plus. Etre épargnée de ce genre de réplique ou une totale sincérité ? … Un choix que j’étais pour l’heure incapable de faire.

Le pire là-dedans c’est qu’il avait raison sur ce point précis. La vérité n’était pas toujours rose et belle alors… il fallait l’accepter toute entière ou pas du tout. Piocher ce qui nous plaisait dans la vérité n’était pas… très véritable justement. Sauf que… qui de nos jours ne faisait pas ça franchement ?! Personne que je connaissais en tout cas. Hormis lui, peut-être même si je ne pouvais pas encore l’affirmer. C’est vrai, il était très fort pour la dire mais qu’en était-il de l’endurer ? J’aurais été curieuse de voir ça…
Bref, je reprochais à Stefan de ne pas m’en dire assez et à lui de m’en dire trop. A croire que je n’étais jamais bien contente – qui à dit que j’étais une éternelle insatisfaite ?! – … ou qu’eux étaient incapables de trouver un juste milieu…

Je… je savais bien que je comptais sur sa franchise mais… comment espérait-il que j’allais prendre ça aussi ?! Il était le frère de Stefan et se permettait beaucoup trop de choses ! … Il disait des choses qui pouvaient sous-entendre que j’étais physiquement à son goût alors bien sûr que je le lui reprochais ! Et encore, je n’avais rien dis sur la façon dont il m’avait pris dans ses bras… puisque j’étais toujours incapable de lui en tenir vraiment rigueur et que ça aurait eu tendance à m’adoucir plutôt qu’à me renforcer… ça allait plus dans son sens que dans le mien alors j’évitais de… d’y penser. Une fois de plus.
Mais ce que je voulais dire c’était que je ne pouvais pas non plus le prendre avec le sourire et m’en amuser. Dans ces conditions, j’aurais été coupable autant que lui. Non, le mieux à faire c’était de fermer les yeux et faire mine de rien… d’essayer du moins, histoire qu’il ne revienne pas sur le sujet. Comme je l’avais déjà dis, je répugnais à me prendre la tête avec lui malgré la rancœur – sans doute trop infime pour l’affront subit – que j’éprouvais.

Rah ! J’avais l’impression que mon discours était parfaitement justifié mais brutalement je commençais à en douter… et je le maudissais de parvenir à me faire remettre en cause ma « colère » et ma réprobation. Comment s’y prenait-il ?! … Et encore, je n’avais pas tout vu… tout entendu plutôt :



« - Vu la façon de se comporter des autres, je me suis dit qu’un peu de sincérité ne te ferait pas de mal… » Poursuivit-il, son masque d’impassibilité commençant à s’effriter au profit de quelque chose de… tout aussi gênant mais de plus… sincère justement.


Il semblait… très très légèrement en colère. C’était presque imperceptible mais j’avais la conviction que c’était ce qu’il ressentait au fond de lui… même si je ne comprenais pas bien pourquoi. Il se contenait admirablement bien, dissimulant tout ça derrière sa neutralité mais… je le percevais pourtant sans trop de peine derrière ses mots à présent.
En un sens, je préférais ça… parce que ça faisait plus humain… Bon bien sûr, je n’allais pas me plaindre qu’il ne l’exprime pas ouvertement puisque je n’en aurais pas mené large s’il s’était mis à me crier dessus ou quoi mais… ça me renseignait sur un point. Il disait peut-être ce qu’il pensait mais pour ce qui était de son ressenti c’était un peu différent apparemment…

Néanmoins, son calme était tout à son honneur. En plus, s’il s’était énervé, je crois que j’aurais été incapable de ne pas l’imiter. Parce qu’à mes yeux, il n’avait aucune raison d’être fâché. Moi si. Mais ce n’était que mon humble avis. Qu’avais-je dis de mal au fond ? Strictement rien. Au contraire, j’avais plus été dans son sens que l’inverse. Je m’étais même retenu de lui dire franchement d’aller se faire voir. Alors que pouvait-il me reprocher ? Je m’étais montrée conciliante avec lui ! Plus que je ne l’aurais été envers n’importe qui d’autre, Stefan mis à part. Alors quoi ?
Enfin je dis ça mais peut-être n’aurais-je rien dis, me serais-je contentée d’attendre la fin de la tempête. Je ne pouvais pas vraiment être sûre de mes réactions et de mon sang-froid quand il était question de Damon. J’avais cette tendance à me sentir… vulnérable et qui me desservait régulièrement alors bon.

En outre, ce qu’il venait de dire me faisait me sentir pitoyable et… ça intensifiait le sentiment de culpabilité qui essayait de se frayer un chemin en moi. « Vu la façon de se comporter des autres » ? Il parlait de Tyler et de Caroline, là ? … Je ne… Je devais admettre que Tyler avait été un rustre de premier ordre et Caroline s’était montrée un peu trop intéressée mais… ce n’était que deux personnes, après tout. Je veux dire, je n’étais pas à plaindre en vérité. J’avais Mike et Libby et… le plus important, j’avais Stefan… Mais… oui. Oui un peu de sincérité ne faisait pas de mal sauf que… sa phrase en faisait par contre. Ne le comprenait-il pas ? Je ne lui reprochais pas sa sincérité, au fond… je lui reprochais plus de le penser que de le dire… J’aurais aimé qu’il le comprenne mais… et je ne pouvais pas non plus lui dire qu’il n’avait pas le droit de penser à moi « comme ça » !

Toutefois, je ne me sentais pas à mon aise… Il me disait ça comme si ses propos n’avaient rien de gênants, qu’il était totalement innocent, irréprochable et blanc comme neige, n’ayant fait que se montrer honnête ! Je savais que c’était dingue et hallucinant mais… je me sentais un peu responsable malgré tout. Il paraissait vouloir dire qu’il n’avait dit ça que pour se comporter mieux que les autres avec moi… ce qui me rappelait inévitablement à son « Désolé… Je suis désolé que tu sois si seule Elena ». Est-ce que ça le préoccupait vraiment ? … Cette nouvelle phrase semblait tendre à le confirmer et c’était limite touchant mais… Rah ! C’était à devenir fou cette histoire !

Oh en un sens, c’était vrai. Son honnêteté était un privilège qu’il était le seul à m’offrir sans conditions mais… je ne pouvais pas non plus le remercier d’avoir regretté de ne pas m’avoir vu me changer, tout de même ! Comme je venais de le dire, c’était qu’il l’ait pensé qui était dérangeant… Même s’il aurait pu le penser impunément s’il l’avait tu. C’était un peu paradoxal, je sais mais… c’était pourtant le cas. Je ne voulais pas qu’il me voit comme une « œuvre d’art », juste comme la copine de son jumeau. Ça aurait pu être flatteur hein… de savoir que j’étais un peu plus que ça pour lui mais… pas tellement à mes yeux à moi. Dommage pour lui. Je n’étais sans doute pas assez superficielle pour que ce genre d’aveux me gratifie.



« - A quoi tu crois que ça va servir d’oublier toutes les choses fâcheuses… ? » Renchérit-il avec un sérieux étonnant.


Je… ! Je ne… Heu… Pas à grand-chose, je te l’accorde. D’ailleurs, même si je soutenais avoir oublié, je n’oubliais pas alors… ça servait encore moins, pas vrai ? …
Il marquait un point supplémentaire et moi je… je me sentais minuscule. Un peu comme une petite fille à qui l’on ferait la morale, une morale dont elle avait conscience mais qu’elle peinait à appliquer. C’était… trop dur de vivre avec tout, de tout encaisser… Je n’étais pas assez forte, je finirais par ployer sous le poids des ces « choses fâcheuses » ! Et… je crois que ça me faisait peur. Si j’affrontais tout ça en même temps j’avais le sentiment que je… me caserais. J’étais loin d’être forte, moi… et à cet instant moins encore que d’habitude. Je me sentais encore plus fragile…

Cela dit, je savais qu’oublier les tracas ne les résolvaient pas, ne les faisaient pas s’envoler… ils étaient toujours là, sous la surface à attendre de ressurgir et de m’engloutir. Seulement qu’est-ce que j’étais censée faire ? Un souci à la fois, non ? J’essayais de gérer progressivement pour ne pas me laisser déborder… et si c’était trop compliqué et bien… je les enterrais plus profondément juste…
Est-ce que ça l’agaçait ? … Ça en avait tout l’air… Mais pourquoi ? Ce n’était pas comme si ça devait lui tenir à cœur, non ? … Nous n’étions rien l’un pour l’autre. A moins que ce soit ma façon d’être et de faire qui l’insupporte et que ça n’ait rien avoir avec une quelconque considération. Néanmoins, j’avais réellement l’impression qu’il disait ça pour me faire réagir, pas seulement pour me « critiquer ».

Sinon… son discours n’était rien, bien sûr. Un problème mineur comparé à tous ceux que je tentais désespérément d’enfouir. Mais un de plus tout de même. Est-ce qu’il pouvait comprendre que je ne voulais pas m’encombrer de ce genre de choses ? Je devais déjà faire tellement d’efforts pour Stefan alors si je m’arrêtais sur son frère et son prétendu avis sur mon physique, je n’avais pas fini.
Alors je ne savais pas à quoi ça servait mais… ça m’aidait en un sens… même si ça pouvait facilement se retourner contre moi et me desservir, je le reconnais.



« - Tu ne pouvais pas m’en coller une pour régler cette histoire ?! » S’emporta-t-il légèrement, flottant a priori entre la contrariété et l’incompréhension.


… J’aurais pu en effet. Peut-être même aurais-je du. Sans doute d’ailleurs. M’enfin, s’il y tenait ça pouvait toujours se faire, hein ! S’il n’y avait que ça… je m’en serais voulu de le priver de ce châtiment mérité qu’il paraissait réclamé !
Non. Ironie mise de côté, je n’avais aucune intention – encore moins maintenant – de le gifler. Je ne comprenais pas bien moi-même pourquoi je tenais tant que ça à ne pas entrer en conflit avec lui… Cette idée l’effrayait en un sens même si je ne me l’expliquais pas. Juste, je… devinais que ce n’était pas une bonne idée. Vraiment pas. Je n’avais pas envie de m’attirer ses foudres. Et au-delà de ça… je répugnais à… ternir cette relation tordue qui se mettait en place et que j’étais incapable d’analyser mais qui m’apeurait confusément. Je savais simplement que je ne voulais pas que nous nous prenions la tête…

Alors oui, j’aurais probablement du lui mettre un bonne claque pour lui remettre les idées en place et lui rappeler le contexte – autrement dit : Moi et Stefan égal couple – mais je n’en avais pas eu le courage. C’était bête sans doute.
Quoi qu’il en soit, je comprenais un peu mieux où il voulait en venir désormais. Il devait me trouver bien lâche, hein ? … Enfin, je n’avais jamais prétendu ne pas l’être, en même temps… En fait, il me reprochait de vouloir faire l’autruche – même si je n’aurais su dire si c’était ma façon de faire qui l’irritait ou simplement que j’ignore son opinion à mon sujet –, de ne pas avoir réagi avec suffisamment de véhémence.
Décidemment, je m’en prenais pas mal dans la tête là… D’abord, il me faisait « comprendre » que je ne savais pas ce que je voulais puisque j’exigeais la vérité et m’en offusquée ensuite et maintenant ça…

Pour ne rien vous cacher c’était à croire qu’il avait dit et fait tout ça uniquement pour me faire réagir et que je « sorte de mes gonds »… c’était… absurde, non ? … Je veux dire, il n’avait probablement pas réfléchis jusque là.
Toujours est-il qu’il n’aimait pas que je me défile, que j’élude alors… d’accord. J’allais m’atteler à ne plus me contenir en sa présence et… à lui en coller des baffes si j’estimais qu’il le méritait… Même si, bien sûr, son avis m’importait peu… Bon d’accord, c’est complètement faux. Je ne savais pas pourquoi mais il est vrai que j’y accordais de l’importance. Allez comprendre, vous !

Tout ça pour dire que je n’en menais pas très large – pour preuve j’avais même baissé légèrement la tête – ce qui me faisait remettre en question ma témérité précédente. Vous savez quand j’affirmais que s’il s’était énervé moi aussi je l’aurais fais… Là qu’il parlait sur un ton un peu plus contrarié, je réalisais qu’en fait… je me serais sans doute plus facilement recroquevillée que dressée fièrement devant lui. Pff… Pitoyable…
Je tentais toutefois de rester posée, en apparence, me gardant bien de tiquer ou d’afficher un quelconque signe de faiblesse. Grr… C’était nul de se sentir penaude alors que je n’avais rien fais de mal ! Et pourtant c’était bel et bien ça. Je me sentais honteuse sans savoir de quoi exactement…

Il n’y avait pas à dire, il savait argumenter en sa faveur… même sans forcément le faire ouvertement. Bah oui, son plaidoyer était plus contre moi que pour lui, là… Disons que nous étions partis sur la base que je lui reprochais des choses et qu’à l’arrivée… c’était moi qui me reprochais des choses… presque autant qu’à lui… pour ne pas dire autant. Ridicule…
En cinq malheureuse phrase, il venait de retourner complètement la situation et me faisait bientôt passer pour la fautive de l’histoire… Je n’avais qu’une chose à dire : bravo. Même Stefan ne faisait pas ça aussi bien et aussi rapidement.

Je ne pu cependant pas méditer plus longtemps là-dessus car l’adolescent planta son regard dans le mien et que ce que j’y lu me décontenança quelque peu. Il y avait cette sorte de compassion teintée d’une forme d’inexplicable détermination. Je ne… comprenais pas. Que ressentait-il là ? De la frustration, de la colère ou de la compassion ? Tout allait toujours si vite, tout était toujours si complexe en ce qui le concernait. Je peinais vraiment à le suivre, à comprendre ce qui motivait la moindre de ses phrases, le moindre de ses gestes. Il restait une énigme complète, une fois encore.



« - Oublier les problèmes ne les fera pas disparaître Elena… » Reprit-il, sa tranquillité à priori totalement recouvrée.


Je… je le savais bien. Il n’avait vraiment pas besoin de le dire. Je savais tout ça.
Pour tout vous dire, j’aurais aimé qu’il ait tort, qu’il se trompe mais hélas force était de reconnaître qu’il était – encore. Ça en serait presque devenu lassant Rolling Eyes – dans le vrai. Mais qu’est-ce que je pouvais faire moi ? Qu’est-ce que je pouvais dire ? … Il attendait de moi que je me confronte à tous les problèmes que j’avais ? Si c’était ça… alors je n’étais pas certaine de pouvoir le faire. Je veux dire… ça ne m’enchantait pas moi ! Ça ne m’amusait pas de ne pas faire front ! Je faisais ça parce que je pensais que c’était le mieux à faire pour me préserver – moi ou les autres dans certains cas – , voilà tout ! Et puis, je n’étais pas toujours en train de fermer les yeux sur tout non plus ! Simplement j’essayais de régler une chose à la fois…

Entre Jeremy que je devais tirer du gouffre alors que j’avais encore un pied dedans ; Stefan et ses mystères que je devais résoudre par moi-même puisque Monsieur ne faisait pas d’effort et que notre couple commençait déjà à battre de l’aile, me forçant à faire encore plus d’efforts pour ne pas le laisser s’écrouler à cause de nos passé respectif ; Mike qui souffrait par ma faute ce qui me rongeait de l’intérieur ; mes résultats scolaires qui avaient totalement chuté depuis la mort de mes parents et que je m’attelais à rehausser dans l’optique d’obtenir mon diplôme ; mes idées un peu trop noires parfois et maintenant Damon qui débarquait avec sa franchise, ses réflexions déplacées et son physique trop parfait… Je ne savais plus où donner de la tête, moi ! Mais j’avais bien compris qu’aucun de ses problèmes ne se réglerait tout seul, là-dessus il n’avait pas de soucis à se faire. C’était à moi d’agir. A moi seule. Et je n’oubliais pas vraiment en réalité, qu’il se rassure… j’essayais juste de mettre le moins grave entre parenthèse, de relativiser.

J’aurais aimé qu’il comprenne. C’était ridicule parce qu’au fond il n’aurait été qu’un étranger mais j’aurais aimé lui dire toutes ces choses, partager ça avec quelqu’un au moins une fois… mais je n’allais pas le faire, bien entendu. Ça ne le concernait pas.
Simplement… il aurait du savoir que… que si j’avais pu faire autrement, je l’aurais fais. Parce que… je savais, bon sang ! … Je savais que je ne faisais que remettre à plus tard et que ça n’arrangeait rien. Mais j’étais toute seule et c’était la seule méthode à peu près efficace que j’avais trouvé pour continuer à vivre et à sourire sans me laisser totalement dévorer par tout ce qu’il y avait autour de moi ! Alors oui ma façon de faire était peut-être mauvaise mais c’était pour l’heure la seule que j’avais trouvé…

… C’était dans ces moments là que vous rêviez de vous blottir dans des bras rassurants. J’aurais tout donné pour aller me réfugiez dans ceux de ma mère en réclamant ces conseils, pour tout vous dire… ou à défaut ceux de Stefan. Son silence m’allait aussi. Je… Oui, je ne me sentais pas très bien et je n’avais aucune envie d’entendre encore ce genre de choses ! Mais à l’extérieur, je restais relativement assurée, n’affichant en aucune façon le désarroi que ses propos faisaient naître en moi.
Cependant, je n’eu pas vraiment l’occasion de m’apitoyer sur moi-même car le garçon me gratifia alors d’un sourire désabusé qui… me sera très brièvement le cœur et me fit à nouveau vaguement culpabiliser même si je ne savais toujours pas de quoi j’étais censée culpabiliser. Si c’était juste de ne pas toujours prendre les problèmes à bras-le-corps alors… pourquoi son expression avait prit cette teinte un peu… triste… ?



« - Ça te déçoit hein… ? Que je ne sois pas comme Stefan… » Souffla-t-il alors, me prenant totalement au dépourvu.


Ses yeux se détournèrent alors et bientôt ce fut le tour de sa tête… et moi, je du alors subir une bouffée de remords assez conséquente. Je dois dire que j’étais interloquée là… Je ne m’étais pas du tout attendu à ce qu’il dise ça… à ce qu’il pense ça ! Comment en était-il venu à cette déduction ? Le fait qu’il ne ressemble pas à Stefan n’était pas fatalement un mal, hein ! Aussi amoureuse que je puisse l’être du jeune homme, je n’étais pas sans connaître ses défauts. Et sa faculté à taire ses pensées n’était clairement pas ce que je préférais chez lui ! En ce sens, Damon aurait presque pu le prendre comme un compliment…

Tout ça pour dire que je n’avais jamais dis ça, que je ne l’avais même jamais songé ! Mais… ça semblait le blesser. Cette idée, je veux dire… Pourquoi ? … Pourquoi est-ce que ça l’atteignait ? Il s’en fichait de moi et de mon avis, non ? C’était à peine si nous nous connaissions alors qu’est-ce que ça pouvait lui faire au fond ? … Et moi ? Pourquoi l’idée qu’il soit blessé à cause de ce malentendu, de mes propos malheureux m’atteignait comme ça ? Je… je trouvais ça assez insupportable en fait. Je détestais faire du mal aux autres… mais lui qui avait toujours l’air si inébranlable c’était presque pire. Parce que je me disais que si ça le touchait c’est que j’avais vraiment du toucher un point sensible… Et je me morigénai parce que ce n’était pas la première fois… Déjà avec Elisabeth je lui avais fais de la peine… ce que je ne voulais pas du tout. Tss… Je n’étais pas douée avec lui, hein… Nos discussion ne nous réussissaient décidemment pas.

Toutefois je… Il se trompait lourdement. Rah ! Il avait sans doute cru que comme j’aimais Stefan, le fait de lui dire qu’il ne lui ressemblait pas sous-entendait que je n’avais aucune sympathie pour lui. Ce qui était stupide ! Pardonnez-moi mais… c’est vrai quoi ! Je n’éprouvais pas d’antipathie pour lui ! … Je… n’éprouvais rien de très précis, en fait… hormis de la confusion… et même que parfois je le trouvais plaisant ! … Alors vous voyez vous que ça ne voulait rien dire ?!
En outre, je n’avais aucune raison d’être déçue. J’avais déjà un exemplaire de Stefan, je n’avais pas besoin d’une pâle copie de lui. Au contraire, c’était… assez intéressant qu’ils soient si différents. Pourquoi aurais-je voulu qu’il soit la réplique de mon bien aimé ? Ça aurait été débile, sérieusement ! Bon je ne me vantais pas de ne jamais l’être mais là-dessus j’étais assez réaliste. Damon était Damon, le frère de mon petit ami et Stefan était Stefan, mon petit ami. Je faisais la part des choses… un peu difficilement par moments, je vous le concède mais… il s’agissait de deux personnes bien différentes et ça je l’avais compris très rapidement.

Quoi qu’il en soit, un éclair de surprise et d’incrédulité traversa fugitivement mon regard que je rivais sur lui avec intensité. Je le voyais bien… ou disons que je voyais plus loin que leur ressemblance et j’aurais aimé qu’il… le sache. Pour moi, il n’était pas que le sosie de mon cher et tendre. Il était un garçon assuré, un peu moqueur mais pas vraiment méchant que je ne savais pas trop cerner avant d’être le portrait craché de Stefan.
En tout cas, si je ne savais pas trop quoi penser, je savais quoi dire et c’était au moins ça…


« - Non ! » Me défendis-je – ou le défendis-je ? – du tac-au-tac (gagnant un jour, gagnant toujours Laughing ) avec une certaine incompréhension sur le ton de l’évidence, en veillant à mettre toute la sincérité possible dans ma voix et dans mes yeux.


Un rire minuscule et perplexe m’échappa, semblable à une expiration, et je m’autorisais à le fixer une seconde, les lèvres entrouvertes et le regard exprimant légèrement ma confusion.


« - Pourquoi est-ce que ça me décevrait ? » Fis-je alors en haussant les épaules, secouant légèrement la tête au rythme de mes mots. « Stefan est ce qu’il est avec ses qualités et ses défauts et c’est pareil pour toi, non ? » Enchaînais-je avec une certaine précipitation, désireuse que j’étais de clarifier les choses.


Un petit sourire un peu crispé étira mes lèvres avant que je n’ajoute :


« - … Je ne suis pas toujours très futée mais j’ai au moins compris ça… » Lançais-je avec autodérision, essayant de détendre un peu l’atmosphère.


J’hésitais un instant avant de reprendre mon long monologue :


« - Bon c’est vrai que votre ressemblance prête à confusion mais… je n’attends pas de toi que tu sois la réplique exacte de ton frère, hein ! » Lui avouais-je, un peu mal à l’aise.


C’était vrai ! Je ne comptais pas en faire un deuxième Stefan ! … J’en avais assez d’un, merci !
Tout en marchant, je le dévisageai donc un moment, évaluant une nouvelle fois l’ampleur de leur ressemblance avant de replacer mon regard droit devant moi, tout en fronçant les sourcils dans une moue un peu triste, un peu désolée tandis qu’un sourire penaud se formait sur mes traits.


« - En fait je… j’ai eu tort : c’était ridicule de vous comparer… Je suppose que les gens font ça tout le temps… et ça ne me plairait pas des masses à moi… alors je suis désolée pour ça. »


Nerveuse, je pris finalement une profonde inspiration avant de le regarder à nouveau avec une expression souriante que j’espérais convaincante.


« - Oh et aussi de ne pas t’avoir giflé… Si ça peut te faire plaisir, je te promets que la prochaine fois, je n’hésiterais pas. » Affirmais-je avec humour, un sourire un peu plus amusé et mutin aux lèvres.


Je m’interrompis ensuite, affichant une mine plus sérieuse et laissant couler une ou deux seconde. J’aurais voulu éluder tout ça mais… je ne pouvais pas vraiment. Malheureusement, faire comme si de rien n’était n’aurait pas été très juste après son « sermon ».


« - Et non, je ne préfère pas que tu me mentes… Je… j’apprécie ta franchise… Enfin non, pas toujours c’est vrai mais… dans l’ensemble c’est une bonne chose… je crois. » Admis-je tant bien que mal, embarrassée par tout ça et peinant à trancher sur si oui ou non je pouvais qualifier ça de « bonne chose ».


Je m’humectai alors les lèvres avant de demander un peu timidement :


« - Maintenant est-ce qu’on peut parler d’autre chose que de mon incapacité à faire face aux problèmes… ? … Je te laisse même choisir le sujet, si tu veux… » Conclus-je avec un sourire vacillant, l’implorant silencieusement de ne pas insister là-dessus.


J’avais bien compris le message alors… revenir là-dessus n’était pas forcément utile… Ce n’était pas une alternative très réjouissante et… j’aurais préféré parler de n’importe quoi, même de Tyler s’il voulait à condition qu’on ne s’attarde pas sur tout ça !
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Damon Whitehorth

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptySam 31 Oct - 19:27

Elena Elena…
Ah, quelle brave petite… prête à tout me pardonner pour ne pas faire plus d’histoires avec mon frère… c’était un tel amour… à croire que je pouvais lui faire n’importe quoi, qu’elle… éviterait d’y penser, pour ne pas semer la pagaille… à ce compte là, je n’avais plus aucun intérêt à usurper l’identité de Stefan… c’est vrai, si je pouvais me la faire en tant que moi, rien ne servait de jouer au Stefan… même si prendre sa place auprès d’elle était jouissif… et ça faisait un moment que je ne l’avais pas fait… comment ça je manigançais quelque chose ? Mais pas du tout… c’était tellement pas mon genre enfin…

En tout cas, j’aurais aimé que ça arrive un jour… j’veux dire qu’on couche ensemble… et pas que je l’envoûte ou joue le Stefan hein… bon oui, je n’hésiterais pas à la sauter en tant que Stefan si l’occasion se présentait… mais j’espérais qu’elle finisse par le faire avec moi Damon, consciemment… et, qu’elle le regrette ou pas, doive le cacher à Stefan… là, je vous avoue que je jubilerais littéralement… putain que ce serait bon… mais ça ne restait qu’un joli rêve pour l’instant… si tout ceci allait ou non se passer, l’avenir nous le dirait… ou pire ! Qu’on commence à coucher ensemble alors que je me fais passer pour Stefan, et qu’elle se rende soudain compte que je suis Damon… est-ce qu’elle me repousserait ou pas… ? Ah, ça m’intéressait de plus en plus ces histoires… mais nous verrions bien… Si je commençais à imaginer l’acte en lui-même et Elena dénudée dans des positions suggestives… le corps délicieusement huilé et… bon bref, j’arrêtais tout de suite, parce que j’allais péter un plomb en pleine rue là sinon !

Donc passons…
Je n’aimais pas cette façon de faire… le fait de mettre de côté tout ce qui était potentiellement fâcheux… j’veux dire, c’était un peu idiot, ça faisait plus de problèmes encore, et ça pouvait la mettre en danger… oui, parce que je n’étais pas méchant moi, enfin si j’étais méchant ! Très méchant même ! Bref, je ne m’attaquais pas à elle, mais elle ne me faussait même pas compagnie pour mes paroles déplacées… mais évidemment hein… à croire que j’allais la remettre en doute niveau jugeotte… elle prenait trop de risques… un peu comme si je lui avouais avoir envie de la violer ici et maintenant, et qu’il lui prenait alors la bonne idée de nous faire emprunter un raccourci passant par de vieilles ruelles obscures… honnêtement, il fallait réagir parfois… et rien à voir, mais… j’étais trop bien éduqué pour la violer, soyons francs… même si… je devais avouer que son corps envoûtant et son cou tendre éprouvaient grandement ma résistance… j’avais affreusement envie d’elle, comme toujours, et j’espérais que le moment venu, elle ne me repousse pas… justement pour que je ne sois pas tenté de la violer… autant dans son sang que dans sa chair…
Vous comprenez mon raisonnement ou pas… ? Sinon tant pis… je ne vais pas passer trois heures à vous parler de ce genre de choses hein…

Quoiqu’il en soit, je lui avais dit… je lui avais fait comprendre… sa façon de faire… elle ne me plaisait pas… et elle ne pourrait que lui causer des ennuis. Alors je n’avais pas fait de faux-semblant ou quoi, je le lui avais dit directement. Après tout, je n’allais pas commencer à lui mentir, à lui faire des cachotteries… c’était ce que faisaient tous les autres… c’était un énorme point noir de ceux qui l’entouraient, alors je mettais un point d’honneur à me montrer différent, leur opposé absolu… d’autant que je n’avais pas envie de lui mentir… enfin, excepté quand je jouais Stefan mais… ça, ça ne comptait pas vraiment, pas vrai… ?
J’avais donc laissé sous-entendre qu’elle ne m’aimait pas parce que je n’étais pas comme Stefan… et je craignais d’ailleurs que ce soit vrai… qu’elle me déteste de ne pas être comme lui… Maintenant, c’était à son tour de jouer hein…


« - Non ! » S’exclama-t-elle avec… une sincérité folle. ( rien à voir, mais ça m'a rappelé Kailey, qui "crie" tojours "non" avec une détermination incroyablement nulle à Luca quand il s'en rapproche... Rolling Eyes )


Elle paraissait réellement sincère… tellement sincère… comme si cette idée ne lui avait même jamais traversé l’esprit… c’était… étrange… et profondément gratifiant ! La demoiselle se justifiait immédiatement face à mon « accusation », et lâchait ça comme si c’était la plus grosse des évidences… alors, elle n’avait jamais été déçue que je sois ainsi… ? Franchement, j’étais flatté, ça faisait plaisir à entendre.
Je restais neutre, quoiqu’un peu surpris, me plongeant sans retenue dans ses iris noisettes si distrayants… et la lueur éclatante de sincérité qu’ils affichaient était… stupéfiante…

Du moins, jusqu’à ce qu’un petit rire échappe à la belle… un rire peut-être un tantinet nerveux tout de même hein… disons que ce n’était pas encore la franche rigolade quoi… et puis… elle me refit sa spéciale… les yeux ancrés sur moi, la bouche toujours entrouverte, elle paraissait si vulnérable d’un coup, si… troublée… je n’aurais jamais su si c’était le côté allumeur de ce geste qu’elle faisait si souvent, ou le fait qu’elle paraisse si vulnérable et si… à ma merci, qui me donnait toujours tellement envie d’elle et de son sang mais… il fallait se retenir avec férocité face à cette fille…
C’était toujours paradoxal quand elle faisait ça, parce que ça en devenait sexy, sensuel et suggestif, de par son innocence… une dualité totale, qui me mettait à mal plus que de raison…


« - Pourquoi est-ce que ça me décevrait ? » Lâcha-t-elle, semblant ne pas bien comprendre.


Ça faisait plaisir… extrêmement plaisir à entendre… elle… oh, je ne me foutais pas de sa gueule, non ! Pas du tout même ! C’était presque tout le contraire ! C’était mignon… non seulement elle n’était pas déçue que je sois différent de lui, mais pire elle… ne comprenait pas visiblement… elle n’arrivait pas à comprendre ce que je voulais dire… ni pourquoi je pouvais même penser une idiotie pareille… ce qui était gratifiant… en tout cas, elle y mettait la manière… avec ses épaules haussées et en secouant la tête, l’air… de ne pas bien saisir autant que d’être presque contrariée… en tous les cas, j’appréciais le geste… honnêtement.


« - Stefan est ce qu’il est avec ses qualités et ses défauts et c’est pareil pour toi, non ? » Poursuivit-elle, avec beaucoup de précipitation.


S’il te plaît… Stefan était ce qu’il était avec ses défauts, et c’est pareil pour toi avec tes qualités, non… ?
Voilà, ça, ça aurait été une bonne phrase, une phrase véritable. Quelque chose de sincère… moi, le fabuleux Damon bourré de qualités, et Stefan, mon misérable frère jumeau… rien de plus qu’un tas de défauts ambulant… un vrai minable quoi… bon d’accord, j’en rajoutais énormément, c’est vrai. Et j’exagérais justement en le faisant exprès, c’est également vrai.
Non, en réalité, je trouvais ça… mignon et gentil. Et pourtant elle avait l’air de dire ça avec tellement d’innocence… un peu comme si elle n’avait elle-même pas tout à fait conscience du sens profond de ses mots… en tous les cas c’était gratifiant… et étrange… elle me reconnaissait bien comme Damon… et m’appréciait visiblement ainsi… pas comme un clone de Stefan, mais… bien comme moi-même… Damon. C’était gentil… mais ça avait quelque chose de dérangeant que je ne parvenais pas à expliquer…
En tout cas j’en étais – à peine hein – touché, et j’appréciais la remarque. Cette fille n’était pas normale, c’était clair, mais… c’est ce qui la rendait si spéciale… et le pire dans tout ça, c’est que j’avais le sentiment de ne pas toujours faire ça pour emmerder Stefan… j’avais parfois l’impression de le faire pour moi… une impression qui me faisait presque peur… Un petit sourire étira ses lèvres avant qu’elle ne reprenne…


« - … Je ne suis pas toujours très futée mais j’ai au moins compris ça… » S’amusa-t-elle ouvertement d’elle-même.


Et bien, félicitations ma chère ! Tu reconnaissais au moins ne pas être très futée ! Pourtant, ce n’est pas moi qui l’avais dit… bon visiblement, elle était plus réputée pour son cul que pour son cerveau, mais vu que les deux seules personnes à avoir un avis sur la question étaient un connard ivre et un gars à bonnet qui collectionnait les vidéos de la belle, je me demandais si c’était un avis vraiment valable… toutefois, fallait pas être devin pour supposer que les têtes masculines se retournaient à son passage… quant à son intelligence, ce n’était pas forcément le truc sur lequel les mecs s’attardaient en général hein…
Enfin bref, moi j’avais pourtant changé d’avis à son sujet… je ne la pensais pas idiote… au début je l’avais pensé… depuis, ça avait évolué… maintenant, je la trouvais assez futée, plus encore maintenant… elle était intelligente et incroyablement réfléchie… même engluée dans son monde de noirceur…
Bon là-dessus, je savais bien que c’était ironique, qu’elle se moquait gentiment d’elle-même, avec un sens de l’autodérision qui prêtait à sourire, mais… elle se leurrait si elle le pensait vraiment… elle était bien plus futée que ça… ce qui expliquait justement qu’elle l’ait compris.


« - Bon c’est vrai que votre ressemblance prête à confusion mais… je n’attends pas de toi que tu sois la réplique exacte de ton frère, hein ! » Finit-elle par reconnaître, à mon plus grand plaisir.


Bon, ça suffisait là, j’avais compris, pas la peine d’en faire trop non plus hein ! A croire que quand elle se lançait dans quelque chose, ça lui tenait toujours trop à cœur, et que… elle ne savait pas s’arrêter… mais c’était un aspect de sa personnalité qui était très amusant… d’ici deux secondes, rien ne l’empêchait de déclarer qu’elle me trouvait à son goût… sans doute parce qu’une fois paniquée, elle laissait toujours les évènements la submerger avec bien trop de férocité…

En tous les cas, quel honneur chérie… J’vous ferais dire qu’elle reconnaissait ouvertement que notre ressemblance prêtait à confusion… ce qui voulait dire, par association de l’idée, que je ne la laissais pas indifférente, grâce à ma ressemblance avec lui… et c’était bien la première fois que je trouvais amusant et intéressant d’avoir la même tête que cette merde de Stefan… la pauvre… son corps devait se sentir tout tendu vers moi par moments… ne réalisant pas bien que je n’étais pas Stefan… ou le réalisant parfaitement et en profitant donc… tout ça pour dire que ça prouvait que ma ressemblance avec lui la troublait… mais que ça ne voulait pas dire que c’était par le « lui » en moi qu’elle était troublée… vous saisissez… ? Raah, laissez tomber… vous êtes vraiment à la masse aujourd’hui !

Quoiqu’il en soit, elle ne faisait plus rien, et… me dévisageait ouvertement… bah vas-y chérie hein, te prive pas… mate-moi sans pudeur… quelle sans-gêne… dit le méchant vampire qui matait ses fesses dès qu’elle avait le dos tourné… Okay, je n’avais pas vraiment de quoi me plaindre, en tous les cas, j’étais flatté par sa manière de me dévisager, mais… ça me gênait également un peu… non mais n’importe quoi j’vous jure… je maudissais ses prunelles dans ces moments là…
Elle finit toutefois par détourner la tête, et j’en profitais pour faire de même, peu désireux de la gêner en pleine révélation…


« - En fait je… j’ai eu tort : c’était ridicule de vous comparer… Je suppose que les gens font ça tout le temps… et ça ne me plairait pas des masses à moi… alors je suis désolée pour ça. » Continua-t-elle sur sa lancée.


C’est vrai… nous comparer était une erreur, un acte stupide qu’il valait mieux ne pas faire… les gens n’aimaient pas et ne gagnaient rien à nous comparer… quant à nous… on répugnait à ça… être comparés l’un à l’autre… c’était assez comique en fait… là-dessus, nous étions les mêmes, ça nous faisait toujours un point commun… on détestait profondément ça, que les gens osent nous confronter… nous mettre en compétition l’un et l’autre… pour savoir qui était le meilleur… nous avions tous les deux la réponse, une réponse personnelle, égoïste et parfaitement égocentrique, mais une réponse bien différente.
Toutefois, être comparé à lui… ce n’était pas un compliment pour moi… loin de là même… alors je n’avais pas apprécié… sa remarque avait été… limite blessante, et je refusais d’entendre qui que ce soit prétendre préférer Stefan à moi… que connaissaient-ils de nous… ? Que connaissaient-ils de lui… ?
Elena ne faisait pas exception à la règle et elle finirait par l’apprendre… certainement à ses dépends…
Toutefois, elle était désolée, et je ne pouvais qu’accepter ses excuses comme il était d’usage de le faire… d’autant que je n’allais pas lui en vouloir pour ça… c’était simplement une mésentente, on s’était mal compris l’un et l’autre, et elle était carrément désolée que j’ai pu mal le prendre… désolée d’avoir essayé de nous comparer… donc l’intention était louable, je lui pardonnais.
Une expression souriante se peignit alors sur ses traits, preuve qu’elle allait revenir sur un sujet plus… drôle, sans doute, moins conflictuel en tout cas.


« - Oh et aussi de ne pas t’avoir giflé… Si ça peut te faire plaisir, je te promets que la prochaine fois, je n’hésiterais pas. » Lança-t-elle avec ce sourire mutin si délectable.


Ha ha ha… très drôle mon ange, vraiment à mourir de rire…
Bon, je me moque légèrement, mais… en réalité, je n’avais pas vraiment pu m’empêcher de sourire en entendant cette phrase sortir de sa bouche… surtout avec ce petit air espiègle, toujours aussi sexy… j’aurais presque pu dire coquin, mais… non, il en aurait fallu un tout petit peu plus…
En tout cas, elle était culottée – et j’éviterais la vanne selon laquelle je la pensais plutôt « stringuée » – d’oser me dire ça comme ça… qu’elle était désolée de ne pas m’avoir mis de tarte, mais qu’elle n’hésiterait pas la prochaine fois… j’appréciais… ce jeu que nous échangions toujours, je trouvais ça très… intéressant, un échange que je recherchais encore et encore…
En tous les cas, ça m’amusait beaucoup, je ne vais pas m’en cacher… et j’aurais presque hâte de voir ce que vaudrait sa gifle… le jour où elle se déciderait enfin à m’en mettre une… qui finirait par arriver, je le savais pertinemment… enfin, on parlait de moi quand même… elle ne me supporterait pas totalement sans jamais me frapper… que voulez-vous, j’aimais l’amour brutal, il faut croire…


« - Et non, je ne préfère pas que tu me mentes… Je… j’apprécie ta franchise… Enfin non, pas toujours c’est vrai mais… dans l’ensemble c’est une bonne chose… je crois. » Avoua-t-elle, apparemment embarrassée.


Waow…
Ça, c’était pour le moins inattendu… honnêtement, je ne m’attendais pas du tout à ça… je m’étais attendu à un peu tout, même à ce qu’elle me demande sciemment de lui mentir pour l’épargner mais… non… elle choisissait la vérité, la pure et stricte vérité… elle reconnaissait aimer ma sincérité… ça c’était un comble ! Quelques minutes plus tôt, je reconnaissais vouloir la voir en train de se changer, et maintenant, elle avouait que ma franchise n’était pas une mauvaise chose, même si elle n’était pas toujours bonne à entendre…
J’étais… franchement ravi par cette déclaration. Elle voulait vraiment que je reste sur ma ligne de conduite, honnête quoiqu’il arrive… et je trouvais ça courageux de sa part cette fois… au lieu de préférer l’ignorance et faire genre de rien… oublier ça, passer à côté, elle choisissait l’honnêteté, la franchise. Bravo, j’appréciais, je devais l’avouer.
La demoiselle s’humecta alors les lèvres, puisque ça faisait au moins treize secondes qu’elle ne m’avait pas mis au supplice… donc tout naturellement, elle se remettait au boulot, me donnant une nouvelle envie de plonger dans ses lèvres, même si j’y aurais surtout adoré une petite goutte de sang perlant sur l’une de ses lèvres… mmh… ce serait à tenter une fois, je mets cette option sur ma liste Elena !


« - Maintenant est-ce qu’on peut parler d’autre chose que de mon incapacité à faire face aux problèmes… ? … Je te laisse même choisir le sujet, si tu veux… » Conclut-elle avec une moitié de sourire, clairement désireuse d’éviter le sujet pour l’instant.



Tout ceci ne la mettait pas très à l’aise… et ça se comprenait… en lui faisant la morale comme ça, je m’étais forcément attendu à ce qu’elle se retrouve – au moins un peu – mal à l’aise et décontenancée, c’était normal…
Mais je n’allais pas appuyer là-dessus non plus, je n’étais pas le dernier des cons… d’une, elle m’aimerait sans doute moins que là, et de deux, ça ne ferait que contribuer à la faire se renfermer sur elle-même plus encore, ce que je ne souhaitais pas… oh, je ne voulais pas non plus qu’elle roule des pelles à tous les cons qu’elle croisait et qu’elle se fasse à moitié sautée en pleine rue, mais il y avait bien une limite non… être complètement introvertie au point de ne plus parler à personne, et être trop extravertie au point de devenir une totale salope n’étaient pas les deux seules options, si… ?

Je la gratifiais donc d’un sourire entendu, avec un petit signe de la tête, comme pour lui faire comprendre que j’accédais à sa requête.
C’était donc à mon tour d’entrer en action, et elle me laissait le choix du sujet… mmh… qu’allais-je donc bien pouvoir choisir… ? Un sourire amusé étira mes lèvres, tandis qu’une lueur rieuse luisait au fond de mes prunelles que je glissais en coin sur la demoiselle.


« - Le sujet que je veux… ? » Laissais-je en suspend pour attiser sa curiosité. « - Je suppose qu’il vaut mieux éviter de parler de ton joli corps, si je ne veux pas m’en manger une donc… » Ajoutais-je avec ce sourire amusé, qui cassait tout sérieux à ma réplique.


Je m’arrêtais donc, laissant, sans le vouloir, un rire m’échapper, un rire absolument pas calculé, et très… pur paradoxalement, pour quelqu’un d’aussi corrompu que moi… comme toujours, ces échanges avec elle m’amusaient vraiment, et là… plus que jamais, j’avais envie de rire… le comique de la situation était assez… comique justement.
Mes sourcils se froncèrent alors dans une mine inquisitrice, alors que mes yeux la sondaient.


« - Tu étais cheerleader alors, à ce qu’on m’a dit… » Glissais-je, intéressé. « - j’avais hâte de te voir après ce qu’on m’avait dit… que tu re… que tu étais fantastique… » Me repris-je habilement, évitant de parler de ce fameux « remuage de cul » mentionné par Yorke.


Oui, dans le genre connerie, si après être sorti de ça, je venais lui dire que j’avais eu hâte de la voir parce qu’on m’avait dit qu’elle remuait bien du cul, franchement… ça la foutrait mal… j’étais pas prêt d’entrer dans ses bonnes grâces si j’accumulais les saloperies dans le genre, alors autant éviter pour l’instant.
Un air profondément et abusivement blasé se peignit alors sur mon visage.


« - Et alors là, je t’ai vu… » Commençais-je, faussement affligé, avant d’éclater de rire à nouveau. « - Je te promets que je me sentais mal pour toi… tu avais l’air… misérable… » Conclus-je, toujours rieur, gratifiant la demoiselle d’un sourire et d’un regard complices.
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Elena Winters

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Hands Off [pv Damon] Empty
MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyDim 1 Nov - 20:29

J’avais beaucoup parlé, c’était le moins que l’on puisse dire. C’est vrai que la nervosité avait tendance à me délier la langue mais là… le pauvre n’avait pas pu en placer une. Toutefois, je ne regrettais absolument pas le monologue auquel je venais de m’adonner. J’avais dis tout ce que j’avais à dire, voilà tout. Ni plus ni moins que ce que je voulais qu’il entende et comprenne… enfin si, peut-être un peu plus c’est vrai. J’aurais pu m’abstenir de lui dire que j’appréciais sa sincérité par exemple ou aussi que je n’hésiterais plus à le gifler… parce que je redoutais de venir à regretter ces deux affirmations par la suite. Cependant, il adviendrait ce qu’il adviendrait hein… Je ne me faisais pas trop de soucis là-dessus pour l’instant, ça aurait été inutile. J’avais largement de quoi faire avec le présent alors me projeter dans un avenir nébuleux ? Non merci !

Quoi qu’il en soit, je pouvais patienter l’esprit un peu plus serein maintenant que j’avais éclairci quelques petits points entre nous. Même si la sérénité était un état que je n’atteignais pas aussi facilement en compagnie du beau brun. Une fois n’est pas coutumes, nous venions d’en avoir la preuve.
Mais en fin de compte, j’étais globalement satisfaite. Non pas de la tournure des choses qui avaient pris un angle désagréable mais de ma manière de gérer ça. Il me semblait que nous étions parvenus à éviter le conflit sans pour autant cacher ce que nous pensions de tout ça. Un exploit, en somme. Sur ce sujet-ci, les choses semblaient claires désormais.

Bon ce n’était pas encore gagné. Pour ça, il fallait qu’il accepte de passer à autre chose et… je ne pouvais plus réellement influencer son choix après tout ça. Il ne me restait qu’à prier de m’être montrée suffisamment convaincante… A prier et à attendre. Deux activités qui ne figuraient pas parmi mes favorites, je vous le concède. Je n’avais jamais été très patiente et je ne savais jamais qui ou quoi prier, n’étant guère très croyante… mais je faisais de mon mieux pour l’une ou l’autre. C’était déjà ça.
Maintenant est-ce qu’il allait gentiment m’épargner d’avoir à justifier ma manière de gérer les « choses fâcheuses » ? Je n’en savais rien du tout pour être honnête. D’autant que je refusais de me mouiller là-dessus, de prophétiser une réaction potentielle. Que voulez-vous, je m’étais résignée à simplement patienter quant il s’agissait de lui. C’était plus sage.

En tout cas, moi, j’avais fais mon possible pour remettre la conversation sur de bons rails, on ne pouvait pas me reprocher le contraire. Comme j’avais essayé de le lui faire savoir, je me sentais déjà suffisamment pitoyable sans ça et n’étais donc légitimement pas à l’aise du tout sur ce sujet précis… Ce qui, en vérité, était bien compréhensible. Même Caroline aurait pu le concevoir malgré son piètre niveau en relation humain, c’est vous dire !
Bref, déjà que mon équilibre était toujours instable en sa compagnie – je me faisais régulièrement l’effet d’être sur une corde raide, en fait –, si en plus il me traînait sur des thèmes aussi précaires… je risquais de chavirer pitoyablement ! … Par conséquent, j’ignorais comment je réagirais s’il refusait la perche que je lui tendais, s’il insistait là-dessus. Une seule chose était certaine, je n’avais aucune envie qu’il le fasse et je crois que je lui en aurais tenu rigueur s’il l’avait fais.

Mais pour remettre les choses dans leur contexte, j’avais tout d’abord commencé par lui faire comprendre que je ne voyais pas uniquement Stefan en lui et que par conséquent je ne pouvais être déçue par leurs dissemblances. C’était important qu’il le sache et… je pensais m’être plutôt bien fait comprendre là-dessus. Damon était ce qu’il était et il en était de même pour son jumeau. Je n’avais aucune raison de les comparer et m’étais donc excusée de l’avoir fais. Ensuite, j’avais démenti sa supposition selon laquelle j’aurais désiré qu’il me mente. Je n’étais pas toujours gâtée par ses révélations mais… sa sincérité était un des rares éléments fiables et certains de ces derniers temps alors j’aurais été bien bête de m’en priver. Et enfin, je lui avais demandé gentiment de changer de sujet, tentant de lui faire comprendre que j’avais bien compris et retenue la leçon. Même si… je craignais qu’il se méprenne sur ma dernière phrase, qu’il la considère comme une récidive à ce côté « j’évite et j’oublie au mieux ce qui me déplaît ». Si c’était le cas ? Sincèrement, je n’en savais rien mais je ne le pensais pas. Je ne comptais pas chasser de ma mémoire cette discussion. Je préférais juste la remettre à plus tard… ou à jamais dans le meilleur des cas. Je veux dire j’en avais assez entendu pour ce soir, non ?

Toujours est-il qu’à part ça, j’avais habilement joué le coup en ponctuant mon discours de petites touches d’humour qu’il – je l’espérais du moins – saurait relever. C’était surtout pour dire de nous détendre l’un et l’autre. Pas dit qu’il en avait besoin mais moi oui, alors bon. Je me sentais tendue quand j’étais avec lui, c’était une affaire entendue alors… je n’avais pas besoin d’en rajouter. Mieux valait évacuer un maximum de pression, croyez-moi ! Sinon, je risquais de faire une crise de nerfs avant d’être arrivée à destination ! Et vous ne vouliez pas voir ça, faîtes moi confiance là-dessus… et lui non plus, d’ailleurs.

Maintenant que vous vous situez un peu mieux, on peut enfin revenir à l’action présente ! Non mais j’vous jure, la perte de temps que vous nous faite subir à chaque fois ! … On s’étonne après que je raconte cinq minutes en cinq heures… Alala…
Donc, je l’observais, incapable de faire autrement. Comme souvent, mes prunelles semblaient inéluctablement attirées vers lui, toujours aussi subjuguées par l’éclat lumineux de ces joyaux azures qui semblaient renfermer toute la beauté mais aussi tous les dangers du monde…
Cela dit malgré l’espèce de torpeur vicieuse qui tentaient de s’emparer de moi, je restais étonnamment tranquille en apparence… ressemblant en tout et pour tout à quelqu’un qui attendait une réponse et non pas à une idiote qui se laissait submerger par un simple physique. Mon ressentit était superficiel, tout de même, vous ne trouvez pas ?

J’en étais là dans ma réflexion quand j’eu le bonheur de voir ses lèvres s’étirer en un sourire entendu qui m’offrit aussitôt un indescriptible soulagement. C’était plutôt bon signe ça, non ? Parce que s’il avait souhaité refusé et approfondir notre conversation, il n’aurait pas affiché cette expression rassurante, n’est-ce pas ?
Puis, histoire que ses intentions soient limpides, il accompagna alors cette moue d’un petit signe de tête qui m’enchanta. A priori, il comptait accéder à ma requête et ne pas s’attarder sur ce sujet un peu trop troublant… un peu trop personnel. Je ne pouvais que lui être reconnaissante et m’en féliciter, hein…
Bientôt son sourire prit une teinte amusée qui fit imperceptiblement naître le mien. De sourire. Et, allant de paire, ses iris qui glissèrent sur moi affichèrent rapidement une lueur rieuse que je commençais à lui connaître et qui me plaisait incontestablement. Pfiou ! Je préférais tellement ça à sa neutralité ou à sa contrariété ! … A vrai dire, je le trouvais affreusement beau ainsi… bien plus accessible aussi… Oh heu… c’était ainsi aussi avec Stefan hein, ne vous y trompez pas !

Un peu gênée par ma propre méditation, mon visage se replaça droit devant moi, même si mes pupilles papillonnaient encore jusqu’à lui… ce qui me permettait de l’observer un peu moins franchement… avec un peu moins d’audace et d’insistance dirons-nous.



« - Le sujet que je veux… ? » Commença-t-il avant de s’interrompre pensivement, ruinant les efforts que je venais juste de faire puisque mon visage se tourna instinctivement vers lui, mes yeux ne pouvant apparemment se contenter de le lorgner de biais.


… Oulà ! Je m’attendais au pire soudain. J’en serais presque venu à regretter ma proposition là ! Je le sentais relativement mal… Pourquoi ? Parce que son air amusé ne me disait rien qui vaille même s’il me donnait irrépressiblement envie de sourire. Je risquais encore de me retrouver prise de court ou mise à mal, moi. Aïe aïe aïe ! Est-ce que je devais déjà à me préparer à prendre mes jambes à mon coup ou juste à éclater de rire ? Difficile à dire…
Cela dit, j’étais prête accepter ce revers, quel qu’il soit, de bonnes grâces. Après tout, ça ne pouvait pas être pire que ce dont nous venions de parler pas vrai ? De plus, je venais tout juste de retrouver un poil d’assurance alors je n’allais pas le laisser souffler dessus et le faire disparaître aussi facilement. Ça aurait été du gâchis !
En outre, il me refaisait le coup du garçon mystérieux qui faisait durer le suspens. Ah… Il ne manquait plus que le roulement de tambours… Et comme tout à l’heure, ça me donnait envie de rire même si mon impatience et ma curiosité protestées contre un tel traitement.

Toutefois, même si je trépignais autant que j’appréhendais, je restais aussi calme que possible en apparence. Je n’allais pas lui faire le plaisir d’afficher au grand jour qu’il réussissait parfaitement son coup et ses effets, hein ! Ça aurait été trop facile. Je conservais même un petit sourire teinté cependant d’une minuscule touche d’hésitation. Oui je sais, « petit et minuscule », tout cela nous donne des proportions infimes mais bon…
En tout cas, je devais reconnaître qu’il entraînait mes talents de comédienne. C’est vrai, je devais sans cesser veiller à ne pas exprimer trop ouvertement mes émotions… puisqu’elles jouaient bien souvent en ma défaveur. C’était un combat de tous les instants ou presque !



« - Je suppose qu’il vaut mieux éviter de parler de ton joli corps, si je ne veux pas m’en manger une donc… » Déduisit-il avec un manque de sérieux très apparent.


… Mmf… Il était incorrigible ! Mais ça ne m’empêcha pas d’élargir, un peu malgré moi, mon sourire même si en parallèle, je détournai la tête et les yeux que je baissai légèrement, en proie à une forme de timidité.
En effet, mieux valait éviter… de parler de mon « joli corps »… Autant pour lui – puisque comme vous le savez je lui avais gentiment promis de lui en coller une s’il recommençait – que pour moi qui était particulièrement gênée à son évocation.
De toute évidence, il n’était pas friand des gifles – d’ailleurs est-ce que quelqu’un pouvait être assez maso pour les aimer ? – puisque l’idée de s’en manger une suffisait à refroidir ses ardeurs, m’assurant ainsi une certaine tranquillité. Momentanée, sans doute mais tranquillité tout de même et ce n’était pas moi qui allais m’en plaindre, loin de là. A moins que ce soit juste par considération pour mon pauvre petit cœur suffisamment mis à l’épreuve pour l’instant…
En tout cas, c’était une affaire entendue. Pour notre bien et notre entente à tous les deux, mieux valait s’en abstenir.

Rien à voir mais… c’était assez comique dit comme ça. Gênant mais drôle. Aussi ne le prenais-je pas mal, ne me braquais-je pas. A quoi bon ? Se formaliser n’était pas le meilleur plan. Il ne disait pas ça méchamment, ni pour m’agacer, je le savais pertinemment. Je n’étais même pas certaine – chose rare – que m’embarrasser faisait partie de son objectif ou si c’était tout à fait involontaire.
Oui, ça ne restait que de l’humour, ni plus ni moins. Il disait ça sur le ton de la plaisanterie juste… avec un fond de vérité, certes mais… Bah, au moins il avait compris que je ne souhaitais pas entendre ce genre de répliques déplacées. Pour l’heure, je répugnais donc à me torturer indéfiniment les méninges. Je l’avais suffisamment fait pour aujourd’hui, vous ne trouvez pas ?

Mais… c’était vraiment ce qu’il pensait, hein ? Ça semblait assez clair à présent et je n’allais pas nier. Après on allait m’accuser de faire l’autruche sinon… Alors soit. Physiquement, je ne lui déplaisais pas. Pour ne rien vous cacher, je n’étais pas sûre de ce que j’éprouvais par rapport à ça ni de ce que j’aurais été censé éprouver. On ne vous fournissait pas le mode d’emploi pour ce genre de situation malheureusement…
De mon côté ? Bah bien sûr qu’il me plaisait ! Je veux dire… Quoi vous oser me le demander ?! … Comme s’il fallait encore se poser la question… Il était carrément à mon goût, pas la peine de se voiler la face… Je « bavais » presque devant Stefan alors forcément son portrait craché ne me laissait pas indifférente, soyons logique.

Quoi qu’il en soit, le garçon s’immobilisa soudain et je l’imitais aussitôt. Heureusement, j’étais plus sur mes gardes cette fois puisque je ne fis qu’un pas à peine de plus que lui… ce qui, vu nos enjambées me plaça à peu près sa hauteur. Mon regard glissa sur lui au moment précis où un rire lui échappait… Un rire comme je ne lui en avais jamais entendu et qui était plus beau et plus captivant que tout ceux auquel j’avais eu droit. J’avais honte de l’admettre mais, de mémoire,… même ceux de Stefan ne m’avaient jamais parut plus agréables que celui-ci. C’était… pur… pleinement sincère et… amusé. Ça ressemblait à ces rires d’enfants, vous savez. Innocents et incontrôlés… et de ce fait tellement communicatif ! … Si mélodieux… et apaisants. Oui, pas de doute, il donnait envie de se joindre à lui, de se laisser aller au tintement de ce son inattendu.

Je… je trouvais ça fascinant… même si je n’aurais pas su l’expliquer. Pour moi, il était exclus qu’un rire puisse avoir cet effet là sur qui que ce soit. Ça c’était bien dans les romans à l’eau de rose, style Harlequin, ou les films un peu nian-nian… Dans la réalité, ce genre de ressenti n’existait pas. Ça restait de la fiction dont ce régalait les plus romantiques, rien de plus… Un rire pouvait être beau mais ça ne restait jamais qu’un rire… et pourtant… pourtant celui-là me fit un drôle d’effet… un peu effrayant malgré la sérénité que ça m’inspirait. D’ailleurs que mon souffle se coupa très brièvement et que mon cœur eu un raté alors que mon estomac se contractait anormalement.
Malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin et ce rire aussi… Une fin que j’estimais abrupte et qui me frustra bêtement. Je… je me trouvais ridicule. Qu’est-ce qui me prenait là ?! Reprends-toi ma fille ! Ce n’est qu’un rire après tout !

C’était comique quand on y pensait. Deux minutes plus tôt, je fulminais autant que je mourrais de honte après sa réplique affreusement déplacée et là… j’avais juste envie de rire avec lui… Comme je le disais, je passais du chaud au froid en sa compagnie et c’était assez déstabilisant. Je n’avais pas pour habitude que mes émotions soient si animées, si changeantes. C’était déroutant et difficile à gérer. La situation se transformait à la vitesse de l’éclair et je peinais à ce suivre le rythme effréné de ce garçon si lunatique, si imprévisible. Je n’étais pas certaine d’apprécier… mais au moins, il n’y avait pas de doute, il savait comment vous faire vous sentir vivant. (Plutôt paradoxal de la part d’un mort ^_^’)
Oui, l’ennui n’existait pas vraiment en sa compagnie et, en ce sens là, c’était plutôt une bonne chose. Il m’aurait sans doute bien aidé à une époque. Après la mort de mes parents, quand je me sentais plus zombie… plus morte que vivante, que plus rien ne m’atteignait et que je me sentais totalement vide. Il devait avoir le remède parfait contre ce genre d’état, non ?
Alala… Sacré, Damon… Mieux valait probablement renoncer à essayer de le cerner. Néanmoins, je n’étais pas du genre à abandonner si vite… Viendrait bien un moment où je deviendrais immunisée contre ces virages à trois-cent soixante degré qu’il nous faisait faire, non ?

Mais revenons-en à nos moutons. Mon regard tombé en arrêt sur son visage illuminé, qui selon moi ne pouvait être plus séduisant qu’à cet instant, se baissa légèrement tandis que je m’attelais non pas à analyser mon ressenti – un peu effrayée par ce que je pouvais en déduire – mais plutôt à le chasser vite fait bien fait.
Je le relevai très rapidement cela dit, peu désireuse qu’il puisse déceler, même un minuscule peu, ce trouble qui n’avait pas lieu d’être. Un mouvement que je fis juste à temps pour voir son expression se modifier sensiblement. En effet, ses sourcils se froncèrent dans une moue parfaitement inquisitrice qui me fit tressaillir intérieurement alors que mes appréhensions revenaient en force. Ses iris se mirent alors à me sonder sans retenue ce qui me mit dans une position relativement inconfortable.

C’était… désorientant… De une parce qu’ils étaient toujours aussi éclatant et envoûtants et de deux parce que l’idée qu’il puisse lire en moi n’était pas forcément plaisante. Loin de là… Je ne voulais pas qu’il découvre quoi que ce soit… d’autant que je n’étais pas sans connaître sa perspicacité. Et s’il découvrait combien il était facile pour lui de me troubler, que sa ressemblance avec Stefan créait parfois en moi des émotions tout à fait aberrantes ? S’il comprenait qu’un simple regard – qu’il s’agisse du sien ou de celui de mon cher et tendre – avait le don de saper toutes pensées cohérentes et toutes réticences ? … Ce serait une humiliation, un cauchemar sans non ! Je ne pouvais pas le permettre !
Hélas, mes tentatives pour me fermer, pour qu’il ne puisse rien percevoir en moi semblaient d’ores et déjà bien vaines. Ce qui ne me fit par renoncer pour autant, mon visage affichant une assurance que je ne détenais pas le moins du monde. En ce qui concernait mes yeux par contre… je ne pouvais jurer de rien. Je faisais de mon mieux mais… j’avais du mal à voir autre choses que ces deux billes qui happaient ma résistance sans la moindre difficulté.

Confuse, je me secouai mentalement pour sortir de l’étrange torpeur où je glissais soudain et qui investissait perfidement mon esprit mais… sans succès… Au final, ce fut lui qui m’aida à redescendre sur terre en reprenant la parole.



« - Tu étais cheerleader alors, à ce qu’on m’a dit… » Fit-il avec intérêt.


Heu… O…Oui… Pourquoi ?
Oulà, j’avoue que j’étais un peu surprise là. Je m’étais « préparée » – autant que faire ce peut hein – à ce qu’il aborde tout un tas de sujets mais… absolument pas celui-ci. Preuve supplémentaire qu’il n’était jamais là où on l’attendait. Qu’il évoque le « cheerleading » n’était vraiment pas dans la liste d’option que j’avais dressé mais… soit. S’il voulait parler de ça, très bien. Même ce n’était pas ce qu’il y avait de plus intéressant ni de plus agréable après l’entraînement désastreux d’aujourd’hui. Mais c’était une nette amélioration en comparaison à tout ce dont nous avions parlé jusqu’ici !

En fait, je n’avais pas grand-chose à en dire. En réalité, ma « carrière » avait pris fin un peu trop brusquement et un peu trop tôt… J’avais fais quelques saisons plutôt bonnes et amusantes mais je n’avais rien à raconter sur le sujet de très palpitants. Pourtant ça m’avait vraiment tenu à cœur à une époque. Je me démarquais… les autres disaient que j’avais du talent et tout ça… C’était agréable à entendre. J’en étais assez fière, pour ne rien vous cacher. Et on rigolait bien entre nous. En vérité, on se fichait toutes ou presque des matchs de foot. C’était plus pour le « fun », pour les activités à côté. J’aimais ça. Vraiment. C’était une étape de ma vie dont je gardais de très bons souvenirs ! Ce sentiment d’appartenance à un groupe, de complicité, ces délires entre copines, l’ambiance pendant les matchs…

Aujourd’hui, je n’appartenais plus à tout ça. J’en étais exclue. Oh c’était ma faute sans doute mais… je n’avais plus ma place. Je l’avais perdu. Ou bêtement rendue, peut-être. Est-ce que je saurais revenir en arrière ? Retourner dans le passé et redevenir suffisamment moi-même pour que tout rentre dans l’ordre ? Bonne question. Je l’espérais.
D’ordinaire les gens vous encourager à aller de l’avant mais pas à ce niveau là. Moi, je devais revenir en arrière… et c’était tout aussi difficile. J’étais bien plus douée pour stagner. Pourtant, j’aurais voulu que ça se passe autrement. Leur faire plaisir à tous en redevenant celle qu’ils connaissaient depuis longtemps. C’est pourquoi j’avais fais l’effort de me réinscrire, j’avais tenté de me réintéresser à ce qui n’avait à mes yeux plus aucune importance. Je trouvais ça futile… tellement peu ressemblant à ce que j’étais devenue après… après tout ça… Pfff… Me réintégrer à ce groupe allait s’avérer encore plus compliqué que prévu. J’en avais pris conscience plus tôt dans la journée. Moi, je ne faisais plus partie d’aucun groupe. J’étais devenue un peu trop solitaire pour ça et… bien moins tolérante. Les jérémiades et les puérilités d’antan m’exaspéraient assez vite.

Tss, j’étais vraiment nulle. Ça en était risible. Si embourbée dans ma morosité… Et je culpabilisais de ne pas parvenir à ne serais-ce qu’apprécier un peu ce que j’adorais autrefois… de ne pas répondre aux attentes des autres, aussi bête que ça puisse paraître. Stefan surtout. Lui il avait réussis. Il avait reprit goût au football, au contact des autres… Moi… j’en avais envie mais… Enfin, je crois que j’en avais envie. Je n’en étais pas tout à fais sûre.
Je m’étais enfermée dans ma petite bulle protectrice avec Stefan et… une part de moi répugnait à en sortir où à laisser les autres entrer. C’était absurde. Et tellement peu ressemblant à ce que j’étais. Moi, Elena Winters, si sociale par la passé… j’avais fini par avoir « peur » des gens. L’angoisse des débuts avaient presque disparu mais par moment c’était juste… oppressant.
Enfin, ça s’arrangerait bien. Ça devait s’arranger. Je n’avais guère d’autre choix que d’aller mieux de toute façon. Je n’allais pas passer le reste de ma vie avec Stefan pour seul compagnon, hein !

Mais je ne devais pas penser à tout ça… Mieux valait réfléchir à autre chose comme… comme heu… Ah je sais ! … La phrase de Damon était intrigante tout de même. Je veux dire… Mon dieu mais on lui en disait des choses à lui ! A mon sujet, en plus… Maudits informateurs !
Plaisanterie mise à part, est-ce que je devais en déduire que ça aussi il l’avait vu, comme pour la robe ? Si c’était ça, il avait vraiment des yeux partout !



« - J’avais hâte de te voir après ce qu’on m’avait dit… que tu re… que tu étais fantastique… » Ajouta-t-il alors.


Fantastique ? A ce point là ? Tu me flattes… Merci à la mystérieuse personne qui avait parlé de moi en ces termes… Même si le jeune homme faisait bien d’en parler au passé car aujourd’hui j’avais été tout sauf fantastique. Grotesque, à la masse, ridicule, pitoyable étaient des adjectifs qui me caractérisaient mieux désormais…
En revanche, ce n’était pas la seule chose qu’il avait dis au passé. Il avait dit « j’avais hâte ». Ce qui laissait sous-entendre que ce n’était plus le cas et par association d’idée que c’était déjà fais. Aïe… L’entraînement… j’aurais du m’en douter… Outch… Ma honte revenait brusquement et ça ne faisait pas du bien à mon pauvre petit orgueil bafoué.
Par contre, il m’interpellait légèrement avec son « que tu re ». Que je re-quoi ? … Impossible à deviner. Dommage. Je devrais me contenter de cela.

Ainsi il avait assisté à la catastrophe ? Et bien, il avait du être déçu. Enfin, il ne serait pas le seul. Tous ceux qui allaient me voir allaient être déçus. Oui, j’allais me ridiculiser même « mise à l’arrière » comme l’avais aimablement proposée Caro’. Ils ne s’attendraient sûrement pas à une telle médiocrité de ma part… Moi-même ça m’avait surprise. Cela dit, mon manque de motivation avait du jouer là-dedans aussi… On se console comme on peu hein ? …
Toujours est-il que j’aurais préféré éviter qu’il voit ça. Ce n’était pas très glorieux. Pas du tout même. A défaut d’être douée, j’avais au moins du être drôle tellement j’avais été nulle, non ? …

Bon pour l’instant ça ne restait qu’une supposition mais une supposition particulièrement probable. Je pouvais très bien me faire de fausses idées et déduire un peu trop vite et un peu trop à partir de rien mais bon. Je le devinais assez clairement, en fait. Tant pis pour moi et ma crédibilité…
D’ailleurs, histoire de m’en apporter l’ultime conviction, un air extrêmement blasé se peignit sur le visage du garçon, me faisant me sentir plus minable encore… Même si, paradoxalement, ses mimiques m’amusaient toujours autant… surtout celles aussi abusées que celle-ci. Ça me rappelait d’ailleurs à celle qu’il avait affiché dans la cuisine avant de dire que Jer’ était un « bon garçon »… en pire. C’est vous dire.



« - Et alors là, je t’ai vu… » Reconnut-il, d’une voix profondément affligée, ne me laissant plus aucun doute… aucun espoirs devrais-je dire comme l’indiqua mon petit sourire penaud.


Ça fais un choc, hein ? … Oui, je comprends… C’est pareil pour moi. Désespérant…
Bon et bien, c’était clair. Il m’avait vu me ridiculiser piteusement plus tôt dans la journée. Ce que je ne m’expliquais pas vraiment, d’ailleurs. Que faisait-il dans l’enceinte du lycée ? … Bon il aurait pu me voir depuis l’extérieur, le terrain étant placé de la sorte à ce que des visiteurs puissent nous voir mais je ne me souvenais pas avoir vu qui que ce soit pour ma part. Ni voiture, ni passant. Enfin, j’avais très bien pus passer à côté, tout simplement mais tout de même ça attisait ma curiosité. Un mystère de plus à son actif donc.

Un nouvel éclat de rire me tira cependant de cette réflexion. Comme le précédent c’était très joli à entendre. Il s’amusait, c’était indéniable et… ce constat, ce rire… me permirent soudain de chasser toute ma tension et ma honte. De dédramatiser totalement le truc. Bon je n’étais pas non plus renfrognée ou quoi mais… un peu embarrassée jusqu’ici. Pourtant ce son m’ôta totalement ce genre de considérations idiotes. C’était ridicule. J’avais été ridicule – mieux valait en rire qu’en pleurer, soit dit en passant – mais… tout ça ne comptait pas. Je me fichais brusquement d’avoir eu l’air stupide comme de ma première couche. C’était si insignifiant… et au final il en riait alors bon… c’était un mal pour un bien. Sa voix et ses expressions en valaient peut-être bien la peine, en fin de compte.

Le cheerleading ne valait vraiment pas la peine que je me sente si pitoyable. Ça ne restait qu’une activité comme une autre. Je n’avais pas étais bonne, point final. Je reconnaissais humblement mon échec. Parce qu’au fond c’était réellement futile. Surtout comparé à tout ce qui me tracassait.
Oh, il avait été un temps où je l’aurais profondément mal vécu mais je réalisais brusquement que, si ça avait été un moment désagréable à passer, je m’en moquais à présent. Je n’étais plus suffisamment passionnée par la chose pour la laisser assombrir mon humeur.



« - Je te promets que je me sentais mal pour toi… tu avais l’air… misérable… » Conclut-il, rieur au possible avant de me gratifier d’un sourire aussi complice que ne l’était son regard.


… Hey ! Misérable ? Quand même pas, si ?!... Bon d’accord, misérable et plus encore… Tu as gagné.
Ah, j’en connaissais plus d’une qui se serait offusquée de tels propos mais… pas moi. Je n’étais pas de ce genre là. Je n’étais pas de ces princesses orgueilleuses qui ne supportaient aucune « critique ». Oui, je pense que j’avais suffisamment d’auto-dérision, que j’étais suffisamment réaliste pour ne pas me vexer. En plus c’était tellement vrai. J’avais été misérable, ne nous leurrons pas.
Au-delà de ça, il ne le disait pas méchamment. Comme toujours il ne faisait que dire ce qu’il pensait sans s’encombrer de savoir si c’était potentiellement humiliant. Même si cette fois, il y mettait la forme grâce à son ton et ses yeux trop amusés pour que je puisse seulement songer à m’en formaliser.
En outre… tu te sentais mal ? Mon pauvre. Désolée… Je tâcherais de ne plus t’infliger ça. Ni à toi ni à moi d’ailleurs. Parce que l’un dans l’autre, je n’avais pas été épargnée non plus par le malaise.

Mon sourire s’élargit irrépressiblement avant que le rire que je retenais ne m’échappe. L’un des plus longs et des plus véritables auxquels il avait eu droit jusqu’ici entre parenthèse. Pas non plus un éclat de rire mais… un véritable rire quoi. Bah oui, malheureusement pour lui ma nervosité avait tendance à les raccourcir et à les assourdir et en général les situations auxquelles nous nous exposions ne se prêtaient pas toujours à rigoler.
Lorsque mon rire s’acheva, mon expression alors se fit plus gênée, mes sourcils se fronçant et ma bouche se pinçant en une moue faussement « douloureuse » et ennuyée tandis que j’hochai la tête.


« - Ouh… » Lâchais-je d’un ton dépité mais presque compatissant, peinant à conserver mon sérieux.


Je m’interrompis sans perdre ma bouille ennuyée et affligée, aussi extrême que la sienne sans doute, les sourcils haussés cette fois mais les lèvres toujours pincée.


« - Tu as vu ça… ? » Fis-je le ton oscillant entre l’affirmation et l’interrogation.


J’attendis une seconde qu’il acquiesce avant d’hausser les épaules, un peu blasée avant de me décider à lui en parler un peu plus.


« - J’adorais ça… c’était drôle… et j’étais un peu moins misérable aussi… » Commençais-je plus sérieusement, mon sourire revenant sur la fin de ma phrase. « Mais cette année… »


Je laissais ma phrase en suspend, me faisant surprendre par des pensées fort peu réjouissantes qui rendirent mon regard un peu vague.
Cette année quoi ? Cette année mes parents sont morts et je suis devenue cette fille que les autres aimeraient bien chasser pour retrouver l’ancienne ? Je ne pouvais pas lui dire ça non plus ! En plus, il savait pour l’accident si je m’en fiais à ces dires sur les voitures. Il comprendrait donc… je l’espérais du moins.
Quelques secondes plus tard, je parvins à m’en extraire, le gratifiant d’un sourire chaleureux.


« - Disons que c’est différent aujourd’hui… Ce qui comptait ne compte plus. » Précisais-je avec une sérénité que je ne détenais pas forcément. « … forcément. » Rajoutais-je trouvant ma phrase un peu trop solennelle, un peu trop blasée et un peu trop défaitiste aussi.


Vous savez genre « y a plus rien qui compte pour moi aujourd’hui »… Le genre de truc à éviter, donc. J’avais appris à en parler de ce genre de chose « normalement », avec l’air détaché et tout et tout alors ça passait bien…
Je pris une légère inspiration avant de me remettre en marche – plus pour me donner une contenance qu’autre chose –, mes yeux ne le lâchant toutefois pas, désireuse que j’étais de m’assurer qu’il me suivait.

Pourquoi je lui disais ça ? … Je l’ignorais. D’ordinaire ce n’était pas le genre de chose que je disais comme ça quoi. J’évitais plutôt toute allusion à l’accident… Mais là ça ne me dérangeait pas. Je devinais confusément qu’il était apte à comprendre ou… enfin je ne sais pas trop. Je n’aimais pas le sérieux, le côté personnel que prenait les choses mais en parallèle je… j’avais envie de lui dire ces choses… Ce que je pouvais être bizarre parfois !


« - Sauf que… ton frère, mes amis… tout le monde m’encourage à essayer de… redonner de l’importance à certaines choses. » Admis-je sur ma lancée sans trop savoir pourquoi et sans vraiment le regarder, lui glissant juste un regard de biais à la fin de ma phrase.


J’hésitai un instant, lui offrant un petit sourire involontairement désabusé.


« - Donc, comme tu as pu le voir, j’essaye… mais… ça n’est pas toujours une franche réussite… » Conclut-je avec un petit rire avant de plonger mon regard dans le sien.


Ce que j’attendais de lui après tout ça ? Aucune idée. Rien de précis en fait. Mais en un sens, c’était agréable de pouvoir en parler à quelque de neutre. Quelqu’un qui ne me connaissait pas encore assez pour pouvoir essayer de me donner des conseils, pour vouloir me retransformer en l’Elena d’autrefois. Lui, il était extérieur à tout ça. A qui d’autre aurais-je pu dire ça ? Stefan ? Bien sûr que non, il était l’un de ceux qui m’encourageaient le plus dans ce sens, qui s’investissait le plus pour me tirer de ma noirceur… Il n’aurait sans doute pas compris. Il aurait été chagriné alors que je savais parfaitement que ses intentions étaient louables, poussées par son amour pour moi. Il n’aurait pas compris que je pouvais parfois trouver ça oppressant ou perturbant…
Oh bien sûr, Stefan m’aimait ainsi mais… je ne pouvais m’empêcher d’être un peu amère lorsque je songeais qu’il m’aurait préféré autrement, qu’il aurait aimé me voir changer et redevenir aussi lumineuse et pétillante qu’avant l’accident…

Mais je ne le disais jamais. Même là que je parlais à Damon sans savoir bien pourquoi, je ne faisais pas allusion à la difficulté que c’était parfois pour moi… Ça aurait été injuste et ingrat. Les autres voulaient simplement me soutenir… Libby, Mike, Caroline… tous… c’était pour mon bien que tout le monde se comportait ainsi… mais j’aurais parfois aimé qu’ils m’oublis… qu’ils cessent de vouloir m’aider « pour mon bien »… Oui, j’aurais aimé qu’on m’aime un peu plus pour ce que j’étais aujourd’hui que pour ce que j’étais autrefois… même si c’était sans doute un peu moins aisé. Mais en attendant, j’étais ainsi et ce malgré tout mes efforts… Cette personnalité avait été façonnée après le drame et l’effacer s’était comme… de m’amputer quoi… Ça aurait sans doute signifié oublier, faire abstraction et je ne le pouvais pas… ni ne le voulais pas…
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Damon Whitehorth

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyMar 3 Nov - 15:27

Le cheerleading… un thème qui m’intéressait incroyablement… non, bien sûr que c’est ironique ! Comme si ce truc de midinette aurait pu avoir un quelconque impact sur moi ?! Là-dessus, je dois reconnaître que j’étais sans doute comme la plupart des hommes… c’était bien les cinq minutes où les demoiselles dansaient, le reste du temps, j’en avais clairement rien à foutre, c’était clair… L’entraînement des jeunes filles était d’ailleurs particulièrement comique… hilarant même… enfin, il l’aurait été si je ne m’étais pas senti aussi mal, la faute à cette maudite Elena… on avait pas idée de faire un essai aussi… minable. Franchement, elle avait été ridicule de chez ridicule, la risée de toute l’école… même si, par chance, quasiment personne n’avait pu le voir…
Tout ça pour dire qu’à part les possibles quelques minutes pendant lesquelles la copine de mon frère agiterai son joli petit c… corps, le reste me passait relativement au-dessus… j’en avais rien à faire du tout… d’autant que si c’était pour la voir remuer de la même façon que cet après-midi, mieux valait éviter… pour tout le monde…

Oh, je ne la criti… bon si, c’est vrai… je la critiquais ouvertement… et je le lui avais bien dit… sans méchanceté aucune mais sans me cacher pour autant… ce qu’elle avait fait, ça avait été misérable, pitoyable… d’ailleurs, je ne trouvais même pas de superlatif assez merdique pour qualifier sa prestation… ça avait vraiment été si mauvais que ça, je vous le jure… oh, j’aurais aimé, non pas lui mentir, mais que ça se soit passé différemment… qu’elle ait été meilleure… malheureusement, ce n’était pas le cas… elle était profondément pitoyable… et je pesais mes mots, si, j’vous promets.

Mais tout ceci était derrière nous désormais ! On allait pas s’enquiquiner de petites histoires comme ça, même si… peut-être qu’elle accusait le coup… c’était peut-être très important à ses yeux et, elle s’en sentirait éventuellement vexée ou blessée… de ma réplique je veux dire… oui, parce que je jouais avec le feu là… j’avais estimé que tout ceci, le cheerleading, ce n’était pas un truc pour elle, que ça ne lui ressemblait pas… mais je ne pouvais pas en être sûr… même après son entraînement nul à souhait…
Je pouvais très bien me tromper… il se pouvait très bien que ça compte pour elle… et du coup, mon choix de phrase aurait été profondément stupide… parce que si c’était le cas, ça allait l’énerver, ou la mettre définitivement K.O. après sa journée visiblement à chier…
Enfin, nous verrions bien…

Je n’allais toutefois pas tarder à être rassuré… En effet, quelques secondes à peine après que j’aie prononcé cette phrase, après m’être, un tantinet moqué d’elle, tout en ne parvenant pas à m’arrêter de rire… je vis son sourire commencer à s’élargir… de plus en plus grand, de plus en plus grand… jusqu’à ce qu’il me semble immense… c’était sans doute utopiste, mais… on aurait dit qu’elle n’avait jamais été aussi heureuse, du moins, pas depuis un très long moment… ce sourire était réellement plaisant à voir, et même si je lui adorais sa noirceur, je devais bien reconnaître que ce somptueux sourire illuminait son visage… une expression que je ne lui avais encore jamais connu… mais qui lui allait si bien. Tout à coup, elle paraissait rayonner de bonheur, et… c’était prétentieux de le reconnaître, mais c’était grâce à moi… et je me sentais… étrangement pousser des ailes soudain… bizarre.

Mais ce ne fut pas tout… tandis que l’élargissement de son sourire atteignait son paroxysme, elle ne parvint pas à retenir un éclat de rire, qui lui échappa complètement. Un rire bien différent de ceux qu’elle m’avait offert jusqu’ici… D’ordinaire, ça démontrait plus l’ampleur de sa nervosité qu’autre chose… là au moins… c’était un rire pur et cristallin, un rire sans la moindre réticence, sans la moindre retenue… un véritable éclat de rire, sans garde ni condition… elle… s’offrait en quelque sorte, et c’était particulièrement gratifiant…
… et oui, une petite blague bien placée et elle tombait à mes pieds… que j’étais doué…
Sa bouille ne tarda pas à se transformer, ses sourcils se fronçant et sa bouche se pinçant dans une expression… abusivement douloureuse, qui me força à ne pas relâcher mon sourire… Elle amusée… ? A peine…


« - Ouh… » Lâcha-t-elle d’un air dépité.


Oui, tu peux le dire…
Ouh… le terme parfait que j’aurais pu choisir pour exprimer ce que j’avais pensé en la voyant… que ça avait été triste… et pas dans le sens triste-malheureux hein… non, dans le sens triste-nullissime… la pauvre… elle le prenait bien donc ça allait mais… il n’y avait pas grand-chose à retenir de ça… Oh personnellement, je retenais bien ce minishort délicieusement serré qu’elle portait… et qui m’avait apporté ma rare satisfaction dans ce fouillis « cheerleaderien »…

Oui, parce que, ne nous voilons pas la face hein… il n’y avait vraiment rien eu de bon à part ça… ça avait été l’un des pires spectacles auxquels j’ai pu assister dans ma – relativement longue – vie. Bon, ce n’était pas tellement de sa faute… quoique, dans le fond si, c’était entièrement la sienne, mais… je ne me souvenais pas m’être déjà senti aussi mal pour qui que ce soit… c’est vous dire combien c’était pitoyable !
Donc je préférais garder en mémoire ses longues jambes délicieusement bronzées… et ce minishort… même si j’avoue que son fessier n’avait pas remuer aussi bien que ce à quoi je m’attendais… à croire que sa démarche n’était donc pas travaillée et qu’elle roulait du cul naturellement finalement… pauvre enfant au corps trop canon pour elle… elle en avait de la malchance hein…


« - Tu as vu ça… ? » Osa-t-elle demander, les sourcils haussés.


Oh que oui… j’en avais même certainement trop vu si tu veux mon avis… au moins je savais que la prochaine fois, je ne me risquerais pas à la regarder s’entraîner… je me contenterais de sa prestation aux matches, au moins, il y aurait un petit uniforme avec une minijupe pour rattraper le massacre… et oui, ça jouait quand même un grand rôle l’apparence… Elena pouvait bien être minable hein, de toute manière, les mecs qui mat… qui regardaient innocemment les cheerleaders, ne s’y intéressaient pas pour leur superbes chorégraphies, je pense qu’on est tous d’accord… est-ce qu’elles s’en rendaient compte au moins… ?
Avec Yorke qui avait à la maison des vidéos d’Elena, je doutais que la danse soit le principal attrait de leur passage… m’enfin… ce que je savais en tout cas, c’était que j’allais vouloir ces cassettes… et que je les obtiendrais… mais avec un peu de chance, un envoûtement et ce serait réglé, je n’aurais même pas besoin de tuer ce… « pote ».
Et puis, c’était pour la bonne cause, je ne pouvais pas le laisser profiter comme ça du joli corps de ma dulcinée… non, c’était la mienne, et si quelqu’un devait se faire plaisir en matant ces vidéos, c’était quand même moi !

Sinon, rien à voir mais… j’avais du mal à imaginer qu’elle ait été une super cheerleader… c’était quelque chose de si… superficiel… son opposé total pratiquement… quand on s’engageait dans es cheerleaders, on pouvait être sûre d’être considérée comme une cruche hein… en général, c’était comme ça… les cheerleaders, c’était les filles bien foutues, mais qui avaient pas grand-chose dans la tête… bah oui, à votre avis, pourquoi elles finissaient avec les footballeurs… ? Elles sont canons, ils sont canons, elles n’ont pas de cerveau, ils n’ont pas de cerveau… ces gens là ne pouvaient finir que par sortir ensemble…
Du coup, je la voyais mal là-dedans… certes, la réputation de son cul semblait faire parler dans les quatre coins du lycée mais… elle n’était apparemment pas cataloguée comme l’idiote de service… d’après ce que j’avais entendu pour le moment… contrairement à sa clocharde de blondinette, qui avait, elle, l’air d’une vraie guiche…
Donc je… non, ça ne collait pas… Elena + Cheerleader = Impossible.
C’est ce que mon esprit me disait en tout cas… ça semblait trop… trop ne pas lui aller…

J’acquiesçais alors en réponse à sa question, l’air profondément affligé encore, comme si je n’avais jamais rien vu d’aussi horrible de ma vie… ce qui était totalement exagéré, mais particulièrement drôle… En écho à mon geste, la demoiselle haussa les épaules, avant de se décider à m’en parler plus franchement…


« - J’adorais ça… c’était drôle… et j’étais un peu moins misérable aussi… Mais cette année… » Prononça-t-elle, avant de se perdre.



Elle était éteinte d’un coup… la pauvre avait essayé de s’expliquer, de me faire part d’une partie de sa vie, de s’ouvrir à moi et… soudain, plus rien. Absolument plus rien. Le néant venait de la submerger entièrement, toute lueur ayant quitté ses jolies prunelles, ne laissant plus que le vide, un gouffre sans fond, qui semblait brutalement représenter son être dans sa totalité… une coquille vide et inanimée, voilà tout ce qu’elle était à cet instant…

Mon cœur se serra très très brièvement l’espace d’une demi-seconde, mais juste assez pour que je me sente un mini-peu mal pour elle…
Mais cette année… mais cette année devait être atroce pour elle parce qu’elle venait de perdre ses parents… et que ça la touchait assez clairement… bien évidemment c’était normal, et ça prouvait qu’elle n’était pas très éloignée, très détachée d’eux… pour que ça continue à la travailler, à l’atteindre aussi efficacement six mois après…
Pour ma part, ça faisait plus de cent ans que j’avais perdu mes parents et Elisabeth… et je portais toujours cette blessure… elle avait diminué d’intensité certes, mais elle était toujours bien présente… je pensais d’ailleurs qu’on ne se débarrassait jamais de ça… ça restait en nous, qu’on le veuille ou non…

Euh bref ! Tout ça pour dire que je n’allais pas non plus me mettre à plaindre cette petite midinette ! Mes parents étaient morts, ma bien-aimée aussi, et personne ne m’avait plaint moi, alors je n’allais pas m’adoucir pour les beaux yeux – éteints – de la jeune fille… elle était malheureuse, soit, mais qu’est-ce que ça pouvait bien me faire ?! Je me fichais de son ressenti autant que je me fichais d’elle, alors qu’elle soit contente ou pas, ça ne me faisait rien… j’étais toujours là pour les mêmes raisons je vous rappelle, et me laisser adoucir par la petite-amie de Stef’ n’en faisait pas partie, désolé…
L’éclat dans ses yeux réapparut d’un coup, me prenant au dépourvu, alors qu’un petit sourire reprenait place sur ses lèvres… même si elle ne paraissait pas encore la plus gaie du monde, disons qu’elle s’extirpait, s’éloignait de sa douleur… elle avançait, parce qu’il le fallait bien.


« - Disons que c’est différent aujourd’hui… Ce qui comptait ne compte plus. … forcément. » Avoua-t-elle, un peu… sombre ?


Bon, on va simplement dire que ce n’était pas trop trop la franche rigolade hein… elle me paraissait pleine de noirceur… particulièrement sombre en ces heures… enfin, je la savais assez… noire, ça ne faisait aucun doute, mais là… elle me semblait s’enfoncer de plus en plus dans cette maudite noirceur… ce qui était un tantinet terrifiant… meuh non, j’rigole ! Il en fallait bien plus pour terrifier un vampire tueur suceur de sang comme moi… ne rigolez pas avec ces choses là…
Mais j’appréciais franchement son honnêteté… elle s’ouvrait, me parlant de ça avec sincérité… et ça me permettait vraiment de mieux comprendre, d’y voir plus clair…

Donc, ça avait effectivement compté à une époque… ça n’avait pas toujours été comme ça… aussi futile que ça semblait lui paraître désormais… il fut donc une époque où le cheerleading représentait quelque chose à ses yeux, et comptait pour elle… c’est drôle… à croire qu’avant l’incident, c’était une toute autre personne… bon, je ne voulais pas faire la merde ou quoi hein mais… je crois que je la préférais maintenant… je ne la connaissais pas avant certes, mais quelqu’un pour qui le cheerleading comptait… sérieusement ? Elle devait être bien superficielle à l’époque, vous ne pensez pas… ?
Moi je la préférais plus sombre et torturée, plus blasée, désenchantée de la vie comme elle l’était aujourd’hui… avec ce petit côté écorché vif, je me bats malgré mes nombreuses blessures… j’aimais ça en elle.
Mais sa phrase faisait fataliste… ce qui comptait ne compte plus… heureusement qu’elle avait rajouté ce petit « forcément » à la fin, parce que sinon, bonjour la tranche de rire… c’était moi le fataliste je vous rappelle, ce genre de répliques noires, elles étaient pour moi… comme sur les couples voués à l’échec… vous vous souvenez… ?
Bref.
Elle se remit finalement en marche, sans pour autant me quitter des yeux… m’empêchant donc de laisser mon regard dériver même un court instant dans le bas de son dos… dommage, c’était… un tantinet frustrant… une frustration que je tentais de chasser simplement en la rejoignant, et en poursuivant notre marche.


« - Sauf que… ton frère, mes amis… tout le monde m’encourage à essayer de… redonner de l’importance à certaines choses. » Reconnut-elle sans détour avant de me jeter un regard de biais.


Et bien ! Quelle sincérité ! C’était… un peu déroutant ! Certes, je m’attendais à ce qu’elle cesse de me faire des petits mensonges dans l’immédiat mais… là, elle m’en dévoilait pas mal quand même… et je me sentais privilégié, je l’avoue… ça… il était clair qu’elle ne pouvait pas le dire aux autres… que j’étais le seul capable d’entendre ça… comment aurait-elle pu en parler à Stefan ou à ses amis… ? Non, elle savait que j’étais la seule personne à pouvoir écouter ça, et c’est pourquoi elle se tournait vers moi pour en parler, se libérer de ce poids… de ce qu’ils lui mettaient sur les épaules… cette charge bien trop lourds pour elle, pauvre enfant toujours pas remise du décès de ses parents… ils en attendaient tous trop d’elle… à croire qu’elle ne leur plaisait pas comme ça… « oh, t’es bien, mais on t’aimait mieux avant… », ils étaient franchement minables… et ça m’étonnait même de la part de Stefan… ça n’avait pourtant pas l’air de lui ressembler… à mon sens du moins… mais peut-être ne le connaissais-je pas si bien que ça au fond… ? Qui sait hein… en tout cas, j’avais du mal à croire qu’il agisse ainsi avec elle… il ne voyait pas sa fragilité… ? Quand je vous disais que c’était un connard fini, je blaguais pas, vous voyez bien…

La demoiselle ne semblait pas à l’aise vis-à-vis de tout ça… du fait qu’ils essayent de la… changer… de la faire redevenir comme avant… je sentais bien que ça ne lui plaisait pas des masses… elle n’avait pas eu l’air réjouie en évoquant ça et… ça se comprenait plutôt facilement… ils ne l’aimaient vraiment pas comme elle était maintenant… ? Et bien, quels amis… ça faisait froid dans le dos, c’est moi qui vous le dis…
Elle n’avait surtout sans doute pas besoin de ça en plus… la fille sortait d’un vrai traumatisme, et on lui faisait comprendre qu’elle était devenue moins bien qu’avant, qu’il fallait qu’elle change pour plaire à ses amis… ou à son bien-aimé… et bien, c’était sympa de leur part… comme si elle n’était pas déjà assez au fond du trou…
Un sourire désabusé se peignit sur ses lèvres, après une courte hésitation.


« - Donc, comme tu as pu le voir, j’essaye… mais… ça n’est pas toujours une franche réussite… » Conclut-elle avec un petit rire, plongeant son regard dans le mien.


La pauvre… effectivement, ça avait l’air de l’user complètement… limite de la ronger de l’intérieur… mais elle faisait des efforts… visiblement, elle tenait bien plus à eux tous, qu’eu tenaient à elle… eux, ils voulaient la transformer, en faire quelqu’un de différent… elle n’avait pas « nulli », elle avait évolué, changé, bande de nazes ! Ils ne comprenaient vraiment rien tous ces crétins ! Et je ne parlais pas de Tyler, crétin de service, mais bien de ses amis proches… enfin, ceux qui portaient honteusement ce titre honorifique… et mon jumeau était dans ma ligne de mire lui aussi…
J’avais soudain l’impression d’être le seul à la comprendre… d’être le seul apte à le faire et… dieu que c’était gratifiant… et ça prouvait qu’elle avait relativement confiance en moi également, ce qui faisait très plaisir aussi.
Je restais donc lové dans ses prunelles si… déroutantes, tentant de garder mon calme avant de prendre la parole, restant neutre au maximum.


« - Alors pourquoi s’entêter… ? Arrête ça, laisse tomber, problème résolu, tadaa… » Lui glissais-je, d’un air complice, le regard compatissant.


Bien sûr que c’était un conseil ! Elle n’aimait pas ça… elle m’avait même avoué que ces choses là ne comptaient plus… alors je n’allais pas la laisser se faire blesser, meurtrir encore et encore par ses soi-disant amis… non, je devais réagir, et c’est ainsi que je réagissais… en lui offrant un petit conseil… oh, ce n’était pas grand-chose mais… je ne comprenais pas son obstination… d’autant qu’elle le faisait pour les autres ! Même pas pour elle-même ! Alors pourquoi faire… ? Pourquoi s’embêter ?! Autant laisser tomber, c’était bien plus simple, et bien mieux pour elle aussi…


« - Excuse-moi, c’est juste que… quand je t’ai vu aujourd’hui, je me suis dit que… ça… ce n’était pas toi… » Avouais-je avec une moue un peu gênée.


Bien sûr je l’exagérais… je n’étais pas gêné hein ! Je m’en fichais bien, c’était partie intégrante de mon rôle, c’est tout… je le lui avais dit parce que je le voulais… parce que je voulais qu’elle sache ce que moi je pensais… ce que j’avais pensé d’elle version cheerleader… que ça me semblait… irréel, faux… que ça avait l’air… d’être absolument pas elle, pas fait pour elle… pour moi, elle était l’opposé total de ça alors bon… mais ses amis ne s’en tireraient pas comme ça non plus…


« - Mais dis-moi, tes « amis » sont toujours comme ça, ou le cheerleading et l'incident du Grill ne sont que des hasards… ? » Commençais-je en arquant un sourcil. « - Tu sais Elena, tu ne devrais pas changer pour eux… ils sont censés t’accepter telle que tu es non… ? » Les accusais-je, à mots voilés, une mine d’incompréhension flottant sur mes traits.


Oh, prenez-vous ça les « amis » !
Bon, j’y avais peut-être été fort, c’est vrai mais… je ne faisais qu’énoncer la vérité… je les trouvais exécrables moi ces mecs là… je risquais d’avoir du mal à m’entendre avec, j’en avais la certitude… même si… avec l’école, j’allais bien être forcé de les côtoyer… ce à quoi je répugnais déjà… par pitié, tout sauf ces ringards…
Toutefois, mon tour d’action n’était pas terminé… même si je ne sais pas si c’était une bonne ou une mauvaise chose.


« - Moi en tout cas, je t’aime comme tu es, Elena… je n’attends pas de toi que tu sois quelqu’un d’autre… » Conclus-je, avec le regard dans le sien, l’air amical, avant de la gratifier d’un clin d’œil complice.
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Elena Winters

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MessageSujet: Re: Hands Off [pv Damon]   Hands Off [pv Damon] EmptyJeu 5 Nov - 20:34

Je ne m’étais pas attendu à en dire autant. Quand le thème des cheerleaders avait été lancé par le jeune homme, je n’avais pas songé que j’irais aussi loin, que je lui ferais part de toutes ces choses. Je ne savais toujours pas dire précisément pourquoi je l’avais fais, d’ailleurs. Un mystère relativement insoluble de plus, en somme. C’était un peu n’importe quoi, non ? A croire qu’il m’inspirait confiance et me poussait de ce fait à la confidence ! … Pourtant, étrangement, ce n’était pas le cas. Du moins, je n’en avais pas l’impression. Au contraire, je me sentais facilement sur la défensive ou méfiante quand il était question de lui… anxieuse et tendue, à l’affût d’un nouveau rebondissement qui jouerait contre moi… alors pourquoi ?

Ma façon de faire n’avait pas énormément de sens, semblait entièrement dénuée de logique. Mais ça n’était pas la première fois, n’est-ce pas ? Avec ce type, j’avais toujours tendance à ne pas comprendre mon ressenti ou mes réactions, c’était un affaire entendue, hein… Malheureusement cette conviction ne me soulageait pas des masses et ne réglait en rien le problème. Et les questions – même s’il était sans doute un peu tard pour s’interroger sur le pourquoi du comment – persistaient… Elles rebondissaient contre les parois de mon crâne sans que je ne puisse rien y faire. Il fallait, hélas, que je fasse partie de ce genre de filles qui étaient incapables d’accepter la stricte réalité sans se poser une foule de questions sans réponses. Je me torturais décidemment trop les méninges avec ce Damon… Bah oui, au fond, je savais parfaitement qu’il était inutile de s’arrêter à ça à présent… que ce qui était fait était fait. Et pourtant…

Pourquoi m’étais-je étendue de la sorte ? Pourquoi lui avais-je parlé du désir de Stefan et des autres de me voir m’intéresser à ce qui n’avait à mes yeux plus la moindre importance ? Est-ce que ça ne faisait pas trop genre « je m’apitoie sur moi-même alors que les autres ne veulent que mon bonheur et me voir aussi insouciante et heureuse qu’autrefois » ? Je ne voulais pas ça… tout comme je ne voulais pas qu’il s’imagine que j’étais malheureuse, qu’il devine cette morosité que je cherchais si fort à cacher. Est-ce que mon discours risquait de le mettre sur la voie ? Probablement…
Rah ! Pourquoi ne m’étais pas contentée de rester sur l’humour et notre amusement mutuel ?! Pourquoi avais-je éprouvé ce désir stupide d’entrer dans les détails, de creuser un peu plus en profondeur ?! … De lui parler de moi et de m’ouvrir à lui en d’autres termes. Ça me ressemblait si peu… Moi, j’étais plutôt du genre à vouloir tout garder pour moi désormais et certainement pas à raconter mes états d’âmes à cette moitié d’étranger qu’il représentait !

Toutefois, au final, seuls comptaient les faits et les conséquences, pas vrai ? Que je le regrette ou non, que ça m’interpelle ou non, j’avais bel et bien dis tout ces trucs un peu gênants.
Oh, j’aurais pu sans peine m’en abstenir, en vérité. J’en avais bien conscience et c’était là où c’était le pire, le plus dérangeant. J’aurais pu… simplement rester en surface, lui dire juste que j’avais effectivement été nulle à cause d’un manque de pratique… ou même sans lui donner de motif, juste lui dire que j’avais bel et bien été misérable et que je le reconnaissais humblement. Et ensuite… détourner la conversation sur n’importe quoi plutôt que sur ça. Ça n’aurait pas été bien compliqué. Ça ne m’aurait pas demandé plus d’efforts que ça… mais, pour une obscure raison, je ne l’avais pas fais. Je ne m’étais pas comportée comme je l’aurais fais avec n’importe qui d’autre, normalement en somme… Pourquoi fallait-il que je sois… que je me sente… si bizarre en sa compagnie ?!

En plus, je doutais qu’il se soit attendu à ce genre de laïus, le pauvre… et ça n’aurait été que plus facile de changer de sujet… Je suppose qu’il s’attendait sans doute à ce que je lui lâche quelques mots sur ce sujet un peu futile – qui à mon humble avis, ne l’intéressait pas tant que ça – et basta. Mais non. Je n’en loupais décidemment pas une.
D’ailleurs, vu ma chance légendaire de ces dernières semaines, il y avait fort à parier qu’il se fichait royalement de tout ça et allait maintenant me trouver particulièrement ennuyeuse. Ce que j’étais probablement devenue, je vous l’accorde. Enfin, je me moquais éperdument de son opinion sur ma personne, bien sûr… mais bon.

Tout ça pour dire que mon monologue n’avait pas du le captiver des masses. Bah oui, je lui avais demandé de trouver un sujet et il avait donné le premier qui lui était venu à l’esprit. Honnêtement, je ne connaissais pas beaucoup de garçons passionnés par le cheerleading. Pour ne pas dire aucun. Enfin si, ils étaient passionnés mais pas par l’activité plutôt par celles qui la pratiquaient, soyons clairs. Pour les filles, c’était une façon de se réunir, de plaisanter et d’organiser des choses ensembles. Le reste, la danse et les matches, n’était qu’un complément. En fait, les garçons s’imaginaient souvent qu’être cheerleaders n’était en fait que savoir se remuer convenablement mais… ça demandait beaucoup de travail ! Et… il y avait tous les à côtés qu’ils ne concevaient pas. Selon eux, ça ne les concernaient pas véritablement et ils ne cherchaient pas plus loin. Vous savez ce que dit le proverbe, « les hommes viennent de mars et les femmes de Venus »… Là-dessus, ça se confirmait. Il y avait une certaine divergence de point de vue lié au sexe, c’était incontestable.

Toujours est-il que j’aurais probablement du en rester aux banalités. Lui dire que j’adorais ça et que c’était drôle autrefois, sans lui donner plus de précisions. Il s’en serait certainement contenté… Mais comme vous le savez, j’avais fais tout le contraire, dévoilant « un peu » plus que ce qui était prévu à l’origine. Je me morigénai pour ça. … Même si… une part de moi… avait l’impression qu’il était à même de comprendre sans juger.
A vrai dire, je me demandais si lui et Stefan avait traversé la même chose, la même étape transitoire et désagréable entre l’avant et l’après. Il devait bien y avoir quelques similitudes, non ? En tout cas, il fallait se retrouver et continuer à avancer, c’était indiscutable. Et ça, j’étais certaine qu’il était capable de l’imaginer. Après tout, n’était-il pas orphelin, lui aussi ?

Et puis… il y avait l’ex à Stefan aussi… Il devait savoir le gouffre que ça laissait dans votre vie, dans votre cœur… et l’obligation de se reconstruire malgré la douleur et l’injustice. Oui, de cela, je ne pouvais pas vraiment douter. Surtout parce que… je n’avais pas rêvé sa douleur lorsqu’il m’avait parlé d’Elisabeth. Je l’avais deviné avec une telle intensité… et j’avais éprouvé une sincère compassion, justement parce que j’étais en mesure de comprendre sa douleur. Je le pensais du moins.
J’étais réellement désolée pour lui et pour Stefan. Je… je savais, moi, la difficulté que c’était de se remettre de la disparition d’un être aimé. Même si c’était différent pour eux puisque quelqu’un la leur avait arrachée. Et, même si j’ignorais de quand cela datait, je soupçonnais que ni l’un ni l’autre – à mon image – n’avait encore su tourner définitivement la page… Leur bague en était la preuve… Mais ne nous attardons pas là-dessus… c’était des pensées que je préférais éviter, voyez-vous. Je pense que vous comprenez aisément pourquoi.

Donc bref. Je m’interrogeais sur mes motivations – en dehors du fait qu’il soit suffisamment extérieur à tout ça pour que je puisse lui dire tout ça– et l’idée qu’il ait enduré les mêmes choses en faisait certainement partie, même si je ne pouvais l’affirmer. En fait c’était assez risible, quand on y pensait. Si je pouvais le lui dire c’était en grande partie parce qu’il ne représentait encore rien, parce qu’il n’était qu’une vague connaissance, bien éloigné de ce qu’était un ami véritable. En outre, ils n’avaient aucun intérêt à répéter ce que je venais de dire à qui que ce soit. Enfin à Stefan peut-être mais… ils étaient en froids, non ? A ce niveau là, c’était peut-être bien un avantage pour moi.
Je pouvais lui faire confiance là-dessus justement parce que je n’avais pas suffisamment confiance en lui, parce qu’il ne faisait pas partie du « cercle »… Heum… vous comprenez ou pas ? …

En revanche, je craignais qu’il… déduise trop de ce que je venais de lancer. Qu’il s’imagine que je m’en plaigne, que j’en tienne rigueur à son frère ou quoi… Ce n’était pas le cas. Je disais ça juste pour un peu mieux lui expliquer ce qu’il avait vu aujourd’hui… une pauvre fille en train de s’accrocher désespérément à un passé d’ores et déjà révolu. Ma « misérable » prestation trouvait son explication dans tout ce que je venais de dire. C’était l’unique raison qui m’avait poussé à lui confier ceci ! En aucun cas j’avais ressentit le besoin de me livrer à quelqu’un, ne soyez pas bête ! … Bon d’accord, peut-être un peu alors… Pas de chance pour lui, c’était tombé sur sa personne…
Est-ce que je me sentais un peu mieux au moins ? … Je n’en étais pas certaine. Le poids était toujours là mais je n’aurais su dire s’il s’était allégé tellement j’étais habituée à sa présence.

Mais quoi qu’il en soit, mes proches ne pensaient pas à mal et je n’avais aucune intention de les incriminer. Ils voulaient tous que je sois heureuse, je le savais et… je culpabilisais lors des rares moments où je les maudissais d’attendre de moi autre chose que ce que je pouvais leur offrir pour l’instant. C’était aussi grâce à eux que j’avançais, que je ne restais pas vautrée dans mon malheur. Grâce à Stefan surtout, qui m’avait montré que certaines choses pouvaient encore en valoir la peine, que de belles choses m’attendaient… Il prophétisait qu’après la pluie viendrait forcément le beau temps et j’avais très envie de le croire. N’en était-il pas la preuve vivante ?

Néanmoins, pour le moment, je ne pensais pas à eux. Juste à mon interlocuteur et à ce que j’avais décelé en lui qui m’avait conduite à cette espèce de « confession » inattendue.
Plongée dans ces prunelles lumineuses, j’aurais aimé ajouter quelque chose… une conclusion un peu plus légère… Lui offrir une ouverture, un sujet sur lequel rebondir au moins… mais rien ne me venait à l’esprit. A ma grande consternation, je ne savais définitivement pas quoi ajouter. Mais ce n’était pas son cas… Tant mieux… ou tant pis. Difficile à dire, comme toujours.

En effet, Damon, qui conservait de son calme apparent, ne tarda pas à prendre la parole, soulevant une judicieuse question.



« - Alors pourquoi s’entêter… ? » Commença-t-il, une lueur de compassion prenant naissance dans ses iris clairs.


Et bien, je… je n’en étais pas sûre. Sans doute aurais-je pu simplement laisser tomber… Ça m’aurait certainement évité bien des peines. Ça aurait été plus facile, moins douloureux. Renoncer à l’ancienne moi, au passé, et accueillir la nouvelle sans se poser de question, sans regretter inutilement… J’y songeais parfois. Juste accepter et envoyer balader ceux qui n’étaient pas d’accord. Me faire une raison et ne plus lutter vainement pour atteindre un objectif tout bonnement hors de ma portée. Est-ce que j’aurais retrouvé un semblant de sérénité ? Est-ce que je pouvais réussir à être à nouveau en paix avec moi-même ? … Ça me faisait tellement défaut et j’en avais tellement envie par moment ! Mais est-ce que ça n’était pas comme de baisser les bras, de jouer les fatalistes ? … Limite égoïste, au vu de ce que mes amis espéraient…
Mais en même temps, chercher avec ferveur à réveiller une étincelle éteinte comme je le faisais c’était comme… comme de vouloir faire du feu sans combustible… Etait-ce seulement faisable ? Il m’arrivait régulièrement d’en douter, même si je répugnais à baisser les bras, à abandonner le combat.
Mes parents ne reviendraient pas d’entre les morts et mon ancienne personnalité ne le ferait sans doute pas plus… Peut-être que je ne faisais que m’obstiner idiotement pour une cause vouée à l’échec…

Cependant, il était tout à fait normal de faire des efforts pour eux tous, non ? … Je le croyais en tout cas… Et, inconsciemment, j’avais tellement peur de les perdre si je n’en faisais pas… de me retrouver définitivement seule. Et plus seulement dans ma tête cette fois…
Le cheerleading n’était qu’un trucs parmi d’autres mais… si je ne me secouais pas, je redoutais de me réveiller un matin et de réaliser que je n’avais plus personne, qu’ils avaient tous fini par perdre patience face à mon manque d’entrain et de jovialité… Voilà pourquoi je m’entêtais. Un peu pour moi, beaucoup pour eux. Parce que je tenais à eux et que je ne voulais pas les décevoir… et parce que j’estimais que Stefan méritait mieux que ce que j’étais devenue…



« - Arrête ça, laisse tomber, problème résolu, tadaa… » Poursuivit-il sur sa lancée, complice à souhait en me tirant de cette réflexion pour m’y replonger presque aussitôt.


… C’était gentil… et mignon. Etonnamment, ça me touchait. D’ailleurs un petit sourire fendit mes lèvres en l’entendant dire ça…
C’était donc ce qu’il me conseillait lui ? Juste laisser tomber ? Une option qui avait quelques atouts à faire valoir, je ne le niais pas… et qui était des plus tentantes soudain. J’aimais sa façon de le dire et… de réagir aussi.
Il paraissait plein de bon sens en fait, m’indiquant simplement le chemin le plus facile mais également le plus logique. Sauf que la logique n’entrait pas trop en ligne de compte. Vous savez ce qu’on dit, « le cœur à ses raisons que la raison ne connaît pas ». C’était pareil dans la situation actuelle.

« Ça ne compte pas, ça ne te plaît pas ? Alors arrête. Ne te prends pas la tête. ». C’était ce qu’il disait en gros… et j’ignorais pourquoi mais j’accordais à ce conseil une importance particulière. Oui, je réalisais que… j’étais plutôt contente de connaître son avis – qui me satisfaisait bizarrement – sur la question… Mmf, on allez finir par croire que ça m’importait à ce rythme là… Son opinion, je veux dire. Est-ce que c’était le cas… ? … Pff, pourquoi ça aurait été le cas ? Ça n’avait pas beaucoup de sens, hein…
En tout cas, il me donnait réellement envie de croire que ça pouvait être aussi facile, aussi… indolore… Oui, j’aurais sincèrement aimé que ce soit ainsi, que ce soit aussi simple, moi. Pour lui, ça semblait évident mais… ça ne l’était pas. Loin de là…

Arrêter le cheerleading, hein ? … Au final, ce n’était pas un choix très compliqué. Ça n’aurait pas grande incidence… Même si j’étais lasse de devoir toujours choisir, je ne m’en cache pas. Bref, même si ça se résumait à ça… disons que c’était potentiellement symbolique. Si j’abandonnais ça, est-ce que ça signifiait que j’étais prête à renoncer au reste, à tout ce qui ne comptait plus mais qui avait un jour compté ? … Je n’en étais pas certaine.
En outre, Libby serait vraiment déçue si je lui disais que finalement je renonçais à tout ça… mais est-ce que ça justifiait l’humiliation et le mal-être qui s’étaient emparé de moi durant l’entraînement ? … Probablement pas. J’avoue que j’appréhendais déjà l’entraînement du mardi suivant.

Est-ce que… est-ce que je serais soulagée si je l’écoutais ? Je n’en savais rien.
Néanmoins, certaine choses pouvaient encore compter, j’en avais la conviction ! Si on s’en donnait suffisamment la peine, on pouvait recolorer une existence en noir et blanc. On pouvait redonner un sens à ce qui n’en avait plus… à condition de le vouloir assez fort et de s’en donner les moyens. Je refusais de m’en remettre à la fatalité et de laisser faire les choses. Si je voulais redevenir cheerleaders, je devais faire l’effort d’en retrouver la mentalité. C’était aussi « simple » que ça. C’était à vous d’agir et c’était ainsi pour tout… Dans la vie de tous les jours… en amour aussi. Si vous vous fermiez à lui alors il y avait nettement moins de chance pour qu’il débarque. Pas vrai ?

… Tiens, ça me faisait penser à ce qu’il avait dit sur les couples, qu’ils étaient voués à l’échec et tout ça… Alors c’est ce qu’il avait fait lui ? Après Elisabeth, il avait juste… « laisser tomber » ? Ça paraissait probable. C’était triste si c’était ça. Et je ne l’espérais pas. Ni pour lui ni pour la tripotée de fille qui devaient être entichées de lui, d’ailleurs.
Moi, je ne raisonnais pas ainsi. J’essayais au maximum de rester positive, de conserver une lueur d’espoir en toutes circonstances, même si ça s’avérait parfois très complexe.
C’était la raison qui m’avait poussé à faire cette désastreuse tentative de renouement avec la Elena cheerleader. Même si le résultat n’était guère concluant… voir limite désespérant… et très nettement humiliant.



« - Excuse-moi, c’est juste que… » Reprit-il ensuite.


« Excuse-moi » ? Pour quelle raison devais-je l’excuser exactement ? Il n’avait rien fait de mal, si ? … Et il aurait eu bien d’autres raisons de s’excuser que celle de me donner gentiment son avis. Un avis appréciable car extérieur et de ce fait bien plus neutre et sans doute objectif que le mien, soit dit en passant.
Au contraire, j’appréciais qu’il le fasse. Alors, il n’avait vraiment rien à se reprocher là-dessus. Les conseils étaient toujours bons à prendre au fond. Et il se montrait gentil… et relativement compréhensif si je m’en fiais à la lueur qui animais les deux bille azurés qu’il braquait sur moi et qui se trouvaient dénué de tout jugement… Ce qui faisait beaucoup de bien, à vrai dire.



« - Quand je t’ai vu aujourd’hui, je me suis dit que… ça… ce n’était pas toi… » Admit-il avec une moue gênée assez attachante.


… Au moins, il était sincère. Même si ça n’aurait sans doute pas du me surprendre. Cela dit, je croyais comprendre où il voulait en venir. Lui, il ne connaissait – même si connaître est un peu exagéré comme terme en ce qui nous concernait – que la « nouvelle Elena ». Il n’avait pas vu la jeune fille d’autrefois, pétillante et drôle à souhait… plus superficielle sans doute mais incontestablement plus distrayante. Donc, forcément, il avait du mal à visualiser la chose parce que… celle que j’étais devenue n’était pas véritablement attirée par ce genre de chose qu’elle estimait trop futiles. Oui, il avait parfaitement raison même s’il avait oublié de faire la nuance la plus importance. Ce n’était plus moi. Enfin, je suppose qu’au fond ça ne changeait pas grand chose au résultat.

C’était… faux. J’avais eu l’impression de me mentir à moi-même plus tôt dans la journée. J’essayais de me convaincre que c’était amusant, comme autrefois… que ça n’avait pas changé. Et c’était vrai, ça n’avait pas changé, c’était moi qui l’avait fais. Mais c’était assez dur à concevoir. A mes yeux, c’était plutôt les choses qui étaient devenue ennuyeuses plutôt que l’inverse… J’avais conscience d’être différente mais… ah, c’est difficile à expliquer.
Quoi qu’il en soit, ça m’avait semblait totalement irréel… totalement pas moi, d’où le malaise qui m’avait tiraillé. C’était paradoxal en sachant combien d’heures j’avais légué à cette activité, combien de temps j’avais passé à perfectionner mes aptitudes. Du temps que j’estimais presque gâchée maintenant que j’y repensais. Il y aurait eu tellement mieux, tellement plus intelligent à faire… passer plus de temps avec mes parents, par exemple… « Si j’avais su », comme on dit.

Toujours est-il que c’était très éloigné de ce que j’étais à présent. En ça, Damon n’avait vraiment pas tort. Ni Caroline qui me disait trop « droite »… trop « coincée ». J’étais d’accord avec elle, là-dessus… et je ne le prenais pas mal. Au fond… est-ce qu’être aussi superficielle qu’elle était mieux que d’être trop « rigide » ? Oh, je ne le dis pas méchamment, attention ! Au contraire, une part de moi enviait, aussi paradoxal que ça puisse sembler, ce défaut – car je considérais aujourd’hui ça plus facilement comme un défaut que comme une qualité – qu’elle détenait encore et que moi j’avais, semble-t-il, perdu. Car il lui permettait de s’épanouir malgré la futilité des choses qui l’entouraient… alors que moi, ça m’oppressait plus qu’autre chose… m’indifférait dans le meilleur des cas.

Non décidemment les cheerleaders et tout ça… ça ne semblaient vraiment plus fait pour moi, n’en déplaise à tous mes amis. J’étais devenue beaucoup trop sérieuse et réfléchie pour ce genre de trucs, sans doute… Ça nécessitait une dose d’insouciance que je ne possédais plus.
Est-ce que Stefan s’en rendait compte et essayer de me faire passer au-delà de tout ça ? Ou bien peinait-il à imaginer mon ressentit ? La première option était préférable… mais pas non plus ultra-réjouissante.
Mais ça ne me disait toujours pas ce que je comptais faire. Ecouter son conseil d’une rare lucidité ou m’obstiner dans cette voie ? … Etais-je vraiment obligée de trancher maintenant ? J’avais encore toute une semaine pour me pencher sur la question, non ? …

Rien à voir mais… c’était plutôt flatteur qu’il l’ait remarqué. Que ça ne me correspondait pas, je veux dire. Ça signifiait qu’il s’intéressait suffisamment à ma personne pour pouvoir affirmer que ce genre de choses ne me ressemblaient pas, n’étaient, en d’autres termes, pas faites pour moi. Alors c’était un minimum touchant, en effet… Heu… mais à bien y réfléchir, je n’étais pas sûre que ce soit véritablement une bonne chose… Vous savez cette histoire de « Je ne veux pas qu’il s’intéresse à moi »… bah pareil.
Mais en tout cas, bonne chose ou non, je ne m’offusquais absolument pas du fait qu’il prétende d’ores et déjà savoir ce qui me correspondait alors qu’on ce connaissait si peu. Parce qu’il était indéniablement dans le vrai. Il aurait été culotté et malhonnête de le lui reprocher. Je supposais d’ailleurs que son pardon valait pour ça… parce qu’il craignait sans doute de s’avancer un peu vite et m’offusquer. Alors, effectivement, il s’avançait vite mais sur le côté « offense » ça n’était pas ça. Je n’allais pas me braquer, hein. Il énoncer une vérité, ne faisait que dire ce qu’il pensait, comme toujours. Et puis, il avait cette bouille un peu embarrassée qui rendait tout grief presque impossible alors bon.



« - Mais dis-moi, tes « amis » sont toujours comme ça, ou le cheerleading et l'incident du Grill ne sont que des hasards… ? » Enchaîna-t-il malheureusement en arquant un sourcil dans une expression un tantinet inquisitrice qui me mit vaguement mal à l’aise.


Heu… Oulà… C’est que… Ce n’est pas… Ce n’était pas ce qu’il croyait ! Mince, de toute évidence, il les jugeait assez mal. Et même si j’aurais bien pris leur défense, les mots me manquaient soudain. Qu’entendait-il par « toujours comme ça », en plus ? Non, ils n’étaient pas toujours « ainsi ». D’ailleurs, qu’est-ce que ça voulait dire ainsi ?! … Rien de bon dans sa bouche à lui, si vous voulez mon avis. Et je me sentais le besoin de les justifier, de leur trouver des excuses… aussi pitoyable que ça puisse paraître. Avouer qu’ils n’étaient pas toujours parfaits avec moi étaient… un peu déprimant. Je n’avais plus qu’eux, je vous le rappelle… Alors, je n’avais pas envie de les accuser de quoi que ce soit. Ni de le laisser les accuser…

Pour le Grill, ils n’étaient pas intervenu parce qu’ils étaient un peu stupéfaits, comme moi d’ailleurs. Je n’avais pas eu le temps de prendre ma propre défense alors eux, vous imaginez bien… Damon avait été très prompt là-dessus, personne ne l’avait vu venir… et surtout pas ce débile de Tyler.
Et pour le cheerleading… ils pensaient bien faire, ils voulaient juste me voir m’amuser et prendre autant de plaisir qu’autrefois. Le hic c’est qu’ils ne réalisaient pas forcément que c’était impossible, que ça n’avait plus rien de distrayant à mes yeux. Que j’étais encore capable de m’amuser – si, si j’vous assure – mais… simplement plus de cette façon. J’étais passée à autre chose, moi – ce qui me faisait un peu l’idée d’être le vilain petit canard par moment, je vous l’accorde – mais… ils n’en avaient pas bien conscience. Pour eux, il suffisait juste que je m’y remette, que je m’investisse de nouveau et tout rentrerait dans l’ordre. Malheureusement, ça ne fonctionnait pas comme ça. On l’aurait su sinon…

Bah, il ne les connaissait pas et ça se voyait. Mes amis étaient adorables ! Vraiment ! Serviables et attentionnés, toujours présents pour moi… J’admets que ça ne suffisait pas toujours mais… j’étais un tantinet exigeante aussi. J’avais bien du mal à savoir ce que je voulais. J’aurais aimé qu’eux ne changent pas mais ne me « reproche pas » de le faire, moi… J’aurais aimé qu’ils agissent tous exactement comme autrefois… Mais même si leur changement de comportement ne me réjouissait pas toujours, j’avais conscience qu’ils pensaient faire au mieux.
Oui, je crois que je préférais quand Caroline ne me sautait pas au cou quand elle me voyait, en s’inquiétant de mon état – même si elle restait relativement identique à elle-même comparée aux autres. Autrement dit, dénuée de tact et beaucoup trop direct… en ça, elle s’entendrait sans doute bien avec Damon, d’ailleurs. – ou quand Matt me servait des tartines et des tartines de cet humour que j’adorais. Enfin sur ce dernier point, c’était plutôt notre rupture qui était en cause et… celle-ci, je ne la regrettais pas. Ce dont j’étais nostalgique c’était de notre entente passé lorsque nous n’étions que de simples amis.

Bref, ils faisaient tout leur possible pour moi, pour m’aider à surmonter cette épreuve… Je le voyais bien. Ils n’avaient jamais de mauvaises intentions me concernant et c’était ça le plus important… c’était ça que j’aurais aimé lui dire. Mais étrangement, ça ne sortait pas.



« - Tu sais Elena, tu ne devrais pas changer pour eux… ils sont censés t’accepter telle que tu es non… ? » Fit-il avec une certaine incompréhension.


Je… Oui, évidemment… Il avait clairement raison. Le problème c’est que… ils m’acceptaient tel que j’étais – enfin je le croyais – mais ils me préféraient indéniablement avant. J’avais « nulli » selon eux et ils acceptaient celle que j’étais devenue mais ça ne les empêchait pas de regretter l’ancienne. Je le percevais assez nettement. Mais après tout, peut-être que je me faisais des idées… Non. Je ne le pensais pas. Au fond de moi, j’étais convaincue que s’ils m’aimaient tous très fort, ils avaient une préférence pour la fille que j’étais avant l’accident, ce qui était bien compréhensible. Parce que déjà je m’étais renfermée, éloignée d’eux… et que, forcément, ça ne les enchantaient pas. Cela dit, de une, je me consacrais à Stefan parce que j’en avais véritablement besoin et de deux… j’avais du mal à me mêler aux gens, même à ces êtres qui m’étaient pourtant si précieux. J’essayais de redevenir aussi sociale hein… mais ce n’était pas toujours facile.
J’aurais vraiment voulu être dénuée de considération pour les autres, jouer les égoïstes… ne penser qu’à mon propre bien-être… mais c’était impossible.

Même si je n’avais aucune obligation de changer pour leurs beaux yeux, j’en pressentais la nécessité… et leur envie. Mais je répugnais à remettre en question leur amitié, leur attachement pour moi. Ils étaient formidables eux… c’était moi le problème dans l’histoire. D’ailleurs, jamais ils ne se seraient permis de me faire la moindre réflexion. Hormis Caro’ mais ça…. Pourtant, ils n’avaient pas besoin de le dire… c’était suffisamment manifeste. Je captais les échange de regards lourds de non-dits entre eux tous… je devinais les mots cachés derrières leurs silences…
Stefan, par exemple, ne me critiquait jamais, se montrait d’une patience infinie, se contentant de me conseiller sans me juger mais… mais lui aussi été attristée par la disparition de l’étincelle qui m’animait. Il m’acceptait, m’aimait ainsi… Sauf qu’à mes yeux ce n’était pas suffisant. J’étais tellement convaincue qu’il m’aurait aimé davantage si j’avais pu redevenir celle dont il était tombé amoureux au début… Et c’était ce dont j’avais le plus besoin, aussi nian-nian que ça puisse sembler. D’être aimée… de me sentir entourée à nouveau, même si paradoxalement j’avais tendance à ne pas laisser les autres « entrer »…

Quoi qu’il en soit, la phrase de l’adolescent m’atteignait vraiment. C’était touchant tout autant que dérangeant. Je percevais nettement l’accusation sous son discours et ça ne me plaisait pas même si j’appréciais la façon qu’il avait de… prendre ma défense ? Disons que ça sembler lui tenir à cœur même si je ne me l’expliquais pas. Et, en parallèle, il me conseillait à nouveau de simplement rester moi-même et de ne pas m’encombrer de l’avis des autres. Alors oui, c’était relativement appréciable…



« - Moi en tout cas, je t’aime comme tu es, Elena… je n’attends pas de toi que tu sois quelqu’un d’autre… » Conclut-il alors, me prenant pour l’énième fois au dépourvu, ponctuant sa phrase d’un clin d’œil complice digne des plus grands séducteurs.


… Que ? … Je… Il m’aimait comme j’étais ? Et il… il n’attendait pas de moi que je sois quelqu’un d’autre ? … Je ne… C’est que… Rah ! Pourquoi ça me perturbait autant ?! Je trouvais ça assez poignant et… vraiment déstabilisant aussi. Parce que c’était profondément gentil… parce que je savais qu’il était sincère et qu’il n’attendait pas que je change dans un sens ou dans l’autre. Ça faisait du bien de se sentir appréciée pour se qu’on était… même si lui et moi ne nous connaissions à peine et que ça rendait son dialogue assez étrange… mais pas moins touchant. Savoir qu’une personne au moins n’exigeait rien de vous… ça avait quelque chose de rassurant. Lui, il se fichait bien de me voir redevenir cette fille qu’il ne connaissait pas. Et… ça me permettait de croire que j’étais encore parfaitement capable de m’attirer la sympathie des autres… que mon entourage n’aimait peut-être pas uniquement un « souvenir »… C’était agréable à entendre. Réellement.

Toutefois, là où c’était plus « confusant » c’était dans ça façon de dire ça… de dire qu’il… m’aimait. J’avais encore du mal à croire qu’il avait employé précisément ce terme ! Evidemment, il devait vouloir dire « aimait bien » mais cet oubli aurait pu être assez ambiguë, hein ! Ciel, ce qu’il était maladroit parfois ! Mais comment le lui reprocher alors que ses propos étaient aussi dénués de méchancetés ? … Il se montrait adorable, reconnaissons-le… Malheureusement, il se montrait aussi adorable que malhabile.
Oh, j’accordais sans doute trop d’importance aux mots et à leur signification… Parce qu’il n’aurait jamais dit ça aussi calmement, aussi naturellement autrement ! Soyons réaliste… Ça n’avait rien à voir avec un aveu sentimental… oui, c’était parfais innocent ! … Il ne devait même pas imaginer combien ça allait me chambouler et faire travailler mon esprit d’ores et déjà en ébullition…
S’il avait été une fille, ça aurait été dénuée de conséquences mais… même si je croyais que l’amitié était parfaitement possible entre homme et femme, il fallait savoir faire la distinction quoi… Je n’aurais jamais dis à un garçon que je l’aimais comme il était, j’aurais précisé que je l’aimais juste bien afin qu’il ne s’imagine pas que je l’aimais tout court ! Vous comprenez la nuance ? …

« Je t’aime comme tu es »… Cette phrase raisonnait étrangement à moi, m’inspirant des émotions assez contradictoires et difficilement analysables…
Mmf… C’était très ironique, n’est-ce pas ? … Stefan ne m’avait jamais dis qu’il m’aimait. Ni qu’il m’aimait bien, tout court. Il fallait à Damon quatre entrevues quand Stefan avait eu huit mois pour le faire et ne l’avait toujours pas fais…
Oui, j’aurais aimé que… que Stefan me dise ce genre de chose. Qu’il ne désirait pas que je redevienne l’Elena d’avant, qu’il aimait la nouvelle tout autant que l’ancienne… mais il ne l’avait jamais dis… Non, c’était son jumeau qui me disait ça et c’en aurait presque était désespérant… et tristement comique. A cet instant, j’aurais aimé pouvoir croire en leur ressemblance, me dire qu’il s’agissait de Stefan, aussi cruel que ça puisse être pour Damon. Mais de toute manière, je n’y serais pas parvenue. Je faisais trop bien la distinction entre l’un et l’autre désormais.

La lueur d’étonnement, de confusion et d’une gratitude presque imperceptible qui avait pris possession de mes prunelles capturées par les siennes disparut alors pour quelque chose de plus mélancolique tandis que je me laissais envahir par un trouble indéniable. Trouble qui avait pour origine autant cette dernière réplique que ces réflexions dont je me serais bien passée – presque autant que de son ultime affirmation dont je n’arrivais paradoxalement pas à me plaindre –, mais qui ne m’épargnaient pas.
Cela dit, je ne lui laissais pas vraiment le temps d’en prendre conscience puisque je baissais légèrement les yeux, un sourire un peu gêné mais dénué de réprobation ou de ce genre de choses étirant alors des lèvres que j’avais malencontreusement entrouvertes sur le coup de la surprise. Ce fut bientôt au tour de ma tête de se baisser avant que je ne reporte mon regard sur la route qui s’étendait devant nous, sans me départir de mon sourire un peu intimidé. Forcément, ça me mettait un tantinet mal à l’aise même si j’étais incapable de le lui reprocher. Il était maladroit, je le savais bien… Pas de quoi faire une montagne pour cet emploi malheureux d’expression, hein…

Je m’humectai ensuite les lèvres, preuve s’il en fut de la légère nervosité qui était la mienne suite à sa déclaration, avant de replacer une mèche de cheveux dernière mon oreille et de relever les yeux vers lui.



« - C’est gentil… merci… » Lui glissais-je avec ce même petit sourire hésitant, une pointe de reconnaissance dans la voix.


Oh je le pensais cette fois. Ça n’avait rien à voir avec le « c’est gentil » que je lui avais lâché quand il m’avait qualifié de délicieuse ! Non, celui là, je le pensais. Il était gentil avec moi. Une gentillesse différente de celle de Stefan puisqu’elle ne signifiait pas tout m’épargner mais une gentillesse quand même… une gentillesse qui me plaisait pour le coup.


« - Mais je ne suis pas sûre que ce soit aussi simple, malheureusement. » Admis-je après un minuscule soupir. « Il y a certaines choses qui peuvent encore compter, non ? … Si on s’en donne la peine… si on accepte d’y croire encore… » Soufflais-je avant de planter mon regard dans le sien avec une intensité que je n’imaginais pas.


Je ne parlais pas vraiment du cheerleading là. Non parce que ce n’était qu’un exemple parmi d’autres et c’était bien plus futile que ce à quoi je pensais. Je parlais de choses beaucoup plus importantes. A vrai dire, je m’adressais autant à lui qu’à moi là. A moi déjà, parce que je trouvais ça affreusement déprimant de renoncer simplement à tout ce qui avait compté autrefois, de dire complètement adieu à mon moi d’autrefois, bien plus inconscient, bien plus rêveur… Je voulais croire en l’avenir, en cette notion un peu étrangère désormais de famille et en tout un tas de chose qui avait jadis de la valeur à mes yeux. J’aimais me dire qu’un jour je saurais apprécier à nouveau les plaisirs simple de la vie, les sorties entre amis par exemple… que ma morosité et ma tristesse finirait par disparaître entièrement si je faisais tout dans ce sens.

« Si on accepte d’y croire encore »… j’aurais même pu dire « si on prend le risque d’y croire encore ». Parce que ça faisait si mal ça… les désillusions. C’était dans la liste des choses les plus insupportables liés à la disparition de mes parents… On prenait conscience de beaucoup de chose après ça, notamment de la fragilité de la vie. C’était trop court et je… je n’avais aucune envie de gâcher le peu de temps que j’avais au profit de cette détresse qui m’étreignait parfois. Alors oui, je voulais croire que certaines choses pouvaient encore compter même si ça me semblait parfois totalement irréel. Utopiste, presque. Mais mieux valait trop d’optimisme plutôt que ce fatalisme que je croyais déceler en lui.

Nous en venons donc à lui, ensuite… Je pense qu’on en avait besoin tous les deux. D’une bonne dose d’espoir, je veux dire. Bon, je ne pouvais pas l’affirmer avec exactitude mais… j’en avais le pressentiment juste. Il avait souffert, au même titre que Stefan, c’était une certitude. Mais si son jumeau tentait visiblement d’aller de l’avant – j’en étais la preuve vivante – je n’étais pas certaine que ce soit son cas.
Bon je ne pouvais pas non plus me permettre de lui dire de but en blanc que j’avais l’impression qu’il souffrait encore de la disparition d’Elisabeth mais qu’il ne fallait pas perdre tout espoir d’aller mieux un jour, non plus ! Je n’avais pas encore ce genre de prétentions… ni ce genre de privilèges. Nous nous connaissions si peu. Déduire ce genre de choses serait m’avancer un peu vite et même si lui ne se privait pas de le faire, ce n’était pas mon cas. Et puis, je n’avais aucune « leçon » à lui faire… D’autant que je n’étais pas très douée pour ces truc morals et limite philosophiques. Je doutais donc d’avoir grand chose à lui apprendre…


« - … Je pense… Je pense qu’on peut redonner un sens aux choses qui semblent ne plus en avoir… même si ça prend du temps… » Poursuivis-je tout de même, l’air un peu absente avant de me ressaisir et de lui adresser un nouveau sourire.


Je m’interrompis une seconde, un peu ennuyée par ce que je venais de dire et qu’encore une fois je jugeais un peu trop « profond », un peu trop « personnel »… avant d’ajouter sur un ton dénué de reproches et relativement compréhensif :


« - Et en ce qui concerne mes amis… tu ne devrais pas les juger aussi durement, tu sais. »


Je me tus un instant, avant d’hausser les épaules avec un sourire chaleureux et un brin amusé.


« - Si tu leur donnes une chance, tu verras que… même s’ils ne sont pas toujours parfaits… c’est vraiment des gens biens. » Les défendis-je avec sérieux. « - … Même ton frère pourrait te le dire. » Précisais-je comme si ce détail était particulièrement révélateur à mes yeux.


Et ça l’était. Révélateur, je veux dire. Il était arrivé renfermé comme pas d’eux et aujourd’hui, mes amis avaient relativement su percer sa carapace. Enfin, surtout Mike puisqu’il y avait encore une petite tension entre lui et Libby.


« - Et puis ce n’est pas… qu’ils ne m’acceptent pas… simplement, c’est bête hein mais… ils se font du souci pour moi, voilà tout. » Repris-je un peu précipitamment ponctuant ma phrase d’un petit rire tandis que je levais au ciel comme pour appuyer sur le côté insensé de leur inquiétude.


Pourquoi j’avais dis que c’était bête ? Bah, je prétendais toujours que ça allait, vous vous souvenez ? Donc je n’allais pas commencer à admettre que leur souci était justifié non plus.


« - Ils pensent que si je me comporte exactement comme avant, ce sera la preuve que j’ai tourné la page, tu comprends ? » Persistais-je à prendre leur défense.


Une expression un peu embêtée se peignit sur mes traits tandis que je poursuivais :


« - Et pour le Grill… c’est juste que… je pense que tu en as surpris plus d’un aujourd’hui. Ils ne s’attendaient pas à ça… Mais je crois que ce n’était vraiment pas contre toi. » Lâchais-je, rassurante, supposant qu’il avait certainement mal pris leurs regards interloqués et peu avenants.


Je le fixai un moment, songeant que j’avais suffisamment argumenté en leur faveur pour avoir la conscience tranquille.


« - En fait, je pourrais te citer tout un tas de trucs pour te prouver combien ils sont géniaux et qu’ils font de leur mieux… mais ça risque de t’ennuyer assez rapidement. » Plaisantais-je avant de reprendre plus sérieusement. « - … Alors, c’est vrai, je reconnais qu’ils ne sont pas toujours un modèle de perfection mais… personne ne l’est, pas vrai ? » Conclus-je avec une désinvolture volontairement apparente.
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